Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

1 septembre 2014

          L’appel de la maternité

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        Son ventre de lune pointait l’absolu.  Maude était étendue sur le lit qui épousait les courbes de son corps.  Elle se détendait, fermait les yeux, le temps de me laisser visualiser le tableau.  Moi, l’artiste, j’allais peindre cette femme, cette amie, qui allait donner la vie !  Ce moment unique et partagé me donnait le privilège de rendre sur papier la splendeur de la maternité.

           Le rideau diaphane filtrait la lueur du jour.  C’est au moment précis où un rayon de lumière fit scintiller ses seins et son ventre lourd que je lui suggérai de conserver cette position.  Ses cheveux courts balayaient son front, lui conféraient un style original et affirmé.  L’ensemble de la scène m’imprégnait d’un état de grâce.

           Avec mon pinceau, je faisais danser les pigments et l’eau pure sur la feuille de papier, tout en discutant.  J’ai pensé qu’une partie de son histoire pourrait intéresser…

           Adolescente, Maude avait une vision assez catégorique de son avenir.  Elle affirmait ne pas désirer d’enfants.  Les raisons qui l’emmenaient à penser ainsi étaient les suivantes : elle ne voulait pas offrir à un enfant une terre où règnent la consommation excessive, la corruption, la pollution, l’injustice, la pauvreté, le capitalisme, l’individualisme.  Les gestes qu’elle posait entraient en contradiction avec son pessimisme.  Elle disait souvent :  « Quand on en a la volonté, il est possible d’améliorer sa santé…  Tout comme, ensemble, il est possible d’améliorer celle de notre environnement.  »

             Au début de la vingtaine, elle ressentait un « vide » à l’intérieur d’elle-même.  Un désir puissant la dominait : l’appel de la maternité.  Au-delà de tout, elle était convaincue que l’enfant qu’elle porterait allait être entre bonnes mains.  Dans sa tête, les questionnements se bousculaient.  Elle changea donc d’opinion sur la procréation : n’était-ce pas le rôle premier de la femme que de donner la vie ?

              C’est alors qu’un premier, puis un deuxième bambin, dont les grossesses n’avaient pas été orchestrées, virent le jour.  Maude croit que l’enfant choisit sa mère, qu’il vient à elle pour la faire s’épanouir et faire évoluer son âme.  Elle a toujours fait confiance à la vie et ses « enfants surprises » sont les éléments essentiels de sa grande richesse.

              La jeune famille a vécu en pays étranger pendant plusieurs années.  Diverses raisons ont provoqué la séparation d’avec son conjoint.  Battante, elle gardait l’espoir de se rebâtir un monde et décida de rentrer au bercail, près des siens.

               C’était un de ces jours de printemps, où l’air frais nous envoûte, qu’elle recroisa le regard d’un homme qu’elle connaissait depuis toujours.  Ne le voyant plus comme un ami, mais bien comme celui qui contribuerait à sa joie quotidienne, elle se sentit comblée, amoureuse.  Le temps a prouvé qu’elle avait raison.  Dix ans avaient passé depuis la naissance de sa seconde fille.  Et, en ce jour, Maude s’apprête à cajoler son troisième enfant.

               C’est par choix et avec plus d’expérience qu’elle recommence l’aventure.  Ce qui est certain, c’est que peu importe quand et comment elle y est parvenue, le bonheur indescriptible d’accueillir son enfant est le même !

       Virginie Tanguay

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estchat qui louche maykan alain gagnon près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

10 juin 2014

 Amélia Earhart sur les ailes du vent

Amélia Earhart

      Amélia Earhart admirait les exploits féminins de toutes sortes. Jeune femme, elle eut le privilège de monter à bord d’un avion pour un simple tour de plaisance et de goûter à la liberté de voler. Elle comprit à l’instant sa destinée : devenir pilote et inciter les femmes à pratiquer des métiers traditionnellement occupés par des hommes. Son ouverture d’esprit, sa détermination, ses exploits firent d’elle une icône de la femme libérée, ainsi qu’une figure marquante dans l’histoire de l’aviation aux États-Unis.

