Miroiter et Ces mots, des textes de Marc-André Lévesque…

24 avril 2017

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecMiroiter…

Miroiter — J’ai glissé sur les eaux en m’agrippant à l’espoir. Elles ont éclaboussé tout autour de mes pas et dans l’infini du printemps. Je ne savais pas ce qu’était le bonheur avant de marcher dessus. Ça a fait comme un bruit de verre cassé. C’était un miroir qui s’est multiplié pour miroiter les images que j’avais dans la tête, plus petites, mais plus nombreuses. Le firmament s’y est laissé prendre avec les sons multipliés, eux aussi. Dans une des cassures, il y avait un univers. Parsemé de moyens de transport. Dans une autre, des chemins. Et au bout, une chevelure ondulée d’une femme au sourire voyageur. Elle s’est dégagée d’un amas de fer pour venir vers une partie de moi. Elle s’est évanouie puis elle est revenue en de multiples images plus belles les unes que les autres jusqu’à l’émerveillement total. Brisée en milliers de pièces. Belles universellement. Heureuses dans son éparpillement comme dans son ensemble. Mon éparpillement a rencontré le sien, j’ai trouvé son oreille attentive et lui ai susurré des mots de rassemblement.

Ces mots… — Au fur et à mesure, je compte les mots qui tombent encrer sur le blanc de ma alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecfeuille. D’abord peu nombreux, soulignant la brièveté de mes soucis, ils s’accumulent ensuite pour faire des explorations de sentiments qui débordent les frontières de mes pensées. Des éclairs électriques arrivent à mon cerveau, leurs mouvements me projettent des images qui demandent que je raconte leur histoire. Je les dépose délicatement sur un écran, je les agence pour que nous puissions nous envoler vers un monde réel et que ce monde soit le plus confortable qui soit, dépourvu des mensonges ordinaires. Je scrute mes neurones à la recherche des petites choses qui m’auraient échappé. Il m’arrive d’en trouver et alors je les fais porter par des verbes qui les rendent visibles. Je m’enivre de bonheur, mais je sais qu’il n’est que d’occasion et que nos asservissements nous guettent à chaque coin de nos idées, souvent là où on les attend le moins. Je sais que chacune de nos pensées est scrutée par des esclaves qui ont oublié qu’ils l’étaient.

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Né à Saint-Ulric, près de Matane, sur la rive sud du fleuve, j’ai été créé par les images de ce désert d’eau qui change de forme selon les saisons.  Je lancerai bientôt (le 23 novembre) Des mots sur des couleurs, mon premier recueil de récits, en collaboration avec l’artiste peintre Pierre Morin de Varennes qui appartient, tout comme moi, aux paysages de la Matanie, mon pays, mes amours.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Pluie nostalgique et mer intérieure, textes de Marc-André Lévesque…

20 avril 2017

Pluie et mer…alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Pluie nostalgique — Je suis dans mon appartement du 7e étage d’un immeuble comme un poisson dans un bocal, je regarde par la fenêtre, il pleut. Il pleut à faire déborder mes humeurs vers des plages fragiles. Il pleut à délayer les traces de mon stylo bleu laissées anarchiquement sur une feuille mouillée. Il fait gris. Il m’arrive d’avoir peur. Peur de disparaître sans laisser de traces. Je partirais alors comme ce Jean mort d’un cancer, qui logeait au 600 et quelques. Si rapidement effacé de la surface de la Terre, parti pour un plus vaste ensemble avec un état de conscience que nous ne pouvons pas encore comprendre. Je ne peux le voir là où il est, le ciel est fermé et il pleut. Il pleut à en perdre l’âme.
Il pleut à gorge déployée. Il pleut si néfastement que je me suis oublié dans une rigole qui coule sur la rue Robert-Élie. Entendez-vous ces cris de ce Jean pris dans mes pensées, prisonnier du sourire et du salut que je lui ai fait lorsque les ambulanciers l’ont transporté à l’hôpital ? Ce gris soudé par des gouttelettes qui accable son départ pour le rendre encore plus pleurant, encore plus acerbe ? Il pleut et je suis un poisson dans un bocal qui regarde une âme s’envoler au loin. Inatteignable. 4 avril 2017, décès de Jean, le premier de notre coopérative.

