Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

1 septembre 2014

          L’appel de la maternité

Maude

        Son ventre de lune pointait l’absolu.  Maude était étendue sur le lit qui épousait les courbes de son corps.  Elle se détendait, fermait les yeux, le temps de me laisser visualiser le tableau.  Moi, l’artiste, j’allais peindre cette femme, cette amie, qui allait donner la vie !  Ce moment unique et partagé me donnait le privilège de rendre sur papier la splendeur de la maternité.

           Le rideau diaphane filtrait la lueur du jour.  C’est au moment précis où un rayon de lumière fit scintiller ses seins et son ventre lourd que je lui suggérai de conserver cette position.  Ses cheveux courts balayaient son front, lui conféraient un style original et affirmé.  L’ensemble de la scène m’imprégnait d’un état de grâce.

           Avec mon pinceau, je faisais danser les pigments et l’eau pure sur la feuille de papier, tout en discutant.  J’ai pensé qu’une partie de son histoire pourrait intéresser…

           Adolescente, Maude avait une vision assez catégorique de son avenir.  Elle affirmait ne pas désirer d’enfants.  Les raisons qui l’emmenaient à penser ainsi étaient les suivantes : elle ne voulait pas offrir à un enfant une terre où règnent la consommation excessive, la corruption, la pollution, l’injustice, la pauvreté, le capitalisme, l’individualisme.  Les gestes qu’elle posait entraient en contradiction avec son pessimisme.  Elle disait souvent :  « Quand on en a la volonté, il est possible d’améliorer sa santé…  Tout comme, ensemble, il est possible d’améliorer celle de notre environnement.  »

             Au début de la vingtaine, elle ressentait un « vide » à l’intérieur d’elle-même.  Un désir puissant la dominait : l’appel de la maternité.  Au-delà de tout, elle était convaincue que l’enfant qu’elle porterait allait être entre bonnes mains.  Dans sa tête, les questionnements se bousculaient.  Elle changea donc d’opinion sur la procréation : n’était-ce pas le rôle premier de la femme que de donner la vie ?

              C’est alors qu’un premier, puis un deuxième bambin, dont les grossesses n’avaient pas été orchestrées, virent le jour.  Maude croit que l’enfant choisit sa mère, qu’il vient à elle pour la faire s’épanouir et faire évoluer son âme.  Elle a toujours fait confiance à la vie et ses « enfants surprises » sont les éléments essentiels de sa grande richesse.

              La jeune famille a vécu en pays étranger pendant plusieurs années.  Diverses raisons ont provoqué la séparation d’avec son conjoint.  Battante, elle gardait l’espoir de se rebâtir un monde et décida de rentrer au bercail, près des siens.

               C’était un de ces jours de printemps, où l’air frais nous envoûte, qu’elle recroisa le regard d’un homme qu’elle connaissait depuis toujours.  Ne le voyant plus comme un ami, mais bien comme celui qui contribuerait à sa joie quotidienne, elle se sentit comblée, amoureuse.  Le temps a prouvé qu’elle avait raison.  Dix ans avaient passé depuis la naissance de sa seconde fille.  Et, en ce jour, Maude s’apprête à cajoler son troisième enfant.

               C’est par choix et avec plus d’expérience qu’elle recommence l’aventure.  Ce qui est certain, c’est que peu importe quand et comment elle y est parvenue, le bonheur indescriptible d’accueillir son enfant est le même !

       Virginie Tanguay

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle estVirginie Tanguay près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Panne d’écriture et Wittgenstein, par Alain Gagnon…

31 août 2014

Panne

young business man sleeping on the laptopÀ cet auteur en panne qui m’écrit : « Chaque matin, la seule pensée d’ouvrir mon ordinateur et de me retrouver devant l’écran blanc me terrorise. Mon roman est bloqué. Je cherche, cherche, sue, réfléchis, fais de longues promenades… Rien ! Le texte m’apparaît irrémédiablement dans une impasse. »

Tu prends tout à l’envers, camarade. Cesse de réfléchir ! Ce qui écrit en toi est beaucoup plus intelligent et créatif que toutes tes réflexions. C’est le fait même de t’asseoir devant l’écran et de faire aller très concrètement tes doigts sur le clavier qui résoudra tes problèmes d’écriture. Attendre d’avoir découvert « la solution » par des marches ou des méditations tourmentées est une ineptie. Ce sont les mots écrits pour vrai qui attirent les autres mots, ce sont les phrases qui attirent les phrases, les paragraphes qui engendrent les paragraphes, les chapitres, etc.

C’est en écrivant qu’on dénoue les problèmes d’écriture.

(Le chien de Dieu. Éd. du CRAM)

Wittgenstein

 Insomnie. Une bonne partie de la nuit à tourner et à retourner dans ma tête quelques passages des Remarques mêlées de Wittgenstein.

Notamment :

Si quelque chose est bon, alors c’est également divin. Voilà qui, étrangement, résume mon éthique.

