Le prédateur, un texte de Jean-Marc Ouellet…

28 août 2016

Le prédateuralain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Troublé, je frappe à la porte. Pas de réponse. Avec précaution, j’ouvre. Il est là, vieux, les cheveux blancs en broussailles, assis par terre, le dos droit, les jambes croisées, en position du lotus. Il médite.
La pièce est modeste. Une bibliothèque couvre un mur. Près d’un fauteuil, sur le sol, des livres. Plusieurs sont ouverts. Une fenêtre éclaire l’espace d’une lumière feutrée. À quelques mètres devant le vieillard, une table, des chandelles allumées, un cadre représentant le Grand Maître. Le silence est parfait.
J’entre. Le vieil homme ne bouge pas. Pas même un cil. Je m’installe à ses côtés, prends la position, ferme les yeux.
Je peine à évacuer mes tensions intérieures, à trouver la paix.
― Une autre tuerie, Maître. Cent soixante morts. Des hommes, des femmes, des enfants.
―…
J’ouvre les yeux, regarde le vieillard. Il n’a pas réagi, mais il a entendu, je le sais.
― Pourquoi cette violence, Maître ? Pourquoi cette cruauté ? Il ferait si bon vivre ici-bas si l’on se tolérait, si l’on s’entraidait, si l’on s’aimait. Comment l’Absolu a-t-Il pu nous créer aussi hargneux envers nous-mêmes ?… Pourquoi, Maître ?
Je m’en veux, j’ai faibli. Tant d’impatience dans ma voix. Je suis indigne de l’enseignement reçu. Mon maître ouvre enfin les yeux, tourne la tête vers moi, plante un regard de compassion sur moi. Je ne peux soutenir ce regard. De honte, je baisse les yeux. Il se tourne vers le Grand Maître.
― Trois cents millions, prononce mon maître.
Je lève les yeux vers lui. Son corps n’a pas bougé, ses yeux fixent l’icône du Grand Maître. Il est calme, respire doucement, son esprit flotte quelque part.
― Trois cents millions ?
―…
― Je ne comprends pas, Maître.
―…
Je l’observe. J’attends.
« En effet… trois cents millions de vies. »
― Pardon, Maître. Je ne comprends vraiment pas.
Ma voix trahit mon désarroi.
― Oui. Trois cents millions de vies perdues. Et ça, que pour les dix guerres les plus meurtrières.*
― Que voulez-vous dire, Maître ?
― Trois cents millions de morts, disparus dans ces guerres, ce qui ne compte pas les autres conflits ayant affligé l’humanité, pas plus que les meurtres de toutes les secondes. Tu sais, des milliards d’enfants n’ont pu naître.
―…
Son regard reste dans le vide.
« Jean-Marc, tous les êtres vivants ont des prédateurs, continue-t-il enfin de sa voix douce. L’araignée tue la fourmi, la musaraigne tue l’araignée, le renard tue la musaraigne, le loup tue le renard. Les êtres vivants tuent pour survivre et pour contrôler les populations. C’est l’équilibre du monde vivant. Sans prédateurs, une espèce pullule aux dépens des autres. »
Mon maître s’arrête un instant, puis se tourne vers moi.
« Jean-Marc, quel est l’unique prédateur de l’Homme ? »
Il me regarde. Son regard est intense. Je ne sais trop quoi répondre. Je cherche, cherche, je ne trouve aucun prédateur. Une idée me vient enfin.
― Les virus et les bactéries ?
Il sourit.
― Bien pensé. Tu as raison. Encore aujourd’hui, malgré la science, ces minuscules organismes tuent beaucoup d’humains. Mais le seul vrai prédateur de l’Homme est l’Homme lui-même. Pas pour se nourrir, mais bien pour la survie de l’humanité et de la planète.
Je suis choqué. Quelle troublante déclaration ! Mon maître voit sans doute mon agitation, car il précise sa pensée :
« Sans les guerres, sans les meurtres, sans les virus et les bactéries, au fil des générations, il y aurait peut-être plus d’une centaine de milliards d’humains sur terre. Tu imagines l’état de la planète ! »
― Mais, Maître… si l’Absolu nous a créés pour nous entretuer, alors… le meurtre et la guerre sont justifiés, souhaitables, même ?
― PAS DU TOUT ! s’exclame-t-il d’un ton presque amusé. Pas du tout, Jean-Marc ! La guerre fait partie de la nature de l’Homme. Mais pose-toi plutôt cette question : quelle est sa vraie nature ?
― Euh… L’Homme est un animal… avec une raison, ou une âme, selon ce que l’on croit.
alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec― Tu as raison, appuie mon maître. Pour maintenir l’équilibre de sa Création, l’Absolu a créé l’animal appelé Homme avec des besoins physiques et l’instinct de la bête. Mais il l’a aussi pourvu de la raison, d’une âme, d’un peu de Lui, de cette capacité de Le toucher dans son for intérieur, de dissocier ce qui est bon pour lui de ce qui lui est mauvais. Il a permis à l’Homme de justifier ses actes, de choisir entre haïr et aimer, de réaliser que l’amour le rapproche d’une satisfaction profonde et intense, de sa vraie nature, de la transcendance.
Mon maître s’arrête un instant et se détourne de moi. Toujours immobile, il regarde devant lui.
« Ainsi, l’homme qui tue un homme est la bête, alors que l’homme qui aime vit l’Absolu. »
Il referme les yeux.

