La vieille Indienne, un récit de Jacques Girard…

14 mars 2016

(Le Chat ne devait rouvrir que dans quelques semaines.  Je ne peux m’empêcher d’ouvrir temporairement pour rendre hommage à l’ami et à l’écrivain Jacques Girard.  Rien de mieux que de le laisser parler.  Alain G.)

La vieille Indienne

À Pierre Gill

La Montagnaise, par Virginie Tanguay

Plusieurs la croyaient morte depuis des lunes, la vieille Wednesday.

On ne l’avait pas vue souvent sur la réserve.

Jusqu’à la mort subite de son mari, le couple vivait en forêt de la trappe.  Il se nourrissait de la cueillette des fruits, mangeait du poisson et du gibier.  Les Wednesday faisaient partie des quelques familles qui vivent encore selon le mode de vie traditionnelle.

La vieille Montagnaise revient habiter sa cabane avec ses deux fils.

Bref renouement.  L’aîné meurt dans un accident d’automobile imputable à la vitesse et à l’alcool.  Quelques mois plus tard, on retrouva le cadet dans une crevasse en bordure de la voie ferrée que le CN délaisse.  Sa gorge était nouée au bout de son foulard en fourrure.

Alors, la vieille Indienne décide de vivre sa vie.  À 80 ans.  Jamais trop tard pour emprunter son sentier, proclame la patriarche.

Elle participe à toutes les assemblées publiques du Conseil de Bande, est présente aux séances des commissions, dont celle des Aînés, assiste aux réunions diverses et prend part aux manifestations.

Les Amérindiens écoutent les aînés.  L’ancêtre profite de ce privilège.  Les quelque 1,200 Montagnais ont peine à croire que cette femme, robuste sous une apparence frêle, ait passé les trois quarts de sa vie en forêt, une vie dure, exigeante.  Elle était née sous une tente par une nuit glaciale, avait vécu son enfance et adolescence dans le territoire de chasse et de pêche de sa famille.  La jeune femme des bois avait rencontré son mari sur la grande roche chaude qui mouille dans la rivière, au pied de leur campement.  Le couple se complétait en forêt comme le bouleau et l’écorce.  Soumise à lui.  Par contre, leurs fils refusèrent cette vie.

Son entourage s’émerveille de la voir si épanouie, si connaissante.

Quelle mémoire infaillible !  La petite histoire de son peuple est gravée dans sa chair, dans ses gestes, associés aux mouvements de la lune et aux grandes saisons.

Son père fut chef du Conseil de Bande ; et son défunt mari un ardent défenseur des coutumes ancestrales.

Ses expériences, l’ancêtre aime les partager avec son entourage.

La direction de l’école primaire l’invite.  Quel succès !  La vieille Montagnaise transporte sa jeune troupe au pays de ses ancêtres,  tend un collet, un petit piège, calle l’orignal dans le silence le plus complet.  Elle allume un feu imaginaire autour duquel les jeunes se réchauffent les mains et mangent du pain, de la banik.

Son vieux bonnet ancré sur la tête, vêtue d’un poncho, la vieille Wednesday ne passe pas inaperçue.  L’aïeule sillonne le village, quelle que soit la température.  Elle pisse où l’envie la prend.  Fatiguée, la vieille dame s’assoit et se repose en fumant une grosse pipe bourrée d’un tabac dont l’odeur est forte, particulière, différente du tabac commercial.  Les jeunes disent que c’est du pot !

C’est le tabac qu’elle cultive dans son petit jardin.  Ses plants dégagent une senteur forte, louche, prétendent les voisins sans trop s’en soucier.

La vieille Indienne boit maintenant et reprend le temps perdu.  Toute sa vie, la mère avait donné l’exemple, bien inutilement, à ses enfants.  Son mari en prenait, peu.  Trop tard pour revenir en arrière.

