Jésus et la respiration de Brahma : Propos sur l’oubli de soi…(26)

5 septembre 2011

Extraits d’un ouvrage à Paraître : Propos sur l’oubli de soi…

La respiration de Brahma – L’univers est en expansion, à une vitesse folle.  Théoriquement, après des milliards d’années (des éons), il se contractera.  Expiration et inspiration de Dieu.  L’hindouisme et la mythologie scandinave exprimaient déjà cette vision.  La fin de tout, de toute matière, dans un éternel retour, un éternel recommencement de création et de destruction.

respiration de Brahma

Et si  le souffle de l’univers — et l’espace qui l’accueille — ressemblait à une zone de marnage, d’amplitude de la marée ?  Les eaux des fleuves et des océans y montent et en descendent dans un décor immuable aux yeux de l’humain inattentif.  Toutefois, si on y regarde de plus près, les flux et reflux apportent et retirent des objets, modifient minutieusement la plage, y entraînent des cailloux, y rongent des semblant de dunes, en créent d’autres, rident les sables de sillons…    S’il en était ainsi de la dimension métaphysique du Grand Univers ?  Y serait aspiré, s’y inscrirait et y résiderait éternisé tout ce qui vaut éthiquement et esthétiquement de survivre aux flux et reflux de la matière ?

Siegfried, marche funèbre

À mettre en parallèle avec la parole de Jésus : « Ainsi tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et les met en pratique peut être comparé à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé ; ils se sont précipités contre cette maison et elle ne s’est pas écroulée, car ses fondations étaient sur le roc. Et tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique peut être comparé à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé ; ils sont venus battre cette maison, elle s’est écroulée, et grande fut sa ruine. » (Mathieu : 7, 24-27)

Construire sur le roc signifierait-il penser et agir selon les exigences et normes éthiques ou esthétiques d’un hypermonde qui survit aux flux et reflux du souffle créateur, dont découlent naissance et mort de l’univers sensible ?  On échapperait alors au Ragnarök[*] ?


[*] Le Ragnarök désigne, dans la mythologie nordique, une fin du monde prophétique, que précédera une série d’évènements, dont trois hivers sans soleil.


https://maykan.wordpress.com/

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Pyramide de Maslow, un autre complément…

13 mars 2010

Le ziggourat de Lothey…

Un visiteur et auteur, Herbot Lothey, nous offre en complément à la pyramide de Maslow, son ziggourat.

Non, je ne remets pas vraiment en question la pyramide de Maslow, je me contente de lui ajouter un étage afin de la récupérer. Voici l’explication cynique que j’en donne dans mon livre, sur le thème « comment devenir immortel en donnant votre nom à une théorie en science sociale ».

Vous pouvez aussi pratiquer la stratégie du coucou en récupérant le travail de vos prédécesseurs. Car les théories s’enrichissent et l’immortalité va au dernier qui leur ajoute quelque chose. L’idéal est bien sûr de leur apporter une touche finale et indépassable. En voici un exemple.

La pyramide de Maslow est aussi fameuse chez les psychologues que celle de Kheops chez les égyptologues. On la doit à Abraham Maslow (1908-1970). Selon lui, il y a chez l’homme une gradation des besoins, des plus élémentaires aux plus élevés. Au fur et à mesure qu’on satisfait les uns, on passe aux suivants, jusqu’à atteindre le niveau suprême, celui des besoins d’épanouissement. Or Maslow n’est pas monté assez haut : une fois qu’on a tout, on veut en plus que ça dure, on veut l’immortalité. Il faut rajouter un degré à la pyramide.

D’ailleurs, puisque la construction devient infinie vers le haut – elle touche au ciel – le mot pyramide ne convient plus. Et voilà comment, d’un seul coup d’un seul, la pyramide de Maslow devient la ziggourat de Lothey. »

Cette démarche n’est évidemment pas originale, on ne compte plus les théories créées par l’un et qui portent le nom de l’autre ! Maslow lui-même, semble-t-il, n’a pas hésité à emprunter largement à d’autres auteurs. Pour en revenir à la pyramide, je suis bien sûr dans le registre de l’humour, mais j’aime bien cette composition en abîme dans laquelle je prétends devenir immortel en ajoutant de l’immortalité à la théorie d’un autre.

Je n’ai pas étudié en direct les œuvres de Maslow — je ne les connais qu’à travers mes études de communication. Mais il me semble que l’idée d’auto-actualisation à celle d’auto-immortalisation, il n’y avait qu’un pas à franchir.

Est-ce suffisant pour amorcer une discussion entre lecteurs ? Je n’en sais rien : quant à moi, elle me dépasse déjà…

Herbot Lothey est âgé de 59 ans.  Il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de Sciences Com’.  Il fait carrière dans la banque, l’informatique et la communication.



