Blues de novembre, une parution d’Alain Gagnon, aux Éditions de la Taverne bleue…

12 janvier 2017

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Ironie et tendresse se côtoient dans ces tragédies des humbles.
Des personnages colorés du Québec profond et urbain s’y pressent : un maire de la Côte-Nord hérite d’un iceberg, deux baby-boomers s’autodétruisent fascinés par leur vide intérieur, un politicien idéaliste devient en douceur véreux, un artiste du Plateau se perd dans les rôles qu’il endosse… (186 pages)
Sophie Pouliot écrivait dans La Presse : […] les récits réunis sous le titre de [Blues de novembre] sont empreints de considérations politiques, sociales et humaines dont fait trop rarement état la littérature de fiction. Et ce n’est là qu’un des mérites que possède l’ouvrage d’Alain Gagnon. Les thèmes abordés dans ce recueil sont multiples, mais les méandres de la psyché humaine y trouvent certes une place de choix. Seront décrits les visions du monde d’un enfant autiste et d’un schizophrène, les comportements d’un individu drogué par ingestion abusive de comprimés variés, d’un autre forcé par autrui à recourir à la médication pour cause de rire excessif, d’une victime de l’alzheimer, d’un artiste, enfin, qui croit n’avoir aucune identité à force d’emprunter celle des autres en les imitant. Le tout est livré avec beaucoup de finesse […].
S’il faut nommer une autre ligne directrice orientant ces nouvelles, mentionnons que quelques-unes d’entre elles dénoncent l’hypocrisie arriviste et l’incohérence existant entre les propos, les idées et les agissements des décideurs ou des militants, quelque noble que soit la cause qu’ils affirment défendre. Par exemple, dans Népé ou l’enterrement de première classe, le maire d’une petite ville mène une lutte acharnée afin que l’on cesse de vider la région de ses matières premières sans que celle-ci jouisse des fruits de leur transformation. Or ce preux maire battra en retraite lorsqu’il se sera senti aimablement méprisé par les véritables détenteurs du pouvoir ; rien à voir avec la gloire modeste, mais constante, associée à la mairie municipale.
Bref, ce dernier ouvrage d’Alain Gagnon ne manque pas d’intérêt. Puisque l’auteur s’est donné le mandat, à travers ses fables, de transmettre quelques opinions quant à différents sujets, on s’étonne moins des commentaires acerbes formulés à propos, notamment, de l’UNEQ, du NPD et des acheteurs de nouvelles antiquités usinées censées rappeler le terroir. Quant aux véritables prises de position à l’égard de la discrimination dont sont victimes les personnes pauvres, de la surmédication, du conformisme à tout prix et d’autres attitudes modernes discutables, elles savent éviter le piège du moralisme grossier. Si les histoires contenues dans ce recueil sont intéressantes, en plus de soulever des questionnements éthiques et de véhiculer des critiques sociales pertinentes, elles sont aussi superbement écrites. Le vocabulaire recherché d’Alain Gagnon ainsi que les images tantôt colorées, tantôt évocatrices que suggèrent ses phrases, assurent un surcroît de plaisir aux lecteurs. « J’y glisse avec l’aisance d’un habitué qui sait trouver confort, respect et whisky à l’autre extrémité de ce voyage initiatique pour Ulysse fessu. » Un ouvrage plein de grâce, mais surtout plein d’esprit.

En ligne et gratuit pour un temps… http://urlz.fr/4D9V

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Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux 540594_10200289910595127_1923733218_nde mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).


Les loups, une nouvelle de Dany Tremblay…

13 avril 2015

Les loupschat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Chaque matin, Jonas passe devant la butte du loup. C’est comme ça qu’il l’appelle. Plusieurs semaines qu’il y voit la bête, sa silhouette se découpe à l’horizon. Tous deux s’observent jusqu’à ce que le soleil monte en altitude, que la bête lui tourne le dos et s’enfonce dans les bois.

Leur première rencontre a eu lieu au village. Jonas achevait sa tournée de journaux, le loup se tenait au bout de sa rue. Il a d’abord cru que c’était un grand chien. La bête le fixait de ses yeux jaunes. À force de la détailler, il a douté, ce n’était peut-être pas un chien après tout. Son grand-père lui avait parlé des bêtes sauvages. Dans son temps, disait-il, les ours n’attaquaient pas les hommes. Son grand-père prétendait que les humains bafouaient la nature et qu’un jour, ils paieraient pour ça. Jonas l’écoutait les yeux ronds.