Un matin, l’envie de boire l’avait saisie aux tripes.  Comme une grippe de castor.  Par dépit ou avec l’intention de se rapprocher des siens, la vieille dame, seule, s’était soûlée.  Avec passion.  À se rouler sur le plancher gondolant de sa cabane.

Une odeur de veille continue flotte autour d’elle !  Une odeur amplifiée par le tabac et l’absence de soins corporels.  La vieille Indienne pue la vie…

Peine à croire que ses jambes tordues et son cœur fatigué lui permettent de danser, comme une jeune fille, et de fêter toute la nuit sans cligner de l’œil.

Une gourde de cognac pend à sa ceinture.  Des perles brillent dans les longs poils qui encerclent sa bouche édentée.

On penserait que la vielle amérindienne est toujours prête à partir tant elle traîne de bagages.  Elle va sur la grande place avec le sac en bandoulière de son fils aîné et vêtu du vieux poncho effiloché de l’autre, le poète qui mariait la langue de son peuple au français.  C’était elle qui lui avait appris l’importance de maîtriser le parler des autres.  « Les mots nous rapprochent des autres », défendait-elle.  L’ancêtre agissait comme traductrice quand la professeure n’était pas là.  Comme son père, elle avait appris l’anglais en fréquentant les marchands de fourrures.

Tout un personnage dans la communauté à la recherche de son identité.  C’est ce qu’on dit.

Lorsque le Canadian National évoque l’intention de retirer le tronçon de la voie ferrée qui desservait le magasin Hudson Bay fermé depuis plusieurs années, la farouche aïeule ameute la communauté.

On occupe les lieux.  La vieille dame indigne, dirait Graham Greene, reçoit les journalistes dans une sorte de grotte, une grosse crevasse, dans laquelle son fils, le barde, était mort.

Cette voie fait partie de leur vie et est liée à leur histoire.

« Le sentier de fer et de bois coule dans nos veines comme la rivière où je suis née », clame-t-elle.  Les appuis se manifestent.

Le CN transforma la voie désaffectée en un sentier piétonnier baptisé « Le sentier de la mère Wednesday ».

Notice biographique de Jacques Girard

Jacques Girard est écrivain, journaliste, enseignant…  Il est de plus un efficace animateur culturel : on ne saurait évaluer le nombre de fidèles qu’il a intronisés à la littérature québécoise et universelle.  Ses écrits reflètent un humanisme lucide.  De la misère, il en décrit.  Aucun misérabilisme, toutefois. Il porte un profond respect à ces personnages bafoués par la vie qui hantent les tavernes, les restos et les bars semi-clandestins de sa ville.  Il les connaît bien, et il ne se distancie pas d’eux.  Il a conscience d’appartenir à la même espèce, pour paraphraser Lawrence Durrell.  Nous considérons Des nouvelles du Lac son chef d’œuvre.  Mais il nous a aussi donné, entre autres, Fragments de vieLes Portiers de la nuit et Des hot-dogs aux fruits de mer.

Notice biographique de Virginie Tanguay

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean.  Elle peint depuis une vingtaine d’années.  Elle est près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes.  Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique.  Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif.  Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion.  Les détails sont suggérés.  Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien.

Pour ceux qui veulent en voir ou en savoir davantage : son adresse courrielletanguayaquarelle@hotmail.com et son blogue : virginietanguayaquarelle.space-blogs.com.  Vous pouvez vous procurer des œuvres originales, des reproductions, des œuvres sur commande, des cartes postales.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


L’albatros, un récit de Jacques Girard…

11 mars 2016

(Le Chat devait rouvrir dans quelques semaines.  Je ne peux m’empêcher d’ouvrir temporairement pour rendre hommage à l’ami et l’écrivain Jacques Girard.  Rien de mieux que de le laisser parler.  Alain G.)

