Post mortem, un texte de Luc Lavoie…

22 janvier 2016

Dans le silence…  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Dans le silence et la solitude d’un fin rayon de lumière, les cadavres aux sourires idiots marinent au sous-sol. L’odeur y est insoutenable, mais les insatiables affamés dévorent…

Les diptères, ces sales bestioles ; mouches vertes et bleues, auront trouvé terreau fertile pour la ponte. Dans les bouillons et les gargouillis répugnants, bientôt les larves naissent, puis se nourrissent. Elles sont, tels les croque-morts ; oiseaux de mauvais augure. Elles entonnent un air putride. Chantent en chœur la décomposition. Dansent dans un tourbillon malsain. Peuplades visqueuses et révulsives. Troupes d’acteurs sur une scène rongée où les bides morts deviennent les instruments inertes d’une cadence infernale.

Léthargie animée. Descente vers les profondeurs. Bal des pourritures.

Vermines rampantes au resto. À table. Là s’anime la décrépitude dans la pénombre des lendemains. Les asticots grignotent dans les orbites. Engeance malsaine qui charrie, consomme et digère ces plats savoureux. Un dîner de viande froide ? Encore un peu de foie ? De cervelle ? Le Tartare se tarit. Matière immobile et flasque qui tombe en lambeaux. Sang coagulé. Corps bleuis, enflés. Nauséabonds. Villes et cités lugubres d’un temps d’effervescence éphémère, propice au développement excessif ; à la vie trépidante dans les miasmes urbains. On passe, on dépasse. On trépasse. Moments frétillants voués à l’intemporalité finie des abîmes. Cortège des avaleurs aux appétits gargantuesques qui mastiquent dans la solitude des espaces… Oasis périssables des immondices.
Blattes, scarabées, charançons, rats et vers repoussants ; citadins étranges de quartiers incertains ; zones hautement peuplées où on circule et s’affaire sur des autoroutes osseuses. Les excavateurs se déplacent dans les fosses et les rampants progressent dans les trachées. À l’intérieur de tunnels œsophagiques, fragiles d’une architecture en décrépitude constante, l’affaissement et le glissement des tronçons sont chose commune. Dans ces ruelles incertaines, univers des organes gisants à ciel ouvert, il y a des kilomètres de voies de contournement à franchir. Les légions rouges et noires vagabondent à travers la porosité des cavernes aux parois inertes… Que de chair à excaver ! De résidus à transporter. Les équipes de dépeceurs sont au travail. Fouisseurs et exciseurs sont à l’œuvre sur des chantiers en déclin. Ils se vautrent dans la mort exquise.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecDents allongées, mandibules tranchantes, bouches broyeuses et trompes poilues. Tous sont là pour prendre part au festin. Les convives s’en donnent à cœur joie. Pour que rien ne se perde.
Quand viendra enfin le dernier jour, voraces, les videurs n’auront laissé que peu de chose derrière eux. Que contrées désertes, de carcasses en arêtes, squelettes jaunis par le temps et la poussière. Que paysages d’immobiles dépouilles où les incessants courants d’air des jours et des nuits traverseront encore agglomérations d’agrégats et charpentes. D’ossatures lisses à faire frémir. Ruines et débris sans subsistance. Instantané des victimes du temps qui passe. Dureté de l’éphémérité des éléments. Qu’absence des regards. Que deux trous béants dans des crânes vides. Qu’un bras allongé. Sa main ouverte sur le plancher, l’index recourbé ; doigt nu qui traverse la gâchette d’un révolver rouillé Smith & Wesson. 38 spécial recouvert d’une toile d’araignée tendue parmi quelques détritus.
Plus qu’un vent glacial qui lève, un coup de fouet au dos de la quiétude des éternités de ce que furent autrefois ces deux corps habités d’une vie.