Seul quelque chose de surnaturel peut exprimer le surnaturel.

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Je pourrais dire : Si le lieu auquel je veux parvenir ne pouvait être atteint qu’en montant sur une échelle, j’y renoncerais. Car là où je dois véritablement aller, là il faut qu’à proprement parler je sois.

Ce qui peut s’atteindre avec l’aide d’une échelle ne m’intéresse pas.

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C’est une grande tentation que de vouloir rendre l’esprit explicite.

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Le rapport entre un film d’aujourd’hui et un film d’autrefois est comme celui d’une automobile d’aujourd’hui avec une automobile d’il y a vingt-cinq ans. L’impression qu’il donne est tout aussi ridicule et inélégante, et l’amélioration du film correspond à une amélioration technique, comme celle de l’automobile. Elle ne correspond pas à l’amélioration – si l’on ose employer ce terme dans ce cas – d’un style d’art. Il doit en être tout à fait de même dans la musique de danse moderne. Une danse de jazz devrait donc se laisser améliorer comme un film. Ce qui distingue tous ces développements du devenir d’un style, c’est que l’esprit n’y a point part.

Opinion que je ne partage pas – je viens de revoir Atlantic City de Louis Malle… Mais opinions qui ouvrentVR_13_2_p10_Wittgenstein-Book-Cover_web tout de même des perspectives à la réflexion. Malgré les fulgurances de Wittgenstein, j’abandonne la lecture de ce livre pour la deuxième fois – je devrais écrire la seconde, car il n’y en aura pas de troisième. Je comprends ce qui ne va pas chez lui : il ne respire pas, donc il ne fait pas place à la musique – ni à la sienne ni à celle du lecteur. Pas d’atmosphère, pas d’empathie par où communiquer. Tout comme chez Agatha Christie dont je n’ai jamais pu terminer un seul roman.

(Le chien de Dieu, Éd. du CRAM)

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

30 août 2014

L’idole du crépuscule

 img036Liquide ou aérien, tu tournoies, frôlé par le souffle ou touché par la grâce.  Tu tournoies et les lumières de l’autre rive, prises en kaléidoscope par ce nouveau regard que tu ne connaissais pas, se transforment en feu d’artifice silencieux, en étoiles sublimes qui ne veulent qu’une chose : choir dans les eaux du lac pour apaiser leur feu.  Tu montes et l’air plus froid décuple ton ivresse.  Tu ne touches pas le ciel : tu es le ciel.  Tu recouvres le monde avec indifférence, soucieux seulement de ta légèreté.  Tout se déleste de sens, de nécessité, de vie lourde.  La folle spirale dans laquelle tu es pris n’a d’autre sens que l’infini tournoiement aux confins des limbes embués.  Pareil à un cyclone qui se gonfle de puissance au gré de son chemin, tu tournes avec encore plus de force, ivre, tu n’es que ronde au-dessus du lac, au-delà aussi, somptueuse rotation, plus de haut, plus de bas, seulement la virevolte à en perdre la raison.  La raison, tu ne sais plus, tu ignores totalement ce que veut dire le mot.  Les mots.  Les mots se perdent, se vident, et seule la sensation demeure.  Le langage se meurt ; tu ne sais même plus si tu existes – tu n’as, après tout, aucune consistance, aucune parole.  Tu tournoies simplement, emportant dans ta valse endiablée chaque poussière qui traîne, chaque étoile qui luit.  La nuit, finalement, n’a plus grande importance, car il semblerait bien que ta ronde infinie te transforme en lumière.  Si le mot existait encore, s’il avait quelque signification dénuée de limites, tu te prendrais pour Dieu, mouvement tout-puissant qui n’a que faire du monde.  Le monde.  Le monde semble loin, les hommes inexistants ; il n’existe qu’un noir bleuté, profond, épais et froid vers lequel tu t’élèves et ton incroyable feu y propage ses ardeurs.  La nuit devient souvenir, la terre grain de sable et rien n’a d’importance que la perpétuelle danse qui te possède.  Toucher le ciel.  Être le ciel.  Gober l’obscurité.  Extase et plus qu’extase.  Au-delà de tout, du rien, au- delà, au de l’au de, au d, au, a…

  Sentir, surgie du vide, une douleur magistrale transpercer ce qui jusqu’alors n’existait plus.  Ton corps redevient poids, ton corps t’appelle et, des cimes où tu étais, là où le froid glacial devenait pure caresse, son cri déchire le ciel.  Chute vertigineuse.  Souffle coupé.  Immensité de la peur – comme mourir, comme partir.  Souffrance inattendue, aiguë, naître doit ressembler à cela.  Respirer.  Ouvrir la bouche sans savoir qu’elle est bouche.  Sentir le froid sur la peau, sans savoir ce qu’est la peau.  Inspirer sans comprendre.  Expirer.  Le souffle chaud qui s’échappe de tes lèvres se matérialise en une buée légère.  Tes bronches brûlent, souffrent d’exister de nouveau, s’habituent douloureusement, comme ta bouche, comme tout ton être qui semble, par endroits, avoir égaré quelques fonctions vitales.