Quand même ! Un loup dans son village ! Au bout de sa rue !

Face à la bête aux yeux jaunes, Jonas avait baissé le regard, fixé un point au bord du chemin, gonflé le poitrail pour paraître imposant. Il s’était éloigné avec lenteur. À reculons. Hors de vue, il avait couru, était entré en coup de vent. Sa mère avait crié de ne pas claquer la porte. Dans la cuisine, son père déjeunait. Il était passé sans rien dire, pâle comme s’il avait vu un mort, encore à se demander si c’était un chien ou un loup. Il y avait pensé toute la journée et le soir avait eu du mal à s’endormir. Le lendemain, il avait livré ses journaux la peur au ventre, se retournant tous les dix pieds.

Ensuite, sept jours ont passé sans qu’il rencontre la bête. Il a cru que, chien ou loup, elle était maintenant loin. À l’aube du huitième jour, au détour d’une rue, il l’a revue. Debout, elle le fixait. Jonas s’est illico transformé en statue. Après un moment, le loup a baissé les yeux, lui a tourné le dos, est disparu. De retour chez lui, il a cherché des photos de loups sur son ordinateur, les a examinées durant des heures.

Un loup ! Il avait rencontré un loup ! En plein village ! Deux fois !

Les jours d’après, plus de trace de la bête. Une autre fois, il a pensé qu’il ne la reverrait plus. Il se trompait. Un matin, sur la fin de sa tournée, elle se tenait sur la butte. Le soir, il a placé dans son sac à journaux une barre de fer, au cas, et décidé de ne parler de cette histoire à personne. On rirait de lui. Déjà qu’à l’école on le surnommait « Jonas dans la baleine ».

Depuis, il l’aperçoit sur la butte chaque matin. Mai et juin ont passé, juillet est entamé, au total, quatre-vingts matins qu’ils se rencontrent. Jonas marque chaque fois d’un trait le calendrier à la tête de son lit. Un après-midi, il calcule qu’il lui faudrait vingt minutes pour monter sur la butte. L’envie d’y aller le tourmente. Si la bête lui avait voulu du mal, elle lui serait tombée dessus depuis longtemps. Après quelques hésitations, il abandonne sa place sur la galerie. En chemin, il s’immobilise pour écouter les bruits. Ne lui proviennent que ceux des automobiles, de l’autre côté des arbres. Il a autrefois emprunté ce sentier avec son père, il se souvient du chant incessant des oiseaux. Pour l’instant, c’est le silence.

Au sommet de la butte, il a le souffle court. La peur, l’excitation d’avoir désobéi à son père, aussi parce qu’il a couru les derniers mètres. Il regarde au-delà où le bois s’épaissit. Il scrute la forêt d’épinettes, se répète qu’il est fou alors que ses pieds foulent le sol de mousse. Puis il les découvre. Plusieurs loups assis ou couchés au pied des arbres. À le fixer. Il avale de travers, recule d’un pas. L’une des bêtes se lève. Il maudit son audace. Elle lui semble immense. Elle va bondir, c’est une certitude. Il ferme les yeux, attend, rien ne se passe. Lorsqu’il les ouvre à nouveau, le loup aux yeux jaunes est là, fait mur entre lui et les autres. Il en profite pour dévaler jusque chez lui où il s’enferme dans sa chambre, le cœur battant, les jambes en flanelle.

Le lendemain, le loup est à sa place sur la butte. Jonas, qui n’a pas dormi, lui envoie un signe de tête. La bête l’a sauvé. Il est tenté d’en parler à son père. La crainte d’être puni le retient.

Quelques jours plus tard, il lit dans le journal qu’un loup a attaqué un cycliste. Désormais, s’il en parle, on le croira, c’est certain. D’autant que l’incident s’est produit près de la butte. C’est au milieu du repas du soir qu’il se décide et déclare que chaque matin il voit un loup. Il avoue aussi être allé au-delà de la limite permise, constaté qu’ils étaient plusieurs. L’un d’eux s’apprêtait à l’attaquer et celui aux yeux jaunes l’a protégé. Un interminable silence suit sa confession. Sa sœur sourit. Sa mère secoue la tête. Son père se dit que son gars ne manque pas d’imagination. Il lui rappelle l’interdiction pour les escapades du côté de la butte, du danger de se perdre en forêt. Il passera l’éponge pour cette fois, dit-il, mais lui intime de cesser de raconter ces histoires abracadabrantes.

