La voie de je, un texte de Jean-Marc Ouellet

30 avril 2017

La voie de jealain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

La paix n’existe pas dans ma tête. Mes jours fuient en de vaines frénésies. Parfois, pourtant, je me sens presque heureux. Paisible, je crois toucher l’éternité. Mirage ? Aveugle depuis la naissance, je ne vois qu’un rai de l’univers.

Car l’Infini veille au-delà de moi, un temps, un espace, inaccessibles à mes sens ridicules. Moi, je ne vois rien, je n’entends rien, je ne sens rien. Ce que je touche n’est qu’un agglomérat de matière auquel je me convaincs de la forme, de la texture et de la froideur. Des particules agencées pour le théâtre de nos existences d’humains. Ainsi, mon labrador entend des sons, flaire des parfums, éprouve bien davantage que ce qu’il m’est permis de percevoir. Des sons, des parfums, des mondes peut-être, qui existent, mais ma surdité, ma cécité et cie m’en refuse l’accès, ne me laissent que l’acide et les ténèbres d’un monde en sursis. Notre monde. Parce que je ne le ressens pas, je nie l’existence de ce qui m’est refusé. Dans mes meilleurs moments, je me laisse porter par la beauté, seule porte vers la quiétude. Mais le plus souvent, le temps fuit hors de moi, et je cherche, cherche encore, le pourquoi. Le soleil fade des jours corrompus ne suffit plus. Je poursuis le temps et ses réponses. Et je crie sous les étoiles. J’endigue cet univers sublime qui, timide, discret, insaisissable, mais bienveillant, me laisse me perdre. Ainsi, je ne vois que la haine, l’égoïsme et la guerre. Je cours, je cours, le merveilleux m’interpelle, mais mon corps, soumis aux lois de ce monde, abdique avec lâcheté. Je suis sourd et aveugle.

C’est assez !

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecUn jour, j’aspirerai à la pureté originelle. Je me demanderai pourquoi cet univers m’échappe depuis si longtemps. Je m’inclinerai devant l’évidence, à mon appartenance à un macrocosme hors de moi, hors de ce monde agité, et là seulement, je verrai et j’entendrai. Là seulement, je serai vraiment. Mon esprit s’abreuvera enfin à la source du merveilleux. Je serai je avec l’Infini, et d’une main sur l’épaule, d’un sourire ou d’un regard tendre, ce je s’unira à d’autres je, puis à tous les je, les Je s’entraîneront les uns les autres, et cette communion bâtira le Nous dans l’Impénétrable. Alors seulement, le ils ne sera plus, et ce Nous vaincra la haine, écrasera l’égoïsme et pulvérisera la guerre. Nous verra enfin le soleil et les étoiles, Nous sifflera avec le vent, et Nous nous propulsera dans le triomphe de l’Infini.

© Jean-Marc Ouellet 2017

Notice biographique

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Médecin-anesthésiologiste depuis 25 ans, Jean-Marc Ouellet pratique à Québec. Féru de sciences et de littérature, il signe une chronique depuis janvier 2011 dans le magazine littéraire électronique « Le Chat Qui Louche ». En avril 2011, il publie son premier roman, L’homme des jours oubliés, aux Éditions de la Grenouillère, puis Chroniques d’un seigneur silencieux aux Éditions du Chat Qui Louche. En mars 2016, il publie son troisième roman, Les griffes de l’invisible, aux Éditions Triptyque.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Yvon Paré nous parle de Monique Durand…

29 avril 2017

Monique Durand fait redécouvrir le Saint-Laurentalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

MONIQUE DURAND, dans Saint-Laurent mon amour, offre des textes qui rappellent l’importance de ce cours d’eau dans l’exploration du continent américain par les Européens. Un lien vital dans le développement de la Nouvelle-France et du Canada. Elle nous fait prendre conscience combien la vie du Québec est liée intimement à ce « fleuve aux grandes eaux » comme l’a si bien qualifié le cinéaste et poète Pierre Perreault. L’écrivaine nous entraîne dans des lieux mythiques comme la Gaspésie, la Côte-Nord, Tadoussac ou l’île d’Anticosti. Une manière de redécouvrir des coins de pays qui ne cessent de changer avec les saisons. Des hommes et des femmes aussi, qui nous permettent de remonter dans le temps, et d’autres qui aiment leur coin de terre, même si parfois, comme les résidents de la Basse-Côte-Nord, ils finissent par croire que le bout du monde s’est installé sur leur galerie.