Pour le meilleur, mais également pour le pire…

Luc Lavoie © tous droits réservés, 2013

Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

Son rêve ?  Être un jour remarqué et publié. Il prépare, à cette fin, un recueil de nouvelles.  Il envoie également des textes à des magazines spécialisés.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

Advertisements

Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

13 septembre 2015

Pure fictionchat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec

Après tout, cher, très cher lecteur, est-ce vraiment si grave si tout ce qui s’est écrit ici-bas n’est pas totalement, absolument, indéniablement VRAI ? Non. Qu’importe la réalité quand la fiction fait bien son boulot. Quand la fiction est tellement pleine de crédibilité qu’on lui donnerait le bon dieu sans confession, le monde sans demander son reste.
Crois, cher lecteur. Crois ce que je t’ai fait croire, crois ce qui est vrai dans ces lignes, crois les errements de l’auteur, ses errances aussi, son inadaptation au monde parfois, car cela, je te l’assure, cela ne ment pas.
Nous sommes dans une fiction, ami, et pourtant, on dirait que j’existe, non ? N’existes-tu pas ? Ne sommes-nous pas, toi et moi, deux êtres de chair, de sang, de matière grise ? Deux êtres de mots. Pouvons-nous douter, lecteur, de notre véracité à nous ? Ma foi, peut-être. On peut douter oui. Alors, finalement, nous ne sommes pas plus vrais, toi et moi, qu’une fiction. Nous ne sommes pas plus faux que la réalité.
Peut-être que la seule chose vraie, diablement vraie, la seule chose qui ne supportera pas le soupçon, c’est bien ce drôle de lien qui se fait entre nous, entre mes doigts et tes yeux, entre ma voix d’encre et ton oreille coquillage, entre ces pages et tes mains qui les tournent. Ce lien s’est établi dès que tes beaux yeux se sont posés sur ce monde, sur cet auteur que je prends soin de faire vivre sans complaisance et avec empathie néanmoins. Ce lien, lecteur, ce lien puisque tu es encore dans ces lignes, ce lien est absolu. Irréfutable. Tu aimes ou n’aimes pas ces pages. Tu les as feuilletées peut-être un peu vite, sans grande conviction. Tu tombes sur une phrase qui te plaît ici ou là. Tu es plongé peut-être pour la deuxième, énième fois dans ces lignes. Tu prends peut-être des notes. Tu te dis peut-être que ces pages sont vides de sens et de style. Tu as tellement de possibilités, lecteur, tellement de pouvoir finalement. Tellement de mondes à ouvrir dépendent de ta bonne volonté, de ta bienveillance ou de ta curiosité. Tu es un abysse et ces lignes, ces mots noirs ne rêvent que de plonger dans ton cœur.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge chat qui louche maykan alain gagnonDéclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade (roman) aux Éditions Philippe Rey.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

28 mars 2015

Personnages en quête de pudeur

chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

   Seul au milieu des hommes, l’auteur n’a qu’un recours, aussi contraignant qu’agréable : ses personnages.  Il s’avère difficile de savoir ce qui a pu, en lui, faire émerger de tels êtres qui acquièrent une surprenante autonomie au fur et à mesure qu’ils existent.  Ils craignent l’effacement mais l’affrontent sans broncher.

Ils sont là, c’est tout.  Même si on les efface, même si on les corrige, même si on les torture gaiement pour en extraire la sève, ils s’obstinent à exister, assez peu soucieux, finalement, du regard des autres.  On les crée, ils vivent, meurent, se laissent embarquer dans des histoires dont ils sont eux-mêmes les héros et ils ne sont que ça, des personnages, mieux que des personnes.  Voués à nager dans de l’encre, à flotter sur les pages.
On les prend pour des pantins alors qu’ils sont ficelles.  Ils font l’auteur, et non l’inverse.

Aussi, quand il arrive qu’on demande à ce genre d’auteur dans quelles entrailles il est allé chercher ces êtres, la réponse peut se résumer en une bouche béante, une ignorance absolue, un air un peu stupide.  Car un des drames de cet auteur se résume à cela : IL NE SAIT PAS.

Posez-lui toutes les questions que vous voulez sur la genèse de son œuvre (la pire d’entre toutes étant le fameux POURQUOI ?), il vous regardera comme on regarde le vide, balbutiera deux ou trois ornements que son esprit loufoque viendra tout juste d’inventer cependant qu’en lui-même, un frisson alarmé le chatouillera et criera : « la réponse est pourtant simple : tu es juste fou ».

D’aucuns sont plus doués pour fournir moult explications, décortiquant leur création comme on dissèque une grenouille ; ceux-là parlent tellement bien de leur œuvre qu’il est superflu de la lire.  Ils se plient aux questions, racontent la naissance de leurs personnages (« Je rêvassais sous un arbre et, en voyant passer une colombe, j’ai décidé d’appeler mon héroïne Colombe, etc. ») Fin du mystère.  Fin de l’histoire.  Et le lecteur ne pourra s’empêcher, s’il lit les aventures de Colombe, de voir des oiseaux blancs venir polluer l’encre des lignes.