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieLes jours d’après, plus de loup, comme si la bête a deviné que Jonas avait parlé, rompu un pacte secret. Il continue de livrer les journaux, de surveiller chaque bout de rue, la butte. La bête demeure invisible. L’envie de retourner voir le tenaille. Un après-midi, c’est plus fort que lui, il emprunte à nouveau le sentier qui mène au sommet. C’est l’automne, le sol couvert de branches craque sous ses pas. Il n’a pas long à parcourir avant de les trouver. Des dizaines de loups. La grande bête s’y trouve aussi. On jurerait qu’elle l’attendait. Elle le fixe de ses yeux jaunes. Les autres derrière ne bougent pas. Ils sont ici pour rester, songe Jonas. Ils sont venus reprendre leur dû. Son grand-père l’avait prévenu. Malgré leur nombre, il est surpris de ne pas avoir peur. Pas autant qu’il l’aurait cru en tout cas. Il ne s’explique pas comment cela est possible, il croit entendre le loup dans sa tête, se dit qu’il devient fou.

Il rentre de son escapade désorienté. Personne ne le croira. Une pareille meute ! Sans qu’on l’ait attaqué ! Il ne doit pas parler de cela. S’il raconte que la bête a communiqué avec lui, on l’enfermera.

L’automne s’achève. Chaque matin, Jonas scrute la butte où la bête n’est jamais réapparue. Le soir, il sort sur la véranda, étudie l’horizon. Il lui semble que des milliers de yeux luisent dans le noir, regardent vers le village. Il se répète que ce sont des lucioles. Ses nuits sont agitées, peuplées de cauchemars. Il pense à eux sans cesse, a fini par parler d’eux à l’école, s’est aussi échappé à la maison. Il les a vus, il le jure. Ils sont des dizaines, des centaines même ! Un soir, après le souper, il sort une carte, l’étend sur la table. Regarde, dit-il à son père, autour de nous, c’est la forêt à perte de vue. On va être isolé du monde, papa. Ils vont nous encercler. Son père fronce les sourcils. Plus tard, il entend ses parents qui discutent. Au matin, sa mère le conduit chez le médecin. Jonas lui raconte son histoire de grand loup aux yeux jaunes. Le médecin conclut que la mésaventure du cycliste et les histoires du grand-père lui ont farci l’imagination. Il explique à Jonas que s’il persiste à raconter des choses pareilles, on doutera de sa raison et que… Jonas l’écoute les yeux ronds, aussi ronds que lorsqu’il écoutait les histoires de son grand-père. Il se promet de ne plus parler des loups.

Maintenant, il dort de moins en moins et les observe. Leurs yeux brillent dans le noir. D’une nuit à l’autre, ils sont plus nombreux.

Il ne fréquente plus l’école. Il livre ses journaux, passe le reste du temps dans sa chambre, à la fenêtre.

Il n’a pas peur, la bête aux yeux jaunes est là pour veiller sur lui, il en est certain.

L’hiver est proche.

C’est pour bientôt. Il le sait.

Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieDany Tremblay a vécu son adolescence et  le début de sa vie d’adulte à Chicoutimi. Après un long séjour dans la région de Montréal, où elle a obtenu une maîtrise en Création littéraire à l’UQAM, elle s’est de nouveau installée au Saguenay où elle partage son temps entre l’écriture et l’enseignement de la littérature au Collège de Chicoutimi. Au début des années 80, elle s’est mérité le troisième prix de la Plume Saguenéenne en poésie ; en 1994, elle est des dix finalistes du concours Nouvelles Fraîches de l’UQAM. Organisatrice de Voies d’Échanges, qui a accueilli, deux années de suite, une vingtaine d’écrivains à Saguenay, elle est aussi, à deux reprises, boursière du CALQ. Elle s’est impliquée dans l’APES-CN dont elle a été présidente de 2006 à 2008. Depuis presque dix ans, elle pratique l’écriture publique avec les Donneurs de Joliette, fait partie des lecteurs pour le Prix Damase-Potvin et celui des Cinq Continents.

À ce jour, elle a publié des nouvelles dans plusieurs revues au Québec, a coécrit avec Michel Dufour Allégories : amour de soi amour de l’autre publié en 2006 chez JCL et Miroirs aux alouettes, roman-nouvelles, publié en 2008 chez les Équinoxes, ouvrage auquel a participé Martial Ouellet.  En 2009 et 2010, elle fera paraître successivement, aux Éditions de la Grenouille Bleue, deux recueils de nouvelles : Tous les chemins mènent à l’ombre (Prix récit : Salon du Livre du SLSJ en 2010) et Le musée des choses.  En mai de cette année, elle a publié aux éditions JCL un récit témoignage : Un sein en moins ! Et après…

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Le ruban de la Louve d’Alain Gagnon en édition numérique….