J’ai lu avec un grand intérêt les textes que Monique Durand a publiés dans Le Devoir l’été dernier. Elle raconte une expédition dans le Nord-du-Québec sur des routes qui semblent prendre la direction de l’éternité. Des heures sous des pluies diluviennes ou encore des jours où elle a la certitude que le temps s’est recroquevillé dans une talle d’épinettes. Des arrêts dans des relais, des rencontres avec des hommes qui ont dompté la solitude et des escales dans des villes mythiques comme Fairmont. Au bout, il y a le fleuve. On y revient toujours.
Une belle manière de voir le pays dans toutes ses dimensions. Ce n’est pas sans me rappeler les reportages qu’a signés Gabrielle Roy sur la Côte-Nord où elle raconte ses contacts avec les populations autochtones, ou encore quand elle accompagne une famille qui a quitté l’Acadie pour migrer en Abitibi. Un voyage en train qui n’en finit plus. On relit Heureux les nomades avec un bonheur renouvelé. Du journalisme comme on n’en fait plus.

LE FLEUVE

Monique Durand commence par nous offrir le fleuve dans son immensité et sa splendeur, ses changements et ses surprises. Ce cours d’eau que les Français ont apprivoisé peu à peu pour fonder la Nouvelle-France, traversant le pays des Innus, des Algonquins, des Hurons et des Iroquois. Des îles étonnantes, une nature qui s’apaise au fur et à mesure que les navires longent les rives et évitent tous les dangers. Tadoussac, un port qui semblait vouloir devenir le centre du Nouveau-Monde. La vie en a décidé autrement.
Et quelle belle idée d’imaginer la remontée du fleuve à partir de Québec par Paul Chomedey de Maisonneuve et Jeanne-Mance ! Cette navigation devait changer le pays avec la fondation de Ville-Marie, une bourgade bien modeste qui deviendra le cœur du Québec contemporain.

Ils prendront neuf jours pour remonter le fleuve depuis Québec jusqu’à Montréal. En ce samedi 17 mai 1642, les ancres sont jetées près d’une saillie de la rive, sur l’actuelle Pointe-à-Callière. C’est là que sera établie Ville-Marie. Jeanne et Paul, émus, mettent le pied sur la terre ferme, après des mois, des années à avoir anticipé ces instants, ces petits morceaux de sublime qu’ils n’oublieraient jamais. (p.39)

Une belle fiction pour s’imprégner de ce moment, de cet esprit qui allait changer bien des choses, surtout en cette période où la ville célèbre son 375e anniversaire de fondation. Comment ne pas penser au très beau roman de Monique Proulx qui nous fait voyager dans le temps et nous fait partir à la recherche de ce qui reste de l’esprit des fondateurs dans cette grande ville cosmopolite. Ce qu’il reste de moi est un tableau magnifique de cette ville pas comme les autres. J’ai encore des personnages de Monique Proulx dans la tête et ils ne cessent de m’interpeller et de me bousculer.

GASPÉSIE

La Gaspésie avec ses 900 kilomètres de côte, ses anses, ses montagnes, ses baies où il est possible de trouver un refuge, de s’installer pour saisir sa vie à pleines mains. L’auteure raconte ses coups de cœur, son amour pour une petite maison où elle cultive la paix, l’harmonie, la quiétude que tous les humains recherchent.

Lumières d’hiver, presque aveuglantes, « luminosité extrême », dit Louis-Edmond Hamelin, lumières d’été, douces et claires, de printemps, un peu lactées, tirant sur le pastel, d’automne, mordorées. Elles nous ont façonnés. Peuple au moral changeant d’un seul coup d’œil à la fenêtre. Peuple vivant en dents de scie, excessif comme son climat, prompt aux réjouissances et à la dépression, passant de candeur à nostalgie comme la pluie succède au beau temps et les vagues déchaînées à la mer étale. (p.28)

Un pays qui hésite entre la montagne et la mer, les grands espaces marins qui se perdent dans l’horizon et les rivières nerveuses qui deviennent des routes qui nous entraînent jusqu’à la toundra qui fascine tant l’écrivain nomade qu’est Jean Désy.
Des petits villages aussi au fond des criques que l’on ne peut atteindre qu’en empruntant le bateau qui va d’un port à l’autre, apportant vivres et tout le matériel nécessaire à la survie.

