Les bleuets de la vie, un récit de Jacques Girard…

12 mars 2016

(Le Chat devait rouvrir dans quelques semaines.  Je ne peux m’empêcher d’ouvrir temporairement pour rendre hommage à l’ami et à l’écrivain Jacques Girard.  Rien de mieux que de le laisser parler.  Alain G.)

Les bleuets de la vie…

À ma mère

Élevée sur une ferme, ma mère avait transplanté en  ville ses habitudes terriennes. Cette  conciliation  difficile  était  faite  de multiples compromis, tantôt actifs, tantôt verbaux, puisque nous vivions dans un loyer assez exigu.

Qu’importe, son jardin poussait sous les lits, puis dans des boîtes sur les galeries ; on mangeait des œufs frais que nous ramassions, mon père et moi. Des pondeuses s’échappaient du couvoir de F .-X. Bouchard – monsieur le maire – et déposaient de beaux œufs sur le terrain de la scierie où travaillait papa.

La petite cuisine se transformait en four lors de la période des conserves. Le nez de maman, arqué, arrachait les mauvaises herbes qui poussaient dans l’immense jardin  de nos voisins.

Le  printemps,  c’était  le  temps  des semailles. Juillet,  nous allions faire les foins chez grand-papa Côté. L’automne, le temps de la boucherie. Que de souvenirs pour maman !

Cependant, le temps des temps, c’était celui des  fruitages : des framboises, des fraises, mais surtout des bleuets. Un second obstacle à ses désirs d’en ramasser, on n’avait pas d’automobile : mon père se déplaçait sur un vieux bicycle ballon.

Pendant la période des bleuets, ma mère perdait le  contrôle de ses mains. Ses doigts s’agitaient sur son tablier  comme  si elle en cueillait. Son regard bleu ressemblait à un champ tout mûr, et on aurait dit que le seul mets digne de ce nom était préparé à base du fruit de ce petit arbrisseau dont le Saguenay – Lac-Saint-Jean  est  la  première  région productrice au Québec.

—Une bonne tarte aux bleuets, répétait-elle, ce serait bon.

Un matin, en étendant le linge sur la corde, elle  répandait l’odeur ; ses voisines humaient l’arôme d’un beau pâté.

— Les bleuets sont beaux cette année. Il y en a en masse sur la terre chez nous, ajoutait-elle, en appuyant sur les mots importants. Ses yeux  épiaient  ou  semaient,  je  le  crois aujourd’hui,  des réactions.

Une heure plus tard, le message portait fruit, et on partait avec l’un de nos voisins. On s’entassait à dix dans la grande voiture  taxi. Les plus petits s’assoyaient sur les plus grands ou sur leur mère. Maman en adoptait un.

Comme d’habitude, le conducteur bougonnait.

Nous, les enfants, on était aux anges. En cette fin d’été qui se languissait, nos pauvres jeux nous ennuyaient. On faisait alors du mal, selon l’opinion des parents. Ça changeait le mal de  place, disaient-ils. Quel pique-nique avant le retour sur les banquettes scolaires !

Vingt minutes suffisaient pour se rendre chez grand-papa  Côté dans le rang Cinq de

Sainte-Hedwidge.  Durant  le  trajet,  belle occasion  de  débiter le refrain d’usage. Je résume : être prudent, ne pas  trop s’éloigner et, le hic, la nécessité de ramasser au moins une  petite chaudière, condition sine qua non si on voulait s’amuser.

À ses deux rejetons, maman répétait la même chanson que sa voisine de banquette.

Alain et moi, on était d’accord ; nos amis, un peu plus réticents.

Leur père marmonnait quelques mots qu’eux seuls  comprenaient. Son message produisait  les  effets  escomptés.  Ils  se défonçaient jusqu’au repas. À genoux dans le champ, près d’un boisé,   nous rasions le sol. Impensable de garder pour soi une belle talle.

À midi, deux grandes couvertures grises étendues sur le sol  remplaçaient les tables. Sandwichs,  petits  gâteaux,  du  jus  en abondance, même de la liqueur (des boissons gazeuses). Quel régal !

Ce dîner sur l’herbe décuplait les forces de notre conducteur  qui, en matinée, s’était plutôt  occupé  à  explorer  le  terrain  à  la recherche d’une talle de manne bleue.

Ses efforts avaient été récompensés. Toute une talle, semblait-il. Muni de la plus grosse chaudière, le couple partait  seul, sa femme apportant une couverture afin de protéger ses genoux. Toute une cueillette en perspective.

Défense de les suivre. Ma mère, en fidèle complice,  prenait la gouverne de la troupe, nous  enjoignant  de  ne  pas  aller  dans  la direction prise par le couple.