24 avril 2014

Ce recueil, qui contient sept nouvelles, a paru antérieurement chez Lanctôt Éditeur.  C’est à un prix plus que modique que les Éditions de la Taverne Bleue l’offre aujourd’hui en version numérique chez Amazon.ca.  Vous pouvez l’acquérir en suivant ce lien.

En guise de présentation : 
ruban de la louveEntre les rivières Louve et Calouna s’étend un pays planche que traverse la Bleue. Les montagnes l’enserrent. Les glaises, que découpent ces rivières, sont généreuses. Les salaires des scieries et des papetières y engraissent les marchands, et l’opinion veut que les villes y soient proprettes, le visage de leurs habitants affable. Et pourtant… Et pourtant les ténèbres y prélèvent leur dû. Les grimaces de l’ombre se faufilent entre les pins sur les crans, planent avec le glas au-dessus des mares et des joncs en novembre. Des formes cauchemardesques se glissent des forêts profondes vers les rangs et les chemins de traverse. 
La sérénité n’appartient qu’au jour. Elle n’est évidente qu’à l’œil furtif de l’étranger. Le voyageur ignorera toujours l’inavouable, le mystère et l’incongru que les murs laiteux des étables, les quartiers à bungalows des villes et les églises massives des villages tentent d’occulter en vain par ces nuits de lunes noires et par ces nuits où la lune tremblote, goutte de lait entre les aiguilles rêches des cyprès. 
Entrez donc en ce royaume, où la peur fait parfois pâlir les étoiles. Chevauchez ces fantasmagories voluptueuses et froides qu’enfantent, au crépuscule, les houles mates du Grand Lac.

Critiques :

Voici ce qu’en disait Pascale Navarro :

https://maykan.wordpress.com/critiques/pascale-navarro-critique-le-ruban-de-la-louve/

 L’auteur…

  • Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

    (Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Ma page littéraire, par Dominique Blondeau…

16 novembre 2013

La vie en noir *** 1/2

Notre plaisir chaque matin : lire les nouvelles internationales.  Il est impensable d’être coupémartinelatulippe des tracas du monde moderne pour écrire, composer, peindre.  L’œuvre, quelle qu’elle soit, se doit de considérer l’état fragilisé de certains pays.  Il serait indécent de passer outre, ceux et celles qui s’en dispensent rétrécissent leur champ de vision artistique, d’où le peu d’intérêt qu’on porte à toute création anecdotique.  On a lu le recueil de nouvelles de Martine Latulippe, Les faits divers n’existent pas.
Vingt et un textes brefs hantent des univers ordinaires.  Le décor en est la ville de Québec.  Hôtels, maisons, bars, rues, avenues servent d’exutoires à des protagonistes enclins à dépeindre leur mal-être, puis à se perdre.  Ils sont de tous âges, hommes et femmes.  Seuls, toujours seuls, quand le pire les interpelle.  Nous ne pouvons rien pour eux, nous sommes des témoins impuissants.  Nous constatons le poids des malheurs, ceux dont personne ne parle, des faits divers, comme, à l’inverse, nous ressentons une joie incontrôlable face au soleil après l’orage.  À qui confier cette vertigineuse sensation ?  À qui relater la mélancolie dépressive d’une jeune femme qui, ne pouvant plus supporter la souffrance de ses semblables, met un terme définitif à son existence ?  Que narrer de la fatigue émotionnelle d’un adolescent qui n’a jamais connu le confort douillet d’une maison familiale ?  Pénétrant dans l’une d’elles par effraction, il se laissera emporter dans un rêve duquel il sera brutalement rejeté.  La maison blonde.  La blondeur n’est-elle pas synonyme de miel, de son velouté sucré sur la langue, dans la gorge ?  Lors d’une rencontre fortuite, lui et elle assouvissent leur attirance sexuelle dans un hôtel minable.  Au matin, elle s’éveille, lui n’est plus là.  De rage, de dépit, elle part, ne voyant personne dans la rue, surtout pas lui qui revient, les mains tenant « deux cafés, un sac de croissants ».  Un malentendu qui invite à une morne solitude, à une prochaine rencontre décevante.  Feuilletant une revue pornographique, un homme croit reconnaître la photo d’une fille qu’il aime secrètement.  Quand il l’aperçoit, les « bras pleins, avec des sacs en papier », il se fige « en plein centre de la rue. » La circulation est dense.  Autre malentendu, mortel celui-là.  Un vieil homme, las de vivre, jugeant que la société ne veut plus de lui, décide d’en finir.  Mais comment l’annoncer à Marie, sa compagne depuis tant d’années ?  Son seul désir : revoir le camp où, entre six et douze ans, il était venu passer plusieurs semaines, y avait rencontré Marie.  Exauçant son vœu, il ne s’attend pas à ce qu’une part de sa jeunesse le rattrape.  Le reflet de ce qu’il a été lui ouvre les yeux sur la beauté du monde…  La tombe attend, semble vouloir interrompre la vie d’une vieille femme qui souffre inutilement.  Un dernier lever de paupières amoureux sur celui qui accomplira le geste définitif.  Une fille laide attend l’homme qui lui a promis de venir chez elle, un vendredi, à vingt heures trente.  Elle imagine, clairvoyante, ce qu’elle fera durant son absence.  Des odeurs de croissants au four, l’arôme du café noir l’étourdissent.  Elle essaie de dissimuler sa laideur sous un maquillage, y renonce.  L’heure avançant, l’homme ne venant pas, elle habite à nouveau sa laideur.

