Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

28 mars 2015

Personnages en quête de pudeur

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   Seul au milieu des hommes, l’auteur n’a qu’un recours, aussi contraignant qu’agréable : ses personnages.  Il s’avère difficile de savoir ce qui a pu, en lui, faire émerger de tels êtres qui acquièrent une surprenante autonomie au fur et à mesure qu’ils existent.  Ils craignent l’effacement mais l’affrontent sans broncher.

Ils sont là, c’est tout.  Même si on les efface, même si on les corrige, même si on les torture gaiement pour en extraire la sève, ils s’obstinent à exister, assez peu soucieux, finalement, du regard des autres.  On les crée, ils vivent, meurent, se laissent embarquer dans des histoires dont ils sont eux-mêmes les héros et ils ne sont que ça, des personnages, mieux que des personnes.  Voués à nager dans de l’encre, à flotter sur les pages.
On les prend pour des pantins alors qu’ils sont ficelles.  Ils font l’auteur, et non l’inverse.

Aussi, quand il arrive qu’on demande à ce genre d’auteur dans quelles entrailles il est allé chercher ces êtres, la réponse peut se résumer en une bouche béante, une ignorance absolue, un air un peu stupide.  Car un des drames de cet auteur se résume à cela : IL NE SAIT PAS.

Posez-lui toutes les questions que vous voulez sur la genèse de son œuvre (la pire d’entre toutes étant le fameux POURQUOI ?), il vous regardera comme on regarde le vide, balbutiera deux ou trois ornements que son esprit loufoque viendra tout juste d’inventer cependant qu’en lui-même, un frisson alarmé le chatouillera et criera : « la réponse est pourtant simple : tu es juste fou ».

D’aucuns sont plus doués pour fournir moult explications, décortiquant leur création comme on dissèque une grenouille ; ceux-là parlent tellement bien de leur œuvre qu’il est superflu de la lire.  Ils se plient aux questions, racontent la naissance de leurs personnages (« Je rêvassais sous un arbre et, en voyant passer une colombe, j’ai décidé d’appeler mon héroïne Colombe, etc. ») Fin du mystère.  Fin de l’histoire.  Et le lecteur ne pourra s’empêcher, s’il lit les aventures de Colombe, de voir des oiseaux blancs venir polluer l’encre des lignes.

Quelle importance, après tout, de savoir l’origine de ces mondes qui ne crépitent que dans les romans ?  Savoir que tel parent, tel souvenir est devenu cela, un personnage, oui, un héros douteux, le même, mais différent, vous comprenez, le truchement de la fiction, etc.  Creuser les origines peut être intéressant en ce qui concerne l’humanité, mais les personnages de roman ont droit à leurs limbes, même boueuses, même, surtout, inavouables.  Les personnages méritent leur zone d’ombre, celle des vides.  Car c’est dans l’interligne qu’ils existent vraiment.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge chat qui louche maykan alain gagnonDéclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade(roman) aux Éditions Philippe Rey.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Les balbutiements chroniques de Sophie Torris…

26 mars 2015

Regard sur mon court lettrage*…

Moteur !  L’action se déroule dans mon cœur, vue de la foule et de toi, spectateur.  Grand-angle sur le Bar à Pitons, souschat qui louche maykan alain gagnon francophonie les ampoules, j’ai le make-up qui fond.

Fondu enchainé sur un mot technicolor que ma langue pixélisée déflore.  En post- synchro des rires en riposte.  Ostentatoires tentatives, ainsi, je t’accoste.

Toi, public, duplique tes clacs et tes cliques à chaque réplique.  Attends !  On n’en est encore qu’au générique de mon adaptation cinématographique.

J’voudrais faire un slam pour un cinéma-vérité, mon propre psychodrame.

J’voudrais faire un slam, ma vie en contre-plongée, ouvrez tous vos diaphragmes.

Ce soir en version originale, mon propre festival Regard sur mon court lettrage.  Je m’étale.  T’as la bande-son et la bande-image.  Sans sous-titres et sans doublage.

Toi, tu joueras les figurants et t’applaudiras quand ça sera le temps.  Moi l’actrice, toi complice de mon synopsis.

Attention, on tourne !  Premier clap.  Quand j’étais ti-coune, flash-back.  Film en noir et blanc, un long bivouac avant de devenir grand.

Plan-séquence sur l’adolescence, plan serré sur un peu d’acné, plan plus large sur l’envie de prendre le large.

