Gratuit le 12, 13 et 14 juin : Kassauan, un roman d’Alain Gagnon sur Amazon…

12 juin 2017

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

En ligne… http://urlz.fr/4Kws

ATTENTION !  Gratuit les 12, 13 et 14 juin…

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Saint-Euxème. La peur règne sur la communauté. Olaf Bégon, ancien directeur de la Sûreté municipale, sort de sa retraite pour mener l’enquête, mais sa bonhomie, sa connaissance des lieux et de gens, son expérience et les techniques policières ne suffiront pas. Pour contrer les forces maléfiques de la forêt, il aura besoin des savoirs et pouvoirs d’une jeune chamane autochtone, Kassauan – Neige Humide du Printemps… Commence alors un troublant voyage dans le monde chamanique : lieux fantastiques et êtres de cauchemar. Par Kassauan et Olaf, par de brefs tableaux décrivant des scènes du quotidien, par des dialogues familiers en début de chapitre qui rappellent parfois les chœurs des tragédies antiques, le romancier nous fait vivre les péripéties de l’enquête et, surtout, ressentir l’atmosphère accablante qui prévaut en Euxémie. Polar et roman métaphysico-fantastique, les oiseaux nocturnes et les monstres de la taïga et de la toundra planent sur cet ouvrage qui vaut par la juxtaposition constante du quotidien banal et du mystérieux.
« Alain Gagnon a toujours été fasciné par ces présences qui hantent des territoires que nous croyons connaître. Il se plaît à nous rappeler que nous vivons dans un pays au passé méconnu que nous refusons d’envisager. Comme si l’homme de maintenant écrivait sur des pages déjà écrites sans qu’il ne le sache. Tout un espace et un temps échappent à l’Amérique contemporaine qui fait trembler la planète.
« Heureusement qu’il y a des écrivains comme Alain Gagnon. Parce que même s’ils sillonnaient ce continent depuis des millénaires, les Autochtones n’ont laissé aucune ruine comparable à celles des Grecs ou des Romains pour nous rappeler leur existence et leur ingéniosité. Bien sûr, l’architecture des Incas ou des Aztèques impressionne, mais en Amérique du Nord, « les signes » se sont vite évanouis et on a tout fait pour les effacer. » […]
« Alain Gagnon jongle avec ce puzzle avec beaucoup d’habileté. Il le faut pour plonger dans cette histoire où plus rien n’est certain. Comme Olaf, le lecteur écoute la rumeur publique qui permet de suivre des personnages qui vivent des aventures qui sortent de l’ordinaire.
« L’auteur de Sud et du Gardien des glaces démontre sa grande maîtrise. Il possède le don de raconter la plus invraisemblable des histoires et de la rendre plausible. Il nous emberlificote. Et même s’il rôde dans des territoires que nous commençons à mieux connaître depuis Le truc de l’oncle Henry, la magie opère encore. Un plaisir, une écriture, un monde étrange et familier. Alain Gagnon construit son pays imaginaire et nous entraîne dans une autre dimension, pour notre plus grand plaisir. » (Yvon Paré)

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre dunouvelle-image-1 Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).


Nuageux et frais, des fictions fantastiques d’Alain Gagnon…

1 juin 2017

Disponible dès maintenant à cette adresse : http://urlz.fr/5lIk

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Attention !  GRATUIT les 1 et 2 juin !

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Huit textes, huit fictions que relient la géographie, les trames fantastiques et le clavier du narrateur.

Le préambule ci-dessous décrit assez bien la démarche de l’auteur. Ses racines sourdent d’un territoire acculé au Nord profond. Sur un triangle étroit, entre les rivières Louve et Calouna, entre les boisés, les champs, les villes de taille moyenne et la forêt, vivent des personnages qui ont tous une histoire insolite à raconter. L’écrivain en profite pour brosser les paysages et livrer les rêves de la psyché collective des lieux, qui le hantent depuis l’enfance. (268 pages)

Préambule : Entre les rivières Louve et Calouna s’étend mon pays, l’Euxémie, où s’entremêlent ombres et lumières. En automne y progresse le noir, en automne y progresse la nuit. Le brumeux et le flou augmentent ; le mystérieux et l’insolite sourdent des sous-sols et des sous-bois, et se montrent au soleil rare des jours gris.  