* http://www.ultimes.fr/homme/les-10-guerres-les-plus-meurtrieres-de-lhistoire-123/

© Jean-Marc Ouellet 2016

Notice biographique

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Médecin-anesthésiologiste depuis 25 ans, Jean-Marc Ouellet pratique à Québec. Féru de sciences et de littérature, il signe une chronique depuis janvier 2011 dans le magazine littéraire électronique « Le Chat Qui Louche ». En avril 2011, il publie son premier roman, L’homme des jours oubliés, aux Éditions de la Grenouillère, puis Chroniques d’un seigneur silencieux aux Éditions du Chat Qui Louche. En mars 2016, il publie son troisième roman, Les griffes de l’invisible, aux Éditions Triptyque.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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Les balbutiements chroniques de Sophie Torris…

4 novembre 2015

La quadrature du cœur

 

Cher Chat,

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Embarquement pour Cythère, Watteau

Et si nous parlions d’amour…
Lui, c’est Adonis. Corps d’éphèbe, il n’a qu’à brandir sa corne d’abondance pour que s’offre à lui le mont Olympechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec de toutes les Messaline, mais l’Amour est son talon d’Achille. Sur son lit de Procuste, seul Morphée réussit à bercer ses chimères.
Elle, c’est Ariane. Elle aimerait prendre l’Amour par les cornes. Il la voit, il rougit, il pâlit à sa vue. Enfin, il cède à ses chants de sirène, mais après quelques bacchanales charnelles, Ariane se prend la tête, finit par perdre le fil et l’odyssée se termine dans des dédales de doutes.
Adonis, Ariane restent seuls, incapables de franchir le Rubicon. Il est des pléiades de solitudes qui rament sans atteindre jamais les rivages de l’Amour. Il est des pléiades de solitudes pour qui l’Amour est un cheval de Troie et qui, craignant l’invasion, deviennent forteresses inviolables.
Permettez, le Chat, que j’enfourche Pégase. Nous partons pour Cythère* y taquiner la muse.
Le mariage a longtemps été une affaire d’alliances entre familles, de transmission de pactole. Cupidon n’étant pas convié, on faisait alors flèche de tout bois pour trouver le meilleur parti et parfois, avec de la chance, le hasard laissait l’Amour pénétrer les cœurs, en contrebande.
Aujourd’hui, alors que la priorité n’est plus de sauvegarder le patrimoine, les plus beaux mariages sont ceux qui se célèbrent sous l’égide de l’Amour. Nous voilà donc délivrés du cerbère paternel et livrés à nous-mêmes. Nous partons, seuls, à la chasse à la Panacée. La quête est herculéenne, le choix draconien, mais on n’en attend pas moins de nous. On nous le clame partout, haut et fort : pour avoir une vie qui vaille d’être vécue, il faut être amoureux. C’est d’ailleurs un refrain que la chanson, mais aussi la littérature et le cinéma entonnent à l’unisson, celui de l’amour qui rime avec toujours.
Alors, que faire ? Comment tomber amoureux pour la vie ? Quels sont les meilleurs auspices ? Les plus belles histoires d’Amour naissent-elles au premier instant ou au fil d’une rencontre ? Le nœud est gordien : doit-on croire à la chimie du désir ou à sa culture ?
Certains prendront le parti de se reposer sur leurs lauriers, persuadés que l’Amour saura les reconnaître parmi des milliards d’élus. Ils attendent, béotiens, de croiser les yeux d’une Gorgone qui saura les méduser. Et le temps passe et se gausse d’un grand rire homérique qui laisse le Narcisse sans Écho.
Pensez-vous être pour quelqu’un l’évidence contre laquelle il ne pourra pas lutter ? Est-on quelque part tout entier dans la peau d’un autre ? Comme une mère reconnaît l’odeur de son enfant, est-ce avec le nez que Mars s’entiche de Vénus ? Si l’attirance est olfactive, si votre cœur danse le sirtaki, vos phéromones, telles cinquante harpies, ne vous privent-elles pas de ce bon sens garant d’une lune de miel durable ? J’ai été, à une époque, un vrai paratonnerre. J’en ai reçu de ces coups de foudre qui, l’orage chimique passé, m’ont dévastée alors qu’aujourd’hui ils me laissent de glace. La passion est souvent épée de Damoclès.