 Et tes paupières qui se soulèvent pour voir tes mains sortant de la couverture, bleuies par le froid, presque35490 mortes peut-être.  Ton corps.  Tu ressens sa lourdeur, un goût de vie dans ta bouche.  Au sol toujours le livre que tu as laissé tomber.  L’air glacé de la chambre achève de te réveiller, de te faire renaître.  Il va falloir bouger si tu ne veux pas que, demain, le personnel de l’hôtel découvre un fou mort de froid, avec Nietzsche à ses pieds.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge Déclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade(roman) aux Éditions Philippe Rey.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Un texte de Jean-Pierre Vidal…

28 août 2014

L’art perdu dans le paysage

Fortinbras : Where is this sight? 

Hamlet, acte V, scène 2

 Plus que Debord, dont la pensée sociopoétique, malgré sa fulgurance, ne permet plus d’appréhender ce qui caractérise les sociétés postmodernes ou postindustrielles, c’est à Heidegger qu’il faut sans doute d’entrée de jeu faire appel. Sa célèbre formule selon laquelle « on ne peut pas vivre sans se représenter » permet mieux de comprendre l’origine de l’affection qui frappe nos sociétés où, dans l’hystérie généralisée, tout n’est plus que symptôme. Mais un symptôme à ce point déconnecté de son mal, indépendant et comme auto-engendreur qu’il faudrait parler, avec Baudrillard cette fois, de « précession des simulacres ».

 Car, à force de vitesse, la représentation précède désormais la vie, comme le simulacre a devancé ce qu’il simule au point d’en annuler la nécessité. Nous sommes passés désormais au-delà de la société du spectacle : quand tout est spectacle, plus rien ne l’est et ce paradoxe est sans doute au cœur de l’indifférenciation totale dans laquelle nous sommes englués, aux plans axiologique, éthique, politique, mais aussi esthétique.

 La ruée universelle à l’étal des réseaux sociaux où chacun s’expose avant même de considérer l’autre, quelque autre que ce soit, comme si le cyberespace suffisait à le matérialiser, sature le lieu même de l’altérité au point de l’abolir. Sur cette scène où tout, absolument, se présente, rien n’a lieu faute de saillance, comme dirait Abraham Moles.

 [...]

 L’excentrique est devenu intrinsèque, il fait partie du quotidien de nos yeux, meuble notre imaginaire et jeff_koons-p2la pub en fait ses choux gras, comme de la flamboyante épithète de toute consommation. Quel spectacle en pourrait jamais naître ? Qu’est-ce qui pourrait bien, désormais, attirer le regard ? Et qui donc accepterait de simplement contempler, quand la participation est une injonction sociale et une passion collective ? Quand le faire a supplanté le voir ?

 Puisque toute distance, même de soi à soi, est abolie ; tout recul interdit, tout délai refusé, nous sommes collés à la masse par la force centripète qui anime nos civilisations. L’unanimité, même fallacieuse, est notre destin, la conformité notre horizon. Car la massification est le moteur même de la société postspectaculaire que nous vivons comme la forme extatique de la société de consommation et qui nous hante comme le spectre transi de la civilisation postindustrielle. Cette condamnation au conformisme et au confort que le nombre victorieux nous impose en tous domaines et dans toutes fonctions, fait imploser le moi, éparpille le sujet devenu simple poussière de masse, particule animée des mouvements browniens d’un déterminisme agissant pour le plus grand bien de l’espèce. C’est du moins ce dont on veut à toute force se convaincre pour garder une infime lueur d’espoir.

 Mais l’art dans tout ça ? Eh bien, horresco referens, comme disait Virgile, il fait pire que témoigner : il abonde, il concourt, il contresigne. Et semble même s’en réjouir.

 D’un art qui ne serait plus que symptôme

 Rien ne se vit plus, tout s’affiche. Rien ne se fait plus, tout se désigne ou, pire encore, se « propose », comme s’il fallait que tel Dieu, le badaud, le chaland, le client dispose ; cette modestie prostituée prétend montrer que l’artiste ne se prend pas pour un autre et s’en remet à l’anonyme tout puissant pour lui dire ce qu’il a fait et s’il s’agit bien d’art. Tout au plus parviendra-t-il, cet artiste qui fait tout pour se faire oublier, à protéger son intégrité en prétendant que c’est justement cette question qu’il veut poser au spectateur et que cette question, justement, « remet en cause le regard » selon la formule consacrée. Mais quel regard ? Qui, encore, de nos jours, regarde ? Où donc est ce spectacle, comme dirait Fortinbras repris par Hubert Aquin, dans Neige noire ?

[...]