Leurs enfants ne disaient rien. Moi, ça m’intriguait. J’avais bien une bonne douzaine d’années.  N’avait-il  pas  joué  cette  pièce champêtre l’année dernière ou deux ans plus tôt ?

Le duo était revenu avec quatre doigts dans le fond du récipient…

Qu’importe pour le moment. Ma mère se mit à  ramasser  tandis que nous, les enfants, nous jouions aux cowboys  et aux Indiens, avant  de  nous  remettre  à  la  cueillette. Éclaireur, j’étais chargé de débusquer les ennemis. J’en  profitai pour contourner une élévation et, quelques secondes plus tard, une conversation attira mon attention : des voix familières…

Mes pieds effleuraient le sol. Il valait mieux ne pas m’avancer davantage.  Je risquais de trahir ma présence et de goûter au poteau de torture de…

Mes oreilles, assez bien développées merci, percevaient à travers les branches.

— Moi, ce que j’aime, c’est tes beaux gros bleuets, dit  notre  voisin qui, pour une fois, articulait de façon audible.

Malgré mon âge, je savais à quelle grappe il s’attardait .

Sa femme arborait un corsage bien fourni.

—Ils  commencent  à  être  flétris.  Ils tombent, c’est la vie. C’est comme les bleuets, la saison est courte, avoua-t-elle,  avec des soupirs étouffés.

Sa  voix  était  douce,  d’une  douceur maternelle, encore plus douce que d’habitude.

Le cueilleur  respirait  plus  fort.  Je l’entendais bien.

—Ils sont flétris… mais beaux quand même.

Notice :

Jacques Girard est écrivain, journaliste, enseignant…  Il est de plus un efficace animateur culturel : on ne saurait évaluer le nombre de fidèles qu’il a intronisés à la littérature québécoise et universelle.  Ses écrits reflètent un humanisme lucide.  De la misère, il en décrit.  Aucun misérabilisme, toutefois.  Il porte un profond respect à ces personnages bafoués par la vie qui hantent les tavernes, les restos et les bars semi-clandestins de sa ville.  Il les connaît bien, et il ne se distancie pas d’eux.  Il a conscience d’appartenir à la même espèce, pour paraphraser Lawrence Durrell.  Nous considérons Des nouvelles du Lac son chef d’œuvre.  Mais il nous a aussi donné, entre autres, Fragments de vie, Les Portiers de la nuit et Des hot-dogs aux fruits de mer.


La faim, un récit de Denis Ramsay…

16 janvier 2015

La faim : petit extrait de mon autofiction…

En 1967, j’habitais rue Mercier, dans l’est de Sherbrooke. Ma mère s’était enfuie àchat qui louche maykan alain gagnon francophonie Victoriaville après que mon père ait tenté de la tuer devant nous l’année précédente. Mon père, lui, était parti sur une brosse monumentale. Il continuait à travailler assidument, mais il ne passait au logement, un petit trois-pièces, qu’une fois par mois en moyenne. J’avais huit ans et mon frère treize. La fournaise avait rarement de l’huile et nous chauffions le logement grâce au poêle électrique ; nous mettions le fourneau à broil et allumions les quatre ronds à high. Quand nous avions quelques sous, nous partions avec un petit pot Masson pour acheter à un grand réservoir un peu d’huile à chauffage.

Mais le pire était la faim constante, qui n’a rien à voir avec l’appétit précédent un bon repas… La faim permanente est douloureuse. Elle donne un mal de ventre chronique, doublé de reflux gastriques puisque l’estomac n’a rien à digérer. Elle installe une faiblesse envahissante et, lorsque tu es enfant, te fait croire que tu n’as aucune valeur puisque les adultes qui devraient assurer ta survie n’y participent plus… Il y avait un pédophile dans le secteur qui avait proposé dix dollars à mon frère pour coucher avec. Mon frère me faisait faire des détours pour être certain que le vieux vicieux, artiste connu à la télé, ne renouvelle pas son offre avec moi.

Je croyais en Dieu comme tous les enfants, j’imagine, et mon Dieu se nommait Jésus, comme il était normal pour tout bon Québécois catholique. J’avais deux prières. Celle du soir : « Mon Dieu, faites que je ne meurs pas de froid cette nuit. » Celle du matin : « Mon Dieu, faites que je ne meurs pas de faim aujourd’hui. » Il était quatre heures en décembre, donc en fin de journée. J’étais assis à la table de cuisine, dos au poêle, le seul endroit dans le logement qui pouvait prétendre être à la température normale. À huit ans, j’aurais pu penser à jouer, à m’amuser, à voir des amis… Mes seuls amis habitaient le logement voisin, en tout point semblable au nôtre, mais ils vivaient à neuf dans cet espace. Chez nous, c’était le vide parental. Une fois par semaine, le vendredi, nous traversions la ville pour prendre un seul bon repas, toujours un macaroni à la viande, préparé par la blonde de notre frère le plus vieux.

