Conformisme, médias et arts, par Jean-Pierre Vidal…

5 février 2016

Apophtegmes…

111. — Le conformisme est une forme de mort dans laquelle nous trouvons, paradoxalement, tous nos émoischat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec d’être. Et de plus en plus. Car rien n’est pire, maintenant, pour nous, qu’une parole seule qui claque, nue et injustifiée. Pour qui vous prenez-vous ? demande l’imbécile médiatique de service à celui ou celle qui ose la risquer. Pour une voix.

112. — Quand tous les possibles de l’art ne dépendent plus que des capacités de la machine ou de la patience et de l’ouverture d’esprit du public, l’éthique, sans laquelle cet art n’est que cosmétique, disparaît dans l’euphorie enfantine d’un fonctionnement trop aisé.

113. — L’amertume ? Un ciel couvert qui ne s’entrouvre que sur un souvenir maussade.

114. — On lutte toute sa vie, surtout contre soi-même, contre sa timidité, sa lâcheté, pour être soi-même (est-ce le même que celui contre qui on lutte ?), pour être naturel en toutes circonstances, et quand on y parvient enfin, quand on jouit de l’aisance désormais de sa propre présence au monde, on est mort.

115. — L’Europe a la passion de la distinction, l’Amérique, celle de l’ordinaire, malgré les superlatifs qui lui collent au discours. Le cauchemar de l’une est le snobisme, celui de l’autre la vulgarité. Mais cela n’exclut pas, bien entendu, les Américains hypersnob et les Européens d’une vulgarité absolue.

116. — Toute élégance se ramène à une question de rythme. Rythme de port et de pose, rythme tendu, rythme tenu, tonus et danse.

117. — L’hédonisme simplet qui court les rues et les ondes a laissé le grand corps social à l’abandon, livré à des minoritaires de toutes obédiences, mais plus encore à deux catégories de gloutons, l’homme d’affaires et le politicien qui, tous deux, par les temps qui courent, finiront par avoir de plus en plus de liens avec le pouvoir mafieux mondial en train de se mettre en place. Si même ils n’en deviennent pas l’émanation pure et simple. Car l’appétit vient en mangeant l’autre et rien ne se bouffe mieux que le corps social massifié.

118. — Comme nous avons sacralisé le bien-être individuel, nos religions ne sont plus que des commodités : sectes fumeuses, métaphysiques aérobies, rites gymniques, morales cosmétiques. Notre âme elle-même est une lotion à l’odeur vaguement écœurante. Et notre pensée une masturbation machinale et flasque.

119. — Mon orgueil aura été d’être assez cher pour pouvoir parfois être gratuit. C’est le plaisir des bénévoles quand ils ne sont pas des assistés sociaux déguisés ou forcés.

120. — La vulgarité n’est affaire ni de langue parlée, ni de culture, ni même de classe sociale, c’est une question de vue : quiconque ne voit pas plus loin que le bout de sa bedaine appartient à la confrérie sans cesse grandissante du vulgaire et de l’épais, même s’il manie l’imparfait du subjonctif comme un jésuite du XVIIe siècle.

121. — Peut-être divorce-t-on à un âge avancé, après toute une vie passée avec la même personne, comme cela arrive parfois, parce que, brusquement, l’autre a pris le visage de votre mort et que c’est son propre cadavre que l’on voit, glacé d’horreur, dans ses yeux innocents.

122. — Le malheur rend laid, le bonheur rend bête. Et l’indifférence rend invisible.

123. — La clé du bonheur de l’humanité est toujours enfouie, par définition, dans un livre perdu d’une bibliothèque détruite : c’est ainsi que s’équilibre un peu le fameux débat sur la valeur comparée du plus grand des livres et de la plus insignifiante des vies humaines. Il est vrai qu’on pourra toujours rétorquer que cette clé du bonheur de l’humanité tout entière se trouvait peut-être en germe dans la tête de cet enfant qui passait justement devant la bibliothèque de Dresde quand les bombes alliées l’anéantirent.

124. — Dans nos sociétés démocratiques, les riches entretiennent encore parfois des maîtresses et les pauvres toujours des illusions.

