Les choix et le destin du Québec… un texte d’Alain Gagnon

23 mars 2017

Actuelles et inactuellesalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

 

Le choix dans le temps —. L’obligation que nous avons de faire constamment des choix dans notre quotidien m’incite à publier ce poème en brève prose :

Cercle des dix mille portes. Autour du cavalier perdu. Choisir la bonne sans cesse. Car, si par-devant l’avenir est multiple et cajoleur, dans l’instant, il est unique et cruel. Le dur choix s’ordonne. Granit, il se dresse au cœur de ma rivière, du monde mien. Incontournable, l’instant exige, bien arrimé à la machine du temps.

Le Québec —. Parler du temps et parler de choix mènent à parler du destin. Celui de notre pays, géant d’espace et minuscule de géographie, nous apparaît dans le moment trouble, incertain. Certains cherchent, tâtonnent, à gauche, à droite du spectre politique ; d’autres haussent les épaules et abandonnent, prêts à céder à tous les appels du pied. Et une proportion de plus en plus grande a décidé de faire comme si la politique n’existait pas, n’existait plus. Et cette dernière catégorie ira en augmentant. Le Québec n’a plus d’âme. Il n’a que des sursauts nostalgiques, ici et là.alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec
Nous ne chantons plus que dans d’autres langues. Nos créateurs littéraires parlent en majorité d’une vie calfeutrée et, parfois, ont des outrances qui font bien rire, mais ne rallient plus personne, sauf le temps d’un rire.
La détestation de soi a tout balayé. Spirituellement, culturellement, historiquement, nous étions riches, et nous sommes maintenant pauvres. Et heureux de l’être, car personne ne se souvient de cette richesse.
À Ottawa, rien à attendre d’un fédéralisme fermé, pour lequel nous sommes déjà acadienisés, louisianisés. À Québec, partis sans envergure qui n’enthousiasment plus, et auraient à peine l’énergie, la clairvoyance et l’audace de gérer un dépanneur.

Souvent, toutefois, c’est dans ces conditions historiques apparemment bouchées que surgissent des remèdes efficaces… mais amers à avaler.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Embouchure et langue, par Alain Gagnon…

3 mars 2017

Actuelles et inactuelles

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Embouchure —. Endroit où se termine un fleuve ; endroit où un fleuve ou une rivière se jette dans la mer, dans un lac. Mot magnifique et évocateur. Mais parlerait-il faux pour les cours d’eau ? L’embouchure (parent du mot   « bouche ») fait référence à l’endroit où débute un processus : l’ingestion, l’assimilation des aliments. En géographie, on lui fait désigner la fin d’un phénomène, là où un cours d’eau se termine, comme la magnifique embouchure de la rivière Ashuapmushuan qui se jette dans le Piékouagami. On propose delta et estuaire comme synonymes. Un peu pompeux. J’en cherche un autre. Si vous avez des suggestions, chers lecteurs, je les recevrai avec plaisir.

Par contre, et pour me contredire moi-même, si on délaisse la géographie physique pour une vision plus anthropomorphique des choses, l’embouchure peut alors désigner le début d’un processus, celui du voyage vers la source d’un cours d’eau, à rebours de courant.

Voilà comment on tergiverse pour montrer la photo d’une rivière qu’on adore…

La langue —. Deux phrases qui ont des pieds et des mains. « La carte n’estalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec pas le territoire. Les limites de votre langage sont les limites de votre monde. » (James Sallis, Papillon de nuit.) Cet auteur de polar soulève un problème trop connu et jamais assez ressassé chez nous. Les humains possèdent une ou des langues comme principaux moyens d’expression. Lorsque celle-ci est pauvre, lorsqu’on ne peut s’exprimer que par onomatopées ou à coups de « chose… » ou « t’sais j’veux dire… », on jouit d’un langage très restreint, donc on évolue dans un monde très pauvre : on peut le ressentir, mais on ne peut le concevoir, ni l’exprimer, ni s’expliquer correctement à soi-même ou aux autres, faute d’un vocabulaire adéquat.