L’Albatros

L'Albatros. Virginie Tanguay

L’Albatros. Virginie Tanguay

La salle de billard roule encore dans ma mémoire, au sous-sol de l’immeuble qui abrite maintenant plusieurs commerces ou services dont Mode Choc, RS Informatique et la Banque Royale.  Je m’assois sur le même banc.  L’adolescent arrive tôt le dimanche.  Le patron organise des tournois où s’affrontent les meilleures « queues » de la région.  Les joueurs se lancent des défis.  Les places pour les spectateurs sont limitées et le maître des lieux, un joueur invétéré, tolère les jeunes à la condition qu’ils se tiennent tranquilles.

Le choc des billes me ramène à cette époque.  Mon joueur favori, c’est monsieur Pilote.  Il demeure près du quai municipal de Roberval, dans mon quartier.  Je le rencontre sur le chemin qui conduit à la « salle de pool », comme on l’appelait avant l’application de la loi 101.

L’homme se déplace en pivotant comme un oiseau blessé.  Chaque pas est laborieux.  L’effort marque son visage.  La jambe gauche, rachitique, gratte le sol ; le bras pend le long du corps déformé.  La main droite manie une grosse canne en bois taillée dans une vieille perche, tandis que sa carcasse avance sous l’impulsion vigoureuse de la jambe droite, qui gonfle le pantalon d’étoffe.  L’ancien pêcheur commercial l’appelle « ma rame de rue » avec un sourire serein.

— Bonjour, monsieur Pilote.

— Salut, mon petit Girard, dit-il de sa voix essoufflée.

Mon regard évite son corps tordu par un accident cardio-vasculaire.  Monsieur Pilote est fier, et on le respecte.  À intervalles réguliers, la fatigue l’oblige à s’arrêter.  Haletant, vacillant, le marcheur s’adosse à un poteau ou à une galerie.  À mi-chemin, il s’assoit sur le perron de béton de la Ferronnerie Gagnon et Frères, rue Paradis.  Monsieur Pilote s’essuie le visage avec son mouchoir, fume une pipe avec lenteur et fait sauter les mégots qui gisent au sol du bout de sa canne.

Puis l’homme brisé repart.  Son épaule pousse la lourde porte de la salle.  L’escalier en terrazzo est abrupt ; l’infirme accroche sa canne à son épaule inerte.  Libre, sa grosse main agrippe la rampe.  Il saute d’une marche à l’autre.  Monsieur Pilote s’arrête sans que personne n’intervienne.  Descente exténuante.  À peine cinquante ans ; on lui en donnerait quinze de plus.  En arrivant tôt, il évite la cohue.

Les joueurs et les amis le saluent.  Sa réponse : une œillade souriante.  Il s’assoit à l’écart, reprend son souffle, le visage en eau.  L’employé lui apporte sa queue et son chevalet remisés sous le comptoir.

— Merci, c’est pas nécessaire…  J’aurais pu aller les chercher, dit le joueur.

— Toucher à votre baguette me porte chance, répond l’employé.

Monsieur Pilote attend son tour.  Calmement.  Les joueurs chassent la nervosité comme ils peuvent.  En tirant quelques billes, en fumant, en caressant leur queue.  Certains parlent.  D’autres vont à la toilette à répétition.  Chacun son rituel.  Les spectateurs arrivent.  Quelques minutes avant le début, le patron tire au hasard le drap du tournoi.  Dévoilement de l’adversaire initial.  On peut présumer des autres adversaires au gré des victoires attendues.  Les paris sont ouverts.  Personne ne mise sur monsieur Pilote pour remporter le tournoi.  Mais ce diable peut mêler les billes…

Le visage de son adversaire affiche une mine sombre.

Le tournoi démarre.  Les billes roulent sur plusieurs tables.  Des arbitres contrôlent les parties.  Les spectateurs se taisent.

