Salon funéraire et Jean Ray…, un texte d’Alain Gagnon

23 octobre 2016

Actuelles et inactuelles

Au retour d’un salon funéraire. —alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec
Au salon funéraire, il n’y a plus d’Anglophones, il n’y a plus de Francophones. Ça sent le café, et des gens ont de la peine.
Au salon funéraire, il n’y a plus d’Irlandais protestants ni d’Irlandais catholiques. Ça sent le café, et des gens pleurent.
Au salon funéraire, il n’y a plus de Sudistes ni de Nordistes. Ça sent le café, et des gens ont de la peine.
Au salon funéraire, il n’y a plus de conservateurs, il n’y a plus de progressistes. Ça sent le café, et des gens pleurent.
Au salon funéraire, il n’y a plus de fédéralistes ni d’indépendantistes. Ça sent le café, et des gens ont de la peine.
Tous conflits ajournés pour cause de sort commun dans l’aveugle aventure humaine.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecJean Ray. — Pour ceux à qui je dois expliquer ma fascination pour l’auteur belge Jean Ray, voici le début d’une nouvelle tirée du recueil La croisière des ombres :

La présence horrifiante

Écoutez, derrière la puérile barrière de la vitre, noire comme du sang caillé, toute l’apothéose des bruits méchants de la tempête.
Elle est accourue de loin, du fond des mers haineuses.
Elle a dérobé aux rivages maudits, où pourrissent les phoques crevés de gale, les relents du mal noir et de la mort.
Elle a hué, honni mille agonies pour assiéger notre pauvre cabaret, où le whisky est aigre et le rhum épais.
C’est un enfant fort vilain qui dévaste un parc de roses, pour taquiner une coccinelle, et la voici qui flagelle notre bicoque de ses nageoires de raie géante.
— Pourquoi, dit Holmer, faut-il mettre, autour de chaque histoire terrible, une nuit noire et un orage affreux ? C’est de l’artifice.
— Non, répondit Arne Beer, c’est une réalité, une chose ainsi voulue par la nature. Vous confondez autour et alentour, comme disait le professeur de français d’Oslo, mais il ne confondait jamais le whisky avec son verre, le singe adroit.

Un métissage d’Edgar Allan Poe, d’Isidore Ducasse et de Coleridge. Atmosphère à couper le souffle.

L’auteur

Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livrealain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont KassauanChronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Billet de Québec, par Jean-Marc Ouellet…

6 février 2014

De l’à-propos de la science

J’aime la science.  Vous vous en doutiez.  J’en ai fait ma profession, la médecine, cette science qui soigne,Équations guérit, une science dont le niveau d’excellence actuel n’eût été possible sans la recherche, celle en anatomie, physiologie, pharmacologie, et j’en passe.  Personne ne remet en question la pertinence de la science médicale.  Elle sauve des vies.

Dans un monde de guerres, de famines et d’injustices sociales, il est plus délicat de justifier les milliards de dollars investis dans la recherche de particules élémentaires, ou dans l’exploration des confins de l’univers.  À quoi peuvent bien servir ces études que seuls quelques nerds saisissent, des marginaux qu’à tort, on imagine à lunettes, à sarrau, les cheveux longs et blancs, distraits, solitaires dans l’antre de leur laboratoire.  Parfois, le titre même de leurs travaux est aussi impénétrable qu’un cumulonimbus en plein orage.

On traite souvent d’inutile ce qu’on ne connaît pas vraiment.  Les sciences n’y échappent pas, sorte de vengeance de l’ignorance sur le snobisme apparent de certaines disciplines.  Ainsi, épineuses, farouches et d’accès difficile, la physique, la chimie et les mathématiques souffrent d’un certain préjugé négatif.

Pendant que nous rêvons sous une pleine lune, peu nous importe les quatre satellites de Jupiter dérobés à nos yeux.  À quoi bon ces observations ennuyeuses, ces calculs fastidieux ?  Mais voilà : quand Galilée créa le télescope, quand il découvrit ces lunes en apparence insignifiantes, imaginait-il qu’un jour, sa découverte contribuerait à peaufiner les cartes marines, à sauver des navigateurs ?  C’est ça, la science.  Des  découvertes pour demain.  Hélas, notre époque n’est pas patiente.