Même si les heures lumineuses se tassent, si le royaume de l’obscur s’étend, il serait abusif de croire qu’il en résulte pour l’esprit affaiblissement et engourdissement. Des ténèbres jaillit le clair ; et le regard inversé de l’humain peut profiter des jours sombres pour s’adonner à l’introspection, puiser en lui-même des intuitions fulgurantes ou quiètes qui lui ouvriront sur le réel des portes qu’il croyait jusque-là inexistantes.

Les récits que l’on tire de cet état d’esprit ont ce côté orbiculaire – in-finalisé – de plusieurs légendes innues ou inuites. Le plafonnier n’éclaire pas tous les recoins de la pièce. Les solutions totales des Maigret et des Sherlock Holmes en sont absentes. La magie du clair-obscur survit à la dernière ligne du texte. Le règne du non-dit et de l’indicible perdure, sans faste, mais assurément. 

J’ai demandé aux gens de l’Euxémie des histoires. Vraies ou fausses, il m’importe peu. Chacune contient sa part de fiction et de vérité. Je les ai toutes récrites. Pour le style ? Pas tellement. Surtout pour gauchir un peu le fictionnel lorsqu’il s’éloignait trop du réel accepté ; redresser un peu le vérisme lorsqu’il s’écartait trop de l’imaginaire, et donner ainsi un semblant de cohérence au tout. 

Tables des matières :

Préambule

Un gars de la marine

La Dame du Parc

IOU ou Les cheveux d’Érika

Tricksters — ou Le motel de la Mémoire

Nuageux et frais

Morrigan

Suicide magyar (Gloomy Sunday)

Mannegish ou Le récit de Tasha Bonte

 PS : Certains récits sont déjà parus séparément sur Amazon avant d’être colligés dans ce recueil. Ils n’y sont plus disponibles.

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre dualain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2.


 

 


Chroniques de l’Ombre, une nouvelle parution d’Alain Gagnon

26 mai 2017

 

En ligne… : http://urlz.fr/5ghe

ATTENTION !  Gratuit les 27 et 28 mai

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 Topophilie : l’amour des lieux. Les écrivains qui se vouent au fantastique sont en général de grands amoureux de lieux très précis. Je me suis souvent demandé si la cosmogonie et les intrigues parfois alambiquées de Lovecraft n’étaient pas, chez lui, simples prétextes à arpenter les paysages écartés de la Nouvelle-Angleterre. Il décrit les gorges obscures, les torrents dévaleurs d’à-pic, les chemins ombrés et les vielles fermes au toit défoncé, avec un tel luxe de détails, une telle insistance, que l’on peut se demander si la poésie des lieux perdus de l’hinterland n’est pas son motif inavoué — un poète qui s’obligerait à faire de la prose pour rejoindre des lecteurs). Même phénomène chez Jean Ray. Dans des décors différents, plus urbains, ou alors franchement maritimes. Ray se complaisait dans la description de rues anciennes, de vieilles demeures, de ces tavernes rances où matelots et voyageurs viennent s’emplir et déverser leur trop-plein depuis des siècles.

En toute franchise, je crois avoir écrit La langue des Abeilles, Le ruban de la Louve, Le truc de l’oncle Henry, Kassauan et ces Chroniques de l’Ombre pour me promener, par l’imaginaire, dans mes paysages premiers.

Photo de la page couverture : Clémence Tombereau.