125. — Je n’aime les tripes ni au propre ni au figuré que d’ailleurs leur étalement éventré nie. Peut-être ma réticence à l’endroit de la psychanalyse vient-elle de ce dégoût.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec126. — Les hommes ne disent jamais tout à fait la vérité qui les concerne, par calcul ou par amitié, pour ne pas blesser ou pour ne rien risquer. La vérité est ainsi l’envers du social.

127. — L’école et les médias ânonnent et bêtifient. La famille ? Elle n’est plus qu’un tube cathodique. Où diable voulez-vous qu’on apprenne l’humain ?

128. — L’œuvre d’art, cet accident concerté, est une évidence imprévisible et imparable.

129. — La simplicité est une vertu quand elle est un élagage, pas quand elle est le nom poli de l’indigence.

130. — La jeunesse n’est jamais ridicule ; c’est toujours un regard rétrospectif qui la juge telle. Et c’est un regard de vieux. Mais vient toujours une autre génération qui, contre ses pères, coule sa propre jeunesse dans les oripeaux d’une jeunesse évanouie. La jeunesse est ainsi un phénix dont les plumes — et les plumes seules — se transmettent d’une génération à une autre.

Notice biographique

Écrivain, sémioticien et chercheur, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis sa fondation en 1969.  Outre des centaines d’articles dans des revues universitaireschat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, québec, littératurequébécoises et françaises, il a publié deux livres sur Alain Robbe-Grillet, trois recueils de nouvelles (Histoires cruelles et lamentables – 1991, Petites morts et autres contrariétés – 2011, et Le chat qui avait mordu Sigmund Freud – 2013), un essai en 2004 : Le labyrinthe aboli – de quelques Minotaures contemporains ainsi qu’un recueil d’aphorismes,Apophtegmes et rancœurs, aux Éditions numériques du Chat qui louche en 2012.  Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (SpiraleTangenceXYZEsseEtcCiel VariableZone occupée).  En plus de cette Chronique d’humeur bimensuelle, il participe occasionnellement, sous le pseudonyme de Diogène l’ancien, au blogue de Mauvaise herbe.  Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec–Société et Culture (F.R.Q.S.C.).

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Ma traversée du pays fantôme, par Claude-Andrée L’Espérance…

4 février 2016

Nos pas

 

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Maintes fois nos pas ont traversé la nuit
nos empreintes dans la neige
emmêlées à celles des autres bêtes

Aux parcours louvoyants des proies, des prédateurs
pour aller l’un vers l’autre nous avons oublié
que la vie en secret trace les chemins

Notice biographique

Claude-Andrée L’Espérance a étudié les arts plastiques à l’Université du Québec à Chicoutimi. Fascinée à la fois par les mots et par la matière, elle a exploré divers modes d’expression, sculpture, installation et performance, jusqu’à ce que l’écriture s’affirme comme l’essence même de sa démarche. En 2008 elle a publié à compte d’auteur Carnet d’hiver, un récit repris par Les Éditions Le Chat qui louche et tout récemment Les tiens, un roman, chez Mémoire d’encrier. À travers ses écrits, elle avoue une préférence pour les milieux marins, les lieux sauvages et isolés, et les gens qui, àchat qui louche maykan alain gagnon force d’y vivre, ont fini par en prendre la couleur. Installée aux abords du fjord du Saguenay, en marge d’un petit village forestier et touristique, elle partage son temps entre sa passion pour l’écriture et le métier de cueilleuse qui l’entraîne chaque été à travers champs et forêts.  Elle est l’auteure des photographies présentées ici.

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Le rêveur, un texte de Karine St-Gelais…

2 février 2016

Le rêveur

 

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Le rêveur qui rêvait.
Vous savez, Pierrot, ce petit être pâle et fragile de notre enfance. Une comptine raconte ses mésaventures au clair de lune. Son regard reste vide, même du haut de son magnifique croissant blanc. Il est comme moi, je me reconnais en lui. Sur les images il est toujours triste, il doit lui aussi s’imaginer une autre vie. Je suis assis au fond de la classe, l’air taquin avec mes taches de rousseur et mon regard bleu ciel. Un temps j’écoute ce que mon professeur explique au tableau et, quelques minutes plus tard, je me raconte une histoire par-delà la fenêtre. Il fait beau, il fait chaud, les oiseaux chantent, oups !
— Pierre, tu n’écoutes pas !
— Euh… oui madame !
— Alors, explique-moi comment on additionne des nombres à deux chiffres.
— Heu…
(Rires)

Le quotidien l’ennuyait,
Le rêveur… rêvait,
Pour lui un rien avait mille couleurs,
Ne sachant que faire, il pleure,
Ainsi rêve… le rêveur.