Les trouvailles scientifiques sont invisibles pour la plupart du monde, surtout quand elles profitent à des professions moins éclatantes.  Pourtant, la science a soulagé le maçon, le pêcheur, l’éboueur dans leur travail, sans qu’eux-mêmes le réalisent toujours.  Nous tous, à tous les instants, profitons de la rigueur, de la passion et de l’imagination du géomètre, de l’architecte, de l’ingénieur, du biologiste, du physicien…  Aujourd’hui, des portes s’ouvrent automatiquement sous l’effet photoélectrique d’Albert Einstein.  Sans la connaissance de l’espace et des ondes électromagnétiques, les satellites ne gaveraient pas nos téléphones intelligents de données.  La science se cache partout, se mêle de tout.  Dans la rue, dans les boutiques, les cinémas, la chasse, la pêche, les tricots…  Eh oui, vivent les tissus modernes, plus souples, plus brillants, plus résistants !  Dans une sorte d’ingratitude, avec insouciance, nous jouissons des succès de la science.

Terre station spatialeAujourd’hui, avec l’éducation pour tous, ou presque, la science et les technologies qui en résultent ont élargi notre vision du monde.  Nous sommes de plus en plus conscients de partager la planète avec d’autres créatures vivantes et du rôle essentiel de l’environnement sur la vie, les activités humaines les modifiant, les menaçant.

Certes, le dernier siècle l’humanité a tiré de la science des avantages sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine.  Hélas, des impacts ont été nuisibles et inquiètent pour le long terme.  Pollution, surconsommation, ondes électromagnétiques, bombe atomique ; recherche de confort à tout prix, individualisme, inégalité.  « La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d’être des hommes. », commentait l’écrivain et biologiste, Jean Rostand.  La science a donc mauvaise presse.  Le public d’aujourd’hui s’en méfie, autant que non sans raison, il se méfie de sa progéniture, la technologie, les innovations techniques se révélant trop souvent introduites au profit d’une minorité privilégiée.  La tendance actuelle à la privatisation et à la mondialisation accentue ce sentiment.  La technologie doit servir la société, pas devenir son maître.

La science aspire au bien de l’humanité, pour une vie meilleure.  Or, sans le vouloir, elle a contribué à l’abomination.  Certes, elle n’a pas tous les torts.  Au contraire.  Les impacts préjudiciables découlent bien davantage du mauvais usage des dérivés de la science que de la science elle-même.  Avant l’envahissement des plastiques dans nos magasins, l’élaboration de produits biodégradables était envisageable.  On n’y a simplement pas pensé à temps.  Une approche multidisciplinaire à long terme et à grande échelle eût été souhaitable, l’insouciance et l’absence d’analyse pour l’avenir ayant engendré une masse imposante de connaissances et une panoplie d’applications technologiques disparates, parfois futiles.  Les regrets ne suffisent plus !  Il faut revenir en arrière !  Hélas, une fois qu’il est entré, essayez de sortir l’éléphant du salon !

Car plusieurs agissent par instinct, sans analyse, sans ordonner leurs pensées.  Certains de nos dirigeants s’y spécialisent.  Au nom de l’économie, pour ne pas dire de l’économie sauvage, on impose des lois « mammouths », on camoufle des réformes qui atténuent les contraintes environnementales sur une industrie avide de profit, on musèle écologistes et scientifiques, on coupe les vivres aux agences de contrôle, aux défenseurs de notre qualité de vie.  Les écosystèmes se bouleversent, des animaux meurent, des espèces s’éteignent, la chaîne alimentaire s’intoxique, nous menace.  On crache des matières toxiques dans l’air que nous respirons, la planète se réchauffe, les catastrophes naturelles se multiplient.  Voilà le produit de l’ignorance, de l’usage intuitif de ce qu’on ignore, du manque de vision, du copinage industrialo-politique.

La science peut très bien s’occuper de développement durable.  Mais les ressources lui manque, ne viennent pas, le pouvoir n’y croit pas, parce que ses priorités sont ailleurs.  La science doit pourtant trouver des fonds.  L’industrie ne demande pas mieux que de lui en procurer, en échange de résultats qui l’avantagent.  Pendant qu’industriels et dirigeants mangent leur caviar dans les chics endroits d’un globe moribond, qu’ailleurs on crève de faim ou sous les balles, et que la science rêve encore d’une vie meilleure, le monde s’autodétruit avec le produit de la science.

