Civilisation québécoise et Grand pic… par Alain Gagnon

11 juin 2017

Civilisation québécoise…

 

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Le Québec et sa civilisation. — Une civilisation naît et se développe à partir des valeurs que sa population privilégie. Que reflète la nôtre ?
Le Québec des années 60 vivait d’énergie et d’espérance collectives. L’optimisme régnait. Que reflète le Québec d’aujourd’hui ?
Des valeurs de pessimisme et de triomphe du non-vivre. Culte de l’égalité et dédain de l’excellence, qui empoisonnent surtout notre système d’éducation ; avortement à demande et dénatalité ; haut taux de suicide ; aide médicale à mourir — appliquée actuellement avec circonspection, mais dont je crains la dérive pour raisons économiques pressantes.
Et encore, à propos de notre système d’éducation : cette mise au rancart des matières apportant culture, réflexion, esprit critique et recherche en soi et dans les autres, qui ont vécu, écrit, pensé avant nous, de ces valeurs spirituelles qui nourrissent les individus et les peuples. Et cette quête que l’on inflige aux adolescents — qui ont soif d’idéal — de la job payante, qui permettra auto, voyages et gadgets, s’ils deviennent les esclaves dociles et techniquement instruits, donc très utiles, d’une économie dévoyée.
Notre génération (babyboomers) est coupable d’omission grave, de n’avoir pas su transmettre ces valeurs spirituelles dont nous avions hérité, galvaudées certes par les Églises, par une élite qui en profitait et par les clercs, mais qui méritaient mieux qu’être jetées avec l’eau du bain, parce qu’essentielles.

Le climat de la Terre se dérègle… — Titre d’une page informative ou propagandiste (?) dans un quotidien. Des images polychromes et efficaces nous donnent des exemples de ce dérèglement : glaciers qui fondent, eaux des océans qui montent, etc. Le climat de notre planète ne se dérègle pas ; il se modifie, comme il le fait depuis la formation de la Terre. Au début, il n’y avait qu’un seul continent qui s’est disloqué, pour donner ceux que nous connaissons ; puis des dinosaures et des palmiers ont vécu où on trouve aujourd’hui de la neige et de la taïga, et on pourrait continuer ainsi longtemps. Tout change. Bouddha l’a dit ; la géophysique également.
Non, le climat ne se dérègle pas : il continue son petit bonhomme de chemin, et se fout royalement des villes, routes ou autres artefacts humains qui s’en trouvent menacés. Les cycles solaires y joueraient un rôle, et des lois géophysiques qui nous échappent — à moi, en tout cas.
Certains, par vanité anthropomorphique ou parce qu’ils adorent manipuler leurs semblables en les culpabilisant, aiment nous faire croire que l’industrie humaine serait responsable de ces changements apparemment indésirables.
Est-ce à dire qu’il faudrait renoncer à toutes mesures visant à protéger l’environnement ? Certes pas. Il nous faut, entre autres, protéger nos eaux. Mais il est prioritaire de garder deux choses en tête :
1. Notre énergie devrait aller en priorité à des mesures défensives, genre : recul des constructions humaines et planification pour éviter de se retrouver à moyen terme en zones inondables ; recyclage et production de biens durables ; remplacer l’énergie tirée des carburants fossiles par le solaire, etc.
2. Toutefois, faire tout cela, en étant bien conscients que ces modifications de nos mentalités et façons de faire faciliteront l’adaptation de l’humanité aux changements planétaires, qui sont constants, mais ne créeront jamais un état statique du cosmos.