Quelle importance, après tout, de savoir l’origine de ces mondes qui ne crépitent que dans les romans ?  Savoir que tel parent, tel souvenir est devenu cela, un personnage, oui, un héros douteux, le même, mais différent, vous comprenez, le truchement de la fiction, etc.  Creuser les origines peut être intéressant en ce qui concerne l’humanité, mais les personnages de roman ont droit à leurs limbes, même boueuses, même, surtout, inavouables.  Les personnages méritent leur zone d’ombre, celle des vides.  Car c’est dans l’interligne qu’ils existent vraiment.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge chat qui louche maykan alain gagnonDéclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade(roman) aux Éditions Philippe Rey.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

14 mars 2015

Sur les auteurs

chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

 Il s’endort en pensant à ce qu’il va écrire.  La vie d’un auteur peut se résumer ainsi : penser à ce qu’il va coucher sur la page, y repenser, savoir ce qu’il effacera, gardera, améliorera – la première action sera la plus fréquente, l’effacement comme pure création.  La vie, la vraie, la solide, la réelle, ne se tient qu’en marge de cela, sorte de palimpseste discret quoique nécessaire.  L’auteur vit, parle, se lie aux autres, mais s’agitent toujours sur l’écran lumineux de cette pantomime agréable quelques ombres chinoises : les mots à venir, le personnage latent, la drôle de réalité à créer.  L’écriture a ceci de particulier que le gros de son acte créatif se fait hors de l’action propre.  On n’écrit jamais tant que lorsqu’on n’écrit pas.

Sous la douche, en marchant, en rêvant, on écrit.  Et la confrontation à la page blanche n’est qu’une formalité qu’on se contraint à accomplir, sinon tout reste dans la tête et on ne lit pas encore très clairement dans les cerveaux.

Il y a toujours des reliquats, des romans inachevés, des personnages orphelins, qui errent au cœur des dossiers sur l’ordinateur, qui vacillent entre les lignes et attendent désespérément qu’on vienne gracieusement continuer leur existence, les remplir de mots comme on remplit de plumes certains édredons douillets, ou de paille les animaux morts.

Ils attendent.  En silence.  Ils ne pleurent pas.  Ils sont seulement bloqués, à l’arrêt, leur action suspendue au fil du bon vouloir de l’auteur, ne lui en veulent même pas.  L’auteur y pense parfois.  En s’endormant, il les voit sur la page qui attend depuis des mois, qui dépassée dans la course à la vie par un autre roman en cours. Il y pense, se dit que, tout de même, ce mec mériterait bien de continuer son histoire.  Puis le sommeil se pose sur l’esprit, le couvre de toutes ces rêveries inconscientes, chamarrées, divertissantes.  Le lendemain, le personnage est oublié, on se consacre aux autres, ceux qui en toute subjectivité méritent qu’on les écrive.

Certains esprits à l’imagination fertile pensent que ces personnages délaissés s’adonnent à quelque fantaisie, entre les lignes, dans le blanc de la page, continuent l’action sans le démiurge et, si jamais il prend l’envie à l’auteur de les reprendre, de continuer ce roman là, les personnages rapidement reviennent en arrière, se figent de nouveau là où on les avait laissés.  Un, deux, trois soleils !

L’auteur, parfois, en retournant vers un de ces textes en suspens après une longue période d’absence ou d’abstinence, sera surpris, ne se souviendra plus d’avoir écrit ces dernières lignes.  Il se dira alors que sa mémoire lui joue des tours, relira depuis le début, se familiarisera de nouveau avec sa création et se persuadera que, oui, tout de même, c’est bien lui qui avait fait naître ces lignes.  L’oubli ne s’apparente pas à une inexistence des choses.

Il ne faudrait pas croire que les livres s’écrivent tout seuls, dans le silence lourd des machines éteintes.