Malgré tout, l’espoir demeure.  Tant que l’humain occupera une place dans l’univers, il y aura de laÉprouvette science.  Elle fait partie de l’Homme.  « La science ?  Après tout, qu’est-elle, sinon une longue et systématique curiosité. », écrivait François Rabelais.  Vitale, elle ne consiste certes pas qu’en des formules entrées de force dans la tête.  La science, c’est l’fun lorsque transmise avec passion, lorsque son essentialité est envisagée dans notre quotidien.  Elle sert l’humanité, bien sûr, mais son existence ne repose pas seulement sur cette noble cause.  De tempérament inquiet, l’homme veut surtout connaître, comprendre le monde, ses origines, assouvir ce besoin de se situer dans l’univers.  La science porte aux réflexions, satisfait le besoin de l’esprit de savoir.  Dans Le pouvoir des mots, Edgar  Allan Poe disait : « Ce n’est pas dans la science qu’est le bonheur, mais dans l’acquisition de la science. » Destiné à chercher, rien ne sera plus glorieux pour l’homme que le charme de découvrir.  Et après l’excitation d’avoir découvert, la quête reprendra, d’autres questions s’imposant, d’autres problématiques se manifestant.  Qui sait où la science nous mènera ?  Un jour, une nouvelle particule nous permettra peut-être de voyager dans le temps, nous offrant l’opportunité de corriger nos bêtises.  Ou bien, l’exploration du cosmos nous dénichera un refuge potentiel dans l’éventualité pas si absurde que nous ayons un jour à fuir les cendres de notre incurie.

Le mandat de la science est clair.  Elle doit cependant assumer ses responsabilités dans une approche plus globale, délaisser la recherche obsessive de la croissance, poursuivre ses travaux dans une perspective d’écologie durable.  L’astrophysicien Carl Sagan, dans Contact, concédait que « la science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » La science moderne doit donc s’allier la sagesse des sociétés indigènes et des philosophes de toutes les cultures contre le pouvoir de l’argent, une alliance qui nous sauvera peut-être.

© Jean-Marc Ouellet 2014

Notice biographique

Jean-Marc Ouellet grandit dans le Bas-du-Fleuve. Médecin-anesthésiologiste depuis 25 ans, il pratique à Québec. Féru de sciences et de littérature, de janvier 2011 à décembre 2012, il a tenu une chronique bimensuelle dans le magazine littéraire électronique Le Chat Qui Louche. En avril 2011, il publie son premier roman,  L’homme des jours oubliés, aux Éditions de la Grenouillère, puis un article, Les guerriers, dans le numéro 134 de la revue MoebiusChroniques d’un seigneur silencieux, son second roman, paraît en décembre 2012 aux Éditions du Chat Qui Louche.  En août 2013, il reprend sa chronique bimensuelle au magazine Le Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Billet de Québec, par Jean-Marc Ouellet…

21 septembre 2012

 

La plume du corbeau

 Elle git sur le sol.  Noire.  Seule.  Les autres, où sont-elles ?  Pour quelle chair agissent-elles ?  Elles protègent, glissent sur l’air, se laissent emporter par le vent, planent au-dessus des regards méfiants.

Plume sur le bitume, pourquoi mérites-tu mon œil soupçonneux ?  Noire tu es, comme l’obscurité, comme la nuit.  Tu n’as fait aucun crime, mais mon mépris passe par ce que tu es.  Tu es noire.  N’est-ce pas assez ?!  N’étais-tu pas sur cet oiseau, ce rapace, qui rôde sur la mort, qui plane en quête de mort, qui se nourrit de mort ?  Je n’aime pas les ténèbres, je n’aime pas la mort.  Et de toujours, l’ombre volante a mauvais renom.  Exécutions, cimetières, voilà ses domaines.  Jadis, les Anglais soutenaient que cette chair fuyant la Tour de Londres, la mort frapperait la famille royale, ou le royaume chuterait devant l’ennemi.  On a dit que l’esprit du Roi Arthur habite cette chair.  La tuer prêterait au sacrilège, et à la malchance.  Les Indiens d’Amérique l’appelaient « messager de la mort ».  Poe, ce grand poète, mit en vers sa sinistre nature.  Tout ça, parce qu’un roi de la dynastie des Hapsburgs extermina la horde qui avait trouvé refuge dans une tour de son château.  Depuis, vous avez croassé au-dessus de Marie-Antoinette et de sa guillotine ; vous avez nargué l’Empereur Maximilien tué par balle au Mexique ; vous avez pleuré au-dessus du Prince Rudolf d’Autriche et de l’amour de sa vie, la Comtesse Maria Vetsera, alors qu’ils consommaient leur pacte de suicide ; vous avez tremblé au-dessus de l’archiduc Ferdinand assassiné à Sarajevo, événement qui catalysa la Première Grande Guerre et mena à l’extinction de la dynastie des Hapsburg.  (1)