Une femme assassinée sans raison chez elle.  Une autre, désenchantée de ses soirées trop tranquilles avec un mari téléphile, se réfugie dans un bar miteux.  Un homme dort, sa compagne se lève, prend un bain.  Un bruit extérieur l’inquiète, la porte est-elle bien fermée ?  Une femme marche des heures et des heures dans la ville « engourdie », nous nous interrogeons sur son extrême lassitude.  En quelques souvenirs imagés, elle nous instruit de l’immensité de sa peine.  Sur les plaines d’Abraham, une femme a marché avec son ancien amant.  Côte à côte, sans se toucher.  Elle est laide, personne ne le lui a dit, mais elle le sait.  Pourtant, « la laideur n’empêche pas de rêver. » Il fait froid, ils se sont assis sur un banc.  Au bout d’un moment, il part, elle, ne fait rien pour le retenir.  Elle en est effrayée.  Continue à marcher.  Une jeune femme envisage de rompre avec son amant indifférent.  Un caïd.  Ce qui n’est pas simple.  Elle a tout fait pour le séduire.  Elle est « d’un milieu où une fille ne plaque pas.  La gang ne le [lui] pardonnerait jamais.  […] » Cependant, un événement opportun l’ancrera davantage dans sa décision de le tuer.
Plus nous avançons à l’intérieur des récits, plus la solitude émerge, mine les personnages qui se laissent prendre à son pouvoir.  Aucun d’eux ne vit par procuration, chacun assume une situation désespérée, une porte de sortie leur étant interdite.  Nouvelles qui frappent par leur réalisme sans accéder au sordide.  Une fatalité assiégeante.  La nécessité de ne pas entraver des périls indubitables.  Bien sûr, la peur époumone, la peur obnubile.  Impossible de se défendre, à quoi bon ?  Autant se laisser porter par une vague déferlante, enfin libératrice, même si elle est mortelle.
Si ces vingt et une nouvelles composent un recueil « noble », comme l’atteste la quatrième de couverture, et même si on n’a pas bien saisi l’allusion, on a savouré ces courts textes avec enchantement ; ils nous ont fascinée.  Martine Latulippe pratique avec intelligence et un talent consommé l’art de la nouvelle, telle qu’on la conçoit.  Brièveté de la phrase.  Précision du vocable.  L’effet est saisissant de vérisme, criant d’une lucidité noire, quelques nuances grises adoucissant la condition inexorable d’êtres rudoyés par des aléas inconsidérés.

On rappelle que Martine Latulippe est une écrivaine de littérature jeunesse.  Une quarantaine de romans souvent primés à son actif.  Certaines nouvelles publiées de ce recueil ont déjà paru dans plusieurs revues littéraires.