La Base-Côte-Nord vit tout entière au rythme de ce navire qui combine transport de marchandises et de passagers, unique lien avec le reste du monde pour plusieurs villages. « Le Bella est arrivé. » Cette seule petite phrase, on dirait, rassérène. Surmonté de grues, harnaché de containers, il porte sur dos des véhicules, des outils, des denrées fraîches, bref, tout le nécessaire de la vie. (p.116)

Et les irréductibles de Natashquan, de Blanc-Sablon qui vivent en autarcie, n’arrivent que difficilement à communiquer avec le reste du Québec. Un pays où tout vient de la mer capricieuse qui peut vous emporter tout comme elle peut vous nourrir : un pays qui habite les hommes et les femmes qui y naissent et qui arrivent difficilement à s’en éloigner.

BANCS

Impossible de ne pas s’attarder à Terre-Neuve, cette île que les Basques et les Bretons connaissaient depuis fort longtemps. Ils venaient y pêcher pendant des mois. La morue était si abondante que l’on pouvait marcher sur la mer, semble-t-il. La situation a bien changé.
Anticosti aussi, la fascinante, celle qui a été dans l’actualité pour de bien mauvaises raisons récemment. L’idée du forage risquait de saccager le fleuve et un paradis. Il faut se souvenir de l’intervention malheureuse de Meunier qui a fait que les cerfs ont pratiquement détruit toute la végétation.
Des histoires terribles comme celle des frères Collin qui sont partis trapper et qui meurent de faim et de froid dans l’hiver. Un drame qui a marqué l’imaginaire parce qu’ils ont décrit minutieusement, au jour le jour, leur long calvaire. Ou encore de cet hiver inimaginable qu’a vécu le père Crespel en faisant naufrage sur l’île d’Anticosti. Il survivra par miracle quand plusieurs de ses compagnons n’auront pas cette chance.

Pourquoi, dans les circonstances extrêmes, certains humains survivent-ils alors que d’autres meurent ? Pourquoi six hommes survivront-ils à l’enfer d’Anticosti en mangeant « jusqu’aux souliers de leurs Morts », et quarante-huit autres pas ? La reconnaissance infinie que lui vouaient ses camarades dont il pansait les plaies jours après jour « me donnoie les forces et le courage dont j’avois besoin, écrit Crespel. Je n’avais que de l’urine pour les nettoïer ; je les couvrais ensuite de quelques morceaux de linge que je faisois sécher, et quand il me falloit ôter ces linges, j’étois sûr d’enlever en même tems des lambeaux de chair. » (p.133)

Une belle manière de nous faire redécouvrir ce fleuve qui est au cœur de notre histoire. Épreuves, drames, exploits et aussi route qui a marqué notre regard et notre imaginaire.
Je pense à ce couple que j’ai rencontré lors d’un séjour à l’île Verte, dans le phare que l’on a transformé en auberge. Un endroit parfait pour ceux et celles qui veulent entrer en contact avec la nature, les oiseaux qui se multiplient sur les battures. Ou encore surprendre le dos des bélugas et des baleines au large quand nous avons la patience de devenir un regard. Le couple s’intéressait aux oiseaux et aux baleines et voulait séjourner dans toutes les îles du Saint-Laurent. Ils avaient fait escale à Terre-Neuve d’abord, Anticosti et remontaient comme les navigateurs d’autrefois, prenant le temps de s’arrêter pour voir autour d’eux. Leur périple se terminerait sur l’île de tête, celle de Montréal.
alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecUn peu curieux cependant que très peu d’ouvrages, du moins à ma connaissance, ne s’intéressent aux Grands Lacs, là où tout commence pour le majestueux fleuve. Ce serait certainement fort intéressant et je garde un si bon souvenir de ma lecture, il y a bien longtemps, du roman Les Engagés du Grand Portage de Léo-Paul Desrosiers. Ce livre paru en 1938 a été réimprimé trois fois la même année. Un grand succès à l’époque qui nous fait parcourir la route de l’Ouest et la remontée jusqu’au lac Supérieur. Cette aventure m’a fait rêver longtemps parce que je venais à peine de sortir de l’adolescence quand j’ai lu cette épopée. De quoi vouloir devenir coureur des bois et parcourir toutes les rivières d’Amérique. J’aurai plutôt choisi la route des mots pour rêver toutes les aventures imaginables en me moquant du temps.
Monique Durand fait rêver par ses incursions dans le temps et cet espace toujours à découvrir.