Je suis gêné, j’ai chaud, la pression me monte aux joues. Mes compagnons de classe me regardent, rient de plus en plus. Comme toutes les fois, je ne me sens pas à ma place, comme si je ne venais pas de ce monde. Je m’en imagine alors un bien meilleur. Un monde dans lequel les gens ne me disent pas tout le temps : Ça c’est Pierre tout craché, s’il n’avait pas les fesses et les bras bien attachés, il les oublierait eux aussi.
Comme tous les soirs, je pars à pied de l’école avec ma sœur d’un an ma cadette. J’entre dans la maison avec une seule mitaine à la main, mon foulard a disparu comme par enchantement dans l’après-midi et ma tuque ne protège que le bout de ma tête. Mon menton, comme à l’habitude, rappelle toujours mon dernier repas, ma mère me nettoie avec amour me reprochant la mitaine manquante. Ce n’est que la troisième paire cette semaine.
— L’hiver commence, mon amour ! soupire ma mère en direction de mon père.
Pauvre de moi, je sais, je m’en veux, mais que puis-je répondre, mis à part…
— Désolé, Maman, avec un air repentant.

Le quotidien l’ennuyait,
Dans la lune tout s’ensoleillait,
Mais la réalité le hantait,
Le rêveur, lui, rêvait…

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Les devoirs sont une corvée, ah non ! Pas encore, pas ce soir ! J’aime mieux jouer aux blocs l’Égo dans ma chambre ou faire crier ma sœur, c’est bien plus drôle. Mais bizarrement, mes parents et mes professeurs ne comprennent pas mon humour en herbe et je ne gagne généralement que des retraits. Quelle misère, je pleure un peu, je crie et je retourne à mes constructions.
— Pierrot vient manger !
— Oui, atta-peu !
— Non, on n’attend pas Pierre, tout de suite !
— Oui ! Oui ! (Soupir.)
Au souper, mes parents semblent découragés, ils sont souvent tristes. Je ne comprends pas pourquoi ma mitaine perdue les a atteints à ce point.
— Ah, non ! Pas du spaghetti, yark !
— Pierre, on ne dit pas yark. C’est ce qu’on mange ce soir et c’est tout. Prends au moins quelques bouchées.
— Oooké ! (Soupir.)
— Pierrot, tu sais que demain matin on commence ta médication. Ça va t’aider à te concentrer. Comme t’a expliqué le médecin ce matin.
— Ouais ! Ouais ! (Je m’en fous, j’veux juste aller jouer. J’ai rien compris de son charabia. De toute façon, on verra bien.)

Le rêveur veut rêver,
Mais il ne sait comment y arriver,
Il veut aimer, il veut tout simplement rêver.

Le lendemain, étrangement, je suis revenu avec mon lunch et mes mitaines et tous mes devoirs étaient dans mon sac à dos. Je suis fière de moi, et maman aussi. J’ai réussi à terminer mes travaux en classe, même si Thomas riait derrière moi. Je me suis même surpris à me retourner pour lui demander d’arrêter. Mon professeur voit mes efforts et m’encourage. Mes parents sont plus calmes et heureux. J’ai moins de punitions. Mes notes à l’école montent et on rit beaucoup moins de moi. Pierrot la lune est devenue tout simplement Pierre. Il a juste troqué son beau croissant d’argent contre une nouvelle confiance en or. Il a échangé la tempête dans sa tête contre une immense bibliothèque, ou les informations sont plus facilement accessibles.
Mais, il garde la capacité de retourner sur sa belle lune quand cela lui chante et sans que ça déstabilise son entourage et son for intérieur…

Le rêveur sait maintenant rêver,
Sa vie à complètement changé,
Laissons les peurs et le passé passer…

Connaissez-vous, ou reconnaissez-vous cet enfant ?