C’est ainsi que certains préfèrent sciemment s’adonner aux délices de Capoue plutôt que d’arracher une victoire à la Pyrrhus. Tel Sisyphe, ils roulent leur désir sur le flanc montagneux d’un corps jusqu’à son point culminant où impuissants à le retenir, ils le regardent dévaler inexorablement. Ils entreprennent ainsi éternellement une autre ascension, ne s’attardant souvent qu’à la géographie des peaux.
La quête de l’Amour prend souvent des allures de supplice de Tantale. Si certains perdent leur calme olympien et remettent leur ambition de trouver l’élu aux calendes grecques, d’autres s’évertuent à ouvrir toutes les boites de Pandore. Je ne jouerai pas les Cassandres. On dit que l’espoir est au fond. Mais Tonnerre de Zeus, la jarre est profonde ! Il y a de quoi finir en disciple invétéré de Bacchus au fond d’une taverne sans jamais en comprendre l’allégorie.
chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecPeut-être suffit-il alors d’être là, au bon moment. Avec tout son être, sa tête, son cœur, ses couilles. Je ne parle pas ici de bonne étoile, mais de ce que les Grecs nomment le Kairos, l’art de saisir l’occasion au moment opportun. Nous ne sommes pas sortis de la cuisse de Jupiter et, pourtant, nous nous rêvons tous en demi-dieux transfigurés par l’Amour. Je ne suis ni Phèdre, ni Cendrillon, ni Pretty Woman. Et celui que j’ai appris à aimer n’est ni Hippolyte, ni le prince charmant, ni Richard Gere. Alors, peut-être est-il plus facile de repérer l’Amour quand on réalise qu’il n’a pas besoin d’être tragique. Pas besoin d’être parfait. Pas besoin d’être hollywoodien. Peut-être est-il plus facile de repérer l’Amour quand, au contraire, on est prêt à se laisser révéler nos manques. L’élu n’est-il pas tout simplement celui ou celle qui comble ces manques ?
On a tendance à imaginer la quête d’Amour comme une entreprise prométhéenne alors que la réalité est loin d’être épique. En fait, il n’y a rien de plus banal que la rencontre d’un homme et d’une femme, même si nombre de couples taquinent la muse afin de faire de cet instant fragile sur lequel va se construire toute une vie à deux, un moment romanesque et unique. Ne devenez-vous pas un peu poète, le Chat, quand il s’agit de le raconter aux autres ? Et si le secret de la longévité d’un couple tenait justement dans cette capacité à se réinventer, à se revisiter. On peut aussi tomber en amour avec sa propre histoire, non ?
Sur ce, je me retire sur l’Aventin. Cette discussion byzantine a assez duré.
Sophie
*Partir pour Cythère : L’île de Cythère, en Grèce, est le symbole des plaisirs amoureux.

Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieSophie Torris est d’origine française, Québécoise d’adoption depuis dix-sept  ans. Elle vit à Chicoutimi, y enseigne le théâtre dans les écoles et l’enseignement des arts à l’université. Elle écrit essentiellement du théâtre scolaire et mène actuellement des recherches doctorales sur l’impact de la voix de l’enfant acteur dans des productions visant à conscientiser l’adulte. Elle partage également une correspondance épistolaire avec l’écrivain Jean-François Caron sur le blogue In absentia. (http://lescorrespondants.wordpress.com)

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La magie des mots, par Francesca Tremblay…

3 avril 2015

Avant de n’être que cendres

Il y a de ces mondes turbulents qui nous entourent.chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Tandis que les fresques du ciel s’émiettent, tes bras forment autour de mon corps un refuge inespéré.  Les ciels malheureux ont un goût de poussière.  Un goût de cendre noire couchée sur les lacs qui bordent les feux de brousse.