Je regardais par la fenêtre quand j’ai vu des miettes de pain tomber du deuxième étage. Je mis aussitôt mon manteau et commençai à enfiler mes bottes quand mon frère, fier de son autorité, m’interpella en haussant la voix.

— Où tu t’en vas comme ça ?
Il comprenait très bien que lorsqu’il fait 10 degrés à l’intérieur et -10 degrés à l’extérieur, un petit gars de huit ans doit avoir une bonne raison pour sortir dehors, pas juste pour aller jouer… Je répondis plein d’entrain.
— La madame d’en haut vient de lancer du pain dans la cour ; je m’en va le chercher !
— Pas question ! C’est pour les oiseaux ! Qu’est-ce que les voisins vont dire ?

Vous imaginez que je me foutais autant des oiseaux que des voisins. Mais mon frère était plus fort que moi et aimait user de sa force, sa seule valorisation d’enfant oublié dans les méandres de la misère ordinaire. Je ravalai mon enthousiasme et me rassis. Je n’avais rien mangé de la journée ni de la veille…

Mais le lendemain, surprise ! La madame du deuxième nous invita à souper, et pas que des miettes de pain ! Un vrai repas complet avec dessert ! Et à la chaleur en plus ! Je viens de me rendre compte que chaque phrase précédente finit par un point chat qui louche maykan alain gagnon francophonied’exclamation… C’est ainsi que je me sentais. J’étais tellement content : deux repas complets dans la même semaine et nous n’avions qu’à monter un étage… Le repas fut excellent. Il y avait des patates, de la viande (une boulette de bœuf haché) et des carottes. Et surtout, nous avons eu droit à un morceau de gâteau au chocolat… Tout ça dans un logement à la température confortable, assez confortable pour être en manches courtes. J’étais bien et reconnaissant. Mais mon frère m’a retourné chez nous dès la dernière bouchée avalée. Je grognai un peu, mais il insista durement. Je remis donc mon manteau et redescendis dans notre logis sans chaleur.

J’ai su beaucoup plus tard qu’il y avait un prix à ce repas, que mon frère paya de son corps. Il n’avait jamais embrassé une fille de son âge et il eut ce soir-là sa première relation sexuelle complète. Il avait treize ans… Elle avait trente ans… Elle était enceinte de six mois !

  Notice biographique :

L’auteur que nous avons le plaisir d’accueillir se présente ainsi :

« Né à Victoriaville dans un garage où sa famille habitait, l’école fut la seule constante de son enfance troublée.  Malgré ses origines modestes, où la culture était un luxe hors d’atteinte, Denis a obtenu un bac en sociologie.  Enchaînant les petits emplois d’agent de sécurité ou de caissier de dépanneur, il publia son premier ouvrage chez Louise Courteau en 1982 : La lumière différente, un conte fantastique pour enfants.  Il est un ardent militant d’Amnistie Internationale et un rédacteur régulier dans des journaux universitaires et communautaires.  Finalement, après plusieurs manuscrits non publiés, il publiera chez LÉR Les chroniques du jeune Houdini.  D’autres romans sont en chantier…  »

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Un récit de Denis Ramsay…

12 septembre 2013

Il était une fois trois petits pois…

Je suis né dans une famille très pauvre, je vous l’ai déjà dit, mais mes parents ne manquaient pas d’orgueil ou, comme disait mon père, de fierté.  Nous ne mangions pas tous les jours, sinon fort peu.  La recette habituelle : une galette blanche.  Inutile de prendre des notes ; c’est fort simple.  Vous prenez trois cuillerées de farine que vous mélangez avec de l’eau.  (J’ai appris à l’école que ce mélange peur servir de colle en art plastique.) Nous n’avons ensuite qu’à laisser cuire sur un poêle à bois bien chaud, sans gras.  Laissez brûler un peu, puis tournez.  Ça fait sec !

Et quand il n’y avait rien à manger, notre mère disait : « Allez dormir ; vous n’aurez plus faim… »

Évidemment, lorsque nous étions invités dans la parenté, nos parents avaient peur que leurs six garçons se garrochent dans les chaudrons, vident les plats ou, insulte suprême, lèchent leurs assiettes…  Il y avait donc des règles strictes à respecter, qui nous étaient répétées au moins trois fois avant de partir.

1 – On ne se servait pas soi-même : il fallait attendre qu’un adulte, une tante ou notre mère, nous serve ou nous invite à le faire.

2 – On répondait « oui, s’il-vous-plait » ou « non, merci ».  À la rigueur, on pouvait toujours répondre « S’il-vous plait » pour dire oui ou « merci » pour dire non, ce qui portait parfois à confusion.  Est-ce que l’enfant disait « merci » pour dire non ou pour dire qu’il était content ?
3 – On ne demandait rien qui ne nous avait pas été offert, même pas le sel, dont il ne fallait pas abuser.