Par où commencer ? Dans les écoles, faire lire aux jeunes des auteurs qui ont du vocabulaire et savent écrire autre chose qu’une série de dialogues mal ficelés. Les bons auteurs abondent dans nos deux langues officielles, qu’on y puise. Mais encore faut-il que les enseignants les connaissent, les fréquentent…

Un enseignant qui arrivait sur le marché du travail me déclarait : « J’ai fini d’étudier. Je vais enfin pouvoir me débarrasser des maudits livres pour faire un peu de place dans le salon de ma femme. » Quelle matière enseignait-il ? Le français. Vous trouvez cela incroyable ? Moi, également. Si je ne l’avais pas entendu de mes propres oreilles et ne m’étais pas assuré qu’il ne plaisantait pas, je ne le croirais pas.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

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Histoire, éducation, sondages… Alain Gagnon

17 février 2017

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Finalité de l’histoire — La pensée néolibérale m’horripile. L’humain n’est pas une ressource parmi d’autres, dont peuvent disposer les organisations, fussent-elles publiques ou privées. Il est la fin de l’économie et de l’histoire. C’est pour lui que banques, industries et toutes institutions existent — ou devraient exister.

Éducation — On a permis à une bureaucratie centralisatrice de spolier les parents et les instances locales de leurs droits de regard sur l’éducation ; et on a laissé des apprentis sorciers à diplômes, inféodés à des idéologies plus ou moins confuses, effectuer réforme après réforme et, par ce faire, abrutir trois générations de Québécois. On a privé les jeunes des richesses éthico-culturelles de leur passé et on les a laissés nus, sans habiletés ni goût pour la réflexion, dans une société où 50 % des citoyens sont des analphabètes fonctionnels, malgré les milliards que les contribuables y engouffrent.
Nous, les baby-boomers, sommes coupables de ce crime culturel.

Perte de monopole — Les communautés intello-médiatiques des métropoles sont bouche bée. Leurs sondages, prévisions et prédictions en période électorale ne fonctionnent plus. Québec, Canada, France, USA… les mêmes ébahissements de leur part. On y nage dans la confusion.
Les médias officiels et traditionnels (télé, radio, papier…) ont perdu le monopole qu’ils exerçaient sur les masses votantes. Les blogues, bulletins électroniques, Facebook, Twitter et autres rejetons d’Internet, s’adressent aux électeurs avec une intermédiarité restreinte. Journalistes d’opinion et autres commentateurs patentés sont devenus des influenceurs de second ordre, même s’ils s’essaient à reproduire leurs écrits orthodoxes sur les plateformes numériques.
Dans le même ordre d’idée, les téléphones mobiles ont rendu incrédibles et caducs nos rassurants, mais dépassés, sondages d’opinion.

Marche en hiver — Les skieurs glissent, les marcheurs se parlent, gesticulent et se regardent. Tous se hâtent sous les conifères chargés de blanc.
Qui prendra la peine de s’arrêter, de se pencher pour lire cette neige où s’inscrivent les événements, parfois les drames, de la nuit ? Fuites, captures ou balades pour fins de nutrition.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).


Néocolonialisme et langue des comboys… par Alain Gagnon

5 février 2017

Actuelles et inactuelles

 

Néocolonialisme américain — Après la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis se alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec retrouvaient sans colonies africaines. Ils ont alors soutenu, de toute leur puissance de l’époque, les mouvements anticolonialistes — pressions morales à travers les médias et les conférences internationales qu’animent les milieux intellectuels, académiques. Leur intention réelle : remplacer les impérialismes européens par un néocolonialisme arrimé à des corporations multinationales, et ainsi accaparer une bonne partie des ressources pétrolières du Moyen-Orient et du continent le plus riche en ressources naturelles, l’Afrique. Leurs principaux alliés dans cette partie d’échecs gigantesque furent les « idiots de service », comme les appelait Lénine, les intellos d’Occident qui, au nom de l’éthique, exigeaient que leurs gouvernements nationaux se retirent des colonies africaines et autres.
Les Américains ont réussi partiellement — jusqu’à maintenant…

Une bête à sens… — On dit de l’humain qu’il est « une bête à faire du sens ». Parfois on insinue par là qu’il extrait arbitrairement de la cohérence d’un chaos qui n’en a aucune, qui est soumis aux lois du hasard et de la nécessité. De là un argument contre le Dessein Intelligent qui aurait créé et façonnerait notre univers.
Mais si l’humain était plutôt une « bête à chercher des sens », et à en trouver de réels parfois. Dans le monde et dans l’Être. Des sens de plus en plus épurés à mesure que ses outils intellectuels et techniques progressent. De plus en plus près de cette Vérité absolue que, jusqu’à maintenant, il n’a qu’effleurée.