Il y a de ces amours que l’on ne rencontre qu’une seule fois et qui nous bénissent de cette eau que versent les yeux quand la joie les réchauffe.  On s’imagine alors devenir quelqu’un de meilleur.  Un regard qui nous pousse à nous élever.  Qui nous pousse à faire de nos choix des réponses pour l’avenir.  Une voix à laquelle s’accrocher.  Un silence dans lequel on rêve.  Dans lequel on rêve à deux. Il y a cette personne que tu es.  Qui chérit la femme que je suis.  Qui la protège et l’aime au-delà de sa propre vie ?  Et qui la connaît bien plus qu’elle ne se connaîtra jamais.  Parce qu’elle ne voit pas comme ton cœur a vu tout ce qui se cache au fond de ses propres pupilles.

Tes mains sur mes hanches et c’est tout mon monde qui bascule.  S’effondrent les assises et les boucliers que j’avais érigés.

Et si c’était nous qui avions raison ?  Qui savions réellement ce que c’est que le bonheur ?  Nous dessinons de nos amours, de nouvelles teintes que les yeux ne peuvent percevoir.  Des couleurs trop vives pour ceux perdus dans le noir qu’ils broient comme des mortiers acharnés.  Et lorsque la pluie ruisselle, les feuilles des arbres sous lesquels nous faisons l’amour sont tachées des arcs-en-ciel qui glissent sur leur derme lustré.  Et qui tombent sur nos corps étreints.

À trop nous aimer, nous nous faisons des ennemis.  Des regards lourds de mépris scrutent le moindre de nos baisers.  Envient la moindre de nos caresses.  Et mon corps répond à tes souffles chauds.  Toi qui m’emportes comme les grandes marées d’automne qui ensevelissent les dangereux écueils.  Tes mains sur mes hanches et c’est toute ma vie qui balance.

Il y a de ces moments où l’on croit pouvoir changer le monde.  Où l’amour nous rapproche d’un paradis perdu.  Paradis oublié quelque part entre les rôties que l’on graisse au petit-déjeuner et le livre qu’on dépose sur la table de chevet quand les nuits sont blanches.  Et dans ces moments, je prends la voûte qui mène là où les morosités ne sont que des brumes qui se dispersent lorsque le soleil se lève.  C’est plus qu’une question d’attirance.  C’est bien différent de la plupart des relations que j’ai entreprises auparavant.  C’est toi qui sauves une partie de moi.  Celle qui ne croyait plus en l’amour avec un grand « A ».  Qui pensait réellement que les petits « a » amoncelés les uns sur les autres pouvaient en bâtir un grand.

Mais à un certain âge, on se rend compte que se mentir à soi-même, c’est se refuser le droit au bonheur.  Et tout ce qu’on a collectionné jusqu’à présent, ce sont les amours mortelles au goût de cendre.  Un peu comme ces ciels miséreux que j’ai connus et dont j’efface la trace doucement à chaque baiser que tu m’offres.  Je sais aussi que tout meurt et que nous ne serons jamais à l’abri de l’invisible.  Mais avant de n’être que cendres à notre tour, tes mains sur mes hanches, étendus l’un près de l’autre et les yeux dans les yeux, nous sommes si près du bonheur.

Et si c’était nous qui avions raison…

Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieEn 2012, Francesca Tremblay quittait son poste à la Police militaire pour se consacrer à temps plein à la création– poésie, littérature populaire et illustration de ses ouvrages.  Dans la même année, elle fonde Publications Saguenay et devient la présidente de ce service d’aide à l’autoédition, qui a comme mission de conseiller les gens qui désirent autopublier leur livre.  À ce titre, elle remporte le premier prix du concours québécois en Entrepreneuriat du Saguenay–Lac-Saint-Jean, volet Création d’entreprises.  Elle participe à des lectures publiques et anime des rencontres littéraires.

Cette jeune femme a à son actif un recueil de poésie intitulé Dans un cadeau (2011), ainsi que deux romans jeunesse : Le médaillon ensorcelé et La quête d’Éléanore qui constituent les tomes 1 et 2 d’une trilogie : Le secret du livre enchanté.  Au printemps 2013, paraîtra le troisième tome, La statue de pierre.  Plusieurs autres projets d’écriture sont en chantier, dont un recueil de poèmes et de nouvelles.