Pourtant cette chair est sociable.  À la mort d’un membre de la bande, vous respectez un rituel funéraire, des protestations rauques s’étirent des heures et des heures.  Y aurait-il un cœur sous ce lugubre plumage ?  Noire relique, me méprendrai-je sur ta nature, sur celle de la chair qui t’a abandonnée ?

L’habit ne fait pas le moine, dit l’adage.  Le noir de ce plumage, de ce ramage, ne serait-il que fausse représentation ?  Y aurait-il du bon sous ces sinistres attributs ?  Rares les Hitler chez les moustachus.  Rares les Magniotta chez les gais.  Et les cheveux blancs n’assurent pas la sagesse.

Cette chair est si proche de la mienne.  Elle a des yeux, un cou et des pattes, son estomac digère, son foie purifie, ses poumons respirent, son cœur bat.  Comme moi, elle se nourrit de viande, fraîche ou morte, elle boit.  Comme elle, je chante faux, je croasse mes objections, je pleure la perte d’un semblable.  Je plane sur une société cruelle, contrôlée par des forces obscures.  Comme cette chair, je profite des occasions qui se présentent à moi, et au surcroit, je gaspille les ressources, je détruis la Nature qui nous nourrit.  Je juge ma pilosité souveraine, et méprise la douteuse noirceur de ton plumage.  Mais… qui suis-je pour te juger ?  Plus digne que toi ? Ou mon regard n’est-il que l’instrument de ma propre noirceur ?

(1)    http://www.forteantimes.com/features/articles/879/myths_of_the_raven.html

© Jean-Marc Ouellet 2012

Notice biographique

Jean-Marc Ouellet a grandi sur une ferme du Lac-des-Aigles, petite municipalité du Bas-du-Fleuve, puis à Québec. Après avoir obtenu un diplôme de médecine de l’Université Laval, il a reçu une formation en anesthésiologie. Il exerce à Québec. Féru de sciences et de philosophie, il s’intéresse à toutes les  littératures, mais avoue son faible pour la fiction. Chaque année, depuis le début de sa pratique médicale, il contribue de quelques semaines de dépannage en région, et s’y accorde un peu de solitude pour lire et écrire. L’homme des jours oubliés, son premier roman, a paru en avril 2011 aux Éditions de la Grenouillère. Depuis janvier 2011, il publie un billet bimensuel dans le magazine littéraire électronique Le Chat Qui Louche


Billet de Maestitia, par Myriam Ould-Hamouda…

10 septembre 2012

 

Muse d’un soir…

Dans un petit atelier de la rue Edgar Poe, une page vierge dévisage le corps figé d’un présumé Louis. Voilà déjà plusieurs heures qu’il pointe une plume en sa direction, sans jamais y perdre la moindre larme d’encre. Et elle lui fait peur, cette plume. Toutes celles qui, par le passé, ont effleuré sa griffe, n’en sont jamais revenues. Alors, en cet amas de feuilles encore vierges, des rumeurs courent. Certaines racontent qu’à son seul contact, on embrasserait la jouissance extrême, l’orgasme ultime. D’autres implorent de la fuir comme la peste, celle-ci ne mènerait qu’au tombeau. Et voilà qu’aujourd’hui, il l’avait choisie, elle. Alors elle tremble à s’en froisser, et ne le lâche pas du regard.

Bordel, voilà des heures qu’il est là, à gésir devant cette page blanche. Les mots s’enchevêtrant dans sa tête, ondulant en tous sens, sans jamais en jaillir. Et il a beau savoir, Louis, qu’à chaque fois c’est la même chose, le même scénario qui se répète inlassablement, ça bouillonne à l’intérieur de cette dépouille paralysée. Et puis, toujours ces doutes qui l’assaillent soudain. Et si je n’arrivais plus à écrire ? Et si je n’avais jamais su, en réalité ? Peut-être qu’ils se trompent, tous, et qu’ils découvriront demain que je ne suis qu’un never been aux doigts engourdis. Peut-être que… Et puis, il reconsidère cette vie chamarrée d’aujourd’hui qu’il n’a jamais fait qu’attendre, et ses doutes s’estompent.