SAINT-LAURENT MON AMOUR de MONIQUE DURAND est paru chez MÉMOIRE d’encrier.

Yvon Paré

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecJournaliste, écrivain et essayiste, Yvon Paré a publié une douzaine d’ouvrages, un essai, des romans, de la poésie et des récits.  Signalons Les plus belles années, Le Réflexe d’Adam, Les Oiseaux de glace et Le souffleur de mots.  Les récits de voyage Un été en Provence, Le tour du lac en 21 jours et Le Bonheur est dans le Fjord ont été écrits en collaboration avec Danielle Dubé.

Lecteur attentif, il a rédigé de nombreux articles portant sur les œuvres des écrivains du Québec dans Le Quotidien et Progrès-Dimanche où il œuvré comme journaliste.  Il collabore à Lettres québécoises depuis une quinzaine d’années en plus d’être l’auteur d’un blogue fort fréquenté.

Le voyage d’Ulysse, un roman où il suit les traces du célèbre personnage d’Homère, en l’invitant au Lac-Saint-Jean et en inventant un monde possible et imaginaire.  Il a remporté le prix Ringuet du roman de l’Académie des lettres du Québec avec ce roman en 2013 en plus du prix fiction du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean.  Son dernier ouvrage, L’enfant qui ne voulait plus dormir, un carnet fort louangé, explore les chemins de la création.

On peut retrouver l’ensemble de ses chroniques sur http://yvonpare.blogspot.com/.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

 


Les mouches de Staline et les Québécois… par Alain Gagnon

27 avril 2017

Actuelles et inactuellesalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Les mouches de Staline… — On raconte que Joseph Staline, le tyran rouge, n’aimait pas qu’on tue les mouches domestiques. Il les attrapait d’un geste preste, de cette main qui a signé des milliers de condamnations à mort sans broncher, ouvrait la fenêtre et les relâchait. De même, Adolf Hitler adorait sa chienne Blondi. Pol Pot aimait réciter des vers de Verlaine…
La psyché humaine est une mer bien étrange : s’y côtoient des abysses bien disparates, où nagent de bien bizarres poissons.
Pour ceux que le stalinisme intéresse : lisez les Mémoires de Ludmila Derjavine, Volchitsa (La Louve). Je les ai découvertes dans Amazon : http://urlz.fr/56kS
La Louve (membre de la célèbre Tchéka) dirigeait une équipe de dames dont le métier consistait à séduire des ennemis supposés de Staline, afin de leur arracher des confidences sur l’oreiller et de les dénoncer.

Dieu — Dieu ne se prouve pas, il s’éprouve. Par la suite, on tente tant bien que mal – et plutôt mal que bien – de se l’expliquer et de l’expliquer aux autres.
Les étoiles et les merveilles du Cosmos manifestent la grandeur du Divin ; toutefois, pour l’homme, il y a mieux et plus près où chercher : tourner son regard vers l’intérieur de soi-même.

Exotérisme et ésotérisme — Toutes les religions comportent un volet extérieur, exotérique (cultes, rituels, prières en commun…) et un volet ésotérique (mysticisme, méditation, initiation à une gnose, pratiques de transformation intérieure…). Les juifs ont la Kabbale, les musulmans le soufisme, etc. Par le volet ésotérique, les religions se rapprochent les unes des autres jusqu’à se confondre.
Dans chacune, on retrouve donc des strates d’initiés aux savoirs supérieurs, qui forment une hiérarchie plus ou moins formelle, qui ne correspond pas à la hiérarchie institutionnelle ou exotérique.
Ces deux volets sont nécessaires. Sans mysticisme, une religion se sclérose rapidement, se vide de substance ; et sans réalités institutionnelles, elle perd les masses et devient impotente à transmettre les valeurs éthiques et spirituelles.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecQuébécois — Le grand problème des Québécois : ils veulent être aimés. Ils ont besoin d’approbation. Ils courent au-devant des demandes des autres avant même qu’elles soient formulées. Et après, ils leur garderont rancune pour de présumées exigences, rarement exprimées.
Affirmons-nous. Choisissons. Et, au moins, on nous respectera. Question de respect de soi et de respect des autres. Rien ne vaut la clarté dans les rapports humains.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