Notice biographique

Karine St-Gelais est une écrivante qui promet.  Nous avons aimé ce conte plein de fraîcheur et de naïveté enfantineschat qui louche, maykan, alain gagnon, francophoniequ’elle nous offre.  Laissons-la se présenter.  « Je suis née à Laterrière, dans la magnifique ville de Saguenay. Depuis près de huit ans une Arvidienne, j’aime insérer dans mes histoires des frasques de l’enfance et des coups d’œil sur ma région.  Je suis mariée depuis dix ans. J’ai trois beaux enfants, un  affectueux Bouvier Bernois et un frère cadet de 21 ans. Je suis née le 3 septembre 1978 sous le signe astrologique de la Vierge. J’adore l’automne et sa majestueuse toile colorée. J’aime la poésie, les superbes voix chaleureuses et les gens qui ne jugent pas à première vue. Née d’une mère incroyablement aimante et d’un père absent, je crois que la volonté et l’amour viennent à bout de tout.  Au plaisir de vous rencontrer sur mon blog:http://www.facebook.com/l/3b24foRTZrfjfcszH7mnRiqWa9w/elphey »

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Mélasse de la poésie et pauvreté intérieure, par Alain Gagnon…

1 février 2016

Notes de lecture…alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Ces lignes de Léopol Morin, musicien et musicologue, décrivent avec pertinence un des défauts majeurs de notre littérature québécoise – poésie surtout – qui souvent se vautre et se perd dans les Causes et la mélasse des bons sentiments, depuis plusieurs décennies.
Comme si la sincérité pouvait excuser le manque de génie ! Ce serait trop commode ! Quelles bêtises, quelles pauvretés et quelles misères n’a-t-on pas excusées au nom de la sincérité ! […] Ne croyez-vous pas comme moi que les artistes au cœur trop gros, au cœur toujours ouvert et en ébullition, ont fait prime trop longtemps ? (Léopol Morin, Musique, vol. 1.)

*

Si nous croyons être nés de la volonté divine, avoir honte d’exister n’est-il pas le pire des blasphèmes ?
Nous pouvons avoir honte de certains comportements ou de certaines attitudes, mais de notre humanité même ? Jamais ! Nous sommes entrés dans ce monde sans préavis ni consultation… À ma connaissance limitée.

*

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecNous sommes la civilisation de la pauvreté. De la pauvreté intérieure. On a vidé notre monde intérieur de toute référence au sacré. Nous demandons donc à tous et à tout de nous divertir, de nous distraire, de réduire au silence les échos harcelants de nos vides intimes. Du réveil au coucher, nous faisons appel aux bruits, aux néons, aux gadgets, aux communications à l’aveugle, aux agitations politiques et morales… Aucune quiétude ne doit permettre au Soi de manifester ses exigences.
Activisme et agitation. À tout prix ! L’inactivité est un fardeau, une torture où triomphe l’angoisse. Les centres-villes et ses soleils, dorés ou noirs, qui courent et ardent sur deux tours d’horloge, sont les refuges vains, mais recherchés par tous ceux qui se fuient.
Et on se déplace, chevauchant les fuseaux horaires, pour toujours se retrouver face à soi qu’on étouffe, et qui exige de naître.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Là où s’étend la solitude, textes de Clémence Tombereau…

31 janvier 2016

Là où s’étend la solitude

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Elle a besoin des grands espaces qui se déroulent dans ton cerveau.
Elle a besoin des longs silences entre chaque battement de ton cœur.
Elle a besoin de vide. Elle cherche le creux.
Parfois on la devine dans le fond de tes yeux.
À l’ombre douce du monde, elle étend son corps souple, étire lentement ses bras avides d’abandon.
Dans les heures du soir pareilles à des fantômes, ou dans les matinées semblables à des absences, elle valse, à cœur joie, silhouette indéfinie tournant à l’infini, prise par sa nature, ivre de sauvagerie, muette, les yeux béants : elle vit – et t’attend.

