Civilisation québécoise et Grand pic… par Alain Gagnon

11 juin 2017

Civilisation québécoise…

 

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Le Québec et sa civilisation. — Une civilisation naît et se développe à partir des valeurs que sa population privilégie. Que reflète la nôtre ?
Le Québec des années 60 vivait d’énergie et d’espérance collectives. L’optimisme régnait. Que reflète le Québec d’aujourd’hui ?
Des valeurs de pessimisme et de triomphe du non-vivre. Culte de l’égalité et dédain de l’excellence, qui empoisonnent surtout notre système d’éducation ; avortement à demande et dénatalité ; haut taux de suicide ; aide médicale à mourir — appliquée actuellement avec circonspection, mais dont je crains la dérive pour raisons économiques pressantes.
Et encore, à propos de notre système d’éducation : cette mise au rancart des matières apportant culture, réflexion, esprit critique et recherche en soi et dans les autres, qui ont vécu, écrit, pensé avant nous, de ces valeurs spirituelles qui nourrissent les individus et les peuples. Et cette quête que l’on inflige aux adolescents — qui ont soif d’idéal — de la job payante, qui permettra auto, voyages et gadgets, s’ils deviennent les esclaves dociles et techniquement instruits, donc très utiles, d’une économie dévoyée.
Notre génération (babyboomers) est coupable d’omission grave, de n’avoir pas su transmettre ces valeurs spirituelles dont nous avions hérité, galvaudées certes par les Églises, par une élite qui en profitait et par les clercs, mais qui méritaient mieux qu’être jetées avec l’eau du bain, parce qu’essentielles.

Le climat de la Terre se dérègle… — Titre d’une page informative ou propagandiste (?) dans un quotidien. Des images polychromes et efficaces nous donnent des exemples de ce dérèglement : glaciers qui fondent, eaux des océans qui montent, etc. Le climat de notre planète ne se dérègle pas ; il se modifie, comme il le fait depuis la formation de la Terre. Au début, il n’y avait qu’un seul continent qui s’est disloqué, pour donner ceux que nous connaissons ; puis des dinosaures et des palmiers ont vécu où on trouve aujourd’hui de la neige et de la taïga, et on pourrait continuer ainsi longtemps. Tout change. Bouddha l’a dit ; la géophysique également.
Non, le climat ne se dérègle pas : il continue son petit bonhomme de chemin, et se fout royalement des villes, routes ou autres artefacts humains qui s’en trouvent menacés. Les cycles solaires y joueraient un rôle, et des lois géophysiques qui nous échappent — à moi, en tout cas.
Certains, par vanité anthropomorphique ou parce qu’ils adorent manipuler leurs semblables en les culpabilisant, aiment nous faire croire que l’industrie humaine serait responsable de ces changements apparemment indésirables.
Est-ce à dire qu’il faudrait renoncer à toutes mesures visant à protéger l’environnement ? Certes pas. Il nous faut, entre autres, protéger nos eaux. Mais il est prioritaire de garder deux choses en tête :
1. Notre énergie devrait aller en priorité à des mesures défensives, genre : recul des constructions humaines et planification pour éviter de se retrouver à moyen terme en zones inondables ; recyclage et production de biens durables ; remplacer l’énergie tirée des carburants fossiles par le solaire, etc.
2. Toutefois, faire tout cela, en étant bien conscients que ces modifications de nos mentalités et façons de faire faciliteront l’adaptation de l’humanité aux changements planétaires, qui sont constants, mais ne créeront jamais un état statique du cosmos.

Le Grand pic. — Un Grand pic vient de se jouer de moi.
alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecUn Pic mineur était accroché à notre gâteau de suif, dans la cour arrière. Lucie le trouvait adorable. Elle me demanda s’il y avait d’autres pics aux alentours. J’ai ouvert l’ordi portable sur la huche et lui ai montré des photos du Pic Mineur, du Pic doré, du Pic à dos noir… Et, enfin, du Grand pic, qu’elle trouva magnifique. J’insistai : « Tu ne risques pas de le voir dans le coin, il fréquente peu les milieux urbains, demeure dans les régions plus sauvages. » Puis je me dirigeai vers le comptoir pour ma vodka de 18 h. Un mètre à peine.
En jetant un coup d’œil par la fenêtre : stupéfaction : un Grand pic était accroché au gâteau de suif et s’empiffrait. Plusieurs minutes, nous avons pu jouir des cet oiseau à huppe flamboyante… Nous n’en avions jamais vu et vivons à cette adresse depuis neuf ans. Ni à aucun autre endroit où nous avons demeuré, d’ailleurs.
Une coïncidence ? Sans doute. Mais forte, tout de même !