L’art moderne, en règle générale, tendait vers un rapprochement critique de la vie, affublée d’une valeur de vérité indépassable, mais en même temps inatteignable ; il se mesurait à ce réel « impossible », comme disait Lacan, par toutes sortes d’artifices, mais non perçus comme tels, marqués et même occultés qu’ils étaient par des valeurs de quête perceptuelle et même d’ascèse. L’art postmoderne, poussant encore plus loin l’illusion, est dans la vie, tout en prétendant s’en déprendre (ah ! Ces naïves prétendues remises en cause du quotidien, du kitsch, du regard !). Pris et même dissous dans cette illusion idéologique qu’on appelle la vie, la vraie vie du vrai monde, dans sa quotidienneté, son insignifiance, son immédiateté, il n’est plus que l’arbre englouti par la forêt que jusqu’à présent il cachait encore. Je veux dire par là que ce qui était autrefois l’exception incluse — l’art a toujours fait partie de la vie, comme toutes les activités et les constructions intellectuelles ou même imaginaires de l’homme — est devenu une des applications de la règle : les joyeux internautes qui s’épivardent sur le Web « proposent » eux aussi, de plus en plus, des créations, purement ludiques, solipsistes et illustratives qui ne se distinguent de certaines œuvres ou pratiques dûment reconnues que par le label officiel qui leur manque.

 Notre art désormais, de quelque vocable qu’on l’affuble, postmoderne ou hypermoderne, s’est perdu dans le paysage, noyé dans la masse, volatilisé dans l’air du temps. Lorsqu’on lui cherche une caractéristique qui ne serait pas le tout-venant, on ne trouve que des étiquettes médiatiques aptes à définir bien des choses, somme toute, et qui ne sont jamais que l’appellation contrôlée du présent présentable : « jeune, urbain, festif ». S’il ne présente pas ces caractéristiques, l’art actuel ne passe pas la rampe de la conscience publique, du moins celle que joue la critique dont chacun sait qu’elle représente maintenant le public — on aurait dit autrefois qu’elle représentait, au contraire, l’œuvre et l’artiste auprès du public — lequel public, on le constate chaque jour et en toutes circonstances, s’en soucie comme d’une guigne.

 [...]

Or l’art a toujours consisté à se mesurer à l’éternité, pas à se contenter du présent, et encore moins à se limiter à l’instantané ou au ponctuel.

 Pour reprendre l’analyse de Walter Benjamin, l’aura de l’œuvre, liée à l’ici-maintenant et modifiée voire même liquidée par la reproductibilité technologique voit sa possibilité même — sauf dans l’art éphémère, tentative désespérée de rétablir cette aura, dont on peut dire sans doute qu’elle doit son existence à cette prise de conscience — remise en cause par ces transformations qui arrivent au sujet contemporain et font, notamment, que sa part extérieure, sa capacité d’extériorisation d’une partie de lui-même se trouvent modifiées au point d’inverser les réalités : inversion des valeurs de la tradition occidentale, la part extérieure est désormais garante de l’intériorité qui, à la limite, s’y résume. Le sens et la fonction de la représentation changent ainsi complètement dans une société sous l’emprise de ce qu’un psychologue contemporain a appelé l’« extimité », cette intimité réversibilisée.

[...]

Figures mêmes de cette évidence, l’émotion et la technologie ont remplacé toute considération esthétique dans l’attente du public et parfois même dans le désir de l’artiste. Dans son rapport à l’art, l’homme est ainsi pris entre le biologique et la machine qui lui dictent ses besoins et ses rêves.

 Du discernement

 camillo3Peut-être les Grecs pourraient-ils, une fois de plus, nous fournir le carrefour épistémique d’où faire partir une pensée de notre avenir, eux qui inventèrent le théâtre, notre modèle de tout spectacle, et la démocratie où la représentation est la marque même de l’altérité conjuguée, et surtout eux pour qui l’apparition d’un dieu et le cérémonial d’un songe appartenaient à la même réalité, tout aussi « réelle » que celle du quotidien. C’est ce dont témoigne d’ailleurs le terme phantasma (apparition, vision, songe, et surtout image offerte à l’esprit par un objet) et ce qu’en a fait le français.

 Qu’on se souvienne de ce que disait Deleuze des simulacres tels qu’ils conditionnent désormais notre rapport au monde et à l’Autre : « Le simulacre n’est pas une copie dégradée, il recèle une puissance positive qui nie et l’original et la copie, et le modèle et la reproduction(…) La simulation c’est le phantasme même, c’est-à-dire l’effet de fonctionnement du simulacre en tant que machinerie, machine dionysiaque… » (Logique du sens, Éditions de Minuit, p. 302-303 ; c’est moi qui souligne).

 [...]