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Dominique Blondeau nous parle de Sarah Waters…

26 avril 2017

Deux femmes, une passion ****alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Aphorisme. On imagine une femme qui se prévaudrait d’une foi indéfectible en Dieu, mais dont les agissements seraient guidés par un esprit démoniaque. Corsetée dans ses frustrations, asphyxiée par ses refoulements. Chaque jour témoigne de cette accablante faillite humaine, qu’on observe en se taisant. On a lu Derrière la porte, roman de Sarah Waters.

Avant de commenter cette histoire fascinante, nous devons remonter le cours du temps, nous replonger dans le contexte particulier d’une étouffante époque. Il sera plus simple de comprendre l’amour que se portent deux jeunes femmes vingtenaires, dans un Royaume-Uni à peine remis des affres de l’ère victorienne répressive. L’action se déroule en 1922, la Grande Guerre s’est terminée quatre ans plus tôt. La reine Victoria est morte en 1901, l’écrivain irlandais Oscar Wilde est décédé à Paris en 1900, après avoir été condamné aux travaux forcés, accusé d’homosexualité. Bloomsbury bat son plein, Virginia Woolf se noiera en 1941. Lourds points de repères historiques et sociaux pour affronter le choc toujours palpable de la barbarie meurtrière qu’engendre une guerre. La misère sévit rudement, le chômage emprisonne les hommes dans une indécence morale suspecte et dangereuse. Certaines familles sont ruinées, vivotent chichement. Par cette porte entrouverte, nous atteignons Frances Wray et sa mère qui vivent modestement dans la demeure familiale. Le père est mort en leur laissant des dettes faramineuses, les deux frères de Frances ont été tués au combat. Pour survivre, la mère et la fille ont dû sous-louer l’étage de la maison à un jeune couple, Lilian et Leonard Barber. Lui est agent d’assurances, elle, Lilian, décore leur deux-pièces, les femmes anglaises n’ayant pas le loisir de travailler hors de chez elles. Peu à peu, pour des raisons domestiques, Lilian et Frances feront plus ample connaissance, seront attirées l’une vers l’autre. Lilian parce que, excessive et désœuvrée, s’ennuie, Frances pour combler son manque de sensualité envers les femmes qu’elle a toujours désirées. Adolescente, elle a noué une liaison avec une jeune artiste de qui elle a dû rompre, sa mère, rigoriste victorienne, lui ayant interdit de revoir Christina. Déception amoureuse qu’elle confiera à Lilian, un après-midi où elles se trouvent seules. Celle-ci sera troublée par cet aveu, concevant mal que de tels sentiments fussent possibles entre deux personnes du même sexe. Ce qui l’amènera à narrer à Frances les conditions intéressées de son mariage avec Leonard. On peut avancer que le décor est planté pour qu’elles tombent dans les bras l’une de l’autre. Refoulées sentimentales, elles s’aimeront passionnément, sexuellement, rusant avec les conventions, jusqu’à ce qu’un drame éclate. Un accident provoqué par la haine de Lilian que lui inspire dorénavant son mari. Un drame qui fera d’elles des complices involontaires avant de les séparer. Un temps de rémission et de réflexion surviendra qui, peut-être, réparera les dégâts outranciers familiaux, allégera les malentendus sociétaux auxquels les amantes devaient faire face pour préserver leur relation amoureuse.