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiaJit un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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Lieux d’appartenance et Aurobindo, par Alain Gagnon…

7 janvier 2017

Actuelles et inactuelles

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Lieux et appartenance — C’est étrange, ce sentiment d’être « chez soi », d’y avoir toujours habité, d’y ressentir une aisance que l’on ne ressent nulle part ailleurs. Le secteur Rivière-du-Loup–Notre-Dame-du-Portage provoque en moi cette émotion teintée de nostalgie.

Il est des lieux que je trouve d’une égale beauté, mais cette familiarité, cette intimité, en est absente. Pourtant je n’y connais à peu près personne. Ce qui n’empêche qu’en balade, au centre du village ou sur le quai, on me salue, on semble me reconnaître, on m’adresse la parole : « Vous êtes revenu… » Je n’ai jamais demandé le nom d’aucun ; et ils ignorent probablement le mien.
Bizarres chimies des paysages et d’une psychologie. Au début, je croyais aimer le Fleuve. C’est un fait, mais il est magnifique aussi ailleurs. Certains lieux soudent des liens avec ce qui en nous est le plus exigeant, le plus en soif de la beauté sous-jacente du monde.

Aurobindo et l’Histoire — Une citation à lire, relire et ruminer. « Il est très rare que l’histoire enregistre ce qui a été décisif, mais qui a eu lieu derrière le voile ; elle enregistre le spectacle qui se déroule devant le rideau. » Au-delà de l’Espèce Humaine, La Vie et l’Œuvre de Sri Aurobindo et de la Mère, de Georges Van Vrekhemé.

Nous ne retrouverions donc, chez les historiens de l’Histoire officielle, que les reflets, les jeux d’ombres de ce que les forces occultes trament en coulisses, dans l’ignorance de tous.

En parallèle, une citation de l’homme d’État anglais Benjamin Disraeli : « Le monde est alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec gouverné par de tout autres personnages que ne se l’imaginent ceux dont l’œil ne plonge pas dans les coulisses. »

Et dans le même livre sur Aurobindo, cette citation tirée d’un bas-relief d’un temple babylonien : L’homme actuel n’est que l’ombre de l’Homme ; l’Homme n’est que l’ombre de Dieu.

De quoi réfléchir jusqu’à la fin des temps – du moins, jusqu’à la fin de son temps…

L’auteur

Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livrealain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont KassauanChronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

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Dorés, brochets et Jakob Böhme, par Alain Gagnon…

9 octobre 2016

Actuelles et inactuelles

Dorés et brochets. — Ces deux poissons d’eau douce se nourrissent de façon alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québectrès dissemblable. Les dorés sont des chasseurs infatigables, des poursuivants féroces. Aux heures d’alimentation, en bande, ils traquent dans relâche leurs proies : menés, perchaudes… Le brochet est un embusqué, un opportuniste. Dissimulé derrière une souche ou les hautes herbes, il attend ce que le courant entraînera à portée de gueule, pour s’en saisir et s’en nourrir avec le minimum d’efforts.
On retrouve les mêmes attitudes chez les humains. Entre autres, chez les joueurs d’échecs. Les dorés symbolisent ceux qui privilégient les combinaisons savantes, les tactiques ardemment élaborées, analysées. Ils suent. Quant aux brochets, ils jouent la position, la stratégie, se contentant de placer leurs pièces où elles auront le plus d’impact, ils attendent patiemment que l’adversaire fasse une erreur et offre une occasion de gain.
Et chez les écrivains : les écrivains-dorés choisissent leur sujet avec soin, se document, font un plan, polissent et repolissent le style… Alors que les écrivains-brochets attendent que la vie et l’inspiration déclenchent soudain en eux une pulsion irrésistible d’où jaillira un ouvrage de fiction.
Observez bien dans votre quotidien, autour et, sans mal, vous distinguerez, non pas des Pokémons, mais des dorés et des brochets dans tous les métiers, toutes les professions.

Lecture d’un essai sur Jakob  Böhme.* — J’ai toujours admiré ce cordonnier alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecphilosophe ou théosophe – plus poète et mystique que raisonneur.
Pas facile de parler de Dieu, de se l’expliquer et d’être compris. Mes propres insuffisances ou celles de Bœhme ? Ou de l’essayiste ? Et si la réponse était plus simple. Si comme espèce nous ne possédions pas (ou peu) l’équipement mental nécessaire à la métaphysique ? Cela expliquerait la multitude des écoles aux cheminements orbiculaires, qui entretiennent un dialogue de sourds (parfois bruyant) depuis les présocratiques.
Il nous est impossible d’expliquer Dieu, de le circonscrire dans des concepts abstrus. Nous pouvons l’appréhender, admirer son œuvre à travers ses signatures que nous offre nature, tenter de collaborer à ce que nous croyons être les objectifs de l’Esprit en travail dans le temps et l’espace… Mais nous avançons dans un brouillard dense, qui se lèvera peut-être dans le prochain état d’être.
(* Émile Boutroux, Le philosophe allemand, Jakob  Böhme.)