Les faits divers n’existent pas, Martine Latulippe, Éditions Druide, Montréal, 2013, 143 pages

Notes bibliographiques

Installée au Québec depuis 1969, Dominique Blondeau, romancière et nouvellière, a été lauréate du Prix France-Québec/Jean-Hamelin pour son roman Un Homme foudroyé. Entre autres ouvrages, elle est aussi l’auteure de Les Feux de l’exilFragments d’un mensonge,Alice comme une rumeur, Éclats de femmes et Larmes de fond, ces cinq derniers livres publiés aux éditions de la Pleine Lune. En 2002, les éditions Trois-Pistoles ont édité son essai, Des grains de sel, dans la collection «Écrire». Elle a fait paraître des nouvelles dans plusieurs revues et collectifs et, en 1997, elle a été lauréate du Prix de la Meilleure Plume au concours XYZ. La revue de la nouvelle. Son treizième roman Une île de rêves a été publié en 2004 chez VLB éditeur. En 2008, elle a publié un recueil de nouvelles, Soleil et cruautés, dans Internet, sur le site Lulu. Au début de 2012, elle publiait Des trains qu’on rate aux éditions numériques Le Chat Qui Louche. En 2007, elle a créé un blogue surtout consacré à la littérature québécoise, Ma page littéraire :  (http://dominiqueblondeaumapagelitteraire.blogspot.com/)

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Ma page littéraire, par Dominique Blondeau…

19 octobre 2013

Nouvelles éclatées ***

La rassurant sur les sentiments de son mari à son égard, elle nous répond en riant qu’on lit trop de romans Arlequin !  Songeuse, on se dit qu’il ne faut pas dénigrer ce genre de livres, s’ils convertissent une seule personne à des lectures plus sérieuses.  On a terminé de lire le premier recueil de nouvelles d’Emmanuelle Cornu, Jésus, Cassandre et les Demoiselles.

Quarante nouvelles brèves, divisées en dix parties, chacune faisant intervenir un personnage féminin plutôt que masculin, entouré de Demoiselles.  Les nommer importe peu, les filles ou femmes se reliant entre elles leur inventent une existence à rebondissements…  On n’a pas toujours saisi les aboutissants de ces aventures intimes, mais le regard tendre ou narquois de la jeune auteure nous convainc de leur pertinence.  Au hasard, on cite quelques titres.  Cassandre et la culture des prunes, une petite fille timide se fait malmener par des compagnes plus hardies, Manon est là pour la défendre.  Eluda-Louisiana et les Demoiselles fabrique des breloques et, comme toute créatrice, en détruit quelques-unes.  Cale sèche, Joëlle ne sait plus très bien où elle en est.  Réfugiée dans une goélette, elle imagine tout perdre à la venue de l’hiver.  Crevette sur fond de toile décrit le parcours artistique de Lysandre qui, doutant de son talent, a refusé les codes établis.  Jésus, dans la salle de bain.  Un enfant « embrouillé dans ses chimères » se débat contre le « citoyen » que peut-être il deviendra.  Tu vas revenir dans quelques minutes, en camping, une jeune femme s’interroge sur le retour probable de son amante.  J’ai un bureau qui brille ou le regard ironique d’une narratrice sur sa condition sociale.
D’autres fables plus hermétiques, non moins symboliques, valorisent bellement l’ensemble du recueil.  Des femmes névrosées, témoins de leur propre drame, se glissent hors d’un temps réel qui ne semble plus leur appartenir, créant un effet funambulesque à mesure que les pages se tournent.  Un univers enfantin fait place à un monde plus radical, celui d’adultes qui se cherchent au centre des méandres de leurs avatars.  Un détail — un désir — déclenche une effervescence créative que ressent le lecteur.  Emmanuelle Cornu ne manque pas d’humour acide quand elle se penche sur les aléas de la société actuelle.  La nouvelle SUPER bouchée, grinçante à souhait, démontre la stupidité de Consuelo face aux objets qu’elle possède, qu’ils soient conséquents ou pas.  Au volant de sa « SUPER bagnole », elle ne se rend pas compte du danger qui la guette, trop occupée à donner de l’importance aux superlatifs qu’elle utilise, l’empêchant de penser.  Une étrange certitude se dégage de ces textes : une destruction mentale et physique quand plus rien ne va.  Faut-il se laisser emporter par un vent violent avant de se poser sur un sol lisse et stable ? Un grand vent souffle sur ces textes originaux, que rythment des phrases concises, un apport parfois excessif de répétitions lancinantes.