4 – Une fois le repas terminé, il fallait refuser toute nouvelle portion offerte et, pour être certains que tout le monde comprenne que nous n’avions plus faim, ce qui n’était jamais le cas, il fallait laisser un peu de nourriture dans l’assiette !

5 – Et, évidemment, il ne fallait pas lécher son assiette !

Vous comprenez le dilemme d’un enfant qui a très faim, mais qui, pour préserver l’orgueil du père pourvoyeur, devait laisser de la nourriture qu’il aurait bien avalée.

Pour la viande, je laissais le gras, que je n’aimais pas de toute façon.  Je laissais sans problème un morceau de patate.  Mon problème se manifesta lorsque je découvris les pois verts : j’ai adoré !  Mais combien devais-je en laisser dans mon assiette pour faire croire à ma tante que je n’en voulais plus, et pour satisfaire mon père et ne pas être puni au retour à la maison ?  J’hésitais entre deux ou trois petits pois verts à abandonner dans mon assiette, bouffe qui ne serait pas gaspillée pour autant.

Ma tante avait une habitude qui pouvait être mal interprétée.  Elle disait toujours avec insistance, pour vider ses chaudrons des restants : « Mangez !  Mangez !  C’est pour donner aux cochons de toute façon ! » Elle ne nous traitait pas de goinfres…  En fait, elle parlait au pied de la lettre.  Tout restant de table, qu’il provienne de l’assiette ou du chaudron, finissait dans les chaudières des porcs.  J’ai compris plus tard que le symbole de l’économie, la tirelire en forme de petit cochon, venait de cette habitude paysanne d’engraisser les porcs avec les restants pour ne perdre rien de comestible.  Les cochons, ça bouffe n’importe quoi, même du bacon et du jambon !

Mon problème restait entier et je pris finalement ma décision.  Je me dis qu’entre deux et trois, il y avait deux et demi.  Je décidai donc de laisser deux petits pois verts et demi !  Avez-vous déjà essayé de couper un petit pois en deux ?  Avec un couteau qui ne coupe pas ?  Je réussis et j’en étais fier.  Alors que je repoussai mon assiette, juste au moment où ma tante lançait son fameux : « Mangez !  Mangez !  C’est pour donner aux cochons, de toute façon ! »  Tenant bien haut le chaudron de petits pois, elle montra qu’elle n’était pas dupe du mensonge familial et qu’elle m’avait vu faire.  Elle versa donc, sans attendre ma réponse, le contenu du récipient dans mon assiette, en prenant soin de ne pas toucher aux deux petits pois et demi que j’avais pris soin de mettre de côté, pour faire croire que je n’en voulais plus

 Notice biographique :

L’auteur que nous avons le plaisir d’accueillir se présente ainsi :

« Né à Victoriaville dans un garage où sa famille habitait, l’école fut la seule constante de son enfance troublée.  Malgré ses origines modestes, où la culture était un luxe hors d’atteinte, Denis a obtenu un bac en sociologie.  Enchaînant les petits emplois d’agent de sécurité ou de caissier de dépanneur, il publia son premier ouvrage chez Louise Courteau en 1982 : La lumière différente, un conte fantastique pour enfants.  Il est un ardent militant d’Amnistie Internationale et un rédacteur régulier dans des journaux universitaires et communautaires.  Finalement, après plusieurs manuscrits non publiés, il publiera chez LÉR Les chroniques du jeune Houdini.  D’autres romans sont en chantier…  »

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Billet de l’Anse-aux-Outardes, par Claude-Andrée L’Espérance…

23 juin 2013

Rue du Verger

Au 415 rue du Verger, tu viens à peine d’emménager.  Pourtant déjà à bicyclette tu as fait le tour du quartier.  Et découvert, tout près de chez toi, un terrain vague bien clôturé avec au centre, à peine visible, ce qui fut jadis un étang.  Des eaux stagnantes et des quenouilles qui arrivent à peine à respirer sous les canettes, les bouteilles et les cartons du McDo d’à côté.  Un peu plus loin sur quelques rues, ici et là au fond des cours, quelques pommiers abandonnés.  « Avec l’étang, a dit ton père, seuls survivants du vieux verger. »

Il a raison, car autrefois dans ton quartier, il y avait un verger.  Et sur ta rue, bien alignés, des centaines de pommiers.  Printemps, été, automne, hiver.  Jamais pareils, toujours changeants.  Et à les voir en février, maigres vieillards aux longs bras nus, n’eût été leurs bourgeons en dormance, on les aurait déclarés morts.