Monsieur Pilote s’avance.  Son handicap s’estompe.  Le joueur sautille avec aisance autour de la table, soutien rigide, solide.  Comme autrefois le bord de sa chaloupe.  Le bord de la table remplace sa main morte.  Il ne joue que d’une main.  Une main sûre.  Un peu de bleu au besoin.  Lorsque la blanche s’éloigne de la bande, le manchot emploie un petit chevalet long d’un demi-mètre.  Le poids de sa main gauche le tient en place.  Au besoin, il utilise le chevalet normal.

Aussi rapide que les autres joueurs.  Son état l’oblige à jouer de façon non classique.  Un champion des traverses.  Des coups audacieux.  Des boules tirées avec des effets surprenants.  Quel rétro !

Jeu égal.  Jamais un geste de colère ou de dépit.  Jamais de jurons.  Son visage buriné sourit, et mes oreilles entendent sa voix pleine de vagues douces.

Comme au temps de sa jeunesse, quand il pêchait le jour et jouait au billard le soir.  Il porte encore le pantalon de lainage tenu par des bretelles, la chemise à carreaux et la calotte.  Quelle que soit la saison, l’ancien marin porte ses grosses bottes.

Ce dimanche-là, monsieur Pilote joue en maître.  Les spectateurs s’agglutinent autour de lui.  On chuchote.  Comme avant son embolie.  Joueur redoutable.  Un champion.  Des photos sur les murs le prouvent.  J’ai lu les articles.  Les journalistes mettent en évidence sa modestie.  « Un champion sans démonstration » titre un texte.

Monsieur Pilote avait réappris à jouer à l’écart.  En composant avec son handicap.  Impossible de redevenir le joueur du passé.  Mais on lui voue respect.

Un coup audacieux me rive sur le banc.  Encore deux billes et c’est la victoire contre un dandy arrogant, prétentieux, fils à papa.  Sa famille est riche.  Leur appartement couvre tout un étage de l’immeuble.  On ne lui connaît pas de travail.  Le dandy passe ses journées à courir les filles et à jouer au billard.  Garde-robe impressionnante.  Le joueur porte des chemises aux manches amples, comme le poète Baudelaire, qui aimait la table verte.  « Baudelaire aimait à la passion le jeu de billard et le jouait avec une coquetterie extrême, relevant à chaque instant ses manches de mousseline », a écrit Gabriel de Gonet.  Cette parenté avec l’auteur des Fleurs du mal, mon livre de chevet, est plus profonde.  Mon imagination tisse des correspondances !

Je vis un autre dimanche baudelairien.  Monsieur Pilote, c’est l’Albatros ; cet oiseau qui boite sur terre, mais qui vole comme un dieu dans le ciel :

À peine les ont-ils déposés sur les planches

Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d’eux

L’Albatros de Baudelaire

La table autour de laquelle vole le joueur des beaux jours flotte sur les eaux du lac Saint-Jean.  Le vieux pêcheur tient sa queue comme une canne à pêche en indiquant la poche où tombera la dernière bille.  Son imposante main coiffe le bout de sa baguette de bleu ciel.  Il jette un regard au dandy.  La dernière boule garde l’entrée de la poche.  Danger d`y loger la blanche.

— Par la bande, la huit dans la poche au coin, annonce-t-il.

Il place sa queue sur le bord de la table, tire avec succès.  Victoire.

Le dandy marmonne des félicitations.  Les spectateurs applaudissent.

L’Albatros regagne, le visage défait, son banc.

Qu’en est-il de ces souvenirs ?  Monsieur Pilote est mort.  Un jour, la famille du dandy est partie en coup de vent.  Difficultés financières.

Quarante ans plus tard…

Ce soir-là, le jeune homme contre qui je joue à la Tabagie Harvey manie la queue d’un seul bras, plus petit, mal formé.  Impossible de soulever ce membre plus haut que l’épaule.  L’autre est un moignon.  Il joue sans chevalet.  Rapide.  Il appuie la queue sur le bord de la bande et lance.  Quelle habileté !