Ce que nous tairons

Nous ne parlerons pas de la profession d’Elettra. La vie quotidienne nous impose suffisamment d’être définis, casés, formatés et déformés par un métier pour ne pas glisser de catégorie socioprofessionnelle (triste mot) entre ces lignes.
Disons qu’Elettra travaille. Tous les jours. Avec des horaires précis. Des collègues, médiocres. Quelques rares appréciables et véritablement intéressants. Quelques rares. Des jours où elle a le sourire aux lèvres, d’autres la boule au ventre. Des vagues de stress et, parfois, une énorme joie qui lui permet de tenir. Parfois.
Un travail donc. Un salaire. Un supérieur. Une nécessité pour pouvoir manger, se vêtir, se faire plaisir, vivre. Pas d’autres choix finalement.
Nous ne parlerons guère du mari d’Elettra. Il existe. Il a un prénom que nous avons déjà évoqué. Un métier omniprésent, omniprenant. Une forme de gentillesse nonchalante ainsi qu’une espèce d’amour sincère pour son épouse, rencontrée il y a dix ans, toujours désirable, toujours prompte aux élans qui habituellement s’éventent avec le temps (avide de gommer ce qu’avant il enchante). Un mari donc. Pas pire qu’un autre. Un peu mieux même. Pas grand-chose à lui reprocher si ce n’est une présence pareille à des points de suspension, une présence qui ponctue les absences. Elettra s’accommode sans en pâtir de cette étrange solitude offerte par son mariage : être seule, pour elle, est un luxe suprême, nécessaire comme peuvent l’être la respiration, les nuages, les rêveries.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge chat qui louche maykan alain gagnonDéclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade (roman) aux Éditions Philippe Rey.

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L’effet papillon, un texte de Denis Ramsay…

29 janvier 2016

L’effet Papillonalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

L’histoire commence en Chine avec un papillon.  On dit que si, en Chine, un papillon bat des ailes à un certain moment, cette action peut déclencher une catastrophe en Amérique.  C’est l’effet papillon, façon de dire que tout est interrelié, interdépendant.  Le papillon en question dans cette histoire est une bombycidée, une maman prête à pondre et qui vit dans une ferme à bombyx, le vers à soie.  Elle a déjà commencé, mais s’interrompt, inquiète.  Combien survivront jusqu’au cocon ?  Et après, jusqu’à l’âge adulte ?  Elle n’est pas dupe.  Elle sait bien qu’elle n’est qu’une maille dans un camp de travail forcé.  Le travail continue.  Une lumière à la fenêtre.  Elle bat des ailes pour s’y rendre.  Son dernier œuf tombe en plein vol, parcourt une parabole précise pour aboutir à un endroit incongru :  à l’extérieur.  Il est passé par une fente très mince dans la paroi.  Il manquera donc un œuf à sa récolte et un fil à l’étoffe.

Sans les soins méticuleux des récolteurs, la mère papillon ne donne pas cher de la peau de son petit dernier.  Elle le chasse de son esprit pour s’occuper des centdextuplés restants.  Elle trouve toute la nourriture nécessaire à un battement d’ailes, sans effort et sans laisser ses petits plus d’une seconde.  Ça grouille de vers ici.  Les travailleurs chinois ramassent la manne et amènent la progéniture en un lieu plus propice à leur croissance :  l’orphelinat des vers à soie.  Ils donnent à leur précieux bétail le parfait matériau du « cocooning », car chacune de leur digestion est un ruisseau d’or, qui, uni à d’autres en rivière, coule vers une mer de tissu aux vagues très douces et miroitantes.  Mais il manque un ruisseau, un cocon non récolté, tout juste à l’extérieur.  Une maille est tirée, qui n’a jamais été là.  Personne ne s’en aperçoit.  Le tissu est vendu parmi cent autres, est cousu en joli foulard rouge et vendu à Paul Grégoire.  Il l’achète dans une boutique de l’avenue Mont-Royal, à Montréal, pour sa femme Georgette, à l’occasion du dixième anniversaire de sa demande en mariage.

— Oui !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ils sont toujours en amour, comme un vieux couple qui baise encore souvent.  Ils n’ont pas d’enfant, pourtant, mais désirent procréer, avoir un bébé à torcher, à toucher et à aimer.  La chambre est prête, remplie de dessins de papillons, car Paul est un collectionneur.

Le bombyx unique prépare son cocon, le dur passage de l’adolescence, dans la chaleur de l’été chinois.  Une branche près du sol et le temps est suspendu pour la transformation.