Mer intérieure — J’ai une mer intérieure qui me produit quelques fois des tsunamis de alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecsentiments. Elle me nourrit autant qu’elle me désespère. Et les bateaux qui y voguent m’amènent vers moi-même. Mes rives sont protégées, mais, en quelques endroits plus ouverts, je peux voir les carcasses de mes amours sombrées dans des formes de métal. Lorsque je me recroqueville, elle se soulève et avec elle la nausée me monte dedans comme dans de mauvais présages. Lorsque je me tiens debout et que je marche, elle fait la grosse et elle érode mes rivages. Couché, je n’entends que des vagues qui lèchent mes parois en me faisant des rêves paisibles. Elle contient tous mes soucis et tous mes espoirs, je suis seul maître à bord de mes circonvolutions. J’ai une mer intérieure qui me dit que j’ai raison de croire et d’espérer.

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Mercredi, la ville toussote… un texte de Marc-André Lévesque

7 avril 2017

Mercredi…alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Nous sommes un mercredi. Il vente et le vent a poussé les nuages au jeudi suivant. J’aime le vent qui pousse et ce printemps qui vient, vient aussi avec lui. Le soleil resplendit sur la ville. Ses éclats me font mal aux yeux. Je suis une poussière dans les yeux d’un aveugle qui entend le bruit que fait le vent à travers les branches. Un sac de plastique, pris ente deux automobiles virevolte avant de s’envoler ; il ressemble à un oiseau qui veut partir vers des îles comme lui, au centre des océans. Le vent m’allège. Près de l’immeuble en hauteur, les rafales sont si soudaines autant que fortes que je crois pouvoir partir au vent. Je m’accroche. Je m’ancre à cette rue qui, finalement, me fera sortir du tourbillon. Je me dépose sur le plancher d’un commerce tel une feuille sur laquelle sont écrits les mots d’amour que j’ai envie de dire et redire chaque fois que l’air me pousse les idées par en dedans. Sur un midi ensoleillé, les rênes bien en main, je conduis mes rêves vers les jours qui viennent.

La ville toussote…

9 mars. J’ai ouvert mes fenêtres et la ville a semblé vouloir entrer dans mon appartement pour se réchauffer. Je les ai immédiatement refermées, mon appartement étant trop petit. En bas, sur la rue un couple marche. La femme est vêtue chaudement d’un manteau rouge, le capuchon bien en place sur sa tête. Ses gestes sont gracieux, elle gesticule. L’homme est vêtu de vêtements sombres. Ses vêtements semblent le replier sur lui-même. Il écoute. Les hommes écoutent toujours trop sans vraiment comprendre. Un réflexe de fuite vers une autre planète, qui sait ? Une autre femme plus sombre les suit au loin, elle semble patiner, mais je crois que je me trompe. Le soleil tente vainement de se frayer un chemin à travers les nuages. Pourquoi les marcheurs se vêtent-ils généralement avec des vêtements de couleurs sombres ? Comme des oiseaux de malheur, des corbeaux, des corneilles. Parfois un cardinal ou un geai bleu se mêle à eux en se demandant : « qu’est-ce qu’ils sont venus faire là ? » La ville toussote puis se grise davantage avant d’accueillir une faible neige.

La ville ressemble à une pâtisserie…

Un matin, la ville ressemble à une pâtisserie. Les rues sont recouvertes d’une fine couche de glaçage qui lui donne cet air de biscuits sablés recouverts d’un coulis à la vanille. L’image est belle, mais, à voir les piétons qui se tiennent les fesses serrées pour ne pas tomber, la réalité est moins appétissante. Je voulais me rendre à pied à l’épicerie, je crois que j’attendrai demain. J’irai plutôt visiter cet ami qui, dans le même immeuble que moi, file un mauvais coton. C’est dire que nous ne pourrons assister à certains événements prévus aujourd’hui. L’amitié est plus importante que toutes les représentations. Cet homme est un livre ouvert, j’irai donc faire sa lecture en l’écoutant se souvenir de son enfance, de ceux qu’il a aimés, de ses voyages, de ses connaissances vastes comme le monde et même davantage. J’irai glisser sur ses souvenirs qui me transporteront jusqu’aux miens. La nostalgie ne me fait pas peur puisque je sais qu’elle est en lien avec la réalité actuelle. Je la soigne autant que mon ami qui porte ses 83 ans avec fierté malgré des sautes d’humeur de sa santé.