Noël — Le christianisme m’a un peu appris : je préfère chanter en compagnie d’un adversaire à lui tirer dessus. Mais le christianisme ne m’a pas façonné au point de ne pas riposter si cette même personne m’agresse. J’en suis désolé.
De moi-même, j’entends…

Apprentissage de l’anglais — J’ai appris cette langue d’une bizarre, mais assez efficace façon.  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecQuand j’avais 10 ou 12 ans, comme tous les jeunes, je raffolais des comics américains, surtout ceux qui racontaient les exploits de cowboys émérites. Je m’efforçais de déchiffrer les dialogues en slang inscrits dans les bulles de ces bandes dessinées. Lorsque mon dictionnaire ne suffisait pas à la tâche – ce qui était fréquent –, je demandais l’aide de Claude L, un garçon de mon âge qui était bilingue. Son père avait grandi dans les Prairies. — Gonna, Claude, ça veut dire quoi ? — Ah, c’est le futur. C’est comme ça que les cowboys parlent. — Puis ain’t ? — C’est le négatif de am, is ou are… C’est comme ça que le vrai monde parle.

Dans mes devoirs d’anglais, je mettais en pratique ces compétences transversales… Le bon frère mariste téléphona à mes parents. — Alain a des problèmes en anglais… — Il n’étudie pas ? — Non, non… Il utilise un anglais de rue ! Où a-t-il appris ça ?

Plus tard, en lisant Shakespeare et autres, je réalisai que les cowboys étaient loin d’avoir été les inventeurs de ces contractions et que le bon mariste n’aurait pas aimé la langue du dramaturge.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).


Bon livre, Staline et rectitude politique, par Alain Gagnon…

24 janvier 2017

Actuelles et inactuelles

 

Le bon livre — Le bon livre est celui qui conduit vers d’autres ouvrages, vers d’autres auteurs, alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec d’autres curiosités. Comme celui que je viens de terminer : Voyage en URSS de Romain Rolland.
On y trouve des portraits de Staline, Radek, Iagoda, Boukharine, Kaganovitch, Gorki… De tous ceux qu’il a rencontrés lors de ce voyage et qui étaient des satrapes absolutistes à l’époque. Quelques années plus tard, le camarade Staline en aura exécuté plusieurs, à la suite des procès de Moscou.

Rectitude politique — Je hais la rectitude politique. Celle qui consiste à dire qu’un aveugle est un malvoyant ; que si vous êtes contre le contrôle des armes de chasse, vous êtes un complice de Marc Lépine ; que si vous avez des hésitations devant l’avortement, vous êtes un Jean-Guy Tremblay ; que les communistes ont peut-être fait des choses aussi horribles que les Puissances de Droite, lors de la Deuxième Guerre mondiale – et après, avec Mao et Pol Pot –, mais qu’eux, au moins, avaient de bonnes intentions…

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecJe lis donc avec plaisir Prendre le large, les carnets d’André Major, où je trouve ce passage délicieux :

Dans Le Monde des livres, Nicole Zand consacre à la réédition des œuvres d’Arthur Koestler, auteur peu lu de nos jours, un article où elle rappelle que la gauche intellectuelle française était tellement soumise à l’idéologie communiste que le traducteur du Zéro et l’Infini refusa de signer son travail. C’était l’époque, rappelle-t-elle, où de brillants esprits comme Sartre et Beauvoir pratiquaient l’aveuglement volontaire. Cette pensée captive existe toujours de nos jours, elle s’appelle rectitude politique et morale. On ne voit d’ailleurs pas pourquoi l’intelligentsia d’aujourd’hui serait plus lucide et surtout plus courageuse que celle qui faisait la loi il y a cinquante ans.

Toute pensée qui se soumet à une idéologie se condamne à la myopie ; que cette idéologie soit à la mode n’excuse personne, à commencer par les intellectuels, supposément doués d’esprit critique.

Bon à lire et entendre.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2(https://maykan.wordpress.com).


Lieux d’appartenance et Aurobindo, par Alain Gagnon…

7 janvier 2017

Actuelles et inactuelles

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Lieux et appartenance — C’est étrange, ce sentiment d’être « chez soi », d’y avoir toujours habité, d’y ressentir une aisance que l’on ne ressent nulle part ailleurs. Le secteur Rivière-du-Loup–Notre-Dame-du-Portage provoque en moi cette émotion teintée de nostalgie.