Attablé dans un café.  Seule compagnie : la machine – ou le carnet.  Contexte ambiant : vague brouhaha de personnes qui parlent, boivent des cafés ou des jus, brouhaha feutré cependant, car ici on sait être discret, à moins que ce ne soit l’auteur qui, par la force ahurissante et dérisoire de son esprit, parvient à créer la fameuse bulle qui atténue les bruits – sorte de boule Quies géante délicatement introduite dans l’oreille du monde.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge chat qui louche maykan alain gagnonDéclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade(roman) aux Éditions Philippe Rey.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Un conte de Karine St-Gelais…

29 mars 2014

Le jardin perdu

kar

Il y a un récit, une histoire si ancienne que vous n’en avez surement jamais entendu parler.  Un récit qui s’est perdu au fil du temps.  Que seul l’artiste entend. Ce conte débute dans mon jardin, chez moi, là où le malheur aime frapper en secret.  Je ne suis pas là pour vous raconter mon infortune, mais plutôt pour vous peindre un tableau comme celui-ci.

Un long hiver froid se termine en même temps que mon dernier chef-d’œuvre.  Je peins depuis que je suis toute petite.  Je peins des portes.  Toutes sortes de portes.  De bois, de fer ou de pierre.  Des entrées ou des sorties sur le Paradis ou vers l’enfer ?  Cela m’importe peu.  L’important pour moi est de dessiner une belle issue qui me mène quelque part…

Un matin, mon salon s’éteint sous une ombre étrange.  J’ouvre les rideaux et je vois quelque chose qui flotte sur la neige.  Étonnamment, c’est une splendide porte !  Elle scintille d’un blanc franc et elle se laisse caresser par les flocons de neige incandescents.  Elle se fond au paysage comme si elle avait toujours été là, sans que je m’en doute.  Un portail vraisemblablement fait de bois, mais je n’en suis pas certaine.  Elle est lustrée comme le verre et bordée de moulures idylliques, sorties tout droit d’une époque que je ne connais pas, en fait, pas encore.

Ma première idée est de peindre un nouveau tableau pour la rendre telle que je la vois sous le soleil matinal.  Mais quelque chose me dit que cette ouverture mène plus loin que mon imagination.  Qu’elle ouvre sur quelque chose d’extraordinaire, j’en suis profondément convaincue.  Je prends mes moufles de laines ainsi que mon manteau.  J’oublie que je suis toujours en pantoufles et je pars découvrir cette mystérieuse frontière.  Contrairement aux autres, celle-ci me parait différente.  Le froid me rappelle que je ne rêve pas et l’arbre devant moi aussi lorsque je m’y cogne et m’y appuie.  Devant l’immanquable monument, je m’arrête.  Je pose mon oreille contre le bois, il est bizarrement tiède et je n’entends rien.  Je tourne finalement la poignée.  Soudain, je sens un courant électrique qui irradie le long de mon bras droit, je le secoue, il me fait mal.

scorpion_1077-01Alors, par le pas entrouvert, un petit scorpion noir sort.  Je suis terrifiée, je la referme aussitôt !  Je détale comme une gamine pour revenir à la maison.  L’insecte est maintenant devant ma porte, la queue retroussée, prêt à attaquer.  Mais qu’est-ce qu’il fait là ?  Il ne peut survivre dans le froid du Canada.  Je prends une boite vide et je sors la déposer sur la créature.  J’ai de la peine pour cette petite bête loin de chez elle.  Je réussis à l’enfermer à l’intérieur et je la ramène près du passage mystique.  Je tourne de nouveau son mignon pommeau et je lance la boite de l’autre côté, soulagée d’être débarrassée de cette chose horrible et heureuse d’avoir pu retourner ce scorpion chez lui.  Je soupire de soulagement, mais j’ai toujours envie de voir ce qui se cache derrière cette fameuse entrée !  Je mets de nouveau ma main sur la ferrure, mais cette fois-ci, j’ouvre rapidement, d’un coup sec.  Maintenant grande ouverte, une fine toile noire me bloque le passage.  Je la touche, elle réagit comme une pellicule plastique.  Cela ressemble à un vortex, une brèche dans l’espace-temps, comme dans un film de science-fiction.  Qu’est-ce que je fais ?  Je décide d’y aller malgré tout et je referme derrière moi.