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Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

15 mars 2014

77257290_oAttendre follement

 La nuit vraie.  Quelle heure ?  Ne pas regarder.  Il viendra.  Il va appeler.  Il appelle rarement – vos rendez-vous sont tacites.  Il sait que.  Il sait que tous les vendredis, quand l’heure hésite entre la lumière et l’ombre, le reste est sans importance.  Il sait et ne vient pas.  Tu ne sais rien et tu attends.  Il est dans les bras d’une autre.  Il est en train de regarder tes photos – tu sais qu’il a ce genre de manies.  Il t’a oubliée.  Il veut t’oublier.  Il en a marre.  Il court pour venir.  Il court pour te rejoindre, même s’il est tard, car il n’y a que toi qui comptes dans sa vie.  Il te le dit tout le temps.  Il te le dit et tu le crois, crédule comme si tu avais quinze ans.  Il court et tu attends.  Il veut te quitter et tu attends.  Il délaisse à regret les bras d’une autre femme, même pas la sienne, pour venir.  Il n’a pas vraiment envie, juste un peu de pitié, un fond d’amour comme l’eau douteuse que laisse un glaçon en fondant, une eau qui hésite, solide, liquide, elle se demande.  Il rentre vite chez lui prendre une douche, soucieux de ne pas rapporter en nuage autour de lui les souvenirs odorants d’une autre.  Il est capable de ce genre de précautions.  Il est capable de tant de choses pour ne pas te blesser.  Il compatit tellement à cette souffrance qui te ronge de l’intérieur et qui suppure sur ta jambe ; il la prend, cette souffrance, il la

Attente éternelle II, par Miss Elain, tiré de deviantart

Attente éternelle II, par Miss Elain, tiré de deviantart

fouette à grands coups de caresses, il prend sa tête difforme, la plonge dans les eaux lourdes de la passion, l’empêche de respirer, lui sort la tête, lui fait cracher son venin, le boit, et il la replonge, indéfiniment.  Torturer la souffrance pour lui faire avouer ce qu’elle cache profondément : une trop grande douceur, une trop grande soif de tout, une envie de bouffer le monde.  Il la ligote de ses mains majestueuses, il la boxe, il combat, et ta souffrance chancelle, tombe, face contre terre, se régalant de poussière, le sourire sur ses lèvres, car elle sait, dans le fond, elle sait qu’il ne peut rien contre elle – elle se relève toujours.  Tu aimais bien ça au début, cette façon qu’il avait de vouloir te sauver de toi-même.  Puis cela t’a lassée, avant qu’il finisse par s’en foutre complètement et n’agir ainsi que par réflexe, sans le cœur.  Mais tu l’attends quand même, toi aussi, par réflexe, comme un animal domestique attendrait son maître, car il a faim, et un peu besoin d’affection.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge Déclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade(roman) aux Éditions Philippe Rey.

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Billet de L’Anse-aux-Outardes, par Claude-Andrée L’Espérance…

10 novembre 2013

Au temps des amours sans attaches…

 

Jouant des mots et des silences

je te recrée, te réinvente

au gré du désir qui me hante

l’amour est un jeu de patience

 

Dans l’appartement vide, tout est resté pareil.  Comme au premier jour.  Le jour où elle s’était installée ici, dans ce petit 3 ½, à quelques pas du centre-ville.

Bon, il y a bien le saule dans la cour qui, depuis le temps, a sans doute grandi de quelques centimètres et dans la chambre, où figuraient hier encore une dizaine de photos, autant de rectangles délavés laissent désormais apparaître la grisaille des murs d’origine.  Mais par la fenêtre mal isolée, le vent n’a pas cessé de s’immiscer et en fermant les yeux, il lui semble même, ce soir, l’entendre siffler.

Elle vient d’empiler à la hâte les dernières boîtes dans sa bagnole.  Il ne lui reste plus qu’à laisser la clé sur le comptoir de la cuisine, à verrouiller la porte et à s’en aller.  D’ailleurs, à l’heure qu’il est, elle devrait déjà être en route vers ce petit village de la Côte où elle s’apprête à s’installer.  Mais elle s’attarde.  Quelque chose ici la retient.  Un objet oublié ?  Elle a pourtant passé les derniers jours à nettoyer l’appartement et a fouillé armoires et placards dix fois plutôt qu’une.  Pourtant l’impression persiste.  Peut-être est-ce le vent et cette pluie soudaine qui vient frapper à la fenêtre comme pour saluer son départ.

Immobile au milieu de la chambre, elle n’arrive pas à se décider.  Tourner le dos à ces années, fermer la porte, s’en aller.  C’est pourtant si simple.  Mais la fatigue a raison d’elle et bientôt étourdie elle vacille, elle chancelle et le dos appuyé contre le mur se laisse lourdement glisser jusqu’au sol, allonge les jambes, prend un grand respire.  Quelques minutes, se dit-elle, juste quelques minutes de repos devraient suffire.

Dehors, derrière la fenêtre toute nue, le jour s’éteint, la rue s’anime, la rue s’éclaire.  C’est samedi soir, on veille en ville et sous la pluie les gens se pressent.  Et dans la chambre, ombres projetées sur les murs, ombres agitées et fébriles, solitaires ou en couples, défilent les silhouettes des passants.