Déjà il ne s’agit plus pour nous d’appréhender une situation, une chose, un évènement, il s’agit d’en être. L’art n’est plus un horizon qui se fait ou se contemple, c’est un état qui se vit et comme tel, c’est un lieu d’indifférenciation où le sujet s’abolit. La conséquence logique de cette fusion devrait être qu’il n’y a plus ni art ni artiste, mais des modalités de l’être, individuel aussi bien que collectif. Cependant, l’atavisme couplé aux revendications proprement corporatistes qui ont mené au « statut de l’artiste » fait que cette étape ultime n’est pas franchie et que nous en restons à un stade où chacun se proclame capable de faire ce que certains produisent encore « officiellement » tout en ayant soin de déclarer qu’ils n’ont aucun droit particulier à le faire et que la réponse, en forme de verdict, appartient au récepteur. D’ailleurs, Duchamp a brouillé sur ce plan définitivement les pistes. Ne restent, imbécilement souverains et irréductibles, qu’une volonté, un désir, un choix : est art ce que je décide de proclamer tel, qui que je sois et quelle que soit la chose. Et même si elle n’est pas mon fait, ô, R. Mutt !

 Dans la rue, à moins qu’une petite troupe de complices ne l’entoure (et encore !), une performance, aussi dérangeante se veuille-t-elle, n’est jamais pour un passant innocent qu’une de ces extravagances inexplicables, mais insignifiantes dont la ville du XXIe siècle est coutumière. On y jette à peine un regard en passant et rien n’en est ébranlé.

[...]

Où donc est le spectacle, quand l’artiste est lui-même le théâtre de ses gestes et de ses émotions, la scène mobile de ses parcours sans bornes ? Et quand le spectateur brûle lui aussi les planches du feu de l’interactivité et de la participation ?

 La célèbre question de Gauguin sur la trajectoire humaine ne s’entendrait plus maintenant que dans la forme, plus radicale encore, d’un « où sommes-nous ? »

 Et seul l’art encore en pourra, comme toujours, formuler la réponse. Telle une cérémonie sans cesse reconduite du discernement et de la distinction.

 Jean-Pierre Vidal

(Nous avons le plaisir de reproduire ce texte de réflexion de Jean-Pierre Vidal.  AG)

Notice biographique

Écrivain, sémioticien et chercheur, Jean-Pierre Vidal est professeurémérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis sa fondation en 1969.  Outre des centaines d’articles dans des revues universitaires québécoises et françaises, il a publié deux livres sur Alain Robbe-Grillet, trois recueils de nouvelles (Histoires cruelles et lamentables – 1991, Petites morts et autres contrariétés – 2011, et Le chat qui avait mordu Sigmund Freud – 2013), un essai en 2004 : Le labyrinthe aboli – de quelques Minotaures contemporains ainsi qu’un recueil d’aphorismes,Apophtegmes et rancœurs, aux Éditions numériques du Chat qui louche en 2012.  Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (SpiraleTangenceXYZEsseEtc,Ciel VariableZone occupée). De plus, il participe occasionnellement, sous le pseudonyme de Diogène l’ancien, au blogue de Mauvaise herbe.  Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec–Société et Culture (F.R.Q.S.C.).

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Balbutiements chroniques, par Sophie Torris…

27 août 2014

Hommage à mon maître queux

Cher Chat,

Aujourd’hui, même si je commence à avoir de la bouteille, j’ai peur de rester en carafe. Je pourrais vous proposer ducuisiniere réchauffé, mais vous resteriez sur votre faim, n’est-ce pas ? N’allez pas croire que je ne suis pas dans mon assiette ni que je veux rendre mon tablier. Non. En fait, si j’ai peur de me prendre une gamelle, c’est tout simplement parce que mon mari est actuellement absent.

Vous pensiez que j’écrivais seule ? Et bien, il est grand temps que je mette les cartes sur table. La recette du succès de ces chroniques tient à une collaboration avec mon maître queux. Bref, comme je ne peux pas le cuisiner en ce moment, je crains de ne produire qu’un court-bouillon et je ne voudrais surtout pas que vous me consommiez avec modération.

Mais passons cette révélation à la moulinette, voulez-vous ?

Dès mes premiers balbutiements, je me suis rendu compte, Le Chat, que vous aviez un sérieux coup de fourchette et après quelques mois à accommoder mes restes, le soufflé est malheureusement retombé ! J’aurais pu, comme aujourd’hui, vous convier à la fortune du pot, mais j’avais trop peur de faire un four.

C’est alors que j’ai invité mon mari à passer à la casserole en me disant qu’ainsi, vous feriez sans doute bonne chère. Je n’avais pas tort et c’est ainsi que depuis, je mets mes petits plats dans ses grands plats.

Je le cuisine généralement le samedi matin et alors que nos lardons dorment encore, il met généreusement la main à ma pâte. C’est lors de ces discussions toujours gargantuesques, quand on commence à casser la croûte de sujets divers et variés, quand on épluche nos tranches de vie et qu’on s’amuse à constater qu’on a toujours du pain sur la planche, que je me rappelle pourquoi je suis sa mie. Et pourtant, on ne mange pas du même pain. Il est table d’écoute, je suis batterie de cuisine, il est gastronomie, je suis pique-nique, il est marmite, je suis passoire, il est faitout, je suis cocotte, il est pomme de terre en robe de chambre et je suis patate sautée. Il mijote et moi, je boue. Pensez-vous que notre couple est grillé pour autant ?