Saint-Euxème : ville médio-nordique — 27 842 habitants ; chef-lieu de l’Euxémie : région qui englobe Saint-Euxème et ses environs — 78 547 habitants. Qui dévoilera, sans rien en occulter, tous leurs secrets ? Et les Euxémois me pardonneront-ils un jour d’avoir exposé la complexité de leurs alentours qui, plus qu’ailleurs, ne sont que décors, dissimulant davantage le réel qu’ils ne le divulguent ? D’avoir brouillé la paix et la discrétion de leurs vies de mortels, qui s’écoulent entre les lenteurs muettes des rivières Louve et Calouna ?
Car, en Euxémie, sachez-le, on parle beaucoup — et on parle peu. En ce lieu, on parle météo. On évite de parler de soi. On écoute des histoires. On se raconte des histoires, et on répète les histoires qui parlent de soi, tout en n’en parlant pas. J’en ai cueilli. Surtout lorsque l’automne s’installe. Dans les lieux où l’on boit, dans les lieux où l’on se rassemble pour jaspiner. Discrètement, il va sans dire. De façon à ne mettre en fuite ni les acteurs ni les narrateurs à qui nous devons ces récits et bien d’autres.

Table des matières
Avant-propos
Le dévot d’Is
Barbershop Quartet
Édouard Le-Danubien
Le delta
La grippe
Sig

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre dualain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).


Géographies intimes, une publication d’Alain Gagnon à la Taverne Bleue…

21 mai 2017

En ligne et gratuit les 21,22, 23 mai http://urlz.fr/4P7x

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Présentation : Les humains, comme les chiens, les chats et les mustélidés, marquent leurs espaces, leurs territoires extérieurs et intérieurs.
Sur les landes, les toundras, les steppes, et sur les places urbaines, on retrouve des cairns, inuksuks, stûpas, stèles, bornes… Dans l’univers intérieur de chacun se dressent des poèmes, des nœuds de sensibilité, de repère et d’accord à soi qu’occultent les mystères du sujet.
Amérindianité par les chants, nordicité par les paysages, monde urbain par les bars, ruelles et terrains vagues aux cœurs des villes… tous ces éléments se mélangent pour donner au lyrisme unique de ce recueil de brèves proses une touche essentiellement québécoise et contemporaine.

Extrait de Stûpa quatrième : les femmes :
« Une Autre vient, qui est musique. Toute musique émane d’elle. Elle résume le monde par sa musique. Sa mélodie est la seule qui apaise et accorde plénitude. Hors sa présence, le monde s’englue dans un silence où se réverbèrent les appels du néant. »

Et cet extrait des Poèmes de la pluie lente :
« Un dimanche, avant la nuit. Les poèmes choient de haut, l’un sur l’autre, pour apaiser l’ardoise des toits.
Pluie lente sur les halles et les saules du port. Gris des allées où tintent les cloches aigres dans la brume longue à confondre les rues.
La bruine ride les bassins de rires. »

Qui pourrait oublier la danse de Markita, au point focal de son chant blanc où des oiseaux l’assaillent :
« Lorsqu’elle danse, Markita voit des oiseaux muets. Effilés, ils giclent du noir, becs en dard, pour voler vers elle — cris stridents. De derrière la foule, d’entre les têtes blondes, grises ou noires, qui fixent leurs yeux givrés sur sa danse, ses membres, son corps. Des oiseaux gris, fous, célères, dont les plumes aigües balafrent l’espace de la musique. »

Et cet extrait de Retailles en marge de l’écrit…
« L’Atlas — page ou écran. Géographie du gagner ou du perdre. Géopoétique. Mots. Combien décatissent en dérive sur les mémoires mers. Ou deviennent îles. Îles boréales, îles australes, îlots rocheux qu’écrasent les sables — contre l’abîme dessous, les mots s’égrènent. Les mots marquent de bleu, de blanc, de noir l’étal que ravinent les vagues. »

Puis celui tiré des Enfants de Kije-Manitou :
« Un ululement coule sur la forêt. Au faîte, des yeux jaunes et ronds le fixent. Un grand hibou. Celui qui sait, flaire la vérité, qu’on ne peut tromper. Il a prêté sa voix au pin. Un autre appel passe sur le frimas des branches : « Auen tshin ? (Qui es-tu ? Quelle est ta nature ?) »

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction romanalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2.