Il est des lieux que je trouve d’une égale beauté, mais cette familiarité, cette intimité, en est absente. Pourtant je n’y connais à peu près personne. Ce qui n’empêche qu’en balade, au centre du village ou sur le quai, on me salue, on semble me reconnaître, on m’adresse la parole : « Vous êtes revenu… » Je n’ai jamais demandé le nom d’aucun ; et ils ignorent probablement le mien.
Bizarres chimies des paysages et d’une psychologie. Au début, je croyais aimer le Fleuve. C’est un fait, mais il est magnifique aussi ailleurs. Certains lieux soudent des liens avec ce qui en nous est le plus exigeant, le plus en soif de la beauté sous-jacente du monde.

Aurobindo et l’Histoire — Une citation à lire, relire et ruminer. « Il est très rare que l’histoire enregistre ce qui a été décisif, mais qui a eu lieu derrière le voile ; elle enregistre le spectacle qui se déroule devant le rideau. » Au-delà de l’Espèce Humaine, La Vie et l’Œuvre de Sri Aurobindo et de la Mère, de Georges Van Vrekhemé.

Nous ne retrouverions donc, chez les historiens de l’Histoire officielle, que les reflets, les jeux d’ombres de ce que les forces occultes trament en coulisses, dans l’ignorance de tous.

En parallèle, une citation de l’homme d’État anglais Benjamin Disraeli : « Le monde est alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec gouverné par de tout autres personnages que ne se l’imaginent ceux dont l’œil ne plonge pas dans les coulisses. »

Et dans le même livre sur Aurobindo, cette citation tirée d’un bas-relief d’un temple babylonien : L’homme actuel n’est que l’ombre de l’Homme ; l’Homme n’est que l’ombre de Dieu.

De quoi réfléchir jusqu’à la fin des temps – du moins, jusqu’à la fin de son temps…

L’auteur

Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livrealain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont KassauanChronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

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Montréal, Rome et Henri IV, par Alain Gagnon…

10 décembre 2016

Actuelles et inactuelles

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Tallemant Des Réaux

 

Montréal et Rome… — Ce n’est pas aujourd’hui que l’on craint l’autre, l’immigration, le multiculturalisme et les métissages. À preuve, cet extrait d’Appien. « Depuis bien longtemps, dit Appien à cette occasion, le peuple romain n’était plus qu’un mélange de toutes les nations. Les affranchis étaient confondus avec les citoyens, l’esclave n’avait plus rien qui le distinguât de son maître. Enfin les distributions de blé qu’on faisait à Rome y attiraient les mendiants, les paresseux, les scélérats de toute l’Italie. » Cette population cosmopolite sans passé, sans tradition, n’était plus le peuple romain. Le mal était ancien, et les esprits clairvoyants auraient dû depuis longtemps le découvrir. (Gaston Boissier, Brutus d’après les lettres de Cicéron.)

Anecdote sur Henri IV — Tirée des Historiettes de Tallemant Des Réaux.
Ce roi traversait la France. Il s’arrête avec sa cour à une auberge de village. Aussitôt à table, il demande :

« — Quel est l’homme de ce village qui a le plus d’esprit ?
— Gaillard, reprennent les curieux.
— Alors, allez me chercher ce dénommé Gaillard !
L’homme arrive, s’installe. Le Roi lui demande :
— Dites-moi, mon ami. Quelle différence y a-t-il entre gaillard et paillard ?
— Sire, répond le paysan, il n’y a que la table entre deux.
— Ventre-saint-gris ! j’en tiens, dit le Roi en riant. Je ne croyais pas trouver un si grand esprit dans un si petit village. »
Pour en savoir plus sur Des Réaux : http://urlz.fr/4c4v

Dans le même ouvrage, Des Réaux souligne un trait plutôt bizarre de la Reine alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec Marguerite de Valois :
Elle portait un grand vertugadin (jupon), qui avait des pochettes tout autour, en chacune desquelles elle mettait une boîte où était le cœur d’un de ses amants trépassés ; car elle était soigneuse, à mesure qu’ils mouraient, d’en faire embaumer le cœur. Ce vertugadin se pendait tous les soirs à un crochet qui fermait à cadenas, derrière le dossier de son lit.

Vive la France !

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).


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