Ce n’est pas tant la passion unissant Frances et Lilian qui nous a intéressée, mais le rôle insoumis de Frances qui, dotée d’une personnalité rebelle et moderne, refuse de s’assujettir aux contraintes qu’impose une éducation bourgeoise au début du XXe siècle. Libre, elle l’est en partie, sa mère honorant ses rendez-vous hebdomadaires chez ses fidèles amies. Ce qui laisse à Frances le temps de faire de longues promenades dans la petite ville où elle réside. De mesurer l’éclat de la lumière parcimonieuse de l’automne. La pluie et ses ombres gluantes. De revoir Christina avec qui elle entretient une amitié nostalgique. Un rêve la calcine, celui de vivre avec Lilian, cette dernière reprochant à son amie de se réfugier dans des rêveries stériles, d’embellir leur réalité alors que l’existence d’une femme mariée s’avère sans but, sinon mener une vie obscure en élevant ses enfants. Désarroi de Frances qu’elle ne partage avec personne. Que faire d’autre quand, pour des raisons mesquines d’économie, les domestiques ont été renvoyés, qu’elle, Frances, régit une maison devenue source d’angoisse, lieu insoupçonné d’un drame inexplicable ? Que faire quand le voisinage ne cesse de surveiller vos moindres écarts de conduite ? De se questionner sur le comportement rébarbatif d’une jeune femme de vingt-six ans, encore célibataire ? Autant de degrés de révolte où se terre Frances, attendant que le monde se transforme. Monde se limitant à ses deuils, à ses nuits sans sommeil, à la méfiance que lui inspire la monotonie des jours qui passent, alors que chaque seconde contient le secret de ses sentiments exacerbés envers Lilian.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecRoman psychologique, comme seules savent les tramer les écrivaines anglaises d’hier et d’aujourd’hui. Si Virginia Woolf a révolutionné le caractère du roman britannique, l’imagination et la subjectivité, à travers sa pensée d’essayiste et de critique parfaitement structurée, la littérature féminine anglaise — de nos jours, féministe — possède un fatalisme dramatique inimitable, nous rappelant, à ce titre, certains grands films de ce pays. L’histoire ici est banale, deux femmes qui s’éprennent l’une de l’autre n’est plus proscrit par les Sylla de tout poil, mais revu et corrigé, comme on dit, par une écrivaine d’outre-Manche, le sujet livresque se transforme en un chef-d’œuvre épique auquel il est impossible de résister. On le savoure lentement au gré de nos diverses occupations, sachant que la dernière page notifie une fin irrémédiable. Derrière la porte, ne se meuvent plus que des personnages de papier composés sur mesure, pour notre bonheur de partager quelque intimité littéraire en leur compagnie.

On félicite Alain Defossé pour l’excellence de la traduction.

Aux lecteurs et lectrices francophones, on signale que cet ouvrage est disponible en France, aux éditions Denoël.

Derrière la porte, Sarah Waters
Traduit de l’anglais par Alain Defossé
Éditions Alto, Québec, 2015, 576 pages

Notes bibliographiques

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecInstallée au Québec depuis 1969, Dominique Blondeau, romancière et nouvellière, a été lauréate du Prix France-Québec/Jean-Hamelin pour son roman Un Homme foudroyé. Entre autres ouvrages, elle est aussi l’auteure de Les Feux de l’exilFragments d’un mensonge,Alice comme une rumeur, Éclats de femmes et Larmes de fond, ces cinq derniers livres publiés aux éditions de la Pleine Lune. En 2002, les éditions Trois-Pistoles ont édité son essai, Des grains de sel, dans la collection «Écrire». Elle a fait paraître des nouvelles dans plusieurs revues et collectifs et, en 1997, elle a été lauréate du Prix de la Meilleure Plume au concours XYZ. La revue de la nouvelle. Son treizième roman Une île de rêves a été publié en 2004 chez VLB éditeur. En 2008, elle a publié un recueil de nouvelles, Soleil et cruautés, dans Internet, sur le site Lulu.