Le ruban de la Louve, une réédition d’Alain Gagnon…

9 avril 2017

Des fictions fantastiques dans un univers qui est celui de notre quotidien…

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Gratuit du 9 au 13 avril : http://urlz.fr/55DH

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Voici ce qu’en écrit Madame Pascale Navarro…

Cet écrivain, à l’œuvre depuis les années 70, est un excellent conteur. À preuve, ce vingt-deuxième ouvrage, recueil de récits, de « fantasmagories voluptueuses et froides », selon la présentation de l’auteur.

[…] Alain Gagnon situe ses histoires dans la campagne, dans les villes et les villages, et dans la nature sauvage, comme elle sait l’être loin des grands centres, et comme l’est aussi celle de l’humain, quand il sort de ses gonds.

Au contact de coups durs, d’épreuves difficiles, les personnages de ces fantasmagories (que Gagnon, dans son texte d’introduction, nous invite à « chevaucher ») découvrent tous ce gouffre, leur imaginaire, venu à la rescousse pour leur épargner la souffrance. Est-ce la présence étouffante de la religion qui a laissé dans l’imaginaire québécois cette sensibilité à la croyance? Ou simplement le plaisir du frisson et du mystère? Toujours est-il que les légendes ont la couenne dure, et que, même avec les années, elles durent toujours. Elles sont la trame, discrète mais prégnante, de ces sept nouvelles.

Entre la Louve et la Calouna, deux rivières qui se rejoignent, tour à tour tumultueuses et calmes, bien sûr, vivent des hommes et des femmes. Charley Chaw-Chaw (qui donne son titre au récit), un marginal, vit, lui, sur la terre de son patron et ami Brice Lalande, un riche entrepreneur (que l’on verra dans une autre nouvelle, petit enfant, touchant). « Même quand les Lalande offraient des garden parties pour la haute, Charley montait, se faufilait jusqu’au bar et buffet, entre les smokings et les robes à falbalas. Il s’empiffrait de petits fours et buvait d’un trait ces coupes de vin qu’il jugeait minuscules et qu’il avait dédaigneusement surnommées des ‘dés à coudre’. » Mais un beau soir, Charley entend des voix, et a la berlue. « La mélopée se précise. Sa source se rapproche. Les syllabes d’une langue inconnue se détachent clairement. Chaw-Chaw est de plus en plus troublé. »

Il faut voir combien son ami Brice sera peiné de constater le triste (mais étonnant!) destin de son vieux copain.

Ailleurs dans le recueil, c’est une tempête de neige qui finit en catastrophe. Dans Naufrageurs pour l’éternité, le narrateur se retrouve coincé dans une auberge maudite, au bord d’un lac. « Aucune navigation sérieuse ne parcourait ce lac: des embarcations de touristes et de pêcheurs locaux au printemps et, en saison estivale, les remorqueurs de pitoune de la Price Bros. Ni phares, ni bourgots, ni criards. Perplexe, je scrutais l’obscurité lorsque des voiles rectangulaires, qu’éclairaient des fanaux, se dessinèrent contre la nuit. Une coque de bois, gigantesque, ouvrait les vagues et fonçait vers la rive – vers les phares de l’auto. » L’automobiliste aura des surprises, lui qui croyait les vieilles légendes enterrées…

Le livre de Gagnon est peuplé de ces gens ordinaires, à qui il arrive des aventures hors du commun. Des amours contrariées (Naz et Rosebud), un sabotage commis par une infirmière allemande (Amour et guerre le long de la Calouna), une jeune fille trouvée morte dans une rivière (Le Ruban de la louve): l’adversité règne dans l’univers d’Alain Gagnon. Et quoi de mieux qu’une nature animée, vivante, vibrante, pour venir épouvanter les mortels?

Si les monstres et créatures des contes fantastiques peuplent les pages du recueil, l’auteur n’insiste jamais sur le folklore; certains éléments, une noirceur, un climat de tension, quelques allusions, mais jamais rien d’appuyé ne vient alourdir le style de Gagnon. Une belle réussite, et un auteur à découvrir, si ce n’est déjà fait. (Éd. Lanctôt, 69 p.)  Extrait du Journal Voir.