Louis était devenu, depuis quelques mois, un écrivain à la mode. Ses romans d’horreur passionnaient des milliers de lecteurs fanatiques dans le pays. Les journalistes étaient à l’affût du moindre mot échappé de ce mystérieux prince des limbes qui mêlait avec virtuosité rêve et réalité. Malgré sa pudeur, il avait accordé deux ou trois interviews à ces rapaces insistants. Et il s’amusait de ce brouhaha d’un monde détraqué, en jouant avec les mots et les métaphores avec adresse. Et lorsqu’ils lui posaient cette perpétuelle question « Mais où trouvez-vous toutes ces idées ? », il répondait, presque machinalement, que l’inspiration naissait dans le creux des reins de ses muses d’un soir.

– Vos « muses d’un soir », qui sont-elles ?

– Les passantes de ma vie, dont chaque pas transperce mon ardeur.

– Et existent-elles réellement, ces passantes-là ?

– Elles n’existent plus au moment où je pose le point final. Je les tue.

Et, ils riaient. Les journalistes d’un rire démesuré, Louis d’un rire ajusté. Et la foule, autour, riait aussi.

Ce soir, il l’avait effleurée à la terrasse d’un café, sa muse d’un soir. Sous une chevelure ébène, deux yeux océan accrochaient les lignes d’un livre. Ce livre, c’était son dernier roman. Il s’était alors assis à ses côtés, engageant la conversation avec cette douceur qui le caractérisait. Ils avaient échangé quelques mots, sur lui, sur elle, et avaient regagné son petit atelier de la rue Edgar Poe, ensemble.

Sa muse, pour l’heure, semble s’être perdue en un coma vaporeux, et, à cet instant, ses reins ne disent rien du tout. Et puis, en un sursaut, elle quitte son éden éphémère pour rejoindre ce prince des enfers. Louis esquisse un sourire. Il s’avance vers elle, d’un pas lent, presque décomposé. Elle tremble, comme cette page encore vierge oubliée sur le bureau. Elle le distingue précisément celui qui, à présent, se penche sur son corps dépouillé, mais elle ne peut ni hurler, ni bouger. Marionnette de ce bourreau d’un soir. Il parcourt de ses doigts ses courbes exhibées, comme pour en détacher les premiers mots qui noirciront sa page blanche l’instant d’après. Ses pupilles se dilatent au fur et à mesure qu’il explore l’intimité de son pantin aliéné, au fur et à mesure qu’il distingue son visage se crisper confidentiellement. Dans sa tête, les mots s’emmêlent en un tango endiablé. Il la pénètre. Les mots jaillissent. La plume érafle la feuille jadis vierge. L’encre se répand. En ses veines, sur sa feuille, en sa muse d’un soir. Derrière les derniers soubresauts d’un instant fantasmagorique, un roman naît.

La feuille à présent couverte d’encre ébène, la muse abandonne ses derniers espoirs. En ce chaos nocturne, Louis vogue dans les sentiers d’une réalité évanescente, le regard écarlate. Les rumeurs ne s’étaient pas trompées. De cette jouissance extrême, de cet orgasme ultime, ni la feuille ni la muse n’en sortiront indemnes. Au petit jour, toutes deux rejoindront clandestinement l’implacable tombeau.


Notice biographique

Myriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.

C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonorités, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.

Récemment, elle a créé un blogue Un peu d’on mais sans œufs, où elle dévoile sa vision du monde à travers ses mots – oscillant entre prose et poésie – et quelques croquis,  au ton humoristique, dans lesquels elle met en scène des tranches de vie :http://blogmaestitia.xawaxx.org/


Dires et redires, par Alain Gagnon…

19 août 2012

 

De La Fontaine et Dostoïevski…

Lorsque, comme moi hier, on se paie coup sur coup du Poe et du Márquez, la réalité de la littérature s’impose dans une intuition absolue. On n’en doute plus. Le texte littéraire se démarque ; lorsque l’on ouvre certains ouvrages, on sait qu’on pénètre en haute littérature, même si elle ne se prouve pas. Comme l’écrivait Alain sur le beau : « Pour tout dire, le beau a ce privilège d’exister. » De même, la littérature est. Et elle est d’autant plus qu’elle vaut, comme tous les arts, par ce qu’elle possède en elle d’irréductible à l’analyse.