Notons un riche imaginaire nourri, on le devine, d’expériences heureuses ou malheureuses survenues à l’auteure.  Observant ses congénères, elle a capté dans un regard désemparé, dans un geste hésitant, une parole tremblante, d’inévitables déceptions.  Si on privilégie le caractère conforme, aéré des nouvelles classiques, on ne peut douter du talent d’Emmanuelle Cornu.  Animée d’une révolte intérieure inhérente à ceux et celles qui ont quelque chose à dénoncer, l’auteure se cabre, frémit, tel un animal indiscipliné refuse les affres de l’assujettissement.  On attendra patiemment une deuxième parution de cette écrivaine à la plume acérée, ces récits s’avérant une étonnante promesse…

Jésus, Cassandre et les Demoiselles, Emmanuelle Cornu,
Éditions Druide, Montréal, 2012, 208 pages

Notes bibliographiques

Installée au Québec depuis 1969, Dominique Blondeau, romancière et nouvellière, a été lauréate du Prix France-Québec/Jean-Hamelin pour son roman Un Homme foudroyé. Entre autres ouvrages, elle est aussi l’auteure de Les Feux de l’exilFragments d’un mensonge,Alice comme une rumeur, Éclats de femmes et Larmes de fond, ces cinq derniers livres publiés aux éditions de la Pleine Lune. En 2002, les éditions Trois-Pistoles ont édité son essai, Des grains de sel, dans la collection «Écrire». Elle a fait paraître des nouvelles dans plusieurs revues et collectifs et, en 1997, elle a été lauréate du Prix de la Meilleure Plume au concours XYZ. La revue de la nouvelle. Son treizième roman Une île de rêves a été publié en 2004 chez VLB éditeur. En 2008, elle a publié un recueil de nouvelles, Soleil et cruautés, dans Internet, sur le site Lulu. Au début de 2012, elle publiait Des trains qu’on rate aux éditions numériques Le Chat Qui Louche. En 2007, elle a créé un blogue surtout consacré à la littérature québécoise, Ma page littéraire : (http://dominiqueblondeaumapagelitteraire.blogspot.com/)

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


Ma page littéraire, par Dominique Blondeau…

4 mai 2013

Nouvelles impressionnistes *** 1/2

Elle est décédée à l’âge de quatre-vingt-onze ans.  Écrivaine célèbre et discrète, elle nous a appris à discerner les désagréments de la notoriété.  On a eu le bonheur de compter parmi ses amis proches, appréciant en nous le silence qu’imposait sa place privilégiée dans la société.  Déroger à ces conditions eût été fatal.  Elle nous aurait rejetée d’un revers de la main comme, plus tard, on l’a fait envers les importuns.  On a lu le premier recueil de nouvelles de Mélissa Verreault, Point d’équilibre.

Onze nouvelles qui nous ont semblé réfractées d’une vitre embrumée.  Même si les personnages ne se détournent aucunement de leurs états d’âme, les relatant d’une manière réaliste, on a eu l’impression qu’ils nous échappaient, continuant à vivre sans nous, soulagés de nous avoir trouvés disponibles pour écouter leurs confidences.  Ne sommes-nous pas des étrangers à qui nous nous livrons sans attendre de réciprocité ?  Il y a aussi le spectacle auquel nous participons sans intervenir.  Telle Maryse se remémorant l’accident causé par son partenaire, brisant sa carrière de danseuse.  Si sa désespérance nous émeut, nous ne pouvons rien pour elle, comme ne peut rien Michaël, son amant qui, lui, continue à danser.  Plus avant, un jeune Italien mentionne les raisons de sa fuite d’Italie, de son exil à Montréal.  Comme Elisabetta, la prostituée qui l’a recueilli chez elle, nous l’écoutons, nous nous taisons.  Barbara, escorte le soir, serveuse le jour dans un bar, l’éblouit, il en tombe follement amoureux, ne se doutant pas que le malheur le guette.  Sa compagne Luisa, avec qui il vit, le met à la porte après qu’un matin deux hommes entrent, le tabassent, fouillent dans les tiroirs.  Conseillé par un ami, il vaut mieux pour sa sécurité et celle de Barbara qu’il quitte à jamais l’Italie.  Autre nouvelle italienne, nous écoutons la narratrice nous confier son angoisse : fiancée à Matteo, elle va en Italie faire la connaissance de ses futurs beaux-parents.  Choc des cultures tant personnelles que sociales.  Un récit intime décrit le chagrin de Sarah à l’enterrement de sa mère, en compagnie de son père et de sa nouvelle conjointe.  Les deuils ponctuant l’existence de chacun, on a suivi Sarah dans son enfance partagée avec sa mère ; plus tard, pour avoir trop fumé, un cancer des poumons condamne cette dernière.  Le passé et le présent, affligeants, se heurtent, les nuages et la pluie évoqués par Sarah adoucissent sa peine.  Un texte palpable, poignant, on aimerait rassurer Sarah, lui tendre la main.