Je suis de retour chez moi !  Qu’est-ce qui a changé ?  C’est impossible !  Je regarde par la fenêtre, mon quartier semble le même, mais plus beau, plus calme et beaucoup plus serein.  Pourtant, mon chat me lance le même miaulement interrogateur qu’hier matin.  Il a quelque chose de différent ?  Quelque chose s’opère en moi, dans mon cœur !  C’est inhabituel, je souris et je regarde de nouveau dehors.  La porte est toujours là, survolant tout doucement mon jardin au gré du vent.  Je ne comprends rien !  Je sors de nouveau et je tourne une nouvelle fois la poignée de la majestueuse fente avec hâte.  Je vois enfin de l’autre côté, c’est un petit village cajolé par les fleurs printanières, c’est très charmant !  Je referme derrière moi, sans savoir si je vais revenir, tout en jetant la dernière couleur sur cette enjôleuse toile.

Un blanc brillant et bleuté imbibe mon pinceau de nouveau.  Je fignole les flocons de soie et ensuite les rayons dorés, délicatement, comme si j’y étalais de l’or.  Je parfais le petit diablotin noir dans l’entrebâillement de cette entrée peu ordinaire.  Je termine avec joie ce seuil magique qui ouvre enfin sur quelque chose !  Ce fût le plus beau de mes tableaux, mélangeant la peur et la joie, mais ce sera malheureusement le dernier.  Car j’ai enfin trouvé ce que je cherchais, car je me peins maintenant du bonheur !

D’une peintre inconnue

Notice biographique :

Karine St-Gelais est une écrivante qui promet.  Nous avons aimé ce conte plein de fraîcheur et de naïveté enfantines 1506399_10203419753083628_573015309_nqu’elle nous offre.  Laissons-la se présenter.  « Je suis née à Laterrière, dans la magnifique ville de Saguenay. Depuis près de huit ans une Arvidienne, j’aime insérer dans mes histoires des frasques de l’enfance et des coups d’œil sur ma région.  Je suis mariée depuis dix ans. J’ai trois beaux enfants, un  affectueux Bouvier Bernois et un frère cadet de 21 ans. Je suis née le 3 septembre 1978 sous le signe astrologique de la Vierge. J’adore l’automne et sa majestueuse toile colorée. J’aime la poésie, les superbes voix chaleureuses et les gens qui ne jugent pas à première vue. Née d’une mère incroyablement aimante et d’un père absent, je crois que la volonté et l’amour viennent à bout de tout.  Au plaisir de vous rencontrer sur mon blog:http://www.facebook.com/l/3b24foRTZrfjfcszH7mnRiqWa9w/elphey »

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Billet de Québec, par Jean-Marc Ouellet…

14 novembre 2013

L’escale

Et le Maître dit :

« On la nommait Terre.  Une Terre belle, florissante de vie, d’amour de la vie.  Partout, forêts, océans, le ciel même, grouillaient d’êtres singuliers, uniques en leur genre.  Poissons, arbres, fleurs, insectes, oiseaux, mammifères, tous, se partageaient les ressources, vivaient en harmonie, selon les lois de Physès, notre dieu.  Ce temps dura des millions de spectres.  Les époques se succédèrent.  Celle de l’homminos vint.  Au commencement, il chérissait les forêts, les océans, le ciel.  Il communiait aux ressources, contribuait à l’équilibre.  Comme nous, vénéra-t-il Physès ?  À ce sujet, les Grands Textes sont énigmatiques.  Certains homminos furent inspirés par la grandeur de la nature, déifièrent le vent, le tonnerre, la mer.  L’amour eut son dieu.  De manière absurde, la colère et la guerre aussi.  Hélas !  D’autres homminos n’adorèrent qu’un dieu, qu’ils nommèrent Yahvé, Allah, Bouddha, Krishna, et bien d’autres.  Plusieurs appellations, un même Dieu.  De bonté, de sérénité, de richesse, d’amour.  À l’instar de Physès.

« Pourvu par ce dernier d’avantages manifestes, l’homminos était voué à un avenir fécond.  Mais quelque chose se produisit.  Belliqueux, narcissique et ingrat, l’homminos devint.  Il méprisa ce qui l’entourait, son prochain compris.  Il dilapida les richesses de Physès, tua poissons, insectes, oiseaux, mammifères.  Pour leurs cornes, les colosses rhinocéros furent massacrés.* Les guerres emportèrent les majestueux lions.  ** L’industrie sauvage cracha des gaz toxiques dans l’atmosphère, qui se réchauffa, et se réchauffa encore, tuant les plantes, les arbres, condamnant les mammifères, tel l’adorable Koala.*** Des forêts entières, poumons de leur monde, furent arrachées à la terre.  Les mers recueillirent les déchets de la négligente créature.  Au nom de Dieu, l’homminos décima les semblables qui vénéraient un autre nom de Dieu.  Puis, niant Physès en lui, il le supprima de son existence, avant de s’autodétruire, rien ne le raccordant plus au Mystère.