Petits bourgeons sur chaque branche et sur chaque arbre des milliers.  Petits bourgeons à peine visibles où sommeillaient feuilles et fleurs qui au printemps s’ouvraient bien grand et s’étiraient en plein soleil.  Les feuilles d’abord, les fleurs ensuite pour, à la fin du mois de mai, habiller branches et rameaux.  Et dans un souffle avant l’été, redonner vie aux grands vieillards.

Et nous, enfants, sous la feuillée d’un de ces arbres-fleurs, d’un de ces arbres presque nuages, assis sur une branche basse et adossés au tronc rugueux, tout près du cœur de l’arbre et enivrés de ses parfums, nous rêvions.  Autour de nous les colibris et les abeilles allaient, venaient d’une fleur à l’autre.  Dans une course contre le temps.  Car il est court le temps des fleurs, vite achevé d’un coup de vent et de pétales jonchant le sol.  Triste.  Comme neige au printemps.

Feuillaison, floraison, nouaison.  Bientôt des fruits grosseur d’une pomme.  Pour nous, enfants, le bon moment pour apprendre, du travail, chaque jour la patience, la minutie et le temps long.  Dans chaque pommier, de bas en haut et du pourtour jusqu’à son centre, inspecter branches et rameaux.  Du bout des doigts, d’un geste sûr, y faire tomber les fruits menus pour que ceux de la grosseur d’une bille puissent atteindre pleine maturité et, à la fin de la saison, devenir pommes et non pommettes.  C’était une tâche rebutante, mais qui avait ses bons côtés. Car nous aimions grimper aux arbres, comme nous aimions courir les champs et puis nous baigner dans l’étang.

À la fin d’août débutaient les cueillettes qui ne s’achevaient qu’aux gelées.  Et pour, dans ces pommiers immenses, parvenir à tout récolter, il fallait se diviser les tâches.  Aux adultes, la plus difficile : cueillir, juchés sur de lourds escabeaux.  À nous, enfants, celle de ramasser au sol toutes les pommes tombées.  Et de cueillir au beau mitan de l’arbre les pommes enfouies sous sa feuillée.  Ou bien, accrochées au sommet, celles qui nous forçaient à grimper.  Grimper, là-haut, sur une branche frêle qui sous le poids d’un adulte aurait cédé.

Venaient ensuite aux beaux jours de septembre, la rentrée ; et les samedis, et les dimanches, au bord de la route achalandée, un kiosque pour la vente et des paniers à préparer.  Petits paniers et grands paniers de pommes rouges, vertes ou jaunes que nous frottions jusqu’à ce qu’elles brillent.  Un petit geste sans importance.  Car pomme d’été, pomme d’automne, pomme à croquer ou pomme à cuire, toutes les pommes, même les moins bonnes, les tavelées et les rouillées, en ce temps-là, trouvaient preneur.

Printemps, été, automne, hiver.  Ainsi se terminait le cycle tout comme il avait commencé.  Pieds dans la neige, branches dénudées, noueux, rugueux, quatre cents pommiers.  Et parfois, dans l’un de ces arbres en dormance, quelque part au bout d’une branche, quelques feuilles par le vent agitées.  Et puis, là-haut, couleur novembre, dure et gelée, une pomme au sommet oubliée.

Notice biographique

Claude-Andrée L’Espérance a étudié les arts plastiques à l’Université du Québec à Chicoutimi. Fascinée à la fois par les mots et par la matière, elle a exploré divers modes d’expression, sculpture, installation et performance, jusqu’à ce que l’écriture s’affirme comme l’essence même de sa démarche. En 2008 elle a publié à compte d’auteur Carnet d’hiver, un récit repris par Les Éditions Le Chat qui louche et tout récemment Les tiens, un roman, chez Mémoire d’encrier. À travers ses écrits, elle avoue une préférence pour les milieux marins, les lieux sauvages et isolés, et les gens qui, à force d’y vivre, ont fini par en prendre la couleur. Installée aux abords du fjord du Saguenay, en marge d’un petit village forestier et touristique, elle partage son temps entre sa passion pour l’écriture et le métier de cueilleuse qui l’entraîne chaque été à travers champs et forêts.  Elle est l’auteure des photographies qui illustrent ses textes.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

16 avril 2013

L’enfant qui dessine

J’observe cette petite fille, et l’expression sur son visage angélique m’attendrit.  Sa peau laiteuse et ses lèvres alizarine dégagent une candeur.  Telle la pureté recherchée dans une aquarelle, son regard cristallin reflète la lumière.