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Rêves d’été et Neiges, par Marc-André Lévesque…

19 mars 2017

Rêves d’été…alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

J’irai mettre mes pas sur une terre glacée. J’enfilerai mes pensées les plus chaudes pour me protéger du vent sibérien. Cependant, en marchant, je ne dirai rien, mais penserai aux robes fleuries de belles dames assises sur un banc public d’un printemps prochain. De celles qui ne se dérobent pas lorsqu’on passe devant elle en leur souriant. Dans ma bulle d’air glacial, je me ferai des cartes de fête que je remettrai à tour de rôle à ces femmes que j’ai aimées. Je leur dirai merci du fond de mon âme d’avoir été là dans ma vie comme dans mes pas. Du seul fait de penser à elles, cela me permet de marcher dans ce froid où je me dirige vers d’autres amours. J’ai cependant encore un chemin à parcourir, il me faut m’aimer avant d’aimer les autres.
Une carpe passe sous un pont couvert, je la vois clairement dans cette eau limpide d’une rivière blanche. Elle paresse entre l’ombre des noisetiers et le scintillement d’un soleil d’été. J’entends des cris d’enfants qui se baignent sous lui. Je regarde par les trous d’aération de la structure. Sur une des poutres, mes initiales sont gravées à côté de celles de mes amis : MAL, JT, GP, RB et GR. Les cris que j’entends sont les nôtres perdus dans l’immensité du temps. La carpe a été attrapée et les enfants ont vieilli, mais le pont est là avec les noisetiers qui longent la rivière. Lorsque mon esprit tend à trop s’envoler, je me souviens de cet environnement qui existe toujours et qui permet de voir ce que nous sommes devenus.

Neige…

Neige sur un vendredi inodore, incolore. Sauf peut-être… ces bruits d’acier qui transpercent de part et d’autre la blancheur du temps créant une atmosphère laiteuse du matin avec une musique ancienne de Mike Oldfield, Tubular Bells, Part 1 et Part 2. J’ai le nez rivé à la fenêtre de ma chambre, je regarde la saison se défraîchir lentement vers la suivante en nous proposant un scénario de retour en arrière. Les saisons sont à la dérive comme les continents et mon regard ne se peut plus de voir celle qui passe et se prolonge sur la ville. La neige qui tombe, c’est mon enfance en noir projetée sur un écran blanc. Les flocons viennent à ma hauteur me saluer en dessinant des signes incompréhensibles, comme si elle était sur le point de son départ. La neige s’accumule sur la rue en forme de nuages. Une femme y passe, légère. Des lumières de freins d’une automobile me font penser à ce Noël passé dans un tête-à-tête avec moi-même. Le froid qui parle à cette fenêtre où mon regard se jette et s’étire jusqu’au plus profond de mes soupirs.

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Né à Saint-Ulric, près de Matane, sur la rive sud du fleuve, j’ai été créé par les images de ce désert d’eau qui change de forme selon les saisons.  Je lancerai bientôt (le 23 novembre) Des mots sur des couleurs, mon premier recueil de récits, en collaboration avec l’artiste peintre Pierre Morin de Varennes qui appartient, tout comme moi, aux paysages de la Matanie, mon pays, mes amours.

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Le calepin de Marc-André Lévesque…

26 février 2017

Amour, hiver…

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Je sens encore la chaleur de sa main dans la mienne lorsque l’hiver nous marchions ensemble sur le trottoir du village. Nos pas amoureux nous portaient vers la patinoire où les notes d’une valse de Tchaïkovski tentaient de se mêler à l’air provenant du fleuve. Je ne sais pas comment nous avions pu alors mettre nos patins puisqu’il ne m’avait pas semblé avoir quitté sa main chaude. Nous nous sommes donc retrouvés sur la patinoire tenant encore et toujours nos mains ensemble et nous avons ainsi fait le tour de la patinoire au rythme de la musique. Soudés l’un à l’autre dans une passion musicale, nous avions été transportés dans une autre dimension, seuls au monde, aux confins de nos sentiments. J’ai souvent l’impression que ça a duré plus de 50 ans, un amour qui n’a pas d’âge. Même s’il s’agit de souvenirs, il me semble que je n’ai jamais connu de moments aussi forts depuis et ma main garde toujours la tendre chaleur de la sienne.