Paul se prépare à son rendez-vous avec sa femme.  Son cadeau joliment emballé sous le bras, il se dirige vers leur restaurant préféré, une rose blanche à la boutonnière, en signe de reconnaissance…  Georgette est assise seule à une table, dégustant un café au lait et un croissant.  Elle lui sourit ; il s’assoit.  Ils flirtent comme au premier jour, ce jour béni ou Internet les a réunis.  Il lui touche les mains, premier contact.  Elle est belle !

Il déguste un verre de vin et quelques fromages, puis offre à sa belle son présent.  Elle est éblouie par la finesse du tissu, la clarté des couleurs, le dessin.  Tout va bien.  Soudain, elle remarque la faille, la maille manquante !

— Il est bien beau ton foulard, mais il a un défaut !

— Excuse-moi, mais je ne l’avais pas vu.

Il ne le voit toujours pas.

— Tu l’as eu en spécial, j’espère !  Parce que si tu penses me séduire en m’insultant…

Ce soir-là, ils auraient dû concevoir Julie ; tout était prêt.  Georgette était en pleine ovulation et tout en désir.  Mais elle ne le prenait pas et ils ne font pas l’amour.  Julie aurait été une grande chercheuse qui aurait découvert un remède définitif au SIDA.  Sans cette découverte, Pierre Leblond, sidéen, mourra et ne réalisera pas son chef-d’œuvre.

En Chine un enfant chasse un papillon et capture un bombycidé mâle, très rare parce qu’ils ne les laissent pas parvenir à la maturité.  Des ouvrières, dont sa tante, trouvent le fil du cocon et le déroulent pour le tisser.  Si la tante vend le papillon à un touriste ou un collectionneur, elle pourra peut-être manger à sa faim aujourd’hui.  Pierre, frère de Paul, sera heureux de le ramener à Montréal.

Paul et Georgette concevront plus tard, et cette combinaison particulière de gènes produira celui qui deviendra « Yvon le terrible » selon l’appellation consacrée dans les médias, un tueur de masse et en série.  Une de ses victimes s’appellera Diane et aurait dû partager sa vie avec Serge qui se reproduira plutôt avec Lucie, donnant au monde Guillaume, le conquérant des étoiles, qui trouvera la façon de battre la lumière à la course et permettra les vols intersidéraux.

La légende raconte que le chercheur eut son coup de génie en examinant un foulard rouge que sa mère avait trouvé dans un marché aux puces.  « Il manque un fil ! » Sa théorie sera connue sous le nom de « la théorie du fil manquant »…

Quelque part au Mexique un monarque prend son envol.  Un peu trop vigoureusement pour le vent qui l’emporte en direction opposée des autres.  Confusion.  Son sens de l’orientation magnétique lui indique qu’il est dans la mauvaise direction, mais il poursuit.  L’équilibre est tout près et dans la direction de l’Argentine plutôt qu’au Québec, où il aurait dû, normalement, porter ses petits-enfants.  D’une façon ou d’une autre, il ne survivra pas assez longtemps pour voir la terre promise, où qu’elle fût.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecCe subtil changement rompra l’équilibre des champs magnétiques.  Chaque corps, chaque objet a un champ magnétique, le monarque également.  Nous vivrons une inversion des pôles magnétiques, la première depuis 300 000 ans !  Les outardes ne passeront pas au printemps ; les tortues des îles vertes s’égareront en Afrique.

Tous les moteurs, tous les appareils électriques s’arrêteront au même moment, comme lors d’une explosion nucléaire, semant la pagaille.  Par contre, les satellites, de même que les dix stations spatiales permanentes continueront de fonctionner normalement, hors des caprices du champ magnétique de la Terre.  Et ils prendront alors, durant cette crise particulière, la décision de coloniser les planètes des autres systèmes stellaires.

Un seul battement d’ailes ouvre les choix.  Imaginons deux !

Restons-nous à la maison ou partirons-nous ?