Comme l’Albatros, il me bat.  Je l’applaudis.

— Une revanche ?

— Avec plaisir, dit-il en souriant.  Une dernière, j’ai un meuble à finir à soir…

Notice biographique de Jacques Girard

Jacques Girard est écrivain, journaliste, enseignant…  Il est de plus un efficace animateur culturel : on ne saurait évaluer le nombre de fidèles qu’il a intronisés à la littérature québécoise et universelle.  Ses écrits reflètent un humanisme lucide.  De la misère, il en décrit.  Aucun misérabilisme, toutefois. Il porte un profond respect à ces personnages bafoués par la vie qui hantent les tavernes, les restos et les bars semi-clandestins de sa ville.  Il les connaît bien, et il ne se distancie pas d’eux.  Il a conscience d’appartenir à la même espèce, pour paraphraser Lawrence Durrell.  Nous considérons Des nouvelles du Lac son chef d’œuvre.  Mais il nous a aussi donné, entre autres, Fragments de vieLes Portiers de la nuit et Des hot-dogs aux fruits de mer.

Notice biographique de Virginie Tanguay

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean.  Elle peint depuis une vingtaine d’années.  Elle est près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes.  Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique.  Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif.  Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion.  Les détails sont suggérés.  Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien.  Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche.

Pour ceux qui veulent en voir ou en savoir davantage : son adresse courrielle :  tanguayaquarelle@hotmail.com et son blogue : virginietanguayaquarelle.space-blogs.com.  Vous pouvez vous procurer des œuvres originales, des reproductions, des œuvres sur commande, des cartes postales.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

3 février 2015

  Le voyageur

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Lorsque je peins, je veux m’adresser à l’esprit des gens, aller au-delà du concret. Je suis à la recherche de la vérité, de l’essence du sujet. En ce qui concerne « Le voyageur », c’est dans le regard qu’il pose que j’ai souhaité voir la magie opérer. La pièce a été créée de quelques coups de crayon et de la superposition et du retrait des couleurs. Je n’éprouve pas le besoin d’inclure plusieurs détails, j’ai le désir de transmettre rapidement un message, une émotion. Bien que toutes les interprétations conviennent, je voulais rendre l’intensité de la vie et le mystère que dégageait l’homme.

Dirigeant la danse de l’eau et des pigments sur le papier humide, mon large pinceau devenait maître de la cérémonie. J’accentuais ou atténuais la lumière. Naturellement, l’ombre se logeait dans les endroits à l’abri de la clarté du jour. J’imprégnais dans la fibre du papier ma perception de ce personnage que je ne connaissais pas. J’étais consciente que cet homme me touchait. Nul doute que par moment il choisissait la solitude. Par contre, c’était fort possible que ce ne soit pas pour les mêmes raisons que moi.

L’unique fois où je l’ai vu, c’était près de la mer, sur une plage scintillante et balayée par le vent. Ce voyageur avait attiré mon attention sans même ouvrir la bouche. Mon œil avait détecté ce besoin de retrait qui l’habite. Il m’inspirait. Alors, je pris le temps de me vêtir d’une robe de plage et d’attraper mon appareil photo au passage. J’entamai une courte conversation avec lui, je saisis un cliché et retournai m’étendre sur le sable doré.

Les yeux fermés, je visualisais mon tableau en humant l’air salin qui m’enivrait. Est-ce qu’il vivait cette solitude pour fuir une triste réalité ? Je savais que j’arriverais probablement à lui décrocher un sourire lorsqu’il apercevrait son portrait… Ce qui faisait ma joie !

La solitude est une amie qui me permet d’afficher mes couleurs sur papier. Avant de m’endormir, je savourais le bonheur d’être seule avec moi-même : pour mieux m’entendre, tout comme mieux entendre le murmure des vagues.