Le Grand pic. — Un Grand pic vient de se jouer de moi.
alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecUn Pic mineur était accroché à notre gâteau de suif, dans la cour arrière. Lucie le trouvait adorable. Elle me demanda s’il y avait d’autres pics aux alentours. J’ai ouvert l’ordi portable sur la huche et lui ai montré des photos du Pic Mineur, du Pic doré, du Pic à dos noir… Et, enfin, du Grand pic, qu’elle trouva magnifique. J’insistai : « Tu ne risques pas de le voir dans le coin, il fréquente peu les milieux urbains, demeure dans les régions plus sauvages. » Puis je me dirigeai vers le comptoir pour ma vodka de 18 h. Un mètre à peine.
En jetant un coup d’œil par la fenêtre : stupéfaction : un Grand pic était accroché au gâteau de suif et s’empiffrait. Plusieurs minutes, nous avons pu jouir des cet oiseau à huppe flamboyante… Nous n’en avions jamais vu et vivons à cette adresse depuis neuf ans. Ni à aucun autre endroit où nous avons demeuré, d’ailleurs.
Une coïncidence ? Sans doute. Mais forte, tout de même !

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiaJit un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Monsieur Couillard, Rutebeuf et l’araignée, par Alain Gagnon

2 juin 2017

Actuelles et inactuelles

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Bravo, Monsieur Couillard. — Je ne suis pas libéral, dans le sens partisan du mot. Ni à Québec ni à Ottawa. La dernière et unique fois où j’ai voté pour ce parti remonte à l’élection sur la Nationalisation de l’électricité. Ça fait un bail… Mais je me dois de vous féliciter pour le geste d’amitié que vous avez posé à l’égard de Monsieur Marc-Yvan Côté.
Il y a un certain temps, j’ai connu une mauvaise passe sociale. Et moi dont le téléphone sonnait, et qui ne manquais jamais de commensaux au restaurant, je me suis retrouvé soudain très seul. « C’était amis que vent emporte et il ventait devant ma porte… », pour paraphraser Rutebeuf. J’aurais bien aimé que quelqu’un m’envoie un courriel et me dise : « Viens qu’on jase… »
Vous avez choisi d’agir humainement. Et de ce simple geste, qui n’a même pas eu de suite, certains de vos adversaires ont décidé de faire une tempête dans un verre d’eau. Ils n’ont rien à se mettre sous la dent.

Rectitude politique et fascismes de bon ton. — Le fascisme, c’est lorsqu’on dit à des individus ou à des groupes : « Nous allons vous empêcher de parler parce que vous ne pensez pas comme nous, donc vous avez tort. Lorsque des groupuscules, peu importe leur allégeance, interviennent directement ou indirectement pour faire interdire panels ou présentations qu’ils jugent racistes, sexistes, homophobes ou islamophobes, ils minent sérieusement la démocratie libérale que, de toute façon, ils remplaceraient par leur parti unique, le seul à avoir raison. Ces choses sont encore plus déplorables lorsqu’elles se passent en milieu universitaire, qui devrait être le lieu privilégié de la libre discussion.
Le Québec sombre peu à peu dans cette rectitude politique délétère, bigote et morbide.

Une araignée… — Une araignée partage mon bureau. Taille d’un 25 sous, brune.
alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecHier soir, elle se tenait près d’une bibliothèque, à un pas de mon minuscule frigo. Je me suis avancé vers elle et je lui ai parlé un peu : « Tu devrais déguerpir, ma belle. Je n’aime pas les araignées. Mais je ne te veux pas de mal. » Elle demeura immobile. Je me remis à ma correspondance.
Quelques minutes plus tard, elle était toujours là. Même manège de ma part, mêmes paroles. Elle ne bougea toujours pas.
Je revins au travail. Un quart d’heure plus tard, la bestiole n’avait toujours pas bougé. Irrité, je lui dis : « Cette fois, tu vas quitter la place ! » J’ai sorti un papier-mouchoir de ma poche et me suis avancé vers elle avec l’intention de la capturer et de la porter à l’extérieur de la maison. À toute vitesse, elle s’est réfugiée sous la bibliothèque. Je ne l’ai pas revue.
M’a-t-elle compris ?