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Rate fiscale et Ezra Pound, par Alain Gagnon…

18 septembre 2016

Actuelles et inactuelles

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecLa rate fiscale — L’empereur romain Julien comparait le fisc à la rate, qui se gonfle de l’épuisement des autres membres. (Aurelius Victor, Des Césars) Je suis très en faveur d’aider ceux qui sont dans le besoin et de payer pour ceux qui ont moins de ressources que moi (pour un écrivain, il n’y en a pas tellement…). Par contre, j’ai de nombreux griefs relativement à ces mesures « mur à mur » qui, sous prétexte d’ingénierie sociale, imposent à tous – et à quels coûts ! – des programmes qui font enfler la rate du corps social, l’affaiblissant et réduisant l’autonomie, l’esprit d’entreprise et la créativité de la majorité, qu’on habitue ainsi à la sujétion – on se tourne sans cesse, pour tout projet communautaire ou privé, vers l’État qui, grâce à une fiscalité paralysante, s’est fait dispensateur universel.
Tout un ménage à faire du côté de la Santé, de l’Éducation et des Affaires sociales.

Ezra Pound — À la fin de sa vie, l’immense poète et mystique ne parle presque

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Photo : Alvin Langdon Coburn

plus, il écrira tout de même :

Le Paradis, voilà pourquoi j’ai tenté d’écrire
Ne bougez pas.
Laissez parler le vent
Le paradis est là.
Que les dieux pardonnent ce que j’ai fait.
Que ceux que j’aime tentent de pardonner ce que j’ai fait.

Et il ajoute :
— Il est difficile d’écrire un paradis, quand tout semble vous pousser à écrire une apocalypse. (Ils se croyaient illustres et immortels, Michel Ragon.)
Il mourra à Venise en novembre 1972, dans cette ville qui pour lui signifiait civilisation, culture et spiritualité.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).


Réverbère, SRC, Lac-Saint-Jean et Queneau, par Alain Gagnon…

9 novembre 2015

Actuelles et inactuelles…

Petite histoire — Dans un quartier urbain, un homme se promène dans la nuit.

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Tiré du blog Les Pas Sages

Sous un réverbère, penché vers le trottoir, un autre homme semble chercher quelque chose.
Le promeneur s’arrête et demande :
— Vous avez perdu quelque chose ?
— Mon porte-monnaie.
— Je peux vous aider ?
— Non, ça va, tout est clair ici, sous cette lumière. Je ne trouve rien. Mais je crois bien avoir perdu mon porte-monnaie un peu avant ou un peu après être passé sous ce réverbère.
— Pourquoi chercher ici, alors ?
— Parce qu’ailleurs c’est l’obscurité.
Cette histoire entendue ou lue il y a longtemps m’est revenue à l’esprit à la suite d’une conversation téléphonique.
Nous préférons piétiner dans notre zone de confort à chercher où les probabilités de trouver l’objet de la quête seraient plus assurées.

*

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecRadio Canada — J’apprécie généralement le travail de notre radio d’État. En bonne partie, elle a transformé et rescapé notre langue. J’aime aussi la rigueur de ses enquêtes journalistiques.
Cependant, on a les défauts de ses qualités. Notre SRC, surtout à la radio, souffre parfois d’un snobisme délirant, qu’accentue un montréalisme acharné.
Entendu cette semaine : un chroniqueur invité chez Catherine Perrin ridiculisait les nouveaux modes de décoration inspirés du zen, qui font des ravages, selon lui. Et il déclarait en substance : l’appartement d’une certaine dame, qui en a été victime, ne plaira certainement qu’à la visite du Lac-Saint-Jean… Forts ricanements dans le studio.
À quel point faut-il se mépriser soi-même pour en arriver à un tel mépris des autres, qu’on évalue selon leur provenance géographique ?

*

J’éprouve mes propres problèmes avec les éditeurs et, comme écrivain et comme éditeur, je reçois beaucoup dechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec questions d’écrivants qui souhaitent publier. Souvent, j’aurais envie de leur citer et de me répéter, à moi-même, ces paroles : Je garde encore en tête le jugement de Charles Nodier : « La plupart des fous conservent assez de raison pour ne pas écrire » et la correction de Raymond Queneau : mais certains maintiennent « assez d’adaptation sociale pour faire imprimer et éditer un livre » .*

  • Arthur Landry, Mystères vrais

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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La vie est dangereuse avec de débiles capitaines, par Alain Gagnon…

16 octobre 2015

Actuelles et inactuelles

La vie est dangereuse.