Au début de 2012, elle publiait Des trains qu’on rate aux éditions numériques Le Chat Qui Louche. En 2007, elle a créé un blogue surtout consacré à la littérature québécoise, Ma page littéraire : (http://dominiqueblondeaumapagelitteraire.blogspot.com/)

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Et même si un jour je n’ai plus de quoi… un texte de Myriam Ould-Hamouda

25 avril 2017

Et même si un jour…alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Et même si un jour je n’ai plus de quoi payer le prix de mes errances solitaires, que je finis par m’y perdre pour de bon ; je n’exigerai jamais de toi que tu me tiennes la main le long du chemin. Depuis le temps que la porte n’en finit plus de claquer, je ne sais plus si c’est le monde qui m’envoie balader ou si c’est moi qui prends la poudre d’escampette et mes baskets à chaque fois que je me sens à l’étroit dans ses bras, dans mes silences et son brouhaha. Depuis le temps que mes pieds n’en finissent plus de fouler ses prairies, ses sables mouvants et son béton, je ne sais plus qui de nous deux fuit l’autre, et qui n’arrive plus à le suivre. Et si depuis quelque temps, je pars toujours si vite que je n’entends pas ce bruit au loin, celui de la porte que tes bras impuissants claquent derrière moi, ou celui de ta bouche en colère qui hurle à la fenêtre « attends-moi », parce qu’en fait tu veux bien venir ; la balade tu sais, même si je l’ai déjà faite mille fois au moins, n’a jamais ni l’air ni la chanson d’une promenade de santé : et ça m’embêterait bien que tu t’y casses le bout du nez.
Et même si un soir je n’ai plus de quoi rembourser les ardoises que j’ai laissées aux yeux, qui, le temps d’un bout de chemin, m’ont faite un peu plus forte que moi-même, je ne voudrais pas que tu fermes les tiens sur les erreurs que je n’ai pas su commettre ; et qui ne m’ont jamais fait grandir. Atteindre les hauteurs où la peur donne des ailes et où le ridicule ne tue pas, où n’être que soi c’est être plus petit que soi, la vie n’attend pas sagement que les erreurs mort-nées remontent à la surface d’un verre, que quelqu’un vide le verre et fasse claquer la porte. Calmement, que quelqu’un les traîne à ses pieds, qu’elles ralentissent son pas, et qu’il se mette en colère fort. Bêtement, qu’il se passe enfin quelque chose, mais comme à chaque fois qu’on lui pardonne et l’accepte comme elle est, la vie, elle n’en finit pas de rapetisser. Bêtement, comme il faut être bien bête tu sais, pour raconter des histoires qui parlent souvent de toi, et baisser les paupières et claquer la porte et freiner des quatre vies et de toutes les autres aussi, dès que tu tentes maladroitement d’y glisser un orteil.

Notice biographique

Chat Qui Louche maykan alain gagnon francophonieMyriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.  C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonoritJés, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.

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Miroiter et Ces mots, des textes de Marc-André Lévesque…

24 avril 2017

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecMiroiter…

Miroiter — J’ai glissé sur les eaux en m’agrippant à l’espoir. Elles ont éclaboussé tout autour de mes pas et dans l’infini du printemps. Je ne savais pas ce qu’était le bonheur avant de marcher dessus. Ça a fait comme un bruit de verre cassé. C’était un miroir qui s’est multiplié pour miroiter les images que j’avais dans la tête, plus petites, mais plus nombreuses. Le firmament s’y est laissé prendre avec les sons multipliés, eux aussi. Dans une des cassures, il y avait un univers. Parsemé de moyens de transport. Dans une autre, des chemins. Et au bout, une chevelure ondulée d’une femme au sourire voyageur. Elle s’est dégagée d’un amas de fer pour venir vers une partie de moi. Elle s’est évanouie puis elle est revenue en de multiples images plus belles les unes que les autres jusqu’à l’émerveillement total. Brisée en milliers de pièces. Belles universellement. Heureuses dans son éparpillement comme dans son ensemble. Mon éparpillement a rencontré le sien, j’ai trouvé son oreille attentive et lui ai susurré des mots de rassemblement.

Ces mots… — Au fur et à mesure, je compte les mots qui tombent encrer sur le blanc de ma alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecfeuille. D’abord peu nombreux, soulignant la brièveté de mes soucis, ils s’accumulent ensuite pour faire des explorations de sentiments qui débordent les frontières de mes pensées. Des éclairs électriques arrivent à mon cerveau, leurs mouvements me projettent des images qui demandent que je raconte leur histoire. Je les dépose délicatement sur un écran, je les agence pour que nous puissions nous envoler vers un monde réel et que ce monde soit le plus confortable qui soit, dépourvu des mensonges ordinaires. Je scrute mes neurones à la recherche des petites choses qui m’auraient échappé. Il m’arrive d’en trouver et alors je les fais porter par des verbes qui les rendent visibles. Je m’enivre de bonheur, mais je sais qu’il n’est que d’occasion et que nos asservissements nous guettent à chaque coin de nos idées, souvent là où on les attend le moins. Je sais que chacune de nos pensées est scrutée par des esclaves qui ont oublié qu’ils l’étaient.