   Née au Kansas, Amélia a vécu son enfance d’une manière non conventionnelle. Adulte, elle est restée, quelque part, l’enfant qu’elle avait été : meneuse, positive, charmeuse. Je crois qu’il en est de même pour chacun de nous. Les traits de personnalité et les aptitudes demeurent. Ne se comparant pas aux autres, elle évoluait sans se soucier de son apparence un peu garçonnière. Les fillettes de l’époque portaient la robe et les cheveux tressés. La féminité était le dernier de ses soucis, se plaisant à jouer dans la boue et à avoir les mains terreuses. Ses amies, craintives, l’observaient grimper au sommet des séquoias. Amélia regardait les étoiles. En fait… elle voulait atteindre les étoiles !

     Son regard perçant, facile à lire, et sa bravoure m’ont incité à la peindre et me donne le goût de l’aventure. Les mots « ciel, passion et aviation » portés par la voix d’Amélia la faisaient vibrer au point qu’elle testait sans cesse ses compétences. En 1932, elle devint la première femme au monde à traverser en solo l’océan Atlantique.

    On la nommait affectueusement « Miss Lindy », étant donné la carrure de son visage et sa coupe de cheveux qui rappelaient Charles Lindbergh : pionnier américain de l’aviation. Son corps filiforme se dessinait sous ses vêtements de cuir. Ses lèvres pulpeuses et son sourire charmaient.

     La jolie Amélia Earhart regardait toujours plus loin que l’horizon, elle n’en perdait jamais la ligne… sur la terre ferme ou lorsqu’elle surplombait les montagnes en avion. Ses actions et sa persévérance ont fait évoluer l’aviation et ont balayé des préjugés sur l’incapacité des femmes à exercer le métier de pilote.

      Perçant les nuages à bord de son appareil, elle était la reine des cieux, pleinement consciente des dangers qu’elle affrontait. Le pastel du jour et l’indigo de la nuit s’épousaient sous la carlingue puissante de son avion. Cette aviatrice est montée au septième ciel par passion et n’en est jamais redescendue.

       Le 2 juillet 1937, sa tentative de faire le tour du monde en avion échoua. Le bimoteur Lockheed Electra 10-E qu’elle pilotait sombra en catastrophe à proximité de l’archipel des Phoenix, dans l’océan Pacifique. La précision des instruments de navigation, peu fiable, n’aurait pas permis à Amélia Earhart et à Fred Noonan, son navigateur, de localiser l’île Howland où ils devaient faire le plein de carburant.

   Au risque d’y perdre la vie, Amélia la courageuse se laissait porter sur les ailes du vent.

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estVirginie Tanguay près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

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27 mai 2014

Le pont des artistes

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     C’est jour de printemps et les glaces viennent de libérer les eaux. Incolores, elles se gonflent avec la crue, reflétant le cobalt du ciel. Des filaments de nuages miroitent sur le lac Saint-Jean tout en fuyant vers l’Est. La clarté qui s’avance discrètement me décroche un sourire. Je suis prête à écouter les mots de la terre.

     J’observe le jeu de la nature : elle était en veille, voilà qu’elle arbore à nouveau des teintes enflammées. Je me sens comme cette dame : une artiste qui se laisse bercer par les couleurs de chaque saison. Quand elle provoque la foudre, elle y met le feu. Lorsque la pluie inonde les fossés, vient au monde l’angélique.

     Je compare la réalité des artistes à cette floraison : nous sommes maîtres de nos états d’âme. Lorsque je crée, j’ai l’impression de semer un grain. Ce moment m’anime. J’ai ce désir de partager de la beauté, du rêve, alors il me faut offrir des gerbes de fleurs et qu’elles se laissent cueillir… ou pas. Je passe des lunes à semer, à noyer mes récoltes parce que j’y mets trop d’eau, à souvent recommencer mes aquarelles parce que la pureté y est plus ou moins… Consciente que j’apprendrai toute ma vie en repiquant des semis. La persévérance et les essais me donnent de l’expérience. Je veux traiter l’aquarelle avec authenticité. Sans gène, je regarde mes œuvres dans le blanc du papier pour y voir la lumière.

     Le vent m’a confié qu’il s’estompe toujours après la tempête et qu’il est parfois préférable de lui faire face. Mon instinct a toujours guidé ma prise de décisions. C’est alors qu’un certain matin d’automne, je fis un pas de plus : je présentai mes créations pour la toute première fois… J’avais osé traverser le pont des artistes.

     Ce pont était sur ma route. Il me semblait craquelant. À y penser, il n’y avait pas de risque à le traverser si je posais les pieds sur des planches solides : simplement un défi. Mon objectif était de toucher un cœur. J’avançais à pas feutrés, mais avec la hâte de découvrir cette berge.