 Table des matières

En guise d’introduction…

Charley Chaw-Chaw

Aude et Manu

Amour et guerre le long de la Calouna

Naz et Rosebud

Le ruban de la Louve

Naufrageurs pour l’éternité

Les cœurs de bœuf

En ligne… http://urlz.fr/55DH

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L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique(Triptyque, 2005), Les versets du pluriel(Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Le Gardien des Glaces, la réédition d’un roman d’Alain Gagnon…

29 mars 2017

Un roman de la nordicité qui vous entraînera dans sa chevauchée sauvage sur les glaces crissantes du Piékouagami…

Gratuit du 29 mars au 2 avril : http://urlz.fr/51I8

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Du milieu de ce lac, mandala glacé où s’entrecroisent ses fantasmes, le romancier nous fait vivre des heures intenses à la frontière de la démence, dans un no man’s land où peu d’entre nous osent s’aventurer. Vous côtoierez une galerie de personnages à la fois fantastiques et très tangibles : la comtesse russe, le Kalmouk géant, le moine mort-vivant, Kama la voluptueuse et sage, Alphonse Larouche, le maquignon hypocrite, et son épouse, la terrible Alvine… Et Louis Hémon, lui-même, qui, en ces années d’avant la Grande Guerre, hante les arpents glacés de ce lac et y vient converser avec Evan J. Thorston, le franc-maçon à mystères.
Avec cet ouvrage, Alain Gagnon poursuit inlassablement sa quête de « ce qui en l’homme est plus que l’homme ». Cette quête n’est pas sans risques pour l’auteur et, dans ce roman, il a risqué gros jeu.

Voici ce qu’en écrivait Yvon Paré :

« Alain Gagnon a toujours été fasciné par les phénomènes paranormaux. Tout au long de sa vie d’écrivain, il n’a jamais su dire non à la tentation de glisser, ici et là, dans ses ouvrages, des phénomènes inexplicables, des énigmes difficiles à cerner.
Que ce soit dans « Thomas K » ou dans « Le gardien des glaces », le lecteur se heurte à un événement qui le désarçonne. Particulièrement dans « Le gardien des glaces ». Les fantasmes se bousculent entre les murs du relais qui accueille les voyageurs qui s’aventurent sur le lac Saint-Jean, entre Péribonka et Roberval, quand les glaces font un pont sur la grande étendue d’eau.
Louis Hémon y fait une apparition, un moine hirsute et des bêtes qui n’agissent guère comme des bêtes. Un incroyable roman de neige, de froidure et d’hallucinations qui subjugue le lecteur. Je le relis régulièrement et éprouve toujours le même plaisir. Un livre étonnant (…) Il serait temps de le redonner au public lecteur.
Yvon Paré, in Progrès-Dimanche »

Et l’écrivain Jacques Girard :

« Nous nous souvenons des livres qui ont laissé en nous une empreinte, des livres qui nous ont changés. Le gardien des glaces d’Alain Gagnon est un de ceux-là. Ce roman a changé ma vision du lac en hiver. Auparavant, le lac ne présentait aucun intérêt pour moi en cette saison. Depuis la parution du Gardien, cette calotte de glace m’attire, irrigue ma vie. Et cet ouvrage est de plus rattaché à l’un de mes meilleurs souvenirs d’enseignant. Le gardien des glaces a servi de porte d’entrée dans le monde littéraire à plusieurs. En me le remettant, on me demandait : « Monsieur, en auriez-vous un autre pareil ? »
N’est-ce pas le seul roman qui exploite le lac Saint-Jean comme lieu d’une saga hivernale, où se marient la réalité et la fiction dans un style alerte et poétique ? Lisez la première phrase : « Sitôt les glaces suffisantes à porter hommes, bêtes et traîneaux, j’arrive. » Le gardien monte son relais. Nous sommes au début du XXe siècle. […]
Jeune, Alain Gagnon avait entendu raconter l’histoire d’un homme qui, l’hiver venu, construisait au milieu du lac un relais pour les voyageurs. De ses souvenirs a surgi un conte où la magie opère. Imprégné par son milieu, le romancier félicinois a créé une œuvre originale, une épopée bien ficelée, au rythme rapide. Des personnages très particuliers peuplent ce roman, des scènes inattendues l’émaillent ; et la fin est digne de cette étendue de glace remplie de mystères, d’interrogations et de magies. Dans ce pays, l’hiver est long, l’hiver est dur. Nous avons besoin d’histoires pour l’exorciser. En voici plusieurs en une. Peu de romans possèdent cette envergure.
Jacques Girard, écrivain »

Cet ouvrage a obtenu le Prix du roman de La Banque Centrale de Prêt à sa première édition aux Éditions Pierre Tisseyre, il a été réédité par les éditions S M, et il paraît aujourd’hui en format électronique.