« Physès les observait.  Affligé du sort de la créature, dans sa bienveillance, il envoya des signes.  Tremblements de terre, tempêtes de vents et d’eau, déversements toxiques s’enchaînèrent.  Des prophètes se levèrent, mirent en garde, prédirent le Malheur prochain.  L’homminos aurait dû comprendre, mais obtu et aveugle, accablé par le culte du que pour moi, il fit mine de ne rien voir, de ne rien entendre.

« Quand par sa faute, le Grand Bouleversement vint, l’homminos n’y put rien.  Anéanti, il légua artéfacts et désolation.  Une planète morte.

« Bientôt, la porte s’ouvrira, la Terre se dévoilera à vous.  Vous foulerez la poussière de l’ignominie.  Observez les ruines dans le désert.  Tâtez l’aridité du sable et de l’air.  Humez la pestilence du mépris de la vie.  Quand la nausée vous prendra, contemplez les étoiles du ciel, cherchez la plus brillante, Alpha Ursae Minoris, votre soleil.  À ses côtés, imaginez Ouganos, notre planète bien-aimée.  Songez à sa beauté, à sa douceur d’y vivre, à votre fortune d’être ses enfants.  Jadis, la Terre lui ressemblait.  Penchez-vous ensuite, attrapez une pierre dans la poussière, conservez-la.  À notre retour sur Ouganos, quand le doute vous accablera, récupérez cette relique, fruit de la stupidité.  L’absurde vous révèlera la Voie.

« Enfin, l’heure est venue.  La porte s’ouvre.  Ne craignez rien.  Sans contraintes, explorez la désolation.  Le néant en ce lieu ne peut rien contre vous. »

*http://www.lapresse.ca/environnement/especes-en-danger/201310/22/01-4702570-afrique-du-sud-les-derniers-rhinoceros-en-peril.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4703673_article_POS1

**http://www.lapresse.ca/environnement/especes-en-danger/201310/25/01-4703673-ouganda-les-lions-sont-menaces-de-disparition.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_environnement_263_accueil_POS2

***http://www.lapresse.ca/environnement/especes-en-danger/201310/03/01-4696038-rechauffement-le-koala-australien-pourrait-disparaitre.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4703673_article_POS5

© Jean-Marc Ouellet 2013

Notice biographique

Jean-Marc Ouellet grandit dans le Bas-du-Fleuve. Médecin-anesthésiologiste depuis 25 ans, il pratique à Québec. Féru de sciences et de littérature, de janvier 2011 à décembre 2012, il a tenu une chronique bimensuelle dans le magazine littéraire électronique Le Chat Qui Louche. En avril 2011, il publie son premier roman,  L’homme des jours oubliés, aux Éditions de la Grenouillère, puis un article, Les guerriers, dans le numéro 134 de la revue MoebiusChroniques d’un seigneur silencieux, son second roman, paraît en décembre 2012 aux Éditions du Chat Qui Louche.  En août 2013, il reprend sa chronique bimensuelle au magazine Le Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


Billet de Maestitia, par Myriam Ould-Hamouda…

26 février 2013

Passion clandestine

« Elle s’appelait Ève.  Elle était entrée dans ma vie à pas de loup.  M’avait souri, l’air de rien.  Avant de se draper d’un tout.  Elle m’avait rendu la vie.  Avant de me la reprendre en un cri.