Plan rapproché sur Hervé, gros plan sur Jean, plan-raccord sur Victor, plan fixe sur Félix, plan américain sur Bastien, plan-poitrine sur Kevin, plan bizarre sur Bernard.

Et puis, sortir du champ.  Parce que tout fout le camp.  Arrêtez tout ce cinéma parce que l’amour, ça n’existe pas.  Faire de mes jours des nuits américaines.  Barbie trouve pas son Ken.  Ça sera jamais mon tour.  Noir sur l’écran de mes jours.  Caméra subjective sur mon cœur à la dérive.  Je ne suis pas un navet, mais ma salle est vide à pleurer.  Je ne suis pas une salope, je veux un seul caméscope.

Coupez !  J’gagnerai jamais un trophée dans un Festival sur le court.  À moins de tenter le cinéma muet, mais je suis troubadour.

Si j’augmente le temps d’exposition à trois minutes trente*, c’est la disqualification.  Faut que je change de festival pour vous offrir un nouveau bal.

J’gagnerais peut-être le prix de la meilleure télésérie ?  Mon court lettrage en deux épisodes, ça s’rait peut-être la bonne méthode.

J’lance la mode du slam en deux temps, pour ne pas couper court à ma profondeur de champ.  Ça prend deux plans-séquences quand on a trop d’éloquence.

Fait que, si tu veux la suite de mon scénario, va falloir voter comme il faut.

Action !  Scène 2 de mon film d’animation.

Deuxième court lettrage, j’ai pris un peu d’âge.  Course poursuite après mon point de fuite.  Pas de préambule, j’rembobine pas la pellicule.  Sachez qu’elle n’est plus vierge, y’est passé du monde dans mon auberge.

Mais, après plusieurs bouts d’essais, Zorro est enfin arrivé.  Casting concluant.  Travelling arrière, travelling avant, travelling arrière traveling avant, travelling arr… Arrêt sur image.  Des ébats fort peu sages qu’on va couper au montage.

Bref, il était cinéphile, j’en suis tombée cinéfolle.  Suis passée à la casserole, et comme il était habile, ma bedaine, figure de style, a choisi l’hyperbole.  Trois fois.  Cinérama en 3 D, une fille, deux gars, trois destins animés.  Ils sont mes cinémas répertoires, mes plus belles victoires.  Mes enfants.  Mon 7e art.

Mes trois têtes d’affiche ne sont plus en friche.  Tandis qu’ils découchent, je regarde leurs vieux rushes.  Faut que je me détache.  Ils quitteront ma crèche.  Je crains qu’ils ne débarquent de mon cinéparc.

Leur vie qui démarre tout en panoramique et la mienne qui a rencart avec son générique.  De fin.  Même si c’est pas demain.

J’ai le demi-siècle qui lorgne ma pastèque.  J’ai l’image argentique qui voit venir sa date fatidique… de péremption.  Ça me prendra bientôt toute une équipe technique… pour faire illusion.  J’ai la vue qui baisse, mais sans mes lorgnons, je ne vois pas mes fesses telles qu’elles sont.  Mes décors resteront naturels et tant pis, si j’ai l’amphore qui se rebelle.

Pas de Botox in extenso, j’aime pas les effets spéciaux.  Pas de collagène en postproduction.  C’est pas mon domaine, la science-fiction.  Peu importe la ride génocide, pourvu que jamais mon folklore ne s’détériore.

Troisième âge, ça rime toujours avec tournage ?  Et même si je tourne plus à 24 images seconde, j’perdrai jamais ma faconde.  Jamais d’apostrophe en voix off.  C’est un mythe éculé que de se croire dépassé.  Et si je ne résiste plus à la loi de la gravité, eh bien, c’est en avant que je pencherai.

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieUn slam à un temps, un slam à un temps qui s’offre encore le temps, qui s’offre encore le temps, de s’offrir des tours du côté de l’amour.*

Un slam à deux temps, un slam à deux temps qui s’offre une steadycam, qui s’offre une steadycam pour sonder mon âme et vous tirez des larmes.

Un slam à 1000 temps, un slam à 1000 temps qui s’offre un court lettrage, qui s’offre un court lettrage pour la joie de dire et la joie du partage.  Un slam à 1000 temps, un slam à 1000 temps, c’est le juste temps pour t’offrir un roman, mon champ contre ton champ.

*Chaque année, au mois de mars, le festival Regard sur le court métrage a lieu au Saguenay.