On parle d’interdire la cigarette dans les parcs.  J’en suis convaincu, on donnera de bonnes raisons pour cettechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec mesure, comme pour toutes les autres qui nous infantilisent, nous déresponsabilisent.

Ça coûte cher, dans leur vieil âge, les fumeurs, en soins de toutes sortes.  Ceux qui, chaque jour, s’empiffrent de gras trans dans les fast-foods aussi.  Tout comme ceux qui pratiquent des sports à risques, comme le hockey, l’alpinisme…  Il faut parfois traiter leurs blessures, aller les secourir à grands frais.  « Légiférons ! Défendons ! » s’écrieront les amoureux du totalitarisme soft, du gouvernemaman.  Pendant ce temps, nos droits individuels se rétrécissent.  Nous devenons de plus en plus des gouvernés et de moins en moins des citoyens libres.

Société de no fault !

La vie est dangereuse.  Refuser cette réalité, c’est en refuser la saveur.

*

La fréquentation de l’histoire et des actualités médiatiques m’a appris plusieurs choses, dont l’une :  on nous crée des amis ou des ennemis selon l’intérêt des puissants du moment.  Observez la presse, électronique ou papier.  Les masques des chefs d’État étrangers s’y modifient selon les intérêts de notre politique étrangère ou celle de nos puissants alliés.  Pensez à Kadhafi, à Saddam Hussein, aux dirigeants iraniens, au président Bachar El-Assad de Syrie…  Les reflets qu’on nous a donnés (et donne) de ces hommes de pouvoir dépendent de leur utilité ou du rôle qu’on veut leur faire jouer sur l’échiquier où s’affrontent les ambitions des groupes plus ou moins occultes qui nous gouvernent.

*

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecNotre système d’éducation n’a plus de gouvernail.  Les débiles capitaines qui y défilent comme ministres de l’Éducation n’y jouent pas grand rôle.  C’est notre civilisation qui se déboussole.

On a remplacé le principe qui conférait une valeur intrinsèque à la connaissance par des objectifs à court terme, d’un utilitarisme réducteur et accrocheur :  « Ton premier job ; ton premier char ; tes vêtements griffés… »  Et la gymnastique intellectuelle qu’imposent à l’esprit les matières ardues, mais garantes d’une pensée libre et bien huilée ?  « De quoi vous parlez, vous, là ? »

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Poésie, lois et Socrate…, par Alain Gagnon…

1 septembre 2015

Actuelles et inactuelles…
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La poésie affirme, montre ; elle ne démontre pas, ni ne prêche.  Elle ne s’explique pas – ne se justifie pas.  D’autres formes existent pour ces discours nécessaires.

Les poètes chantent, et c’est leur force.

*

L’authenticité – qui est respect de soi – exige force et volonté.  Ces vertus s’apprennent beaucoup par l’admiration.  La littérature d’Homère offrait, entre autres, Ulysse comme modèle.  À quels modèles ont droit les jeunes du Québec ?

*

L’art comporte son côté yin et son côté yang.  Une partie surtout passive – qui reçoit le travail d’un autre ; et une partie active – qui l’a créé.

Le spectateur accueille la dramaturgie ou la fiction écrite tout en la réinterprétant.  Celui qui a choisi la forme est le créateur.  Il a choisi celle qu’il croyait convenir à son propos ou à son talent.  Les spectateurs, lecteurs, auditeurs choisissent aussi leurs formes.  En préférant un mode d’expression à un autre, un auteur à un autre, le roman à la nouvelle, etc.

Chacun trouve la forme qui lui sied.  Pour créer ou recevoir.

*

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecRelecture de l’ouvrage de Diogène Laërce sur la vie de philosophes antiques.  Il rapporte cette parole de Solon, législateur d’Athènes et l’un des Sept Sages :  « Les lois ressemblent à des toiles d’araignées :  si un insecte faible y tombe, il est enveloppé ; un plus fort les brise et s’échappe. »

Peut-on trouver plus actuel ?  Les techniques se démodent, mais les jugements sur les comportements humains et les faits sociaux modifient leur vocabulaire, mais ne se démodent pas.

Toujours chez Diogène, cette citation d’un philosophe sur le langage :        « Myson disait que ce n’est pas dans les mots qu’il faut chercher l’intelligence des choses, mais dans les choses celle des mots, parce que les mots sont subordonnés aux choses, et non les choses, aux mots. »

Et cette autre citation sur Socrate, qui engendre des réflexions pour une vie sur l’art :  « Socrate s’étonnait de ce que les statuaires fissent tous leurs efforts pour façonner la pierre à l’image de la nature, et se donnassent si peu de peine pour ne pas ressembler eux-mêmes à la pierre. »

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québecdu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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