Virginie Tanguay

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estchat qui louche maykan alain gagnon francophonie près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

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Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

29 décembre 2014

Le grand débordement

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 Le mois de mai 1926 marqua à jamais la vie des Jeannois qui assistèrent, impuissants, à ce que les colons appelèrent « La tragédie ». La plus grande industrie d’aluminium au monde avait été construite sur les rives du Lac Saint-Jean. La mise en fonction des barrages provoqua des conséquences désastreuses. C’est l’âme et le cœur du lac et de ses habitants qui furent déchirés…

 L’eau montait sans arrêt et d’une façon espiègle. La lenteur avec laquelle elle s’avançait la rendait traîtresse. Cette force naturelle engloutissait tout sur son passage. Ne reculant devant rien, elle avalait les terres en friche, déracinait les arbres, délogeait les rochers. Le ciel impressionnant, d’un bleu électrique, semblait porteur d’un mauvais présage. La brume stagnante ajoutait une touche sinistre au paysage. L’inquiétude planait chez les villageois.

 Les jours passaient. La situation déplorable n’allait pas en s’améliorant. Les habitants gardaient l’œil ouvert. On avisait les enfants de se tenir loin des berges et on accrochait des chapelets aux cordes à linge. Malgré tout, comme chaque dimanche matin, les cloches de l’église Notre-Dame sonnèrent. En bons chrétiens, les habitants répondaient à l’appel et se rassemblaient sur le parvis. On pouvait lire la désolation sur les visages fatigués.

 C’est alors que Jérémie Potvin, cultivateur, arriva à la dernière minute en se faufilant à travers la foule. Au passage, il laissa des empreintes de boue sur les planches de bois et ferma d’un coup sec les grandes portes de l’église. S’excusant au curé qui n’osa placer un mot, il lui demanda la permission de prendre la parole. Le silence régnait.

 Cet homme sortait très peu de son lopin de terre, sauf pour se rendre au moulin à farine le long de la rivière Ouiatchouanish. M. Potvin était un cultivateur acharné. Ses larges mains savaient manier la sciotte, semer le grain, réparer la machinerie et caresser la peau de sa femme qui lui avait donné treize enfants. Derrière sa carrure imposante se cachait un homme aux grandes convictions. Lorsqu’il prit parole, sa voix résonna si fort qu’on l’entendit dans tout le comté !

 «  J’me tiens debout en tant que président du comité de défense des cultivateurs ! Monsieur le maire dit haut et fort qu’il ne faut pas empêcher le développement économique du Lac-Saint-Jean. Y’a pas tort, mais se serait-ti possible, enfin, de s’accorder avec l’gouvernement pis la compagnie ? Qu’essé qui nous nourrit, qu’éssé qui nous réunit… c’est nos terres ! Y ambitionnent su’l pain béni ! Y faudrait qu’y acceptent de rebaisser les eaux pour qu’on récupère nos biens. Y pourraient prendre leur réserve dans la rivière Péribonka ! Y’a à peu près pas un chat qui habite par là, y’aurait moins de dommages ! Ce serait donc de v’aleur de se faire manger la laine su’l dos !

 À ce qui disent, on est reculés par l’tonnerre, mais y savent ben que grâce à nos richesses y vont s’en mettre plein les poches ! J’arrive du quai du Roberval… ben enfin, de ce qui en reste. Même les rails disparaissent dans l’eau. A fallu que j’laisse ma charrette là-bas pour m’en venir icitte à pied, y’a trop d’eau su’l boulevard Saint-Joseph. C’est rendu que les égouts refoulent pis que les pitounes s’empilent devant les façades. Ça r’garde mal, ça r’garde ben mal. Comme c’est là, on a perdu des milliers d’acres de terres… C’est à croire que ce qui est une tragédie pour nous ne l’est pas pour eux ! »

Virginie Tanguay

  Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estchat qui louche maykan alain gagnon francophonie près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

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Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

9 décembre 2014

        Entrons dans la danse !    

chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Je les admirais et constatais à quel point la danse, c’est une prise de parole ! J’ai toujours associé mes propos à un geste. C’est à croire qu’il me faillait être là, à ce moment précis, dans un bar de Varadero. J’étais captivée par l’interaction des danseurs sur la piste. En fait, par l’harmonie des corps qui se mélangeaient et des langues qui se courtisaient. L’espagnol, le français et l’anglais cherchaient à se faire entendre parmi les sonorités suaves de la musique cubaine.