Suaire de Turin et transcendance : Propos sur l’oubli de soi…(25)

1 mars 2010

Extraits d’un ouvrage à Paraître : Propos sur l’oubli de soi…

 

tiré du site deviantart

 

La conscience de la transcendance doit provenir d’un manque ressenti, d’une soif, d’une certitude intérieure.  Pas d’un phénomène externe que les croyances au goût du jour qualifieraient d’extraordinaire, de miraculeux, de surnaturel, pour ensuite le mettre en doute, et mettre ainsi en doute la foi qu’un tel phénomène soutenait.

Un ami, de formation scientifique et de tête positiviste, croyait dur comme fer à l’authenticité du suaire de Turin.  Il y a quelques années, on aurait démontré que cette relique serait peut-être un faux. Mon ami était dévasté.  Sa foi n’avait plus de point d’appui.  Je lui dis : « Quant à moi, cela n’a pas grande importance.  Ce n’est pas à partir d’un miracle, d’une relique ou d’un phénomène insolite que l’on croit à l’existence de valeurs et de dimensions surnaturelles dans l’Être, mais l’inverse. On cherche le merveilleux, les signes d’une présence transcendantale dans le monde naturel, parce que, déjà, l’on a en soi l’intuition qu’autre chose existe. »

Il m’accusa d’avoir la foi du charbonnier.  Soit !  Je préfère écouter le soi, qui me parle au plus intime, que de vouer un culte aux faits ou aux objets que la science ne peut expliquer encore.

Prenons l’exemple de ce roi de France, saint Louis.  Il obtint (par quel subterfuge ?) la soi-disant réelle couronne d’épines qui aurait été instrumentale dans la passion du Christ.  Il distribua à ses barons favoris de ces épines qu’ils enchâssèrent et vénérèrent.  Le plus prodigieux dans l’aventure historique du Nazaréen, ce ne sont pas les fragments de la vraie croix ou les épine de sa couronne, ce sont ses paroles d’une vérité prégnante qui traversent les millénaires et sèment encore le feu dans le cœur de ceux qui les entendent.


La religion comme expérience individuelle et sociale : Propos sur l’oubli de soi…(24)

26 février 2010

Extraits d’un ouvrage à Paraître : Propos sur l’oubli de soi…

Sans la reconnaissance active et sociale du divin en elle, on n’accordera à la personne humaine aucun droit infrangible.  La nature naturante, organique, apparente, celle du monde des phénomènes sensibles, celle du laïcisme et du matérialisme, ne connaît que la conquête, la sujétion, la loi du plus fort.

Même si des siècles de religion ont introduit dans nos civilisations les valeurs de respect de la personne, de droits humains… – peu importe le nom qu’on leur donne –, si ces droits ne sont pas ancrés dans la certitude qu’une transcendance habite la nature humaine et participe de la nature humaine, ces droits ne résistent pas aux impératifs égotiques du politique et de l’avidité.

*

L’étranger : Le jeune humain ne peut que se sentir étranger dans ce monde laïc où on lui nie l’accès au plus fondamental en lui.  Au mieux, on s’en gausse.  Les intellectuels ont fait de la soif de sacré un objet d’étude, parmi d’autres.

Un objet d’étude occupe l’esprit, mais il ne donne aucune raison de vivre ni d’espérer.

*

Le monde de l’instant coïncide avec le monde du soi.  Le mode de l’instant est le seul mode qui convient au soi, lui permette d’être.  L’instant est un perpétuel miracle : résultat de la lutte du fini et de l’infini pour produire  du temps.

L’instant est la seule cible qui vaille. Le passé est incertain ; le futur n’existe pas.  L’instant rutile des mille feux de la vérité.  Il est la seule réalité où se contemple le soi ; la seule mer où il peut nager sans s’atrophier, se diluer ou se perdre.



Pensée analytique et pensée contemplative… Propos sur l’oubli de soi…(23)

21 février 2010

Extraits d’un ouvrage à Paraître : Propos sur l’oubli de soi…

 

Contemplation, Perry

 

Une des deux jambes est toujours la plus forte.  On le constate chez un égaré en forêt.  Il tournera dans le sens de sa jambe la moins forte.  Il ira où sa jambe la plus forte le conduit.  L’équilibre des forces ferait qu’il irait en ligne droite.

La pensée analytique et la pensée contemplative (ou méditative)  sont les deux jambes d’un même corps – corps social.  Dans quelle direction tournent nos sociétés ?

*

La religion est reliée aux sources de l’être à soi, de son existence propre chez l’humain.  Elle est plus qu’un épiphénomène à étudier ; elle explique le monde à l’enfant et sa présence au monde.  Elle éduque et forme.

Nier cette réalité à soi-même et aux autres est l’équivalent de construire sa maison sur un pont.  Ce siècle laïque nous exhorte au bonheur sans transcendance — sa grisaille que distillent les écoles, est profonde, d’un absolu désespoir, parfois.

*

Le respect de soi et la véritable connaissance de soi contraignent à la charité.