* Comme tout jeu de société, le slam a ses règles.  Les textes proposés ne doivent pas excéder 3 minutes.  Au-delà d’un 10 secondes de grâce, le slameur trop bavard subit une pénalité de ½ point pour chaque 10 secondes excédentaires.

* Sur l’air de La valse à 1000 temps de Jacques Brel

 Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieSophie Torris est d’origine française, Québécoise d’adoption depuis dix-sept  ans. Elle vit à Chicoutimi, y enseigne le théâtre dans les écoles et l’enseignement des arts à l’université. Elle écrit essentiellement du théâtre scolaire et mène actuellement des recherches doctorales sur l’impact de la voix de l’enfant acteur dans des productions visant à conscientiser l’adulte. Elle partage également une correspondance épistolaire avec l’écrivain Jean-François Caron sur le blogue In absentia. (http://lescorrespondants.wordpress.com)

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Le Loup, une nouvelle de Dany Tremblay…

25 mars 2015

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieLe loup

 Il dort.  Elle peine à croire ce qu’on lui a raconté.  Il a un regard clair, de la couleur du ciel, un sourire d’ange.  On a dû répondre à tous ses caprices, jamais dû lui refuser quoi que ce soit.

Pour la énième fois, elle pose son livre.  Elle reste de longs moments à le regarder.  Lorsqu’il dort, qu’elle ne voit ni son regard ni son sourire, elle parvient presque à imaginer ce qu’on lui a raconté.  Alors, elle le hait.  Pour le regretter aussitôt.  Qui est-elle pour juger ?  Depuis son arrivée, elle passe de la haine à la compassion, de la compassion à la haine.  Elle dort mal, les jours lui paraissent longs, elle est tiraillée entre ses sentiments contraires.

Il est vieux.  Il ne risque plus de causer de tort.  Elle se dit aussi que ses victimes ont depuis longtemps réorganisé leur vie, cherché à oublier.  Non, remuer le passé n’est pas la solution.  Mais quand même.  Ces doutes à son propos.  Ce que cela soulève en elle.

On l’a chargée de veiller sur lui.  Rien de plus.  Ses supérieurs ont été clairs : le vieux doit terminer sa vie dans le calme, à l’abri du monde et des remous.  Elle scrute le visage endormi.  Les traits sont fins, encore beaux.  Il a été bel homme.  Elle pince les lèvres, s’oblige à inspirer.  Si jamais ce qu’on raconte est vrai !  Et qu’on l’a caché !  Protégé !

Parfois, elle ferme à demi les yeux, comme si cela pouvait permettre de voir au-delà du physique, de pénétrer l’esprit de l’homme endormi, d’accéder à ses secrets.  Être certaine qu’il regrette lui rendrait ça plus facile, songe-t-elle.  Il a un sommeil agité.  Peut-être est-ce la confirmation qu’on lui a dit vrai.  Peut-être craint-il la mort ? Il est amaigri.  Silencieux.  Un agneau entre ses mains.  Elle a toujours obéi sans poser de questions. Aujourd’hui elle s’en sent capable.  Trop de doutes en elle.  Il a été le loup dans la bergerie.  Cette pensée ne la quitte pas.

Elle baisse les yeux sur son livre.  Elle est honteuse.  Ce qu’elle ressent l’effraie.  Elle se croyait incapable de haïr.