Invisible…

Il m’arrive d’être invisible. Ça me permet de visiter des endroits rares. Je ne suis pas le seul àalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec l’être. Il existe plusieurs formes d’invisibilité : celle que nous connaissons le plus, par le biais de légendes, est la forme spectrale, d’autres s’y réfugient pour ne pas se mouiller, d’autres encore sont des manipulateurs nés et ils disparaissent en mentant, moi, je me laisse porter par ma pensée qui me place là d’où je viens et là où je vais, c’est un passage étroit ente la réalité et la mémoire, comme un lieu éclairé par la noirceur. Je suis devenu et en devenir. Je ne suis pas malheureux je peux créer et recréer sans être vu ni connu. J’ai un ami qui dit être capable de sentir ce que vaut une personne qu’il rencontre. Pas en termes d’argent, en termes de sensibilité. Je crois que lui aussi peut avoir accès à une invisibilité. Nous n’y avons plus le même âge, en fait nous n’avons plus d’âge. Ça nous permet d’être plus libres, libres de mouvement. Ce qui est le plus difficile, c’est de voir les peines se dérouler devant nous sans pouvoir intervenir. Avec encore un peu d’exercices, je réussirai peut-être.

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Le Calepin de Marc-André Lévesque…

13 février 2017

Janvier

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Crédit photo : Sasseville

Janvier — Le 3 janvier. La température nous a fait glisser en 2017. Nous y avons été basculés presque au même moment que les rivages du sud comme du nord furent balayés par les hautes marées. Glissés et saccagés comme un début d’année qui veut nous dire qu’il garde le contrôle sur les jours sombres et les nuits blanches. Nous y avons glissé comme on peut glisser sur une pelure de banane, c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle. On se relève d’un congé. Les chiffres changent mais pas la situation globale qui blesse plus que de tomber sur nos fesses molles des Fêtes. À l’ordre du jour : les médias qui parlent rarement des explications aux choses qu’ils décrivent; le gouvernement qui ne daigne même pas parler des problèmes en région, entre autres, l’érosion des berges, les solutions pour Percé et les villages de la Côte Nord, le Plan Nord, etc.; la situation de notre langue française, les écoles, le développement en général. Nous glissons sur les chiffres et il en ressort le même goût amer d’oubli volontaire. Des coupures idéologiques et des cadeaux idéologiques.

*

Comme si j’étais bûcheron et que je t’écrivais du chantier… —

Salut, ma belle,

Ta dernière lettre a mis beaucoup de temps à me parvenir. La température y est pour quelque chose. On a même manqué de victuailles pour les mêmes raisons. Les hommes commençaient à être impatients. Des tempêtes qui se suivent à la queue-leu-leu, c’est dur pour tout le monde et pour les chevaux qui s’enfoncent dans la neige. Il faut pelleter. Les boss ne comprennent pas ça, ils nous font travailler plus tard pour que la coupe du bois se fasse selon leur plan. Aujourd’hui, tout revient à la normale. On a réussi à négocier un après-midi de congé, pis, là, ben je te lis et je te réponds.

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Tatouage, Ray Mann

Tu as été malade, une chance que la grand-mère est là pour veiller aux grains. La vieille maudite est parfois méchante, mais là je la remercie gros comme elle est. Les enfants t’ont usée, ma belle, et tu travailles si fort. Il ne m’en reste pas pour longtemps au camp. Après celui-là, puis un autre, ce sera le retour définitif à la maison. Tes deux aînés sont maintenant assez grands pour me remplacer, ils se débrouillent très bien, tu sais. Ils produisent presque autant que moi, et certaines journées, plus encore. Nous faisons des concours, je les laisse gagner, tu me connais.
Les hommes sont rassemblés autour de la truie du camp. Ernest a sorti son violon, et il joue de la musique à chanter. Il vient de changer de registre, les hommes sont tristes, le violoneux joue Plaisir d’amour, j’ai de la misère à écrire, les larmes se rendent au bout de mes doigts et la plume file de mauvaises idées. Je m’ennuie, Linda, je m’ennuie vraiment de toi et des filles. Vous me manquez gros comme le Rocher Percé.