Elle s’appelait Ève, cette petite rousse à la vingtaine à peine entamée.  Elle s’appelait Ève, et m’a appris la vie, à moi et mes quarante printemps.  Je l’avais croisée une nuit d’automne.  Une de ces nuits sans merveilles.  Lors desquelles l’air manque soudain.  Et les murs se drapent de rouge.  Rouge sang.  Une de ces nuits en éveil, comme on les appelait.  Ces nuits où la vie s’apparente à un éternel rêve entrecoupé de ces nuits-là, quand un éclair de lucidité nous en sort malencontreusement.  Nous laissant un temps sur le bas-côté.  Nauséeux et bancals.  Bref, j’avais arpenté les rues de la ville.  Pour me shooter à la vie.  Un orage éclatait, bercé par le chagrin du vent.  Le visage tendu vers les cieux, une pluie acide cognait contre mes joues.  J’étais resté là un moment, impassible face à ce monde en colère.  En ce corps sans vie.  Plus rien ne m’importait.  Vous savez, il n’est pas de douleur plus vive que de se voir ainsi, enterré vivant.  C’est ce que j’étais, à cet instant-là.  L’ombre de moi-même.  Le fantôme de ma propre vie.  Mais l’instant d’après, elle était enfin là.  Elle, Ève.

— Vous allez attraper la crève !

— …

— Allez, si vous voulez, je vous loue un bout de mon parapluie !

— Me louer un bout de parapluie ?  Eh bien, vous n’y allez pas de main morte.  Je sais que les prix de l’immobilier ont flambé, mais quand même.  En plus, j’imagine que ce n’est même pas chauffé !

— Détrompez-vous !  C’est chauffé.  C’est une chaleur qui vient du cœur, mais je crois que ça vaut tous les chauffages du monde.  Vous ne croyez pas ?

À cet instant-là, j’avais tourné la tête pour découvrir la bouche qui avait tu trop vite cette voix captivante.  Et soudain, la foudre me tomba dessus.  Et je crois que je savais déjà.  Oui, je savais déjà que je ne me relèverais plus jamais de ce coup-là.  Que cet orage n’était rien à côté de la bourrasque qu’allait provoquer cette petite rousse dans ma vie.  Cette petite rousse qui me tendait son parapluie rouge à pois blancs, et sa vie du coin des lèvres.  En une fraction de seconde, le monde entier s’était éteint.  Il n’y avait plus qu’elle.  Et ma main qui avait effleuré son bras.  Et mes lèvres qui s’étaient posées sur les siennes.  Et nos corps nus qui se liaient.  Sous la pluie.

Entre nous, ça n’a jamais été que passionnel, vous comprenez.  Sauvage.  Cruel.  Elle avait été mon amante.  Ma muse.  Mon ardeur en éclats.  Peut-être n’avons-nous jamais été un couple d’ailleurs.  Je crois que, tous deux, nous avions beaucoup trop peur de voir le temps se glisser sournoisement entre nous, faisant de notre terrain de jeu un bac à sable mouvant.  Nous avions besoin de ce premier orage.  De folie.  De tempêtes.  De guerres et de miettes.  Mille fois la porte claqua.  Mais nous étions toujours là, de chaque côté de cette porte fissurée.  Mille fois elle m’ôta le palpitant.  Mille fois je décousis le sourire de son joli minois.  Mais malgré tout, je n’ai jamais été aussi complice avec quelqu’un d’autre qu’avec ce bout de femme-là.  Et lorsqu’on se retrouvait enfin, c’était toujours ce même feu d’artifice.  Mots et vêtements valsaient en tous sens.  L’aiguille du cadran marquait le tempo d’un tango naissant.  Une vague brûlante emportait tout sur son passage.  Rendant au caveau nos cris, nos larmes, nos délits et nos armes.  Et de tous nos pores suintait une grisante passion.  Qui nous emportait inlassablement.

Et puis, cette nuit-là, elle était sortie.  Sous son parapluie rouge à pois blancs, sous un ciel d’orage.  Et moi.  Moi, je l’avais suivie.  Elle qui s’était soudain dévêtue de toutes nos folies, emportant malgré elle tout un pan de ma vie.  Je l’ai suivie discrètement, fébrile et transi.  Et là, j’ai vu.  Vu cette scène que je revois infatigablement depuis.  Elle était là, sur le trottoir.  Derrière ce type, le visage tendu vers les cieux.  Ce fantôme de la vie.  Je l’ai vue, elle.  Lui tendre son parapluie.  Je l’ai vu, lui.  Effleurer son bras.  Poser ses lèvres sur les siennes.  Je les ai vus, leurs deux corps qui s’entrechoquaient sous cette pluie battante.  Alors, j’ai sorti ma dernière arme, rescapée de nos tempêtes infinies.  Et j’ai foncé.  Sur elle.  Sur eux.  Et en un cri, je me suis effondré sur le pavé mouillé.  Après, c’est le trou noir.