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieIl a ouvert les yeux.  Il a encore fait un mauvais rêve.  Chaque fois, ça le réveille.  On le pourchasse, on l’attrape, on l’écartèle ou lui lance des pierres.  Il se réveille en sueurs.  Chaque fois, il attend que son cœur cesse de battre la chamade avant d’ouvrir les yeux et de les poser sur elle.  Elle est là en permanence, avec son demi-sourire, son regard dans lequel il ne parvient pas à lire.  Pourtant, il a l’habitude des regards.  La peur, la surprise, la haine, la soumission, le dédain, le plaisir même.  Les regards ont peu de secrets pour lui.  Pour l’instant, elle semble absorbée par la couverture du livre posé sur ses genoux.  Il lui semble qu’elle a les joues plus roses qu’à l’accoutumée.  Il se demande ce qu’elle sait de lui.  Si elle a appris, ce n’est pas de la bouche de leurs supérieurs.  Eux l’ont toujours couvert, caché.  Si elle sait, c’est qu’elle l’aura appris par l’une de ses sœurs.  On a beau vouloir que rien ne transpire, ce n’est pas toujours possible.  Il aimerait savoir.  Il échafaude un plan, gémit.  Elle lève les yeux.  Ce regard sur lui ne laisse rien transparaître, son visage est une façade impénétrable.  Il gémit une seconde fois, il pressent qu’elle s’approchera.  Elle est l’obéissance incarnée, on l’a sommée de veiller à son bien-être.  Peu importe ce qu’elle pense ou connaît de lui, elle obtempérera.  Il a visé juste.  Elle se lève, s’approche.  Le froissement de ses jupes l’une contre l’autre lui rappelle une époque plus heureuse.  Elle est maintenant près de lui, la tête penchée au-dessus de la sienne, une main en appui sur le bord du lit.  Sans hésiter, il saisit cette main et l’emprisonne.  Elle ne sursaute pas, ne cherche pas à se soustraire à l’étreinte.  Il plonge son regard dans le sien.  Ce regard bleu clair qui fait douter.  Limpide comme une eau.  Elle semble surprise, rien de plus.  Il relâche son étreinte.  Elle recule jusqu’à sa chaise, s’y rassoit.  Son visage a toujours son air impassible.  Elle se dit que son regard clair lui a servi d’alibi, elle en a soudain la conviction.  Les minutes passent, puis les heures.

Dehors, le jour décline.  Elle se lève, se rend fermer les rideaux.  Lorsqu’elle revient vers le lit, leurs regards se croisent.  Elle ne baissera pas les yeux, pas cette fois.  Se trouver à proximité de cet homme l’a transformée.  Elle doute maintenant de sa foi, le pardon lui sera impossible.  Depuis qu’il l’a touchée, lorsqu’elle le regarde, elle voit derrière lui ses victimes, filles et garçons confondus, de tous âges, qu’il a forcés à s’agenouiller devant lui.

Il n’a pas l’intention de soutenir ce regard dans lequel il ne lit rien.  Il n’a pas envie d’un affrontement avec elle.  S’il était encore jeune, toujours en position d’autorité, elle y serait passée comme les autres.  Cette pensée est sa victoire sur elle, sur son regard qui le fusille.  Il ferme les yeux.  Elle ne sera plus jamais tranquille, tiraillée entre sa haine pour lui et les vœux qu’elle a prononcés.

Dans le grand lit, il sourit.

Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieDany Tremblay a vécu son adolescence et  le début de sa vie d’adulte à Chicoutimi. Après un long séjour dans la région de Montréal, où elle a obtenu une maîtrise en Création littéraire à l’UQAM, elle s’est de nouveau installée au Saguenay où elle partage son temps entre l’écriture et l’enseignement de la littérature au Collège de Chicoutimi. Au début des années 80, elle s’est mérité le troisième prix de la Plume Saguenéenne en poésie ; en 1994, elle est des dix finalistes du concours Nouvelles Fraîches de l’UQAM. Organisatrice de Voies d’Échanges, qui a accueilli, deux années de suite, une vingtaine d’écrivains à Saguenay, elle est aussi, à deux reprises, boursière du CALQ. Elle s’est impliquée dans l’APES-CN dont elle a été présidente de 2006 à 2008. Depuis presque dix ans, elle pratique l’écriture publique avec les Donneurs de Joliette, fait partie des lecteurs pour le Prix Damase-Potvin et celui des Cinq Continents.

À ce jour, elle a publié des nouvelles dans plusieurs revues au Québec, a coécrit avec Michel Dufour Allégories : amour de soi amour de l’autre publié en 2006 chez JCL et Miroirs aux alouettes, roman-nouvelles, publié en 2008 chez les Équinoxes, ouvrage auquel a participé Martial Ouellet.  En 2009 et 2010, elle fera paraître successivement, aux Éditions de la Grenouille Bleue, deux recueils de nouvelles : Tous les chemins mènent à l’ombre (Prix récit : Salon du Livre du SLSJ en 2010) et Le musée des choses.  En mai de cette année, elle a publié aux éditions JCL un récit témoignage : Un sein en moins ! Et après…

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Billet de Maestitia, par Myriam Ould-Hamouda…