J’imagine sa chambre à coucher où s’étalent des jouets et des peluches : elle y porte peu d’intérêt.  Ce qui la captive, c’est le dessin.  Sa joie est évidente lorsqu’on lui présente une feuille blanche et une boîte de bâtonnets de couleur.  Elle tient dans ses mains un pastel gras et apprend ainsi à synchroniser mouvements et imagination.  À travers ses créations, on saisit ses attentes, ce qui la fait sourire ou pleurer.  Elle devient un livre ouvert qu’on se plaît à lire pour mieux la connaître.  Je la nomme affectueusement « L’enfant qui dessine ».

Un de ses croquis représente une petite fille qui trotte sur un cheval dans un pré fleuri.  Depuis sa naissance, elle admire du haut de ses trois pommes, un Pur Sang qui gambade derrière sa maison.  J’en déduis qu’un de ses rêves est de monter à cheval.

Je lui souhaite de trouver les couleurs adéquates à la création des tableaux qu’elle aura dans le cœur.  En grandissant, son dessin évoluera, les traits se raffineront.  D’un coup de crayon, elle fera vivre ses personnages.  Fondus au papier, les jeux d’ombres et de lumières feront la fête.  Vivant ses émotions, elle projettera la gamme complète des nuances : le rose tendre de ses ciels rappellera ses amours de passage, le bleu des eaux, sa sensibilité, et le vert tendre des forêts, sa fraîcheur.  L’équilibre des formes et la perspective enrichiront ses paysages.

L’art éveillera son imagination.  Avec ses pinceaux, elle pourra peindre un monde sans frontière : du Palais des Vents aux jardins du château de Versailles.

Je voudrais que l’espoir redonne le sourire à l’enfant qui l’a perdu.  Car d’un sourire naît un autre sourire, et ainsi se répand le bonheur.  J’aimerais que la nature ne cesse jamais son harmonie acoustique.  Que les chants d’oiseaux, les cris des batraciens et des insectes, le vent soient entendus…  Je souhaite que la beauté du monde illumine les cœurs et qu’elle soit source d’inspiration pour  « l’enfant qui dessine »…

Virginie Tanguay

Notice biographique de Virginie Tanguay

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean.  Elle peint depuis une vingtaine d’années.  Elle est près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes.  Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique.  Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif.  Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion.  Les détails sont suggérés.  Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien.  Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche.

Pour ceux qui veulent en voir ou en savoir davantage, son adresse courrielle :  tanguayaquarelle@hotmail.com et son blogue : virginietanguayaquarelle.space-blogs.com.  Vous pouvez vous procurer des œuvres originales, des reproductions, des œuvres sur commande, des cartes postales.

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Billet de l’Anse-aux-Outardes, par Claude-Andrée L’Espérance…

17 mars 2013

Neiges

Tes bottes gisent derrière toi.  Emprisonnées dans la neige.  En chaussettes au milieu du sentier, tu essaies d’avancer puis, désemparé, tu te tournes vers moi.  Tu es encore si petit.  Trop petit pour toute cette neige.

Je te rejoins.  Le temps de récupérer tes bottes, de les enfiler dans tes pieds, de resserrer leurs attaches, et te voilà reparti.  Encore une fois, tu insistes pour marcher devant.  Même au risque de t’enliser, tu refuses de suivre mes traces.  Tu avances sans te soucier de moi, tout à tes découvertes.

Dans la forêt alourdie du trop-plein des neiges tombées, le vent invite à la danse les cimes des épinettes.  Sitôt,  elles s’animent, se secouent, se déhanchent, éparpillant au-dessus de nos têtes une nuée de flocons.  Toi, émerveillé, tu regardes ces étoiles éphémères se poser doucement sur le ciel bleu de ton parka.

Ensuite, tu reprends la route.  Autour de toi il y a tant à découvrir.

Plus loin, nous croisons quelques pistes fraîches.  Ici, un lièvre et un renard ont traversé le sentier avant de s’enfoncer dans les bois.  Tu veux savoir ce que racontent leurs traces.  Où est passé le lièvre et pourquoi il s’est attardé sous les conifères, si le renard l’a suivi, s’il a fini par l’attraper.

Tu as toujours des tas de questions en réserve.

Un coup de vent agite à nouveau les cimes des épinettes.  Tu lèves la tête, fasciné par tous ces flocons qui, traversés par un rayon de soleil, flottent maintenant dans l’air en fine poussière aux éclats cristallins.

Bientôt tu connaîtras les neiges qui tombent en rafales, celles qui nous fouettent le visage et nous forcent à accélérer le pas.  Celles qui, lourdes et collantes, agglutinées en peaux de lièvre, estompent ou voilent le contour des choses.  Celles que le blizzard soulève en tourbillons au milieu des grands champs.  Celles qui, au cœur des tourmentes, ciel et terre confondus, nous inventent un blanc pays où la devise est « Je me perds »…  Toutes ces neiges que, sur le sol, le vent prend plaisir à façonner à sa guise en vagues, dunes et récifs, en collines, vallons et congères.