Notice biographique 

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonieL’auteur se présente ainsi :

« Né à Victoriaville dans un garage où sa famille habitait, l’école fut la seule constante de son enfance troublée.  Malgré ses origines modestes, où la culture était un luxe hors d’atteinte, Denis a obtenu un bac en sociologie.  Enchaînant les petits emplois d’agent de sécurité ou de caissier de dépanneur, il publia son premier ouvrage chez Louise Courteau en 1982 :La lumière différente, un conte fantastique pour enfants.  Il est un ardent militant d’Amnistie Internationale et un rédacteur régulier dans des journaux universitaires et communautaires.  Finalement, après plusieurs manuscrits non publiés, il publiera chez LÉR Les chroniques du jeune Houdini.  D’autres romans sont en chantier…  »

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

 


Du bonheur en contrebande, par Sophie Torris…

27 janvier 2016

Balbutiements chroniques

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En nous faisant croire que le seul chemin qui mène à Rome est l’austérité, on renvoie le bonheur aux calendes grecques, comme s’il n’avait plus le droit de cité. J’ai conscience que mon pays n’est plus de cocagne; je n’ai pas les portugaises ensablées. Mais pourquoi devrais-je m’empêcher de construire des châteaux en Espagne ?
Tonnerre de Brest, on dirait que, pour être crédible aujourd’hui, il faut avoir l’air grave, préoccupé, voire même tragique ! Le bonheur est devenu suspect.
Si vous souriez un peu trop, on risque de vous prendre pour un Béotien.
Si vous partagez quelques montagnes russes d’émotion, on vous taxera de faiblesse.
Si vous ne vous plaignez pas, c’est sans doute que vous cachez quelque chose. On ne peut décemment, de nos jours, être content de son sort sans que le téléphone arabe se mette à faire courir des rumeurs.
Bref, si vous voulez pouvoir afficher un peu d’ivresse, la seule raison acceptable est d’être saoul comme un Polonais.
Avec autant de si, ce n’est pas seulement Paris que l’on met en bouteille. C’est aussi la joie que l’on consigne. Car voilà, pour être un bon cru aujourd’hui, il faut être mal embouché, ruminer les plaisirs d’antan et porter le poids de la conjoncture.
Et bien, je préfère passer pour une cruche plutôt que de me plier à ce genre d’étiquette. Je ne veux pas vieillir en fût, le présent a bien plus de cuisse et de velours que le passé, aussi millésimé soit-il.
Et puis, franchement, ce n’est pas en faisant la gueule qu’on nous rendra l’Alsace et la Lorraine !

Prenons donc un petit quart d’heure bordelais, le Chat, afin de remettre les pendules à l’heure. La morosité s’est donc introduite, ces dernières années, tel un cheval de Troie, en ville, au bureau, jusque dans les foyers, et ce, même chez mon oncle d’Amérique. Je ne suis pas de Marseille, c’est hélas la triste vérité. Personne n’est plus à l’abri d’un coup de Jarnac. Et pour preuve, on m’a déjà limogée, virée, lourdée sans qu’on ait rien à me reprocher. Certes, ce fut une douche écossaise qui aurait pu noyer ma bonne humeur, mais j’ai préféré filer à l’anglaise. Il y a de ces revers de fortune contre lesquels on ne peut rien : deuil, maladie, séparation, perte d’emploi. À quoi bon alors se couronner soi-même tête de Turc en ressassant ce qui ne peut être changé ? Si le chagrin, qui, lui, est tout à fait légitime, ne s’accompagne pas d’un lâcher-prise, c’est la joie qu’on risque d’envoyer bouler à Pétaouchnok pour de bon.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecEt il en est de même pour ces petites chinoiseries qui font ruminer certaines personnes pendant des jours. Que mes enfants transforment ma maison en capharnaüm, ce n’est pas le Pérou ! Qu’il pleuve sans cesse sur Brest ce jour-là, ne m’empêchera pas d’y faire la java. Perdre mon chemin ne m’enverra pas dans la gueule du loup et pleurer après le temps perdu ne me le rendra pas. Pourquoi faire d’un événement qui est, de toute manière, irréversible, un supplice chinois ? Pourquoi s’empoisonner la vie d’une macédoine de soucis irrévocables et s’imposer ce genre de régime spartiate ?