24 mars 2015

Y’a des filles…

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tiré du Huffington Post

Y’a des filles faciles dont la vie est plus compliquée qu’une phrase de Jean-Claude Van Damme.  Y’a des filles de joie qui préfèreraient pisser dans le violon des filles de bonne famille plutôt que se taper le désespoir chaque nuit.  Y’a des coupables qui clament leur innocence jusqu’à la mort, et des innocents qui passent leur vie à porter sur les épaules une culpabilité qui ne leur appartient pas.  Y’a des mecs qui écrivent son nom partout, et d’autres qui s’enferment à double tour dans leur chambre pour ne jamais la croiser.  La liberté, ça fiche la trouille.  Parce qu’elle se paye toujours au prix fort, la garce ; et si celui qui la prend s’est déjà barré, ce sont ceux qui restent qui doivent débourser.  C’est un père qui descend acheter des cigarettes, mais ne remonte jamais les escaliers.  C’est une mère qui reste dans cet appartement qui sent le renfermé, l’eau de Cologne Hugo Boss, et le tabac froid.  C’est une petite fille qui doit danser aussi bien que Fauve Hautot avec les ballerines usées et les cheveux blancs de maman, un petit garçon qui doit se tenir droit dans les chaussures cirées de papa, et porter la raie du même côté.  La liberté des uns en a foutu plus d’un autre sous les verrous.

Y’a des mômes qu’on a gavés de c’est comme ça, à qui on a fait ravaler avec leur soupe leur c’est un peu plus compliqué que ça.  Y’a des mômes qui sont devenus vieux sans être adultes, et des adultes qui ont oublié les mômes qu’ils étaient.  Y’a des soirs où cette boule dans mon ventre prend tellement de place que tes conseils ils ne passent plus.  Et t’as beau te pointer avec ton âge et tes souvenirs qui comptent triple, t’as beau me parler d’un temps que mon acné en retard et ma mémoire en rade ne peuvent pas connaitre, j’ai beau être ta fille ta bataille, la route tu sais j’la taillerai si je veux.  Ne me demande pas de mettre de la couleur quand je parle du monde, en me tendant une boîte de feutres noirs.  Ne me demande pas de sourire à tous ces mecs qui font la gueule le long du trottoir.  Ne me demande pas de porter ce masque blanc et de border mon regard de mascara.  Ne me demande pas de porter sur mes épaules le poids de cette culpabilité qui ne m’appartient pas.  J’suis qu’une môme tu sais, et au fond j’suis pas plus compliquée que ça ; j’attends rien de toi, juste que tu sois là au bon endroit, au bon moment, mais laisse-moi me faire ces putains de bleus.

On m’a donné la vie sans me demander mon avis.  Qu’on ne me reproche pas de me poser cinq minutes pour me demander si je la voulais vraiment.  Qu’on ne me demande pas de dire merci pour la leçon la soupe froide et les draps blancs.  Je ne vous demande pas de comprendre, moi-même je n’y comprends pas grand-chose.  Y’a des matins où tes gros sabots font trop de bruit, y’a des soirs où tes histoires m’aident à m’endormir.  Y’a des matins où je préfère claquer la porte, pour marcher, marcher vite, courir presque, juste pour être loin de toi, et y’a des soirs où je ne fais que me retourner sous les draps parce que tu n’es pas là.  Y’a des matins où je descends acheter des cigarettes et des soirs où je termine la bouteille de whisky, la boîte de chocolats et le dernier cigare avant de remonter la couette pour que tu ne prennes pas froid.  Y’a des matins où j’ai juste besoin de me foutre la trouille et de sauter, tant que tes bras sont là pour me rattraper en bas.

Notice biographique

Chat Qui Louche maykan alain gagnon francophonieMyriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.  C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonorités, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.  Récemment, elle a créé un blogue Un peu d’on mais sans œufs, où elle dévoile sa vision du monde à travers ses mots – oscillant entre prose et poésie – et quelques croquis,  au ton humoristique, dans lesquels elle met en scène des tranches de vie : http://blogmaestitia.xawaxx.org/

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Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

22 mars 2015

Un printemps tout en musique !