         Une fois traversée sur l’autre rive, les oiseaux étaient immobiles dans le ciel et il n’y avait aucun bruit, pas même celui des feuilles qui tremblaient sur les ailes du vent. Étrangère et en zone inconnue, mon cœur battait à en perdre le rythme. Seule parmi les conifères géants, le silence me permettait d’entendre ma voix. J’y compris que l’essence même de ma vie d’artiste était de voyager par l’imaginaire pour atteindre la liberté et que de cette façon, j’arrivais à fixer le temps.

         Que les oiseaux dansent ou non dans le ciel, c’est le fruit de l’imagination. Souvent, les artistes traversent le pont parce qu’ils ont ce besoin puissant de partager… la liberté.

 Virginie Tanguay

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estVirginie Tanguay près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

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12 mai 2014

 Le guide montagnais

Camp de Joseph Gill

       Joseph Gill portait en lui une richesse qu’il a léguée à ses enfants : la sagesse amérindienne. Planté comme un arbre au large port, ses racines s’abreuvaient de la vie. Il savourait chaque moment comme si c’était le dernier, tout à fait conscient du privilège de vivre. La forêt éveillait ses instincts de survie et ce désir de prendre soin de son entourage. Le bonheur, il le trouvait dans le souffle du vent et le chant du huard.

        Sa femme était de la grande famille des Robertson, renommée pour le commerce de fourrures à Mashteuiatsh. Ensemble, ils eurent une dizaine d’enfants.

        L’été venu, Joseph et son père quittaient les rives du lac Saint-Jean et retrouvaient un territoire montagnais, situé au nord du cinquantième parallèle. Là-bas, c’était le centre de l’univers, au cœur d’une forêt profonde. Ce refuge devenait un lieu de rencontre entre les visiteurs en quête de dépaysement et les guides amérindiens.

       En 1970, le site fut complètement fermé, laissant des souvenirs impérissables chez certains des membres de la famille Gill. Les années passaient. Pierre, un des fils de Joseph, voulait depuis trop longtemps revisiter ces lieux mythiques et s’abreuver à la source. Avec une carte topographique, une boussole, et un minimum de bagages, il partit à l’aventure. Après une route interminable, il posa son canot. Enfin, il respirait profondément et savourait la joie. Pagayant sans se soucier de ses muscles endoloris et à l’affût de tout point de repère, son seul objectif était de retrouver le camp ancestral. Après quinze ans, la forêt se présentait sous un autre jour.

             Les souvenirs défilaient dans sa tête. Il se souvenait de ce temps où lui, ses frères et ses sœurs, assis dans le canot, empruntaient le même trajet. Avec puissance, Joseph guidait l’embarcation et en même temps ses valeurs et connaissances à ses enfants. Son calme et sa maîtrise inspiraient confiance. Pierre se souvenait de la voix de son père qui l’appelait :  « Viens ici, je vais tout t’apprendre ». L’homme lui avait présenté son coffre de pêche et lui avait enseigné l’essentiel.

         Un sourire radieux apparut sur son visage quand il aperçut le vieux quai de bois tout pourri en bordure du lac Serpent. Indomptées, les branches d’aulnes rugueux lui égratignaient la peau au passage. Le camp était toujours debout… soixante-dix ans après sa construction. Pierre se sentait de retour à la maison après un long voyage.

    À l’image de Joseph, le camp était fort et rustique. Jamais il n’avait croulé sous le poids de la neige, il affrontait les saisons. Construit de rondins écorcés, il se camouflait dans la nature sauvage. Seul le toit de tôle avait rougi, comme s’il était timide de revoir un membre de la famille. La bouilloire de métal de Joseph attendait patiemment sur le poêle à bois… pour qu’enfin, l’histoire reprenne son cours.

  Virginie Tanguay

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estVirginie Tanguay près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

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28 avril 2014

 La fièvre du printemps

Le lièvre

        Chez moi, quand la neige aura fondu, le sol réchauffé sera une terre prometteuse d’abondantes récoltes. L’hiver nous enveloppe d’une écharpe parfois piquante et se dévêtit si lentement qu’il provoque en moi le désir de goûter aux chauds rayons du soleil. Ce calme froid m’endort. Je veux m’éveiller sur la note joyeuse des corbeaux en fête qui croassent à tue-tête.