Les acharnés de la non-littérature devraient relire Le renard et les raisins de Jean de La Fontaine.

(Le chien de Dieu, Éd. du CRAM)

*

Les préfaces et les introductions ordinairement ennuient. Sauf si on s’appelle Dostoïevski, qu’on est traduit par André Markowicz et qu’on s’apprête à écrire Les carnets de la maison morte. Dans une introduction habile, Dostoïevski nous présente un personnage, ancien bagnard, qui tiendra son rôle comme narrateur tout au long du récit. Le procédé est habile. On s’en doute, l’auteur en profite pour s’abandonner à son penchant : les jugements généraux sur les lieux, les gens et la façon dont on devrait vivre sa vie dans la lointaine Sibérie – ce qu’on appellerait aujourd’hui, dans notre Québec contemporain, l’art de vivre en région périphérique ou semi-périphérique.

À la première page, on retrouve ces lignes qui ont des pieds et des mains. Il y parle des habitants « contraints »de la Sibérie : fonctionnaires impériaux, anciens bagnards assignés à résidence ou qui optent pour demeurer sur place, voyageurs venus de Russie…

« Ceux d’entre eux qui savent résoudre l’énigme de la vie restent presque toujours en Sibérie et s’y enracinent avec bonheur. Par la suite, ils portent des fruits riches et doux. Mais les autres, les gens frivoles, ceux qui ne savent pas résoudre l’énigme de la vie, s’ennuient très vite en Sibérie et se demandent avec angoisse pourquoi ils sont allés jusque-là. C’est avec impatience qu’ils attendent le terme légal de leur mission […]. »

 

Fédor n’explique pas ce que signifie « résoudre l’énigme de la vie ».Vos hypothèses sont aussi bonnes que les miennes. Néanmoins, comme les vôtres, je les ignore, je fais la liste de celles qui me viennent à l’esprit. Résoudre l’énigme de la vie pourrait signifier :

1. que l’on a tout compris ; que l’Être, la mort, la naissance ne recèlent plus de secrets ; que l’on est omniscient ;

2. la résignation.  Qu’une sagesse infuse nous fait tout accepter comme valable et bien parce que dans l’Être ;

3. que l’on s’est égaré jusqu’à la complaisance dans les attraits variés du quotidien, avec la jouissance de l’artisan qui ne voudrait voir plus loin que le jour qui décline et le plaisir qu’apporte l’outil au contact de la matière ;

4. que la musique nous a ouvert son espace sans mots et qu’on y jouit sans retenue de ce que tout l’Être peut offrir à des cerveaux enfin délivrés ;

5. que la christéité ou la bouddhéité a enfin émergé en soi et que, délivré de toutes contradictions, on accède à la haute compréhension qui guérit tous les maux.

Voilà les hypothèses à vérifier, voilà ce que je soumettrais par lettre à Fédor si les postiers célestes n’étaient en grève.

Mon plus grand souhait, c’est qu’un jour, nous soyons tous – écrivains, poètes, philosophes – dépassés. Que l’on viendra nous lire, sans trop d’insistance, dans des bibliothèques surannées et que des jeunes gens commenteront : « Comment ont-ils pu être aveugles à ce point ? Comment ont-ils pu vivre dans un monde si infernal ? » Cette désuétude sera notre victoire.   Ou, plutôt, la victoire de l’Esprit.

Jeunes gens, songez à nous alors, nous qui aurons vécu l’âge de Fer.

(Le chien de Dieu, Éd. du CRAM)


La nuit, un texte de Luc Lavoie…

31 juillet 2012

 

La nuit

… Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, — jamais plus !

Le corbeau

Edgar Allan Poe
Traduction de Charles Baudelaire

La nuit avale le jour.

Les ombres se répandent dans les taillis. L’obscurité resserre ses griffes : le jour s’éteint. Une fois de plus, des confins de la noirceur, d’étranges créatures s’échappent…

La lune grimpe un ciel ténébreux. Un noir oiseau se déploie au-dessus des arbres morts que les fourmis ravagent avec entrain. Le nécrophage s’élève. En passant devant l’astre, de ses ailes légères, sur sa face, il dessine un sourire qui se veut lugubre. Un reflet disgracieux qui se noie sous la surface des marécages, le temps d’un bouillon venu profaner l’eau morte. De là, entonne la chorale morbide des crapauds.