Et bien, voilà que j’ose quand même une question. Je tenterai d’y répondre, voulez-vous, Chat ? Seule et à la bonne franquette.

Il semblerait donc que pour avancer main dans la main, il vaille mieux regarder dans la même direction. En effet, il est sans doute plus facile de faire face à sa couvée de durs à cuire quand on mitonne dans les mêmes valeurs éducatives. Mais, encore faut-il avoir envie de se dépasser en tant que parents. En étant identiques, ne perd-on pas justement les raisons de s’ouvrir l’esprit et donc de faire mieux ? Et puis, si on est pareils, même téflon, comment peut-on s’attacher à l’autre ? Ne pensez-vous pas qu’on s’ennuierait si on ne pouvait pas de temps en temps cracher dans la soupe de l’autre, si on n’avait pas eu une fois envie de lui offrir un bouillon de sept heures, si enfin on devait constamment mâcher nos mots et faire table rase de nos différences ? Pour moi, la différence dans le couple n’est pas un défaut. Bien au contraire, les défauts font la différence parce que ces divergences invitent à la surprise. La part de mystère a son charme, non ? N’est-il pas préférable que l’amour soit une alchimie plutôt qu’une science des relations ? Et n’est-ce pas parce qu’on pense autrement qu’on peut se compléter ?

humour-cuisine-hop-cocotte-imgEnfin, c’est parce qu’on peut confronter nos tables des matières que je le cuisine régulièrement pour vous. N’allez pas croire qu’il me mène à la baguette, il me laisse souvent chanter comme une casserole et puis finalement, je me rends compte que c’est souvent dans ses vieux pots que je fais les meilleures soupes !

J’aime ces samedis, ces petits matins qu’on épluche ensemble devant un bol d’optimisme. Le café a toujours bon goût tandis que je l’invite à mettre les pieds dans votre plat. C’est un joyeux bouffe-en-train, alors, vous pensez bien que je n’en perds pas une miette. Il me reste ensuite à émincer le tout et à l’assaisonner, car le secret de ces balbutiements est aussi dans ma sauce.

Sophie

Notice biographique

Sophie Torris est d’origine française, Québécoise d’adoption depuis dix-sept  ans. Elle vit à Chicoutimi, y enseigne le théâtre dans les écoles et l’enseignement des arts à l’université. Elle écrit essentiellement du théâtre scolaire et mène actuellement des recherches doctorales sur l’impact de la voix de l’enfant acteur dans des productions visant à conscientiser l’adulte. Elle partage également une correspondance épistolaire avec l’écrivain Jean-François Caron sur le blogue In absentia. (http://lescorrespondants.wordpress.com)

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Billet de Maestitia, par Myriam Ould-Hamouda…

26 août 2014

Le super héro

Dehors, il y a le monde qui défile à vitesse grand V. Au rythme effréné de l’aiguille du cadran. Et cette foule qui s’yJusticeLeague emmêle harmonieusement, à peine essoufflée. Dedans, de l’autre côté du carreau embué, il y a Nicolas. Nicolas qui ne sait plus très bien. Si c’est le monde qui va trop vite. Ou si c’est lui qui est trop lent. A ne jamais pouvoir s’y emmêler à son tour, comme cette foule qui ondule en tous sens. Cette foule enchantée aux cinq sens un peu trop sages.

Les siens, de sens, ne jaillissent jamais qu’avec rage. Une rage féroce. Une rage de vivre. Qui ne lui laisse aucun répit. Jamais. Comme si le monde résonnait en lui par un amplificateur mal réglé, Nicolas ne ressent plus les choses qu’avec excès. Il a vécu mille fins du monde. Des tremblements de terre. Des ouragans. Des tsunamis. A touché du bout des doigts le soleil. À s’y brûler les ailes, toujours. A décroché la lune mille et une fois. Il voit/entend/sent ce que personne ne verra/entendra/sentira jamais. La silhouette qui disparaît contre l’horizon. Le mot jamais dit. Le parfum désuet. Alors parfois, Nicolas a l’impression de devenir fou en ce monde aseptisé qui ne sait ressentir.

Dans la rue, les passants le montrent de l’index. Celui qui ne rit que trop fort. Celui qui ne pleure qu’à grandes eaux. Celui qui s’enflamme un peu trop. Celui qui s’enferme bien trop tôt. Dans la rue, comme il aimerait brandir le majeur. À ceux-là qui le montrent du doigt, et ne vivent qu’à moitié. Avec leur vue/toucher/ouïe/goût/odorat au rabais. Avec leur monde qui traîne les pieds. S’ils savaient, ces demis-là, cet insatiable théâtre qui se joue en lui, au bord de leurs rues. Ce grand huit perpétuel qui le balance de haut en bas. De gauche à droite. Qui tantôt le porte. Au plus haut. Ce haut qu’ils ne sauront jamais atteindre. Qui tantôt l’enfonce. Au plus bas. Ce bas où ils ne s’écraseront pas.