L’auteuralain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Né à Saint-Ulric, près de Matane, sur la rive sud du fleuve, j’ai été créé par les images de ce désert d’eau qui change de forme selon les saisons.  Je lancerai bientôt (le 23 novembre) Des mots sur des couleurs, mon premier recueil de récits, en collaboration avec l’artiste peintre Pierre Morin de Varennes qui appartient, tout comme moi, aux paysages de la Matanie, mon pays, mes amours.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Des odeurs d’enfer. un texte de Chantale Potvin…

23 avril 2017

Des odeurs d’enfer

 

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La chaleur était insoutenable. Je ne comprenais pas pourquoi j’étais là. J’entendais des bruits étranges, mais familiers. Ma mère peut-être ! Mon père ? Tout était très sourd et je me sentais de plus en plus inconfortable dans ce lieu trop petit pour déplier mes jambes que je devais tenir entre mes bras pour ressentir un peu de confort.

J’avais très envie de pleurer. Je grelottais même s’il faisait très chaud, mais personne ne venait à mon secours. J’étais incapable de hurler et j’étais bien trop petit pour vivre une si épouvantable terreur. Je ne me voyais pas, je n’avais pas les mots ou les connaissances, mais je savais que j’étais petit et fragile…

Soudain ma tête tourna vers le bas. Je sentis dès lors tourner le sang qui me chauffait les oreilles et le nez puis remplir mes lèvres, qui devaient être toutes gonflées et bleuies. Volontairement, je fermai mes yeux pour ne pas discerner la noirceur qui m’effrayait comme les gros vampires et les monstres les plus horribles, ceux qui n’existent que dans les livres. Je voulais tant voir la lumière. Où étais-je et pourquoi étais-je incapable de recevoir juste un tout petit peu de clarté pour me rassurer et pour donner une chance à mon pauvre cœur affolé qui battait la chamade ?
Depuis combien de temps étais-je là ? Je ne saurais répondre. Tout ce que je sais, c’est que j’étais transi, apeuré, mourant et que le lieu trop étroit m’empêchait de respirer. Une toute petite musique, douce comme un ruisseau, me donna l’espoir que quelqu’un passerait par là, par un hasard incroyable, humerait ma présence et me sortirait des antres de la noirceur lugubre de cette prison qui serait peut-être mon tombeau.

Un bruit de cliquetis et de tonnerre plus fort que tous les autres me fit croire pendant quelques secondes que des hommes armés embrayaient leurs mitraillettes. Où suis-je ? Comment puis-je analyser ma situation dans cette pièce qui sent la poussière et où il n’y aurait même pas assez d’air pour qu’une mouche y survive ?

Je pleurais en silence en entendant ma maman qui se lamentait en hurlant mon prénom. Sébastien ! Sébastien ! Elle avait le ton de ces gens qui souffrent et qui ont mal aux entrailles. Je lui avais fait mal ! Cette voix douce était mon seul salut.

J’espérais si fort, j’étais épuisé. J’allais mourir avec les lamentations de ma mère et les bruits de l’ambulance ou de la police en sourdine. Ces derniers bruits m’accompagneraient jusqu’à ma mort. Je tenais maintenant très fermement mes jambes, je fermai très fort les yeux, je priai une ou deux fois le petit Jésus et Marie, la maman du monde.

Je tins bon comme le meilleur petit garçon de trois ans du monde jusqu’à ce que ma mère en larmes et deux policiers ouvrent enfin la porte de la sécheuse !

Notice biographique

Née à Roberval en 1969, Chantale Potvin enseigne le français de 5secondaire depuis 1993. Elle a publié cinq romans soit :

-Le génocide culturel camouflé des indiensalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

-Ta gueule, maman

-Les dessous de l’intimidation

-Des fleurs pour Rosy

-T’as besoin de moi au ciel ?


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