Dehors, derrière la fenêtre toute nue, tout près, trop près, les bruits de la rue.  Talons aiguille sur le trottoir, talons aiguille qui claquent.  Juste assez fort pour la sortir de sa torpeur.  Égarée quelque part entre le sommeil et l’éveil, la voilà qui ouvre les yeux et dans ces ombres sur les murs croit voir surgir de son passé le souvenir de visiteurs, de bras tendus, de corps à corps.  Du temps jadis où ses amants allaient, venaient comme le vent…

DSCN4104Tous pareils, se dit-elle cette fois bien réveillée, ils étaient tous pareils.  Dans leur manière de frapper à ma porte, de passer sans s’attarder, de disparaître bien avant l’aube.  Les mêmes gestes, les mêmes mots.  Jamais d’amour mais de désir.  Les mêmes mots, les mêmes silences.  Faits de ruptures et d’abandons.  Chaque fois niés et déniés.

Mais n’était-ce pas là le prix à payer pour avoir toujours refusé de nourrir cet espace fait de l’autre que l’on attend ?

Autant sourire, se dit-elle, sourire au souvenir de ces quelques pas de danse esquissés toute seule dans le noir de la chambre toutes ces nuits où on n’attend personne.  Autant sourire au souvenir de cet air vieillot et de ces quelques mots qu’elle chantonnait alors, au temps des amours sans attaches.  Ces quelques mots à l’amant qu’elle n’a jamais osé dire.

Entre tes mots et tes silences,

j’ondule en une vague danse

marée montante sur page blanche

 

Aux premiers mouvements de mes hanches

troque tes mots pour tes silences

et viens plus près la mort me hante

l’amour sans cesse me réinvente

 

l’amour sans cesse me réinvente

Notice biographique

Claude-Andrée L’Espérance a étudié les arts plastiques à l’Université du Québec à Chicoutimi. Fascinée à la fois par les mots et par la matière, elle a exploré divers modes d’expression, sculpture, installation et performance, jusqu’à ce que l’écriture s’affirme comme l’essence même de sa démarche. En 2008 elle a publié à compte d’auteur Carnet d’hiver, un récit repris par Les Éditions Le Chat qui louche et tout récemment Les tiens, un roman, chez Mémoire d’encrier. À travers ses écrits, elle avoue une préférence pour les milieux marins, les lieux sauvages et isolés, et les gens qui, à force d’y vivre, ont fini par en prendre la couleur. Installée aux abords du fjord du Saguenay, en marge d’un petit village forestier et touristique, elle partage son temps entre sa passion pour l’écriture et le métier de cueilleuse qui l’entraîne chaque été à travers champs et forêts.  Elle est l’auteure des photographies qui illustrent ses textes.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


Billet de Maestitia, par Myriam Ould-Hamouda…

22 octobre 2013

Le cordon ombilical

Gabriella Giandelli, Le Monde.fr

Gabriella Giandelli, Le Monde.fr

Elle avait pris l’habitude.  De se réveiller toujours trop tôt, étouffée par une énorme boule coincée dans sa gorge.  D’errer chaque matin, la peur au ventre qu’il ne se passe quelque chose.  De passer chaque soirée avec cette lourde tête écrasée contre son épaule.  De pleurer chaque nuit en attendant demain.  Elle avait pris l’habitude, depuis que Monsieur était tombé en dépression, de porter le poids du monde sur ses épaules.  Jours et nuits.

Elle avait pris l’habitude.  D’être là.  Toujours là.  Trop là.  Au fil des années, elle avait tissé un lien indéfectible entre eux deux.  Lien qui s’était transformé en cordon.  Cordon ombilical.  Depuis, Monsieur jouait le rôle du fœtus, dépendant de celle qui s’était autoproclamée héroïne dans sa vie.  Celle qui était là, chaque jour.  Pour affronter le quotidien à sa place.  S’occuper de la paperasse.  Des tâches ménagères.  Nourrir la famille.  Cultiver les liens avec le monde extérieur.  Elle s’occupait de tout, pour préserver Monsieur.  Et Monsieur restait là, avachi sur le canapé à regarder le monde tourner sans lui.  Avec plus rien pour occuper ses mains.