Et je pense à notre projet, s’acheter notre petite maison, avoir quelques animaux, des jardins. Être heureux le temps qu’il nous reste. Je te verrais alors sortir chercher les œufs au poulailler avec ton chapeau de paille et ta belle robe fleurie. Je te suivrais en faisant bien attention que tu me vois. Et lorsque tu franchirais le seuil de la grange, là où la paille est si invitante, je m’approcherais doucement derrière toi pour t’embrasser et te jeter sur le plancher.

Je t’aime, ma belle, et je te donne un baiser sur tes seins. Embrasse mes filles pis fais attention à toi.

Ton mari, Paul

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Le Calepin de Marc-André Lévesque…

17 décembre 2016

Je suis un roseau…

Je suis un roseau. Au vent, je plie dangereusement, mais je ne casse pas. Je suis une crue de  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecrivière, je me dévaste suite à des déversements d’idées préconçues, je suis une marée haute qui érode nos conditionnements inféconds, je suis une tempête tropicale qui frappe les privilèges des possédants, je suis un missile à tête chercheuse qui cible de pauvres amours, je suis une arme qui éclate dans les images faussées de nos médias, une unité de combat qui lutte contre l’hypocrisie, une alarme dans la nuit américaine, une montagne sacrée arrivée à sa date de préemption, une oreille attentive écoutant les raisons de notre désarroi. Je suis un miracle qui veut s’étendre au genre humain et qui se bute à des murs érigés sur la folie. Je suis un amoureux fou de la vie, je me façonne sur la girelle d’une potière, avec ses mains magiques elle me donne le courage d’aller plus loin.

Ce nouveau continent…

Nos déceptions, nos peines, notre naïveté et nos si bêtes amours nous ont fait franchir ce nouveau continent qui flotte au large de nous-mêmes. Nous y avons mis gauchement le pied un matin d’incertitude, où dépassés par les rumeurs du jour, un vent de folie s’est levé en nous poussant toujours plus loin dans l’inconnu. Nous avons cru que c’était solide, mais nos pas s’enfonçaient profondément dans ce que nous avions été, dans nos souvenirs de plastique. Les bruits mouillés qui se faisaient entendre de nos marches sur cette île se répercutaient aux amas de matière qui se formaient. Une pancarte à vendre faisait partie de ce lot incompréhensible. Des gens avaient répondu à ce mauvais appel et bientôt le nouveau continent fut peuplé de ceux qui venaient y flotter pour le reste de leur vie.

Une lumière est allumée…

Tiens, une lumière est allumée derrière cette maison où il n’y a avait aucun signe de vie. Depuis hier dans la soirée, cette maison est éclairée intérieurement et extérieurement. Je ne vois cependant pas âme qui vive. Juste des lumières. Comme si, un système automatisé les allumait et les éteignait. Je ne suis pas voyeur, je remarque les changements qui s’agitent parfois et reculent. Cette maison suggère des drames : une femme y vivait seule, elle a été trouvée morte dans son garage, sa mort ressemble à un suicide, mais qui sait ; un vieil homme y vivait, il était très apprécié de son entourage et surtout des enfants ; d’ailleurs, il mettait sa piscine à leur disposition – la police l’a récemment arrêté pour pédophilie ; une jeune femme a été internée, car elle délirait, elle se promenait sur la rue en pyjama tenant une poupée dans ses bras ; depuis que son mari et son enfant étaient morts dans un accident, elle avait effectué une descente dans les plus bas fonds de la folie ; elle habitait là… Une lumière allumée dans la maison laissait supposer que quelqu’un y habitait, mais je n’en suis pas certain…

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