       Le blanc paysage qu’est le lac Saint-Jean en hiver est grandiose. Mais je suis légèrement impatiente et j’ai hâte que la douce brise du printemps me cajole. Heureuse à l’idée de percevoir un ruissellement dans la rivière dont le lit se dessine. Tout ce qui m’entoure me semble gelé, même si je sais que la vie habite cette nature endormie. J’ai la fièvre du printemps.

     Récemment, j’ai pris plaisir à observer certains animaux sauvages dans leur habitat. C’est un art de vivre en cette froide saison. Tout ce qui vit ici, de la faune en passant par la flore et par l’humain, s’acclimate et possède les armes pour vaincre le froid mordant. Les arbres ont des moyens de protection : je pense, entre autres, à cette cire épaisse qui recouvre les aiguilles et qui donne leur odeur aux conifères. Les espèces de plantes moins résistantes ne s’installent tout simplement pas dans notre coin de pays. Le même principe s’établit chez les espèces animales. C’est la loi de la jungle… en forêt boréale.

          Sur ma terre à bois, l’épais manteau de neige, qui recouvre les plantes herbacées, devient un terrain de jeu pour plusieurs bêtes à fourrure.

          Le lièvre d’Amérique me charme à tout coup par les variétés de teintes que les mues bisannuelles donnent à son pelage. Sa fourrure blanc ivoire se confond à la neige, tandis que l’été sa fourrure brune se fond au couvert végétal et aux branchages. Sa vivacité d’esprit est remarquable et son regard mystérieux. Ses bonds rapides et imprévus. Il trace des sentiers qu’il emprunte régulièrement, tout en se nourrissant de tendres brindilles. Quand j’aperçois un lièvre affolé dans la poudrerie, en quête de nourriture, je suis certaine qu’il a hâte au printemps, tout comme moi, pour se régaler de savoureuses petites fraises des champs.

          Il me suffit de marcher le temps de trois chansons que je fredonne, pour atteindre mon petit lac. Une famille de castors y loge dans une hutte. L’hiver, la neige dissimule l’abri et une cheminée de vapeur chaude m’indique leur présence à l’intérieur. Ils dégustent leurs réserves de branches non écorcées de bouleaux et d’aulnes rugueux. Enlacés les uns aux autres, ils rêvassent aux pousses tendres des nénuphars qu’amènera la prochaine saison.

               Le manque de lumière à la fin de l’hiver m’incite à mieux tolérer les pluies du printemps. Vivre en ce pays nordique fait de moi un témoin privilégié des réactions de la nature, dont sa fougue au réveil.

 Virginie Tanguay

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estVirginie Tanguay près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

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Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

14 avril 2014

Sous le soleil d’Opitciwan

Sous le soleil d'Opitciwan

Quand le soleil se pointe à l’horizon, il diffuse sa lumière partout sur son passage : des grandes villes jusqu’au plus secret des jardins. Elle se faufile entre les bâtiments des places publiques, s’introduit dans les ruelles et fait croître les arbres de nos forêts. Illuminant à la fois le visage de tous, dont les enfants, les mendiants, les hommes d’affaires, et réchauffant le sable des plages désertes. La lumière est une source d’énergie universelle.

Il est important de valoriser les lieux de paix où le silence donne accès à notre intériorité. Ce sont des endroits qui alimentent les rêves de plusieurs. Quand on a besoin d’un retour aux sources, de ressentir pleinement ses émotions, il devient essentiel d’étancher cette soif d’évasion. Je connais bien un milieu où il fait bon s’exiler pour se retrouver. Parmi les paradis dont regorge le Québec, on trouve un village de la nation atikamek : Opitciwan. Derrière son lourd passé historique s’étale une vérité : les membres de la communauté autochtone ont de profondes racines et ils évoluent en sol fragilisé.

Personne ne peut nier cette réalité à laquelle ces gens ont été confrontés en 1917 : s’adapter au développement industriel. Un barrage fut construit afin d’assurer l’approvisionnement en eau des centrales hydroélectriques du Saint-Maurice. Cette innovation eut des répercussions majeures sur l’environnement et le mode de vie des Atikamekw. C’est une superficie gigantesque qui fut submergée, forçant les autochtones à délaisser leur milieu et à se déplacer toujours plus loin. Le réservoir Gouin a atteint une superficie de 1789 kilomètres carrés. Les troncs, les branchages, les écorces, les mousses, et autres débris végétaux accumulés partout le long des rives devenues impénétrables, finirent par couler et se décomposer.