Elle avait pris l’habitude.  D’être là.  Toujours là.  Trop là.  Au fil des années, elle avait tissé sa toile sur leur couple branlant.  Pour le maintenir fermement sur le parquet ciré.  Mais, sans s’en apercevoir, elle jouait le même rôle que Monsieur, dépendant de celui aux yeux de qui elle se rendait essentielle.  Et à chaque fois, elle jouissait intérieurement, en abîmant chaque main tendue d’un mais que ferais-tu sans moi ?  Et chaque fois, Monsieur retenait une larme.  Rien, il ne serait certainement rien.  Et chaque fois, ses larmes à elle, elle allait les déverser – en mode chutes de Niagara – contre l’oreille du monde extérieur qui tentait de les sécher par des tu as un courage que peu auraient, mais pense à toi.  Le monde la glorifiait, Monsieur avait besoin d’elle pour vivre.  Et pour un instant, elle effleurait le bonheur.

Elle avait pris l’habitude.  De rire.  De pleurer.  De souffrir.  De jouir.  De soutenir deux corps.  De vivre deux vies à la fois.  Elle avait pris l’habitude de se mettre entre parenthèses pour un Nous qui n’aura jamais été que bancal.  Avant d’enfin rejoindre ce monde qui l’écoutait enfin.  Psy.  Amis.  Famille.  Collègues.  Passants.  Elle avait pris l’habitude de fermer temporairement cette parenthèse, parfois.  De vivre sa vie.  Parcourir le monde.  Se noyer dans l’imaginaire.  Se shooter au réel.  À l’ailleurs.  Au peut-être.  Au si, aussi.  Elle avait pris l’habitude de laisser Monsieur gésir au fond de son trou de ça va pas, pour réaliser ses rêves que leurs quatre murs ne savaient plus accueillir.  La culpabilité la rappelant toujours au lit conjugal.

Elle avait pris l’habitude.  De cette vie de célibataire en couple.  De femme affranchie aux liens dissimulés.  À rire.  À pleurer.  À souffrir.  À jouir.  Si près du monde.  Mais à jamais à Monsieur.  Elle avait pris l’habitude.  D’être là.  Toujours là.  Trop là.  Et si loin, parfois.  Elle avait pris l’habitude que le monde soit là pour elle.  Pour les miettes de ce elle.  Un l, à peine.  Elle avait perdu l’habitude d’espérer.  De croire en quoi que ce soit.  En des jours autres.  En une vie sans larmes.  Sans souffrance.  En la guérison de Monsieur.  Monsieur ne guérirait pas.  Monsieur ne guérirait plus.  Elle avait pris l’habitude et ainsi, ils cheminaient en vivant au jour le jour.  En priant la bienveillance des lendemains qui pointaient déjà le bout de leur nez.

Elle avait pris l’habitude.  Mais un jour, Monsieur guérit enfin.  D’un jour à un lendemain, sans crier gare, le sourire revint illuminer son visage.  Mille et une envies firent repartir ce cœur qui ne battait plus depuis une éternité.  Il trouva un boulot.  Reprit ses rêves là où il les avait laissés.  La photographie.  La peinture.  Les sorties.  Et recouvrit la place qu’il n’occupait plus dans leur quotidien.  S’occuper de la paperasse.  Des tâches ménagères.  Nourrir la famille.  Cultiver les liens avec le monde extérieur.  D’un jour à un lendemain, sans même avoir pu s’y préparer, Madame perdit trop de choses.  Sa place.  Essentielle.  Sous les projecteurs du monde.  D’un jour à un lendemain, Madame sombra.  Sans bruit.  Sans larmes.

Elle avait pris l’habitude.  Mais, d’un jour à un lendemain.  Madame la rendit.  Ce matin-là, elle n’était déjà plus rien.  En ce couple où un fantôme avait repris sa place.  En ce monde où elle n’avait jamais été essentielle.  Car personne n’est irremplaçable.  Et déjà, le monde la remplaçait.  Petit à petit.  Insidieusement.  La voyant dériver, son chef choisit la sécurité, en embauchant une nouvelle collègue destinée à prendre sa place.  Au cas où.  Si jamais.  L’entendant pleurer toujours plus fort, alors que l’éclaircie semblait enfin pointer le bout de son nez, ses amis prirent le large pour affronter leurs propres naufrages.  Et déjà pointait l’abjecte question du psy : mais qu’attendez-vous ?  Elle étouffait un cri : Que tout redevienne comme avant !  Avant, lorsque Monsieur était encore Monsieur.  Lorsqu’il avait encore besoin de moi.  Lorsque le monde était encore là pour moi.  Lorsque j’existais enfin.