La noirceur se meut. Elle rampe, saute et marche. Naturellement malsaine. Elle libère ses bêtes enragées. Lamentations et hurlements épars forment sa voix. Silhouette furtive, elle alimente la peur, tandis que son hypnotique regard fige la proie. Rapide et sournoise, elle donne la chasse. Dans ce monde sauvage et sans merci, elle se rue sur sa victime… pour tuer. Dans ses yeux de glace se reflètent la lente agonie, puis la mort.

Derrière les roseaux, sur une branche de merisier, la mante religieuse découpe la tête du mâle qui vient tout juste de l’engrosser. La pénombre impitoyable agrippe, étrangle et dévore. De ses mâchoires tranchantes, dans la lueur de ses yeux insensibles, s’écoule le sang des carcasses démembrées. La mort est reine en ce lieu. Assise sur son trône d’animosité. On n’échappe pas à l’assaut brutal des carnassiers.

La chouette, d’un chicot, cligne des yeux. Sur son axe, sa tête tourne sur deux-cent-soixante-dix degrés. Un polatouche s’élance dans la nuit. Son corps cerf-volant plane au faîte des grands arbres. Le rapace allonge ses ailes et le suit. Cette ombre au vol silencieux glisse et fend l’air. Il intercepte sa proie.   Le choc lui est fatal. Les serres effilées perforent sa chair molle. Sa vie lui échappe. Ses petits yeux noirs s’emplissent de vide et son frêle corps se relâche. Quelques coups de ses longues rémiges fouettent l’air, et l’augural volatile reprend de la hauteur. Il emporte sa pitance et bientôt disparaît aux abîmes. L’écho singulier de son hululement, ce cri insolite qui traverse les bûchers, est l’annonce incontestable qu’un festin sinistre aura lieu.

Des nuées lourdes roulent au ras des cimes. Le ciel menace. Même les étoiles se cachent derrière le rideau de cette mise en scène sinistre. Dans les montagnes d’épinettes et de savanes, les brumes s’étalent à nouveau. Elles s’entremêlent aventureuses. Sur les hauts plateaux ou sur les eaux de quelques lacs tranquilles, elles se risquent encore. Espiègles. Engeances fantomatiques ; errantes fumées issues de quelque royaume spectral oublié, elles sont devenues portes ouvertes sur d’autres univers ; des endroits clos où circulent péripéties et sagas d’époques évanouies. Elles osent même traverser de vieilles routes forestières, jadis achalandées ; passages devenus opaques à la lumière, même le jour, obstrués par les buissons d’aulnes et d’aubépines. Abandonnées des hommes. La nuit. Cédées aux revenants et aux esprits retors.

Sur ces voies difficiles d’accès, les mousses ont recouvert sols et constructions depuis longtemps. Elles s’y sont multipliées. Incrustées aux souches. Elles ont rongé les restes des campements qui les longent, témoins immobiles, ou presque, d’un passé depuis longtemps enseveli. Les brumes, elles, ont chuchoté et chuchoteront encore. Ad vitam aeternam. Elles rediront sans cesse ces mêmes phrases tout droit sorties des catacombes. Murmures et réverbérations sans consistance qui percent la toile nocturne, annonciatrice de terreur et d’épouvante. Ces embruns volubiles ont ramené aux yeux effrayés des rares perdus des légendes moribondes de colosses venus de lointains horizons. Géants trépassés de la terre ; héros aux mains équarries à la hache, aux bras veinés de la sève des grands conifères ; bûcherons massifs au sourire en dents de scie et à l’endurance de l’ours noir. Diables dévoreurs d’immenses forêts de sapins.

Ces malins brouillards leur ont chanté des ritournelles de chantiers forestiers animés, jonchés de troncs d’arbres qui se sont rompus et couchés avec fracas. Endroits habités de tous les mystères. D’énigmatiques images revenues du  lointain : on y aurait vu les loups de Satan, venus des tréfonds, enlever des hommes téméraires qui s’étaient égarés trop loin des camps. D’autres encore, libérés des profondeurs des eaux, entraînèrent en leurs royaumes des équilibristes aux jambes agiles ; flotteurs de pitounes ; de billes de bois en descente sur d’assourdissantes rivières. Revoir la disparition de grands maîtres-briseurs d’embâcles ; jongleurs engloutis sous de puissants remous. Draveurs emportés vers les gouffres de l’enfer. Régulateurs des flux, des routes liquides qui alimentaient jadis les bouches démoniaques, déchiqueteuses,  de ces machines aux mâchoires métalliques ; ogres affamés du règne infernal de la pâte et du papier…

Qu’une première lueur jaillisse enfin sur les agitations de l’eau trouble, que déjà un tout nouveau jour naisse… libéré des bras étouffants de Nyx.