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiaJit un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Homère et Marion Le Pen… par Alain Gagnon

28 mai 2017

Actuelles et inactuellesalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Littérature. — De Homère aux histoires outrées de Pierre Bellemare en passant par Rimbaud, les textes littéraires et/ou historiques nous permettent de partager ce que les humains ont pensé, ressenti, imaginé, fait, inventé… Pauvreté d’une éducation qui se prive de cette richesse !

Désir d’approbation. — Ce besoin répandu, chez les individus et les groupes, suscite, comme effet bénéfique, une certaine discipline sociale. Mais il comporte ses effets négatifs : conformisme et mimétisme, mépris de soi-même – donc des autres –, ressentiments et haines accumulées, passivité fataliste, crainte maladive de la critique, autocensure apeurée. Tout ce que l’on retrouve à l’intérieur des cliques soumises aux diktats des tendances. À haute intensité dans les milieux intellectuels et médiatiques de gauche.

Lacune en histoire. — On peut faire croire n’importe quoi à celui qui n’a aucune idée des faits politiques ou climatiques du passé. Tour devient « fin du monde » ou « fin d’un monde ». On les entend qui répètent : « On est tout de même en 2017 ! » Formule magique. Comme si, depuis des siècles, les ignorants n’avaient pas ânonné la date où le calendrier les avait poussés.
Index. — J’ai vécu l’Index catholique au Québec. Ces temps où l’Église condamnait des auteurs aussi inoffensifs que Mauriac, entre autres. Où on censurait éditeurs et libraires. (L’Imprimatur !) Où nous lisions des classiques expurgés.
Malgré tout (ou grâce à cela…), on lisait plus et, surtout, mieux qu’aujourd’hui. On désire ce qui est plus ou moins inaccessible. Et le livre n’était pas facile d’accès. Nous les désirions, les cachions et les dévorions.
En nos temps du livre partout, des liseuses, d’Amazon, on ne lit plus et, si on lit, ce sont des traductions bâclées de bestsellers américains. Et les quelques lectures obligatoires paraissent des pensums très lourds et inutiles aux étudiants. Il faut dire que les enseignants choisissent souvent des auteurs qui font dur.
Heureux temps, celui où je lisais à l’étude Malraux ou Nietzsche sur mes genoux, tout en laissant croire au surveillant (complice ?) que je faisais une rédaction anglaise, dictionnaire bien en vue.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecMarion Le Pen et la culture. — J’ai toujours cueilli mes pierres précieuses là où elle se trouvait, sans m’occuper du lit du cours d’eau.
Dans une entrevue à un magazine, on retrouve ces deux idées-forces sur la culture que je fais miennes : 1. La culture est le seul bien que l’on peut partager sans s’appauvrir ; 2. La culture, c’est ce qui sert de ciment à des individus pour constituer un peuple. Définitions qui ont des pieds et des mains.
Formulations à la fois non élitistes et non réductionnistes.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiaJit un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Politique et réalités printanières…, par Alain Gagnon

17 mai 2017

Politique et réalités printanières…alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Réalités printanières. — Grand magasin. Foule. Besoin de bois. Mesures précises. D’abord, on attend… Et paie à la caisse. Puis on entre l’auto dans un entrepôt pour cueillir l’achat.
Tout en ouvrant la valise arrière, j’aperçois des planches plus adéquates. Je dis au préposé :
— Je vais prendre celles-là, à la place de…
— Pas de problèmes, coupe l’homme. Mais faut repasser à la caisse. C’est 1, 48 $ moins cher.
— Bon, ça va, fis-je. Vous pouvez le garder ce dollar et 48.
Je n’ai pas du tout envie de retourner faire la queue.
— C’est pas possible, fait l’homme.
— Et pourquoi ?
— Ça balancera pas. On peut pas vous laisser partir…
— Moi, je pars.
— Pas question ! reprend le préposé.
Je démarre et roule vers la barrière qui ferme la porte de l’entrepôt.
Un gardien effleure le bouton pour la lever, hésite.
Je sors mon téléphone.
— Vous appelez qui ? demande le gardien, inquiet.
— La Police. Vous me séquestrez parce que le magasin me doit de l’argent ! Vous expliquerez ça au juge.
— Laisse-le passer, crie le préposé de l’arrière.
Et il touche sa casquette.
Pour me saluer ? Pour signifier que je suis fou ?