On tait la beauté et la souffrance qu’engendrent certaines nouvelles, ne pouvant, à notre tour, élaborer sur les intempéries intérieures qui secouent ces humains.  Nous mentionnons deux histoires qui nous ont particulièrement étonnée : Les épaules d’Atlas et Les ballons de fête.  Si les thèmes en sont différents, ils se rejoignent par leur intensité.  Retour d’Afghanistan d’un militaire de carrière, hanté par une étrange vision qu’il ne parvient pas à chasser de son esprit meurtri, puis l’aventure amoureuse de Geneviève avec une amie qui fête ses trente ans.  Remémoration dans ces cas précis du saccage irréparable occasionné par ces deux turbulences.  L’une et l’autre enferment un homme et une femme dans un secret qu’ils ne pourront jamais aborder ni partager, une solitude incommensurable nourrissant leur déception.  La nouvelle éponyme, Point d’équilibre, clôt le recueil sur le silence d’Élodie depuis sa tentative de suicide.  Elle vit seule, a la manie de regarder chez les voisins qui, comme elle, mènent une vie insignifiante, d’où l’insidieuse approche d’un ennui mélancolique.  Moisissure des pensées mornes, pourriture d’un acte dont Élodie s’accuse quand la corde à linge se rompt et qu’au printemps le propriétaire fait venir le poseur de cordes.  Se disculper ne servirait pas à grand-chose, l’hiver a rongé l’équilibre qui maintenait Élodie en vie.

Textes qui s’entrechoquent quand plusieurs protagonistes se recoupent, poursuivent une trajectoire hors de leurs habitudes.  Le destin les a réunis pour le plaisir du lecteur, qui ne se lasse pas de les entrapercevoir.  Un clin d’œil suffit, pas davantage.  Ils se glissent, tel un courant d’air fait claquer une porte.  Nous sursautons, nous fronçons les sourcils.  D’où vient tant de bruit ?  Nous lisons et relisons ces fables qui, rédigées dans un langage bien souvent parlé, savamment maîtrisées, subtilement structurées, nous persuadent que, quoi qu’il arrive, la vie vaut la peine d’être considérée.  Au bout de la route, roses ou chardons l’épinant, la mort se faufile, mettant un terme à nos doutes, à nos peurs, invalidant tous les équilibres que nous puisons à même nos expériences vitales.

Point d’équilibre, Mélissa Verreault
Éditions La Peuplade, Chicoutimi, 2012, 175 pages

Notes bibliographiques

Installée au Québec depuis 1969, Dominique Blondeau, romancière et nouvellière, a été lauréate du Prix France-Québec/Jean-Hamelin pour son roman Un Homme foudroyé. Entre autres ouvrages, elle est aussi l’auteure de Les Feux de l’exilFragments d’un mensonge, Alice comme une rumeur, Éclats de femmes et Larmes de fond, ces cinq derniers livres publiés aux éditions de la Pleine Lune. En 2002, les éditions Trois-Pistoles ont édité son essai, Des grains de sel, dans la collection «Écrire». Elle a fait paraître des nouvelles dans plusieurs revues et collectifs et, en 1997, elle a été lauréate du Prix de la Meilleure Plume au concours XYZ. La revue de la nouvelle. Son treizième roman Une île de rêves a été publié en 2004 chez VLB éditeur. En 2008, elle a publié un recueil de nouvelles, Soleil et cruautés, dans Internet, sur le site Lulu. Au début de 2012, elle publiait Des trains qu’on rate aux éditions numériques Le Chat Qui Louche. En 2007, elle a créé un blogue surtout consacré à la littérature québécoise, Ma page littéraire : (http://dominiqueblondeaumapagelitteraire.blogspot.com/)

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


Appel aux auteures et auteurs de la Francophonie…

14 mars 2012

Les Éditions Le Chat Qui Louche sont toujours à la recherche de bons textes en français.

Si vous avez en tiroir de la prose de fiction (romans, contes, nouvelles, novellas), faites parvenir vos fichiers à la collection Le Chat Perché, qui est sous la responsabilité directe de Dany Tremblay, à l’adresse suivante : lechatquilouche@gmail.com

Pour vos textes de non-fiction  (essais, carnets, mémoires, journaux, aphorismes, fragments), faites parvenir vos fichiers à la collection La Langue de Chat,  qui est  sous la direction éditoriale d’Alain Gagnon, à l’adresse suivante : motpourdire@videotron.ca

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