*

Lorsque nu sur la terre glacé de novembre, je regarde le ciel s’éclater de noir, je me dis :

— Où t’es-tu oublié ?  Où t’a-t-on oublié ?


Propos sur l’oubli de soi… (21) : Complément sur Abraham Maslow

16 février 2010

Précisions sur Abraham Maslow…

Le 18 décembre dernier, j’ai utilisé la pyramide de Maslow pour exprimer la hiérarchie des besoins primaires, sociaux et d’autoréalisation  de l’humain, à l’occasion d’ un commentaire que je faisais sur une parabole tirée de l’Évangile de Matthieu (celle où l’on trouve cette phrase célèbre : Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui est à Dieu...) Cet article a connu un succès que je m’explique difficilement, et une fréquence élevée de visionnement qui perdure après deux mois.  (Sans compter les commentaires et questions, en majorité hors blogue.)  Pour cette raison, je présenterai brièvement Maslow.  Je tiens toutefois à préciser que je ne suis pas psychologue.  C’est à titre, pendant plus de 20 ans, de professeur  en gestion des ressources  humaines  et de gestionnaire sur le terrain que j’ai mis en pratique les enseignements de Maslow — avant tout, en ce qui a trait à la motivation des employés.

Abraham Harold Maslow (1908-1970) demeure une référence pour nombre de psychologues. Il est surtout connu dans le monde du travail

Pyramide de Maslow

pour ses études sur la motivation.  Les résultats de ses recherches sont  illustrée, pour fins pédagogiques, par sa célèbre pyramide qui montre les besoins fondamentaux de l’humain et le cheminement à suivre pour les satisfaire, selon une progression ordonnée, de façon à atteindre l’autoréalisation de la personne.  Avec, en particulier, Carl Rogers, il est l’initiateur de cette école dite de la psychologie humaniste. Certains voient en lui un précurseur de la psychologie transpersonnelle — cette école de psychologie qui, au-delà de la personnalité, s’intéresse également à la dimension spirituelle de l’humain et aux états de conscience exceptionnels.  Notamment, Maslow a élaboré un lexique  qui décrit le mysticisme et les états de conscience paranormaux en termes scientifiques, tout en respectant la spécificité de ces expériences.

Pour ma part, j’ai toujours apprécié sa clarté et sa simplicité.  Il pense en pédagogue.  Un consultant en développement organisationnel, qui se retrouve en organisation, n’a pas toujours devant lui des gens qui possèdent des maîtrises ou des baccalauréats en psychologie ou en gestion.  Un outil comme la pyramide de Maslow permet de partager rapidement un vocabulaire commun et des références conceptuelles communes qui favorisent la compréhension mutuelle et le travail en équipe, à partir d’un outil simple, sur les réalités complexes de la motivation et de la satisfaction au travail.

Quelques citations de Maslow :

« Si vous projetez délibérément d’être moins que ce que vous êtes capable d’être, alors je vous avertis que vous serez profondément malheureux pour le reste de votre vie. »

« Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous verrez tout problème comme un clou. »

« S’il veut être en paix avec lui même, un musicien doit faire le la musique, un peintre de la peinture, un poète de la poésie. »

Quelques ouvrages de Maslow :

L’accomplissement de soi : de la motivation à la plénitude, Paris, Eyrolles, 2004.

Vers une psychologie de l’être, Paris, Fayard, 1972.

Être humain : la nature humaine et sa plénitude, Paris, Fayard, 2006.

 

PS : Pour une description des étages de la pyramide de Maslow, voir, dans ce blogue, mon article du 18 décembre 2009.


 


Propos sur l’oubli de soi…(20) : Heidegger et la pensée méditative…

14 février 2010

Extraits d’un ouvrage à Paraître : Propos sur l’oubli de soi…

 

Martin Heidegger

 

La foi préserve ce que Heidegger appelait la pensée méditative ou contemplative contre les prédominances indues de la pensée utilitariste, analytique et technicienne.

La pensée contemplative sauve.  La pensée analytique aide à vivre dans ce monde, mais elle ne résout pas les problèmes du sens, des valeurs, des significations.  Seules réalités qui intéressent à long terme le soi.

*

Civilisations inconnues qui ont fleuri sur les bords de la Caspienne, à la frange du désert de Gobi.  Civilisations sumériennes et autres du Proche Orient…  Égyptienne, grecque et autres qui nous sont proches par filiation.

Le spirituel donne naissance aux civilisations, et les civilisations étouffent le spirituel sous leurs décombres.  À vol d’oiseau, (et d’oiseaux myopes !) l’Histoire semble une série de culs-de-sac.  Comment les civilisations en arrivent-elles à se nier successivement et à manifester le triomphe du  sable sur la pierre taillée ?

*

Tout provient de l’intérieur de soi et tout finit en soi.

Au fond de soi, réside ce roc sur lequel édifier durablement.

En nous réside l’objet de notre quête, la porte qui ouvre sur l’infini.

 


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