Alabama Shakes est une formation rock qui est apparue sur mon radar en 2012,chat qui louche maykan alain gagnon francophonie alors que je feuilletais un exemplaire du magazine Uncut.  La publication anglaise avait alors consacré quelques pages au groupe américain qui était sur le point de faire un fracas avec son album Boys & Girls.  La façon dont le magazine décrivait la voix de la chanteuse Brittany Howard et l’ensemble de l’album m’ont immédiatement intrigué.  Il était question d’une musique rock aux accents blues, sortie d’une autre époque, et d’une puissante vocaliste qui « chante comme si elle avait attendue toute sa vie pour le faire et qui n’en aura pas d’autres occasions. »

Je parle de « fracas », mais le succès du premier album fut davantage critique que populaire.  Toutes les publications qui traitent de musique ont encensé ce disque et cette voix.  Ceci dit, j’ai eu la chance de voir la formation sur scène en 2013, en plein air, à Toronto, et l’immense place était remplie d’admirateurs.  Et si vous avez l’opportunité de voir Alabama Shakes en concert, ne manquez pas cela !   Le disque est superbe, mais en spectacle c’est dix fois meilleur !

Cette jeune Brittany Howard (environ 25 ans, Wikipédia est flou sur son âge exact…) est une réelle force de la nature.  Sans sa présence, la musique des trois autres membres de la formation serait intéressante, mais la jeune femme l’élève à un niveau supérieur.  Laissez-moi vous présenter un clip de la formation ; vous serez mieux en mesure de vous faire une idée :

Cliquez ici pour visionner le clip de la chanson Hold On (2012)

Comme vous pouvez le constater, c’est une musique qui s’inscrit dans la longue lignée du rhythm’n’blues américain.  Elle découle plus précisément de ce qu’on appelle le son « Muscle Shoals », du nom d’une agglomération de l’Alabama où l’on retrouve de célèbres studios d’enregistrement, qui ont vu de très grands noms passer entre leurs murs, dont The Rolling Stones, Bob Dylan, Joe Cocker, Boz Scaggs et Willie Nelson.  Le son développé dans ces studios a influencé des générations de musiciens, et les Alabama Shakes sont les héritiers directs de cette musique extrêmement riche.

Et si j’en parle aujourd’hui, c’est que le deuxième album, Sound & Colour, s’apprête à sortir.  Et j’ai très hâte !  Alabama Shakes est récemment passé à l’émission de télé Saturday Night Live pour présenter deux de ses nouvelles pièces.  En voici une :

Cliquez ici pour visionner la version live de Don’t Wanna Fight

J’espère de tout cœur que ce disque sera aussi bon que le premier, sinon meilleur, et qu’il fera connaître la formation à un plus grand nombre de personnes.  Enfin, c’est ce que nous verrons à sa sortie en avril.

Parfois je m’assois et je pense…

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieJ’ai mentionné l’Australienne Courtney Barnett dans une chronique ici il y a quelques mois, et si je veux en reparler aujourd’hui c’est que son premier réel album sera lancé ce mardi 24 mars (elle ne nous avait offert auparavant qu’un double E.P.).

Sometimes I Sit And Think, And Sometimes I Just Sit (« Parfois je m’assois et je réfléchis, et parfois je m’assois tout simplement ») devrait permettre au grand public de faire ample connaissance avec cette interprète magnifique, guitariste hors pair, compositrice très futée et chanteuse au ton un peu froid, voire impassible, mais qui sied tout à fait à son « personnage ».

Elle présentait en février un joli vidéoclip pour la chanson Pedestrian At Best, dans lequel elle démontrait à quel point le métier de clown peut être cruel…

Cliquez ici pour visionner le clip

La guitare électrique déchire, la section rythmique donne le goût de taper du pied et hocher de la tête, et les paroles de la chanson valent qu’on s’y attarde (son écriture est l’une des grandes forces de Courtney Barnett).

Le disque, que vous pouvez écouter en entier en cliquant ici, est excellent.  Cette femme va aller loin, j’en suis convaincu.  Elle faisait déjà jaser en 2014 sur le circuit des festivals pour ses concerts énergiques, et on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.

Sur ce, je nous souhaite à tous et toutes un excellent printemps musical !

Notice biographiquechat qui louche maykan maykan2 alain gagnon

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

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La magie des mots, par Francesca Tremblay…

21 mars 2015

Blessures de l’enfance

Je te déteste.chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Je veux faire sortir cette boule dans la gorge, mais je ne réussis pas.  Les hommes ne versent pas de larmes.  Elle grossit à mesure que je retiens mes sanglots.  Je me noierai si je continue et pourtant, je persiste à me la fermer.  Je m’en veux de ne pas réussir.  Je t’en veux de me retenir.

Je te déteste.

Toutes ces fois où tes silences ont fait saigner mes attentes.  Où tes mains ont volé vers mes joues si tendres.  Ces mains qui se resserraient sur mon poignet comme un étau.  Toutes ces fois, je m’en souviens parce que tu les écrivais sur les murs à coup de point final.  Tu écrasais mon ombre trop petite pour me défendre.