Politique. — Deux définitions s’affrontent :
1. Celle des réalistes : La politique est l’art de prendre le pouvoir et de le garder.
2. Celle des idéalistes : La politique est l’art de prendre le pouvoir pour mettre en place des mesures économiques et sociales qui amélioreront le sort de ceux qui, en démocratie, nous ont élus.
Tous les politiciens clament sur les tribunes la seconde ou ses dérivées ; et mettent en pratique surtout la première.
Mais si la seconde, celle des rêveurs, n’existait pas, ne se rappelait pas, même formulée faussement, à la mémoire, il n’y aurait jamais de tensions, d’élans vers l’idéal, et notre monde serait voué à la plus horizontale des cacophonies nihilistes.

Poésie et éveil. — Ne pas viser l’émotion facile. Viser l’éveil. Éveiller chez les lecteurs ce que la poésie éveille chez moi en l’écrivant.

Par ces images/éclairs dont parle Ezra Pound — de sa cage de fer.

Puis se laisser dériver jusqu’à la rencontre de soi.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

 


Les mouches de Staline et les Québécois… par Alain Gagnon

27 avril 2017

Actuelles et inactuellesalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Les mouches de Staline… — On raconte que Joseph Staline, le tyran rouge, n’aimait pas qu’on tue les mouches domestiques. Il les attrapait d’un geste preste, de cette main qui a signé des milliers de condamnations à mort sans broncher, ouvrait la fenêtre et les relâchait. De même, Adolf Hitler adorait sa chienne Blondi. Pol Pot aimait réciter des vers de Verlaine…
La psyché humaine est une mer bien étrange : s’y côtoient des abysses bien disparates, où nagent de bien bizarres poissons.
Pour ceux que le stalinisme intéresse : lisez les Mémoires de Ludmila Derjavine, Volchitsa (La Louve). Je les ai découvertes dans Amazon : http://urlz.fr/56kS
La Louve (membre de la célèbre Tchéka) dirigeait une équipe de dames dont le métier consistait à séduire des ennemis supposés de Staline, afin de leur arracher des confidences sur l’oreiller et de les dénoncer.

Dieu — Dieu ne se prouve pas, il s’éprouve. Par la suite, on tente tant bien que mal – et plutôt mal que bien – de se l’expliquer et de l’expliquer aux autres.
Les étoiles et les merveilles du Cosmos manifestent la grandeur du Divin ; toutefois, pour l’homme, il y a mieux et plus près où chercher : tourner son regard vers l’intérieur de soi-même.

Exotérisme et ésotérisme — Toutes les religions comportent un volet extérieur, exotérique (cultes, rituels, prières en commun…) et un volet ésotérique (mysticisme, méditation, initiation à une gnose, pratiques de transformation intérieure…). Les juifs ont la Kabbale, les musulmans le soufisme, etc. Par le volet ésotérique, les religions se rapprochent les unes des autres jusqu’à se confondre.
Dans chacune, on retrouve donc des strates d’initiés aux savoirs supérieurs, qui forment une hiérarchie plus ou moins formelle, qui ne correspond pas à la hiérarchie institutionnelle ou exotérique.
Ces deux volets sont nécessaires. Sans mysticisme, une religion se sclérose rapidement, se vide de substance ; et sans réalités institutionnelles, elle perd les masses et devient impotente à transmettre les valeurs éthiques et spirituelles.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecQuébécois — Le grand problème des Québécois : ils veulent être aimés. Ils ont besoin d’approbation. Ils courent au-devant des demandes des autres avant même qu’elles soient formulées. Et après, ils leur garderont rancune pour de présumées exigences, rarement exprimées.
Affirmons-nous. Choisissons. Et, au moins, on nous respectera. Question de respect de soi et de respect des autres. Rien ne vaut la clarté dans les rapports humains.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Ninon de L’enclos et Chaucer…. un texte d’Alain Gagnon