Le village d’Opitciwan occupe ces lieux depuis les années 1940. Après toutes ces années, l’homme, la faune et la flore ont retrouvé un certain équilibre. Je pense que la gamme de frustrations jadis ressenties par ce peuple est immense. Le silence, qui les accompagne trop souvent, résulte de l’accumulation de souffrances et de chagrins.
À Opitciwan, c’est à travers la forêt boréale, et en se reflétant dans l’eau du réservoir, que se lève le soleil. En langue atikamek, on nomme ce moment : Petapan. Le soleil sera encore présent demain matin. Aux petites heures, regardons ensemble dans cette direction. La lumière réchauffe tous ceux qui ont froid et qui souhaitent simplement évoluer dans le respect des coutumes, des valeurs et des traditions.

Virginie Tanguay

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estVirginie Tanguay près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

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17 mars 2014

  Chasseur de rennes

Chasseur de rennes

     L’histoire d’Ivan Belov se déroule en 1850, en Laponie :  région boréale européenne.  Ce personnage a marqué la culture du peuple sami, appelé aussi lapon.  Belov était perçu par tous comme étant le plus grand chasseur traditionnel de la taïga et de la toundra réunies.  On dit qu’il parlait avec les caribous mieux qu’avec les hommes.

     Lorsqu’il était jeune homme, ce grand voyageur parcourut la taïga sur de très longues distances.  Cette zone forestière, garnie de pins, d’épicéas, de sapin, de mélèzes, d’aulnes, de bouleaux et autres feuillus, lui avait permis d’étudier la flore, mais également la faune d’une façon approfondie.  Cet érudit avait acquis son expérience sur le terrain et aurait pu se vanter de connaître comme personne le cycle de la vie végétale et les secrets du vent.  Les vertus médicinales des plantes le poussaient sans cesse à expérimenter de nouvelles décoctions ou nouveaux baumes.  Le mot « humble », qui tire ses origines « d’humus » définit bien sa personnalité : il s’abaissait au sol, il faisait preuve d’une modestie remarquable.

     Ivan Belov a longtemps suivi la trajectoire de migration des rennes.  Son nom courait également sur les lèvres de ceux qui vivaient ou qui osaient s’aventurer dans la toundra, ce désert du nord : une vaste étendue composée d’herbacées et de lichen, là où seul le cadmium des plantes vient réchauffer l’atmosphère.

       Il attirait les animaux en se donnant l’apparence d’un renne : manteau de fourrure, pantalon « bellinger » fabriqué de cuir et, pour se confondre davantage avec le gibier, il se déplaçait avec un panache sur la tête.  Il frottait ses bois sur le tronc des arbres ou les cognait ensemble.   Le chasseur communiquait avec les mâles en rut et séduisait les femelles, qui arborent aussi des bois, tout en imitant leur renâclement et leur braillement.  C’est ainsi que Belov approchait les individus moins alertes et pouvait ensuite les tirer à l’arc.  L’homme concevait des pièges à pieux, des enclos, il transmettait son savoir à ses frères.  Ses mains larges, massives et écorchées savaient manier les armes et caresser les peaux.

      Belov vouait un respect absolu aux esprits des animaux morts.  Il remerciait la terre et l’animal de lui offrir la vie et propageait cet enseignement.  Pour lui, les rennes représentaient une partie vivante de l’héritage culturel.  Il traitait les carcasses soigneusement en prenant soin d’utiliser à bon escient chaque partie du corps.

    Les années passaient et Ivan prenait de l’âge.  Ayant peu d’énergie et l’œil moins vif, il décida d’apprivoiser les rennes et d’en faire l’élevage.  Son mode de vie, devenu sédentaire, lui plaisait ; les animaux l’accompagnaient dans son quotidien.  On raconte que le chasseur a continué jusqu’à sa mort à observer l’évolution de la nature et à être reconnaissant.  La dernière fois qu’il a été aperçu, il prenait place à l’intérieur d’un traîneau tiré par des rennes… quelque part entre le ciel, la taïga et la toundra.

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Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean.  Elle peint depuis une vingtaine d’années.  Elle est près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes.  Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique.  Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif.  Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion.  Les détails sont suggérés.  Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien.  Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche.   Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle :  tanguayaquarelle@hotmail.com.

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