Les genoux meurtris par des prières silencieuses pour un Bon Dieu quelque part au-delà du plafond de ma chambre.  Au-delà des tuiles mille fois comptées.  Les camisoles blanches tachées de sueur.  Mes draps, souillés de peur.  Je me cachais sous le lit pour être protégé parmi les monstres.  Tu criais après le chien que j’étais et je cédais.  Ma saleté rebutait mes amis et leurs regards lourds de mépris me faisaient mal.  Ma différence, je la payais cher.  Les bancs d’école ont connu mes tremblements, mes soubresauts lorsque l’enseignant m’appelait et mes retards ont servi plus que de raison à faire de moi le cancre de la classe.  J’y ai cru longtemps.  Mais ce n’était rien.  Tout était moins mauvais que ce qui m’attendait, le reste du temps.  Je débarquais de l’autobus où j’avais peiné à me frayer un chemin à travers les jambettes et les surnoms.  Et j’empruntais le sentier de gravelle qui menait jusqu’à chez moi.  Je jetais un coup d’œil à cette vieille automobile rouillée dans le champ et je l’enviais.  Elle pouvait survivre dehors et pas moi.

Je me souviens encore des larmes versées en vain, des « Je t’aime » criés dans le noir de ma chambre.  Je voulais que tu meures.  Je voulais que tu m’aimes.  « Tu ne seras jamais un homme ! » que tu crachais entre tes dents avant de me frapper derrière la tête.  Un bruit sec sur mes cheveux en bataille.  J’enfouissais cette tête lourde dans mes épaules et je retenais mes gémissements.  Et jamais je ne le suis devenu, cet homme.  Je mouille encore mon lit quand je fais ces rêves qui me ramènent à la maison.  Je suis pris entre ces murs barbouillés par la pauvreté.  La fenêtre de ma chambre ne s’ouvre pas et je t’entends en sourdine railler au rez-de-chaussée.  Maman ne parle pas.  Elle n’a jamais pu dire quoi que ce soit.  Je sais que c’est le tonnerre qui gronde au loin, mais que la tempête approche.  Et là, j’entends tes hurlements poussés par l’alcool qui te grise.  Qui te dévore le foie.  Mon nom est un blasphème pour moi.  Je veux mourir !  Je ne peux même pas fuir.  Je n’ai nulle part où aller.  Ni refuge pour me réconforter.  Je vois ton ombre sous la porte et je me recroqueville dans un coin, les bras autour de mes genoux.  Je tremble comme une feuille.  Je suis foutu.  Tu vas me foutre une sale raclée.  La porte s’ouvre toute seule parce qu’elle n’a jamais eu de poignée et ta silhouette noire se découpe dans la lumière du couloir.

Arrête !  Ne fais pas ça.  Je t’aime, papa !

Et je me réveille couvert de sueur.  De l’air !

Je ne serai jamais assez fort pour me battre contre ce souvenir de toi.  Je crie dans l’oreiller pour étouffer ma peine.  Je suffoque presque.  Ce sanglot m’étrangle.  Même éveillé, je cherche l’air pour respirer.  Tu m’as brisé, papa.  Tu m’as brisé.  Mais être un homme, ce n’est pas être quelqu’un comme toi.  Être un homme c’est serrer dans ses bras l’enfant que j’étais et le rassurer que les éclairs pendant la tempête ne lui feront pas de mal.  C’est aussi de trouver à la vie une raison de dire merci et d’aider cet enfant à en faire autant.  J’aurais tellement aimé que tu sois cet homme, papa.  Mais même le temps ne peut pas tout effacer.  Les blessures s’ouvrent et chaque fois, se déversent sur les fragments de mes souvenirs comme des coulées de lave en fusion, effaçant les espoirs d’une vie qui aurait pu être autrement

Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieEn 2012, Francesca Tremblay quittait son poste à la Police militaire pour se consacrer à temps plein à la création– poésie, littérature populaire et illustration de ses ouvrages.  Dans la même année, elle fonde Publications Saguenay et devient la présidente de ce service d’aide à l’autoédition, qui a comme mission de conseiller les gens qui désirent autopublier leur livre.  À ce titre, elle remporte le premier prix du concours québécois en Entrepreneuriat du Saguenay–Lac-Saint-Jean, volet Création d’entreprises.  Elle participe à des lectures publiques et anime des rencontres littéraires.