Ce bas qu’il rejoint à chaque doigt qui vient s’écraser contre lui. Chaque doigt qui ne rejoint pas sa fête intérieure. Chaque doigt qui ne perce pas sa bulle maussade. Chaque, ou presque. En réalité, les doigts des quidams de passage ne lui importent plus. Ou si peu. Mais ce matin, c’est son doigt à Elle qu’il a vu pointer en sa direction. Quand, porté par son indicible monde, la bouche de Nicolas a malencontreusement laissé s’échapper un mot. Un mot un peu trop lourd. De sens. De sens en rage. Un mot qui pesait depuis trop longtemps sur ses frêles épaules. Ce mot jamais dit, ni même deviné par ce monde à la cataracte exacerbée. Ce mot qu’il avait choisi de libérer enfin, dans le creux de ses bras, à Elle. Parce ce qu’Elle n’était pas de ces demis-là, aveugles et sourds. Et depuis quelques mois qu’ils en échangeaient, des mots, il lui semblait qu’Elle pouvait enfin entrer dans sa ronde. Cette ronde jamais partagée. Avec quiconque. Mais, ce mot-là est venu s’écraser contre le macadam froid. Sans autre écho qu’un rire éphémère. Son rire à Elle, qui pointait du doigt ce mot-là.

Alors, à cet instant, Nicolas a encore déployé sa coquille, dont il s’était délesté un instant. Un fragile instant. Elle n’a pas compris. Ni sa mine défaite. Ni ses larmes retenues qui débordaient pourtant déjà. Ni cette colère qui semblait jaillir de nulle part. Ni ces autres mots, violents, eux, qui ont suivi. Je ne veux plus jamais te voir. A hurlé Nicolas. Alors, Elle est restée là, sur le macadam froid. Avec ce premier mot qui avait semé le trouble en lui, entre eux deux. À le regarder s’éloigner soudain, sans comprendre ce qui avait bien pu se passer. Entre le moment où ses yeux pétillaient encore et celui où ils étaient devenus noirs et rouges à la fois. Et Nicolas s’est laissé porté par ses deux jambes sans savoir où. Droit devant. Loin. Loin d’Elle à qui il avait ouvert sa bulle un instant. Elle qui l’avait fait éclater par ce rire inopportun. Elle qu’il détestait à présent. Elle qui lui manquait pourtant déjà.

Dehors, il y a le monde qui défile à vitesse grand V. Au rythme effréné de l’aiguille du cadran. Et cette foule qui s’y emmêle harmonieusement, à peine essoufflée. Dedans, de l’autre côté du carreau embué, il y a Nicolas. Nicolas qui oscille sur le fil de sa vie. Qui ne sait plus très bien. S’il doit encore retenir sa main qui ne demande qu’à saisir le téléphone. S’il doit encore retenir sa bouche qui ne demande qu’à crier Pardon, reviens ! S’il doit tirer un trait définitif sur cette Traîtresse qui fait déjà beaucoup trop partie de sa vie. Sur cette Déesse dont il distingue les traits partout. Sur son plafond. Sur les lames du plancher. Sur cette toile jadis vierge où il déverse sa haine et son amour. Sa tristesse. Sa félicité. Son angoisse. Sa sérénité. Sa force et sa faiblesse.

Toc. Toc. Toc. Trois Tocs viennent déranger Nicolas perdu en son labyrinthe intérieur. Sa rage dissimulée qui remue son intérieur. Son cœur. Ses poumons. Sa tête. Son foie. Nicolas est fou. Fol amoureux. Fou furieux. Et tellement seul, avec pour seule compagnie cette sourde folie. Qui le force à envoyer valser tout ce qui pourrait rappeler sa Belle dans sa chambre exiguë. Des photos. Des lettres. Des trucs sans importance empreints pourtant de tout. Qui fait jaillir enfin toutes ces larmes retenues en un torrent enragé. Qui le fait se tordre en une douleur infinie sur le bord du lit.

004-hotel-radisson-enfant-bulle1Toc. Toc. Toc.

Oui ?!

–   Nico, je peux rentrer ?

–   Qu’est-ce que tu veux, Ben ?

–   C’est papa, il m’a dit de te dire que le manger est prêt.

–   J’arrive.

–   Tu pleures ? Ça va pas, Nico ?

–   Si, si, ça va. T’inquiète pas p’tit frère.

–   J’aime pas quand t’es comme ça. Tu veux un câlin tout doux comme faisait maman ?

–   Ça va aller. Il paraît que c’est une question d’hypersensibilité.

–   Hyper quoi ?

–  Hypersensibilité. Tu vois, c’est un peu comme si j’avais des super pouvoirs qui me font sentir un peu trop les choses. Et parfois, ça remue un peu trop, voilà tout.