Madame avait pris l’habitude.  Mais aujourd’hui, Monsieur fait ses valises.  Sans un sourire.  Sans un merci.  Sans un je t’aime, non plus.  Une paire de ciseaux entre les mains.  Et le morceau de cordon ombilical qui traîne par terre se coince sous la porte qu’il claque sur cette vie de servitudes réciproques.  Madame tombe à terre.  Sans lui, non, elle n’est déjà plus rien.

Notice biographique

Myriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.

C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonorités, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.

Récemment, elle a créé un blogue Un peu d’on mais sans œufs, où elle dévoile sa vision du monde à travers ses mots – oscillant entre prose et poésie – et quelques croquis,  au ton humoristique, dans lesquels elle met en scène des tranches de vie : http://blogmaestitia.xawaxx.org/

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


Billet de Maestitia, par Myriam Ould-Hamouda…

7 octobre 2013

La débâcle des sentiments

Myriam Ould-Hamouda

Ton regard, tendrement, vient se poser sur ce corps assoupi qui prend la position du fœtus.  Elle semble tellement heureuse, à cet instant.  Un sourire quiet vient parfaire son visage apaisé.  Tu laisses glisser ton doigt le long de ses courbes dévoilées et en recouvres cette douceur que tu avais oubliée, depuis.  Soudain, tu crois la distinguer.  Celle que, par le passé, tu as tant aimée.  Celle qui te portait vers un bonheur insolent.  Celle dans les bras de qui tu n’étais enfin plus seul.  Tu te souviens de ces premières heures, pétries de magie.  Tu l’avais aperçue dans un parc, alors que tu mangeais ton sandwich, un midi.  Tu l’avais trouvée belle.  Tellement belle.  Ce n’était pas ton habitude, mais tu avais semé à ses côtés quelques mots.  Qui ont germé.  Tu l’avais trouvée drôle.  Tellement drôle.  Tu croyais rêver : c’était celle que tu attendais.  Et, ensemble, vous aviez exploré un nouveau chemin dont votre amour esquissait les traits.  Le monde, la foule, le quotidien s’étaient enfin tus.

Celle-là, depuis, est partie.  Tu ne sais pas vraiment comment c’est arrivé, ni pourquoi, mais aujourd’hui l’amour a laissé place à la haine.  Progressivement.  Sans s’en apercevoir, pourtant.  Et la princesse que tu dévorais des yeux hier encore s’est transformée en sorcière qui crache des serpents, à longueur de journée.  Le monde, la foule, le quotidien ont repris leur place.  Bien plus forts qu’avant.  Bien plus cruels, aussi.  Alors, au début, tu as tenté le jeu des concessions.  Tu as essayé de changer pour qu’elle ne montre plus les dents.  Mais la sorcière était toujours là.  Avec sa langue de vipère et ses ongles pointus.  Alors, petit à petit, tu as aussi monté le ton.  As commencé à distinguer ses boutons et son nez crochu.  T’es engendré sorcier qui crache des serpents, à longueur de journée.  Et, sans vous en apercevoir, vous avez dérivé le long des courants venimeux.  D’elle, il ne reste plus grand-chose de la princesse qui souriait.  De toi, il ne reste plus rien du prince charmant qui rêvait.

Ton regard, tendrement, vient se poser sur ce corps assoupi qui semble prendre la position du fœtus.  Tu as l’impression de la retrouver.  Celle que tu as perdue bien trop tôt sur le sentier des bienheureux.  Cette bien-aimée qui a laissé place à cette inconnue qui te traîne aujourd’hui sur la falaise des misérables.  Celle qui, à présent derrière toi, t’imagine déjà rouler le long de ce gouffre infini.  Celle qui, demain déjà, ne tardera pas à t’y pousser volontiers.  Elle semble tellement heureuse, à cet instant.  Un sourire quiet vient parfaire son visage apaisé.  Tu laisses glisser ton doigt le long de ses courbes dévoilées et en recouvres cette douceur que tu avais oubliée, depuis.  Déchiré entre hier et aujourd’hui, tu ne sais plus.  Ne sais plus qui tu es, qui elle est, qui vous êtes réellement.  Des amants ?  Des ennemis ?  Qu’importe, ce soir, elle, tu, vous êtes là.  Comme avant.  Heureux.  Liés par ce fil invisible d’un amour enfoui.  Demain pourra bien s’engendrer qui il voudra.  Pour l’heure, tu souris.

Notice biographique

Myriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.

C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonorités, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.

Récemment, elle a créé un blogue Un peu d’on mais sans œufs, où elle dévoile sa vision du monde à travers ses mots – oscillant entre prose et poésie – et quelques croquis,  au ton humoristique, dans lesquels elle met en scène des tranches de vie : http://blogmaestitia.xawaxx.org/

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