Tu connaîtras aussi les jours de grand froid, les mains glacées, les joues rougies, les pieds gelés.  Les nuits de février où, transi, on se retire, se replie, se retranche, se recroqueville.  Et peut-être encore des hivers qui s’attardent, s’acharnent, s’entêtent et s’éternisent.

Tu t’es arrêté.  Immobile, tu m’attends.

À l’écart du sentier, une perdrix dans la neige a déployé ses ailes avant de s’envoler.

Tu as grandi.  Si vite que je n’ai pas eu le temps de te raconter dans les mots des nomades le cycle des neiges.  Kun, kun-nipi, kunapui, kun-nipiu, kun-nipiuakamu. Des neiges fondantes aux neiges fondues, des neiges mêlées d’eau aux eaux mêlées de neige.  Toutes ces eaux qui bientôt couleront de la montagne et viendront gorger les ruisseaux et les rivières jusqu’au débordement.

Le temps a passé si vite.  Déjà ta première peine d’amour.

Et moi qui n’ai pas eu le temps de te dire que, passé la crue des eaux, on finit toujours par oublier le souffle rauque de l’hiver.

Notice biographique

Claude-Andrée L’Espérance a étudié les arts plastiques à l’Université du Québec à Chicoutimi. Fascinée à la fois par les mots et par la matière, elle a exploré divers modes d’expression, sculpture, installation et performance, jusqu’à ce que l’écriture s’affirme comme l’essence même de sa démarche. En 2008 elle a publié à compte d’auteur Carnet d’hiver, un récit repris par Les Éditions Le Chat qui louche et tout récemment Les tiens, un roman, chez Mémoire d’encrier. À travers ses écrits, elle avoue une préférence pour les milieux marins, les lieux sauvages et isolés, et les gens qui, à force d’y vivre, ont fini par en prendre la couleur. Installée aux abords du fjord du Saguenay, en marge d’un petit village forestier et touristique, elle partage son temps entre sa passion pour l’écriture et le métier de cueilleuse qui l’entraîne chaque été à travers champs et forêts.  Elle est l’auteure des photographies qui illustrent ses textes.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Billet de Maestitia, par Myriam Ould-Hamouda…

15 janvier 2013

Décalage sauvage

Illustration de Silvère Oriat

Illustration de Silvère Oriat

Cinq heures cinq, la sonnerie du réveil abhorré retentit.  Le petit ourson, que la jeune fille avait affectueusement affublé du doux nom de Meussieur Nounours, laissa échapper un léger râle.  Et le bip éreintant continua sa course.  En vérité, il ne l’aimait pas vraiment ce bruyant squatteur, Meussieur Nounours, non !  Déjà quand il avait fait son entrée rocambolesque, il avait eu un mouvement de recul devant son air trop sûr de lui.  Ce nouveau venu avait commencé à dicter sa loi dès l’aube, dans la Chambre du deuxième étage : quand il se réveillait, il criait de toutes ses forces pour enfin ne plus être le seul éveillé.  Le réveil était insomniaque et égocentrique, disséminant ses cris hystériques à l’infini.  Il se plaisait à dominer, bien qu’il se laissât bouffer par le temps, en totale soumission.

Meussieur Nounours était le plus ancien résident de la Chambre du deuxième étage, et ce n’était pas cet arrogant qui allait l’en déloger !  Il se souvenait, quand lui était arrivé, peu glorieux, tête baissée, traînant les pieds : la princesse de la Chambre du deuxième étage s’était baissée dans un silence presque solennel, l’avait pris dans ses bras et l’avait embrassé.  C’était son premier baiser.  Depuis, jamais elle ne l’avait abandonné.  Au cours de ces quinze dernières années, elle lui avait toujours accordé la même place, lui confiant le moindre de ses secrets.  Et il buvait Ses paroles et se les répétait en boucle pour ne jamais oublier.  Il trônait, tel un souverain, sur Son lit, un peu fier et heureux.

Meussieur Nounours portait un amour démesuré à Samantha, qui était devenue une belle jeune fille.  À vingt ans déjà, elle conservait toujours en elle son âme d’enfant.  Mais il s’était bien rendu compte qu’elle ne l’aimait plus de la même façon…  Il l’avait vu un jour, à travers le carreau poussiéreux, dans les bras de « Nicolas » – ce qu’elle lui avait confié le soir même.  Dès ce jour, il avait compris qu’ils ne se marieraient jamais, comme jadis elle le lui avait promis, que jamais plus il ne goûterait à la douceur de Ses lèvres, comme au premier jour.  Depuis il vivait avec une peur au ventre, celle d’un jour ne plus pouvoir s’assoupir contre Sa peau qui le réchauffait les nuits d’hiver et qui le rassurait dans ses rêves agités.