S’il vous plaît, croyez-moi, vous.  Je sais ce que les autres ont dû vous dire.  Que je suis fou !  C’est ce qu’ils m’ont dit à moi, ces autres.  On est liés, elle et moi, vous comprenez ?  C’était si beau, si fort.  Certes, beaucoup trop intense pour être réel, mais ça l’était, je vous le jure.  Je ne suis pas fou !  S’il vous plaît, laissez-moi voir ma belle Ève.  J’en ai envie.  J’en ai besoin.  Je sais qu’elle m’aime encore, comme moi je n’ai jamais cessé de l’aimer.  Je lui ai pardonné, vous savez.  Je ne suis pas fou !  Je ne veux rien d’autre que la serrer dans mes bras et la sentir, là, dans ma vie.  C’est ici que je vais le devenir, fou.  Ici où elle n’est pas.  Ici où la vie manque de tout. »

[…]

— Arrête de repasser cette vidéo en boucle, tu te fais du mal !

— Pardon.  Mais il m’intrigue ce type.  Plus je l’écoute et plus je me dis qu’il a raison…  Il n’est pas fou.

— Pas fou ?  Mais c’est pire que ça, il n’a jamais dû mettre un pied dans la réalité ce type-là !

— Je ne sais pas.  Tu as vu ses yeux quand il parle ?  Il est transporté.  Et si cette histoire avait bel et bien existé ?  Et s’il avait été le seul à pouvoir la distinguer ?  Lui seul ?

— C’est toi qui vas devenir folle avec tes hypothèses farfelues, Ève.  Ce que je vois, moi qui vis dans la réalité de Monsieur Tout-le-Monde, c’est que ce fou furieux a failli commettre l’irréparable !

— Tu ne comprends pas.  Personne n’a jamais parlé de moi comme ça.  Avec ce regard-là.  Et rien de ce que j’ai pu vivre n’a jamais été aussi fort que cette histoire-là.  Alors, réelle ou pas, tu vois, je me demande si je n’aurais pas pu tenter d’y pénétrer moi aussi dans cette histoire, avec lui…  Pour le sauver.  Pour me sauver.  Pour nous sauver.

Notice biographique

Myriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.

C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonorités, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.

Récemment, elle a créé un blogue Un peu d’on mais sans œufs, où elle dévoile sa vision du monde à travers ses mots – oscillant entre prose et poésie – et quelques croquis,  au ton humoristique, dans lesquels elle met en scène des tranches de vie : http://blogmaestitia.xawaxx.org/

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Ainsi parle l'Éternel

L'écriture de la Sainte Bible se continue -- publiée par Guylaine Roy (GROY)

La bibliothèque de Sev

Chroniques livresques et élucubrations littéraires

sillage

la trace fluide du chemin parcouru

Canada | iLOLGO.CO

Quebec | infographiste | Webmaster Site Web

Ninannet's Blog

Just another WordPress.com site

Moonath - l'Univers des mots

une plume troubadour et lunaire qui chante la vie, l’âme, l’amour et l’infini…

Poesie visuelle/Visual Poetry

Un blog experimental voue a la poesie du quotidien sous toutes ses formes/An experimental blog devoted to poetry in all its forms

Stéphane Berthomet - Articles, notes et analyses

Analyste en affaires policières, terrorisme et de sécurité intérieure.

A l'horizon des mots

Notes d'une bookworm débutante

Alchimaer Art

Alchimaer Art,collectif artistique et humaniste, un sujet d’étude les symboles des parcours initiatiques dans l’art. Contemporain, alchimique, textile, peinture, street art, contes vidéo, design … Si l’interprétation des symboles est immortelle et universelle, leurs représentations n’ont pas de limite!

LE CHAT QUI LOUCHE 2

Arts et littératures de la Francophonie...

maykan.wordpress.com/

Arts et littératures de la Francophonie...

Vous êtes ici... et là-bas

André Carpentier & Hélène Masson

Sophie-Luce Morin

Auteure, conférencière, idéatrice

Vivre

« Écoute le monde entier appelé à l’intérieur de nous. » Valère Novarina

%d blogueurs aiment ce contenu :