 Cette prise de parole me permettait de distinguer facilement les identités. La sensualité des Cubains s’exprimait par leurs déhanchements naturels et sexys. Leurs pas de danse, en accord avec les mouvements de leurs bras, m’invitaient à me joindre à eux. Sur place, les touristes québécois s’imprégnaient de la musique et des odeurs pénétrantes des cigares bon marché. Le coin de rue où nous nous trouvions se transformait en une grande scène remplie de talents, de sourires, d’essais et d’erreurs dans les chorégraphies.

 J’étais sous l’effet agréable du Mojito qui me coulait dans les veines. Les saveurs pétillantes de menthe fraiche, de sucre et de rhum blanc contenues dans cette boisson me revigoraient. Dans mon esprit, l’image d’un danseur cubain se fondait avec celle du danseur amérindien que j’avais peint avant de partir en voyage. C’était évident, leurs manifestations festives étaient une occasion de faire vivre l’héritage culturel, mais également un moment d’échanger en famille, entre amis et avec de purs étrangers.

 

Je me souvenais que, chez moi, au Canada, les danses amérindiennes avaient souvent été mal vues par les non-autochtones, qui les considéraient comme des danses de guerre. Elles ont été la cible de répression par les gouvernements canadien et américain. Ce n’est que dans les années 50 que l’opinion des Canadiens s’est modifiée et que la loi a légalisé les cérémonies.

 Les danses racontent souvent des histoires ; il suffit d’écouter. On y ressent tout le courage et toute la ruse déployés. Les gestes gracieux des femmes, qui s’y faufilent dans des vêtements colorés, évoquent l’importance de celles-ci.

 Évitons de percevoir une concurrence entre les langues et efforçons-nous de les entremêler, pour en arriver à nous distinguer, à partager nos expériences et nos visions. La danse crée un lien entre les nations. Suivons le rythme et… entrons dans la danse !

 Virginie Tanguay

 

 Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estchat qui louche maykan alain gagnon francophonie près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

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Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

10 novembre 2014

 Village du Grand Nord

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     Le Grand Nord canadien, c’est un blanc paysage qui paraît prisonnier du gel. À l’œil de l’artiste, cette étendue semble figée dans le temps, malgré les milliards d’années de transformations géologiques. Le calme que j’y perçois laisse place à l’inspiration. Mon cœur se réchauffe à l’idée de m’introduire dans l’un de ces villages. Je veux ressentir l’énergie, la chaleur humaine et continuer de croire que là-bas certaines valeurs familiales ne se perdent pas dans un mode de vie turbulent, essoufflant.

     L’homme qui habite le Nord voit l’immensité. Les couleurs que suggère le ciel boréal le font rêver. Il choisit d’y être parce que là-bas le mot « vivre » prend tout son sens. Même si parfois l’aiguille de sa boussole devient folle, elle finit toujours par pointer l’azur.

     À l’occasion, il regarde dans d’autres directions et pense aux plaisirs qui lui échappent. Ce qui l’attire de la zone inconnue, ce sont les odeurs, les formes et les couleurs. Il ferme les yeux et il se surprend à flairer des parfums aux notes vanillées et ambrées qu’accentue l’humidité de l’air. La vapeur d’eau de son souffle chaud trace un sillon dans la froidure de l’hiver. C’est la température mordante qui le ramène chez lui. Avec puissance, le vent caresse les lits de roches dénudées qui affleurent.