Ce matin-là, Samantha frappa d’un coup sec sur le réveil provocateur.  Le misérable termina sa vie par terre, un peu décomposé.  Meussieur Nounours retint son souffle, jamais il n’avait vu la princesse dans un tel accès de colère.  Après tout, le réveil n’avait fait ni plus ni moins qu’à son habitude, et on avait fini par s’y habituer… avec le temps.  Meussieur Nounours frissonna.  Il s’efforça d’esquisser son plus beau sourire, se serra contre elle, espérant se rendormir et se réveiller à ses côtés dans ce cadre harmonieux, sans violence, oui, sans violence…  Ce n’était qu’un cauchemar !

Un souffle glacé réveilla Meussieur Nounours, mais Samantha était déjà partie.  Affecté, il se pencha au-dessus du lit, et une larme ruissela sur le réveil gisant au sol.  Il était mort à six heures, emportant avec lui le temps et sa notion.  Dehors, les oiseaux migraient vers d’autres horizons.  Dedans, Meussieur Nounours faisait les cent pas.  Pas un bruit dans la Chambre du deuxième étage.  Un silence blessant qui le rongeait au fond de lui, jusque dans sa poche dorsale.  Là où Samantha avait caché ses trésors d’enfant, juste avant de mettre Son doigt contre sa bouche.  Lui s’était plongé dans son regard et avait prié de toutes ses forces pour s’y noyer.  Mais il n’avait pas été exaucé.

Le temps semblait s’être arrêté dans la Chambre du deuxième étage.  D’habitude, il trouvait toujours une occupation avant le retour de sa princesse.  Transporté par son amour inconditionnel, il regardait Ses photos, lisait Ses mots, s’enivrait de Son parfum…  Mais aujourd’hui, son cœur battait un tempo instable, un peu trop fort et un peu trop faux.  Le soleil finit par se coucher, sans avoir vu passer la journée, à l’inverse de Meussieur Nounours qui, lui, suffoquait en une éternité figée.  D’en haut, il entendit la porte d’entrée claquer comme une détonation brutale, tel un mauvais présage.  Des pas lourds et pressés.  Un étranger ouvrit la porte de la Chambre du deuxième étage, un homme qu’il n’avait jamais vu, un homme qui avait, dès cet instant, souillé son paradis secret.  Deux autres hommes le suivaient, l’air hautain, le regard froid.  Ils se dirigèrent vers Meussieur Nounours d’un pas sûr, et le soulevèrent, ignorant son âme qui hurlait.  Puis ils le jetèrent, comme une vulgaire chose, dans le coffre de la voiture.  Dans l’obscurité, il ne pensait pourtant qu’à sa lointaine princesse.

La voiture s’arrêta sèchement.  Les trois hommes en sortirent, emportant Meussieur Nounours pour l’enfermer dans un sac en plastique.  À travers son sac transparent, il semblait un simple spectateur du monde, passif dans sa prison plastifiée.  Mais rien ne lui faisait plus mal que la simple pensée de ne plus jamais voir sa belle.  Tout à coup, deux yeux se posèrent sur lui.  Ces yeux, les yeux de la mère de Samantha.  Samantha, sa princesse, Samantha, son joyau, Samantha, sa lumière.  Un peu plus mouillés que d’habitude, mais bien ces mêmes yeux qu’il croisait chaque matin.  Les yeux mouillés le sortirent de son sac, sans le lâcher du regard de plus en plus humide, prenant une profonde inspiration avant de l’enlacer et de lâcher un timide « oui ».  Le premier homme, celui qui avait violé l’intimité de la princesse tout à l’heure, le saisit sans s’attarder sur la larme qui venait de tomber de son œil noir et rayé.  Il le retourna machinalement, et le cœur de Meussieur Nounours cessa de battre au moment où la fermeture éclair s’ouvrit dans son dos.  On le jeta à terre, le privant de ce qui lui restait de dignité.

Dans la poche cachée, on trouva une mèche de cheveux, une bille, un bracelet de petite fille, trois photos, un mot doux, une bague en argent et un sachet d’ecstasy.  Celui qui avait fait la perquisition chez madame la maman de Samantha s’empressa d’aller déposer la pièce à conviction en sûreté.  On apporta ensuite un drap noir pour recouvrir le corps de Mademoiselle Samantha, duquel ruisselait du sang qui alla se mêler au corps inerte de Meussieur Nounours, à présent à ses côtés pour l’éternité.

Notice biographique

myriamoh1111Myriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.

C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonorités, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.

Récemment, elle a créé un blogue Un peu d’on mais sans œufs, où elle dévoile sa vision du monde à travers ses mots – oscillant entre prose et poésie – et quelques croquis,  au ton humoristique, dans lesquels elle met en scène des tranches de vie : http://blogmaestitia.xawaxx.org/

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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