–   Ah, mais c’est génial ! T’es un super héros alors !

Nicolas esquisse un sourire. Super héros, ce n’est peut-être pas si mal, après tout.

Notice biographique

Myriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.  C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonorités, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.  Récemment, elle a créé un blogue Un peu d’on mais sans œufs, où elle dévoile sa vision du monde à travers ses mots – oscillant entre prose et poésie – et quelques croquis,  au ton humoristique, dans lesquels elle met en scène des tranches de vie : http://blogmaestitia.xawaxx.org/

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

24 août 2014

Conseils pour courir et/ou perdre du poids

Il y a deux ans, j’ai commencé à courir, et j’ai regagné peu à peu une forme digne de mon adolescence, après perdre-du-poids-avec-weight-watcherde nombreuses années à vivre caché sous d’épaisses couches de honte et de graisse. Depuis, je ne cesse d’entendre toutes sortes de choses plus ou moins erronées à propos de l’activité physique en général. Souvent, ce ne sont que des questionnements bénins, venant de personnes sincèrement curieuses qui ne cherchent qu’à s’informer, mais régulièrement j’entends des trucs qui me frustrent et qui proviennent de gens ayant pratiqué un sport ou un autre au cours de leur vie et qui en ont contre la remise en forme.

Récemment, quelqu’un me montrait une blessure superficielle à un bras en me disant : « Regarde, je n’ai même pas besoin de faire de sport pour me blesser ! » Cette affirmation ne cesse de me turlupiner depuis. D’où vient cette corrélation que certaines gens font automatiquement entre le sport et les blessures ? Selon mon expérience, l’activité physique réduit les probabilités de se blesser en renforçant le corps, tout comme elle réduit celles de tomber malade et permet ainsi de vieillir en santé. Du moins, c’est comme ça que je vois les choses. Je suis loin d’être un expert en la matière, je vous l’accorde.

Malgré cela, j’ai envie de partager avec vous quelques conseils – des trucs – que j’ai découverts au cours des deux dernières années et qui m’ont aidé à perdre considérablement de poids sans me blesser, bien que je coure au moins trois fois par semaine (parfois davantage).

1 – Lorsque vous commencez à pratiquer une activité physique, surtout pour la première fois de votre vie, allez-y selon vos capacités physiques, et augmentez progressivement. Si vous commencez trop intensément, les risques de blessures seront beaucoup plus grands. Écoutez votre corps.

2 – Lorsque vous terminez une séance, vous devriez avoir l’impression que vous auriez pu en faire davantage. Ne vous poussez pas trop à bout. Ça ne sert à rien de s’effondrer par terre lorsque vous vous entraînez. Oubliez le type d’entraînement intensif et irréaliste que vous voyez à l’émission Qui perd gagne (The Biggest Loser). Écoutez votre corps.

3 – Si votre activité se tient tôt le matin, ne mangez pas avant – ou sinon très peu. Vous risqueriez de vous sentir trop lourd pour votre activité. Si vous bougez plus tard en journée, alors mangez, mais laissez passer quelques heures entre le repas et l’exercice physique. Faire de l’exercice tout en digérant n’est pas recommandé, ni très agréable !

4 – Dormez bien ! Une bonne nuit de sommeil est essentielle pour 1) perdre du poids (on mange moins lorsqu’on est reposé) ; 2) bien performer dans une activité physique et au travail ; 3) pour des tonnes d’autres raisons. Dormir ne fait que du bien. Lâchez votre téléphone intelligent et votre tablette le soir venu. Sortez-les de la chambre à coucher. Fermez les yeux. Reposez-vous !

5 – Cessez de manger au moins 2 à 3 heures avant de vous coucher. Par exemple, si vous planifiez vous endormir vers 22h, vous devriez ne plus rien ingérer après 19h, idéalement. Dormir en digérant n’est pas recommandé. Ce truc est probablement celui qui m’a été le plus bénéfique, et je ne saurais assez le recommander.

6 – Apprenez à lire les étiquettes sur les produits que vous achetez à l’épicerie et, surtout, apprenez à surveiller les calories. Ce qui entre doit être brûlé. « Calories in, calories out ». La perte de poids n’est pas plus compliquée que ça. La voilà, la recette miracle que tout le monde recherche. Bougez ! Brûlez ce que vous ingérez !

J’ai plusieurs autres conseils en tête, mais je m’en tiendrai à ceux-ci, qui sont à la base des changements qui ont modifié ma vie au cours des dernières années.

Écoutez votre corps. Ne vous surmenez pas. Mangez bien ! Ceci est extrêmement important. Dernier conseil : sortez les « cochonneries » de votre garde-manger – croustilles, chocolats, friandises, etc. Jetez tout cela. Et ne buvez plus de boissons gazeuses. Êtes-vous conscients de tout le poison que vous ingérez ?

Prenez soin de vous !

À bientôt !

Notice biographique432295_10151130281416193_857073040_s

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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