C’est ainsi qu’on finit par croire que la vie de bohème se trouve à Tataouine, loin de la routine et de ses poupées russes de tracas. Et on se trompe en confondant plaisir et bonheur. Évidemment, le plaisir, c’est Byzance ! Il se boit cul sec et l’ivresse est immédiate. Mais il est éphémère parce que lié à la satisfaction d’un désir qui n’en est plus un quand il est consommé. Et nous revoilà à faire la manche indéfiniment entre chaque trou normand, parce que cette quête ne finit jamais. On ne se contente pas de voir Naples et mourir une seule fois. Le plaisir habite en Frénésie, c’est bien connu. Et c’est toujours la même histoire. Il y était une fois un prince que l’on veut charmant et que l’on pare de toutes les qualités existant sur le marché afin que le bonheur à deux puisse naître dans l’idée magnifiée que l’on a de l’autre. Ainsi, on se berce de joies formidablement illusoires et on croit à ses propres promesses de Gascon jusqu’à ce que la réalité nous rattrape et que l’on se remette à ronchonner sur ce qu’on a perdu.

Et si le bonheur n’était tout simplement pas lié à une cause extérieure ? On n’aurait plus besoin de s’échapper dans le plaisir comme si la seule solution était de s’oublier. Et s’il était, tout au contraire, cette cabane au Canada, blottie au fond de soi ? Et s’il suffisait d’en ouvrir la porte pour que la joie s’y invite ? Et s’il était cette auberge espagnole où chacun contribue à nourrir l’autre ? Et s’il était dans le don plutôt que dans la réception, dans l’instant plutôt que dans la projection ? On n’aurait peut-être plus le mal du pays.

Il paraît que le bonheur est contagieux. Alors que ceux et celles qui l’ont trouvé ne le boivent pas en suisse, il pourrait trinquer !

Sophie

Cette chronique est fortement inspirée du dernier ouvrage de Frédéric Lenoir, La puissance de la joiealain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

La joie, c’est la vie, la plénitude.
La joie est profonde. Je n’ai pas joie de boire mon café.
Émotion amoureuse, esthétique, spirituelle, collective. La joie touche esprit, cœur, corps, sens, imaginaire.
Elle ne se décrète pas. On ne décide pas d’être en joie, mais on peut cultiver un climat favorable qui permet à la joie d’advenir. La joie s’invite.
On ne court pas après le bonheur. Il est à l’intérieur. (Enlever les obstacles qui ont bouché la source : égo, peur, mental). Se libérer de tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes. Se libérer des faux-moi. Tout ce que l’égo et le mental ont construit comme mensonge pour nous aider à survivre. Il faut avoir de l’égo pour survivre. On ne tue pas l’égo, mais ne pas être mû par le personnage qui s’est identifié à l’égo. Lâcher l’égo : moments d’éveil. On ne s’identifie plus au personnage qui a besoin de reconnaissances, de compliments, qui vit dans le regard de l’autre.
La joie peut accompagner le chagrin.
Lâcher le mental, logiciel de survie, qui a enregistré ce qui nous fait du bien et du mal pour aller vers les choses plus profondes. Renoncer aux biens immédiats pour un bien plus profond.

Comment : être attentif sinon la joie n’intervient pas. Il faut être présent. La joie vient quand on est présent. Si je pense à autre chose, je rumine, je perds ma disponibilité. Lorsqu’on est attentif, le cerveau secrète de la dopamine qui nous met de bonne humeur.

Plus on se sent vivant, plus on ressent la joie.
Le mental et l’égo nous aident à survivre, pas à vivre. Peur de ne plus être aimé, de décevoir, de perdre.

Le bonheur n’est pas une émotion passagère. C’est être dans un plaisir qui dure, non tributaire des choses extérieures.

Le bonheur se construit, fruit d’un équilibre.

Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieSophie Torris est d’origine française, Québécoise d’adoption depuis dix-sept  ans. Elle vit à Chicoutimi, y enseigne le théâtre dans les écoles et l’enseignement des arts à l’université. Elle écrit essentiellement du théâtre scolaire et mène actuellement des recherches doctorales sur l’impact de la voix de l’enfant acteur dans des productions visant à conscientiser l’adulte. Elle partage également une correspondance épistolaire avec l’écrivain Jean-François Caron sur le blogue In absentia. (http://lescorrespondants.wordpress.com)

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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