14 avril 2017

Actuelles et inactuelles

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Ninon de L’enclos — Anne « Ninon » de l’Enclos, aussi appelée Ninon de Lenclos (1620 –1705) est une courtisane, femme d’esprit, épistolière et femme de lettres française. Musicienne prodige, encore enfant, elle jouait du luth avec brio et citait les classiques. Amie intime de Molière, elle corrigea, à la demande de l’auteur, Le Tartuffe, ce qui n’est pas rien. Athée, elle eut à subir les foudres du parti des dévots. On ne compte plus ses amants et amantes célèbres.
Je viens de faire la lecture de ses Lettres au marquis de Sévigné et y ai recueilli ces quelques perles que je vous confie.

– Si j’avais assisté au conseil du Créateur, lorsqu’il forma la nature humaine, je lui aurais conseillé de mettre les rides sous le talon.

– Tant que l’on aime, on ne réfléchit point ; dès qu’on réfléchit, on n’aime plus.

– Voulez-vous que je vous dise ce qui rend l’amour dangereux ? C’est l’idée sublime que l’on s’avise quelquefois de s’en former.

– L’amour ne meurt jamais de besoin, mais souvent d’indigestion.

– Il faut plus d’esprit pour faire l’amour que pour conduire des armées.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecChaucer et l’obsession du temps qui passe — Les contes de Canterbury paraissent légers, mais, ici et là, entre les outrances de l’imaginaire, qui magnifient personnages et situations, on retrouve de ces réflexions qui nous rappellent Sénèque ou Augustin :

– Ores, pour l’amour de Dieu et de saint Jean, ne perdez pas de temps, pour autant que le pouvez. Messires, le temps s’échappe nuit et jour et se dérobe à nous, soit à notre insu quand nous dormons, soit par inadvertance pendant nos veilles, comme fait le cours d’eau qui jamais ne revient en arrière lorsqu’il descend de la montagne à la plaine.
Et cette autre sur la nuit de noces qui nous apparaît pour le moins anachronique :
– Ils allèrent se coucher, comme il était raisonnable et juste, car, bien que les femmes soient des êtres très saints, elles doivent prendre en patience la nuit telles nécessités qui plaisent à ceux qui les ont épousées avec l’anneau, et mettre un peu leur sainteté de côté à ce moment ; il ne peut en être mieux.

Et, tout comme Ronsard, il précède les écrivains postmodernes en s’interpellant lui-même comme personnage avec autodérision :

– Néanmoins il est certain que sur l’heure je ne puis dire nul conte profitable que Chaucer — encore qu’il s’y connaisse médiocrement en mètres et en rimes habiles, — n’ait dit en tel anglais qu’il sait, il y a beau temps, comme plus d’un en a connaissance. Et s’il ne les a pas dits, ces contes, cher frère, dans un livre, il les a dits dans un autre, car il a parlé d’amoureux, en long et en large, plus qu’Ovide n’en a cité dans ses Épîtres qui sont fort anciennes.

Chaucer a vécu au quatorzième siècle et m’a paru heureux. Ses Contes de Canterbury sont un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale. Pour ceux qui voudraient en savoir davantage : https://fr.wikipedia.org/wiki/Geoffrey_Chaucer

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Mark Twain et la décence… par Alain Gagnon

4 avril 2017

Actuelles et inactuelles alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

 

Le génie de Mark Twain — Relecture de Tom Sawyer de l’écrivain américain Mark Twain. Riche d’enseignements.

Tom a dix ou onze ans. Il est orphelin. Il habite chez sa tante qui l’oblige, un samedi matin, à peindre une palissade qui entoure le jardin. Le garçon est catastrophé. Il ne pourra aller à la pêche, courir champs et bois avec ses camarades.