Cette jeune femme a à son actif un recueil de poésie intitulé Dans un cadeau (2011), ainsi que deux romans jeunesse : Le médaillon ensorcelé et La quête d’Éléanore qui constituent les tomes 1 et 2 d’une trilogie : Le secret du livre enchanté.  Au printemps 2013, paraîtra le troisième tome, La statue de pierre.  Plusieurs autres projets d’écriture sont en chantier, dont un recueil de poèmes et de nouvelles.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Les apophtegmes de Jean-Pierre Vidal…

20 mars 2015

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieApophtegmes

  1. Pour réussir dans les médias, à l’heure actuelle, il faut être d’une ignorance impériale. Ou faire modestement, et même servilement, semblant.
  1. Les États-Unis sont actuellement, et de très loin, le pays le plus dangereux de la planète parce qu’ils mènent, sous l’apparence de la candeur la plus désarmante, une politique extérieure d’un cynisme agressif. À moins que le cynisme absolu ne soit aussi, en fin de compte, une forme de candeur.
  1. Un universel refus de la pensée, une détestation forcenée et comme vindicative de tout ce qui prétend à la réflexion, à la hauteur de vue, une volonté quasi minérale de ne pas se laisser entamer par quelque doute, quelque critique, quelque vacillement que ce soit, tout cela, joint à une inculture arrogante et à un narcissisme obèse, fait de nos temps avachis le lieu de toutes les barbaries.
  1. L’âge mental précis d’un individu se mesure au type d’indifférence dont il est l’heureux bénéficiaire. Dis-moi de quoi (et de qui) tu te fous et je te dirai la distance exacte qui te sépare de ta mort. Car la mort n’est jamais que l’indifférence suprême.

 

  1. L’horizon des plaisirs convoités est toujours si vaste que leur réalisation, fût-elle totale, aurait toujours un petit côté provincial.
  1. Jamais autant de clones n’ont prétendu à une telle individualité. Jamais tant de clichés n’ont été proférés avec une telle revendication d’originalité. Jamais tant de communs ne se sont crus aussi exceptionnels. C’est que le regard nombrilique est aveugle et sourd. Il ne voit que le vœu pieux qui le suscite.
  1. Comme tout ce qui repose sur la logique du fantasme, voir c’est être sidéré et sentir se briser le discours sur cette vision dont l’urgence qu’elle provoque finit pourtant par susciter à nouveau un flux de paroles éperdues de précision.
  1. Le pire est le propre de l’homme. Ou plutôt son sale.
  1. Le rêve de tout artiste, c’est de rendre évident, irréfutable, ce qui n’a pas lieu, ce qui ne saurait avoir lieu. Mais sans la dimension directive que prend toute utopie. C’est d’ailleurs là le malentendu de l’avant-garde. On ne peut faire de l’art une armée victorieuse qui établisse enfin son empire sur le monde. Il faut que l’art n’ait même pas lieu dans l’imaginaire de l’utopie.
  1. Nul n’est censé ignorer la loi ? Et si, au contraire, c’était de cette ignorance, toujours partielle, mais d’ailleurs inévitable, que la loi tire tout son efficace. Ne sachant pas toute l’étendue de ce qui est interdit, on est naturellement conduit à la supposer plus vaste qu’elle n’est en réalité et l’on se réfrène au moindre doute.

    Notice biographique

    Écrivain, sémioticien et chercheur, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis sa fondation en 1969.  Outre des centaines d’articles dans des revues universitaireschat qui louche maykan alain gagnon francophonie québécoises et françaises, il a publié deux livres sur Alain Robbe-Grillet, trois recueils de nouvelles (Histoires cruelles et lamentables – 1991, Petites morts et autres contrariétés – 2011, et Le chat qui avait mordu Sigmund Freud – 2013), un essai en 2004 : Le labyrinthe aboli – de quelques Minotaures contemporains ainsi qu’un recueil d’aphorismes,Apophtegmes et rancœurs, aux Éditions numériques du Chat qui louche en 2012.  Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (SpiraleTangenceXYZEsseEtc,Ciel VariableZone occupée).  En plus de cette Chronique d’humeur bimensuelle, il participe occasionnellement, sous le pseudonyme de Diogène l’ancien, au blogue de Mauvaise herbe.  Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec–Société et Culture (F.R.Q.S.C.).

    (Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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