      Rivés à leur téléviseur, les villageois constatent que l’inquiétude et la souffrance mènent le monde. Ils se sentent loin et étourdis par cette triste réalité. Sur l’écran défilent des scènes de la guerre en Iran, d’enfants orphelins, d’épidémies… Sur les autres chaînes, toujours de la misère ou des émissions vides de contenu. Tandis que tombent les bombes, eux veillent sur leur famille et s’affairent aux tâches quotidiennes. Unis par la culture, les traditions, la langue, ils ont ce sentiment d’appartenance qui contribue à l’équilibre psychologique.

     Possédant peu de biens matériels, ils savent que le bonheur se trouve en chacun de nous. Un geste tendre, un regard différent donnent une agréable saveur au quotidien… Vivre en territoire éloigné permet sans doute de se rapprocher de la vérité.

 Virginie Tanguay        

 

 Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estchat qui louche maykan alain gagnon francophonie près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

13 octobre 2014

 Le lac Roland

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 C’est un autre matin où la brume se lève dans mon coin de pays… Un de ces moments où je trouve le décor particulièrement envoûtant. J’ai envie de m’exiler, seule. Je me dis que nous possédons tous un endroit où l’on aime se retrouver. Mon exil se cache quelque part entre le lac des Iroquois et celui des Goélands : un lieu où s’exhibe la nature dans ses riches arômes. Je pars à l’aventure en Jeep, le bonheur glissé dans la poche de ma chemise rouge à carreaux.

Au chalet, j’aime me réveiller au son caverneux du butor d’Amérique. Cet oiseau y vit depuis toujours et refuse de quitter l’endroit. Son cri arrive à rompre la tranquillité et glisse sur l’eau, pour ensuite se perdre à travers les montagnes. Les grenouilles vertes chantent en cœur et leur symphonie s’évanouit sur les rives lointaines du plan d’eau. Je réalise, une fois de plus, que le silence me parle, et qu’il me faut écouter la nature.

Accueillie dans ce coin de paradis en forêt, je me considère comme une visiteuse privilégiée. Je marche dans le sentier battu par mon père et j’observe l’environnement. J’y retrouve toujours la source qu’il me pointait. Je me souviens. Ses mains d’homme maniaient adroitement un morceau d’écorce pour en former un cornet avec lequel je m’abreuvais. Il m’enseignait l’art d’adapter les éléments naturels à mon quotidien. Ces végétaux, cette faune, ces lacs et ces rivières, ces flancs de montagne, qui permettent le ressourcement, méritent qu’on les protège.

 Depuis une cinquantaine d’années, des membres de ma famille fréquentent avec assiduité ce secteur. En fait, plusieurs personnes sont passées avant moi. Je suis une femme parmi tant d’autres qui apprécie la sérénité de ce lieu.

 À l’époque, la grande famille de Roland Couture passait l’été au chalet. Des lits superposés logeaient les estivants ; dans l’habitation voisine se trouvait la pièce principale : c’était le lieu de rassemblement. On y retrouvait la pompe à eau, la table à manger, le poêle à bois, des lits et une chaise berçante qui, à chaque mouvement, faisait craquer le plancher. C’est là que tante Huguette roulait la pâte à tarte aux bleuets, pendant que les truites mouchetées, panées de farine, se tortillaient dans le poêlon. À la tombée du jour, elle faisait bouillir de l’eau, qu’elle tiédissait en emplissant une chaudière et nettoyait les pieds terreux de ses enfants. Ils menaient là une vie sans artifices, où l’essentiel demeurait invisible.

Ce milieu naturel si fragile et si puissant à la fois m’émeut ; et il y a cette lumière qui tamise le paysage ! Je n’ai pas envie de parler quand je me trouve face au lac Roland. Je m’imprègne de l’atmosphère et remercie le ciel « d’être », tout simplement.

 Virginie Tanguay

 Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estchat qui louche maykan alain gagnon francophonie près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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