Ceux-ci passent dans la rue adjacente et s’arrêtent, intrigués par le travail de Tom. Le gamin comprend vite. Il se met à décrire la joie qu’il ressent à peindre, et les talents nécessaires pour bien accomplir ce travail. Bientôt, un premier lui demande de le laisser essayer le pinceau. Tom refuse, alléguant que cette activité est trop exigeante pour la confier à n’importe qui. Les garçons le supplient… Et bientôt, c’est à qui fera le travail de Tom. On lui achète même ce privilège en lui offrant des billes, et autres babioles qui font l’envie de Tom. Non seulement Tom n’aura pas à travailler de la journée, mais, de plus, il accumulera un petit trésor.

Voici ce qu’en dit Twain :

« Tom se dit qu’après tout l’existence n’était pas si mauvaise. Il avait découvert à son insu l’une des grandes lois qui font agir les hommes, à savoir qu’il suffit de leur faire croire qu’une chose est difficile à obtenir pour allumer leur convoitise. »

Tom a dû devenir publicitaire ou politicien.

La décence — La décence est ainsi définie par le Littré : Honnêteté qu’on doit garder dans les actions, les discours, les habits, la contenance, etc., et dont la règle est prise non seulement des préceptes de la morale, mais encore de l’âge, de la condition, du caractère dont on est, du temps et du lieu où l’on se trouve, des personnes avec lesquelles on vit.
Ou : Façon convenable.

Qu’est-ce qui convient ? Où ? Quand ?

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecLe genre de notion difficile à cerner, à mettre en pratique. Qui relève plus de l’instinct, de l’intuition que du raisonnement.

Pour moi, le transparlemetarisme de Martine Ouellet est peut-être légal, mais très indécent. L’ignorance dont Gérald Tremblay a fait preuve de ce qui se passait de discutable dans son entourage immédiat n’est peut-être pas criminelle, mais indécente. Pour une dame, se présenter à un cours universitaire (pour le donner ou le recevoir…) vêtue comme si elle sortait en boîte est certes légal, mais indécent.

Mais ça se démontre difficilement. Tout comme Dieu ou la Beauté, la décence s’éprouve plus qu’elle s’explique.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Ainsi parle l'Éternel

L'écriture de la Sainte Bible se continue -- publiée par Guylaine Roy (GROY)

rujia

artiste peintre

La bibliothèque de Sev

Chroniques livresques et élucubrations littéraires

sillage

la trace fluide du chemin parcouru

iLOLGO 411

Bonjour, Souriez et allez-y | Hello, smile and go

Ninannet's Blog

Just another WordPress.com site

Moonath - l'Univers des mots

une plume troubadour et lunaire qui chante la vie, l’âme, l’amour et l’infini…

Poesie visuelle/Visual Poetry

Un blog experimental voue a la poesie du quotidien sous toutes ses formes/An experimental blog devoted to poetry in all its forms

Stéphane Berthomet - Articles, notes et analyses

Analyste en affaires policières, terrorisme et de sécurité intérieure.

A l'horizon des mots

Notes d'une bookworm débutante

Alchimaer Art

Alchimaer Art,collectif artistique et humaniste, un sujet d’étude les symboles des parcours initiatiques dans l’art. Contemporain, alchimique, textile, peinture, street art, contes vidéo, design … Si l’interprétation des symboles est immortelle et universelle, leurs représentations n’ont pas de limite!

LE CHAT QUI LOUCHE 2

Arts et littératures de la Francophonie...

maykan.wordpress.com/

Arts et littératures de la Francophonie...

Vous êtes ici... et là-bas

André Carpentier & Hélène Masson

Sophie-Luce Morin

Auteure, conférencière, idéatrice

Vivre

« Écoute le monde entier appelé à l’intérieur de nous. » Valère Novarina

%d blogueurs aiment ce contenu :