Les chimères se seront tues. Après avoir parlé de vive voix, elles s’en seront retournées dans le précipice des âges. Visions ancestrales d’une ère  florissante, mais aujourd’hui vestiges d’une époque révolue.

Avec le temps et la végétation qui les ont englouties, seules les ombres auront subsisté dans les coins les plus reculés des pinèdes. Au fond des grottes obscures. Sous les eaux dormantes des étendues.

La lumière, encore une fois, aura dispersé les mythes. Fait fuir les fantômes des fables. Repoussé les esprits maléfiques.

Mais la nuit reviendra. Maligne. Pour sûr, elle n’a pas encore dit son dernier mot…

 

 Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier en alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

Son rêve ?  Être un jour remarqué et publié. Il prépare, à cette fin, un recueil de nouvelles.  Il envoie également des textes à des magazines spécialisés.

 


Dires et redires, par Alain Gagnon…

13 mai 2012

Notre-Dame-du-Portage : La jeune fille et la Mort…

Hier soir, dans un suroît à ébranler les murets sous les lames, une fine mélodie perlait sur tout ce fracas. Les pieds dans l’eau du fleuve, une jeune violoniste et les plaintes de son archet. J’ai cru reconnaître La jeune fille et la Mort de Franz Schubert. Je n’en suis pas certain. Elle jouait quelques mesures, s’arrêtait, posait son violon sur sa hanche, observait les vagues, souriait à une compagne, reprenait la mélodie…

Paix et nostalgie.

(Le chien de Dieu, Éditions du CRAM, 2009.)

*

L’été ou l’automne, il me prend une fringale pour ces auteurs de littérature fantastique : Jean Ray, Edgar Allan Poe, H. P. Lovecraft et Claude Seignolle, ce chantre de la Bretagne et de la Normandie fin dix-neuvième siècle. Chemins rocailleux et poussiéreux, détours et collines abruptes, raidillons de ronces et de garenne, nuits bretonnes, châteaux délabrés de la noblesse provinciale, étangs et genêtières… Paysans frustes et cupides. Il plante un décor de poésie terrienne qui remue en nous quelque chose de profond. Tout son art repose sur cette capacité à créer des atmosphères prégnantes. On retrouve cette qualité chez Conan Doyle. On peut lire et relire, entre autres, Le chien des Baskerville pour ce mystère, ce romantisme noir qui transporte le lecteur. (Même pittoresque du clair-obscur chez Emily Brontë.) Compense-t-il inconsciemment les froides déductions et inductions de Sherlock Holmes ? Le Doyle celte, rêveur et spirite, réclame sa part du récit et l’obtient par cette poésie soutenue d’intérieurs victoriens ou de landes du Devonshire. (On ne retrouve en rien ces atmosphères chez Agatha Christie ; je n’ai jamais pu terminer un de ses livres.) Simenon présente aussi cette qualité : celle de la poésie accompagnatrice de l’enquête policière. Maigret se promène dans une atmosphère à couper au couteau.

Pourquoi les auteurs québécois n’accordent-ils pas plus de temps et d’espace au fantastique ? Prédominance des préoccupations politiques, sociales et existentielles d’une collectivité qui se cherche une identité ? Possible. Possible, mais j’en doute. J’inclinerais plutôt vers un manque d’épaisseur temporelle, historique. On peut éveiller la nostalgie en Bretagne : les ruines féodales abondent, et les monuments celtiques. On éveille chez le lecteur cette curiosité trouble pour un passé qui est sien, tout en étant très lointain. Jean Ray use et abuse des références historiques – réelles ou inventées. Lovecraft, nord-américain pourtant, plongeait dans les mythes éternels, le passé colonial et les cultures amérindiennes, tout comme Stephen King aujourd’hui. À l’époque de la Nouvelle-France, la population, donc l’occupation sédentaire du sol, n’était pas assez importante pour laisser en place un riche terreau où rêver. Du côté amérindien, c’est une tout autre question. À explorer…

(Le chien de Dieu, Éditions du CRAM, 2009.)


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