En ligne… http://urlz.fr/51I8

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L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecSaguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2.


Blues de novembre, une parution d’Alain Gagnon, aux Éditions de la Taverne bleue…

12 janvier 2017

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Ironie et tendresse se côtoient dans ces tragédies des humbles.
Des personnages colorés du Québec profond et urbain s’y pressent : un maire de la Côte-Nord hérite d’un iceberg, deux baby-boomers s’autodétruisent fascinés par leur vide intérieur, un politicien idéaliste devient en douceur véreux, un artiste du Plateau se perd dans les rôles qu’il endosse… (186 pages)
Sophie Pouliot écrivait dans La Presse : […] les récits réunis sous le titre de [Blues de novembre] sont empreints de considérations politiques, sociales et humaines dont fait trop rarement état la littérature de fiction. Et ce n’est là qu’un des mérites que possède l’ouvrage d’Alain Gagnon. Les thèmes abordés dans ce recueil sont multiples, mais les méandres de la psyché humaine y trouvent certes une place de choix. Seront décrits les visions du monde d’un enfant autiste et d’un schizophrène, les comportements d’un individu drogué par ingestion abusive de comprimés variés, d’un autre forcé par autrui à recourir à la médication pour cause de rire excessif, d’une victime de l’alzheimer, d’un artiste, enfin, qui croit n’avoir aucune identité à force d’emprunter celle des autres en les imitant. Le tout est livré avec beaucoup de finesse […].
S’il faut nommer une autre ligne directrice orientant ces nouvelles, mentionnons que quelques-unes d’entre elles dénoncent l’hypocrisie arriviste et l’incohérence existant entre les propos, les idées et les agissements des décideurs ou des militants, quelque noble que soit la cause qu’ils affirment défendre. Par exemple, dans Népé ou l’enterrement de première classe, le maire d’une petite ville mène une lutte acharnée afin que l’on cesse de vider la région de ses matières premières sans que celle-ci jouisse des fruits de leur transformation. Or ce preux maire battra en retraite lorsqu’il se sera senti aimablement méprisé par les véritables détenteurs du pouvoir ; rien à voir avec la gloire modeste, mais constante, associée à la mairie municipale.
Bref, ce dernier ouvrage d’Alain Gagnon ne manque pas d’intérêt. Puisque l’auteur s’est donné le mandat, à travers ses fables, de transmettre quelques opinions quant à différents sujets, on s’étonne moins des commentaires acerbes formulés à propos, notamment, de l’UNEQ, du NPD et des acheteurs de nouvelles antiquités usinées censées rappeler le terroir. Quant aux véritables prises de position à l’égard de la discrimination dont sont victimes les personnes pauvres, de la surmédication, du conformisme à tout prix et d’autres attitudes modernes discutables, elles savent éviter le piège du moralisme grossier. Si les histoires contenues dans ce recueil sont intéressantes, en plus de soulever des questionnements éthiques et de véhiculer des critiques sociales pertinentes, elles sont aussi superbement écrites. Le vocabulaire recherché d’Alain Gagnon ainsi que les images tantôt colorées, tantôt évocatrices que suggèrent ses phrases, assurent un surcroît de plaisir aux lecteurs. « J’y glisse avec l’aisance d’un habitué qui sait trouver confort, respect et whisky à l’autre extrémité de ce voyage initiatique pour Ulysse fessu. » Un ouvrage plein de grâce, mais surtout plein d’esprit.

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Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux 540594_10200289910595127_1923733218_nde mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).


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