Chroniques de l’Ombre, une nouvelle parution d’Alain Gagnon

15 mai 2017

 

En ligne… : http://urlz.fr/5ghe

ATTENTION !  Gratuit les 27 et 28 mai

Vous pouvez télécharger gratuitement l’application de lecture Amazon pour vos PC, tablettes… à l’adresse suivante : http://urlz.fr/45dj

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 Topophilie : l’amour des lieux. Les écrivains qui se vouent au fantastique sont en général de grands amoureux de lieux très précis. Je me suis souvent demandé si la cosmogonie et les intrigues parfois alambiquées de Lovecraft n’étaient pas, chez lui, simples prétextes à arpenter les paysages écartés de la Nouvelle-Angleterre. Il décrit les gorges obscures, les torrents dévaleurs d’à-pic, les chemins ombrés et les vielles fermes au toit défoncé, avec un tel luxe de détails, une telle insistance, que l’on peut se demander si la poésie des lieux perdus de l’hinterland n’est pas son motif inavoué — un poète qui s’obligerait à faire de la prose pour rejoindre des lecteurs). Même phénomène chez Jean Ray. Dans des décors différents, plus urbains, ou alors franchement maritimes. Ray se complaisait dans la description de rues anciennes, de vieilles demeures, de ces tavernes rances où matelots et voyageurs viennent s’emplir et déverser leur trop-plein depuis des siècles.

En toute franchise, je crois avoir écrit La langue des Abeilles, Le ruban de la Louve, Le truc de l’oncle Henry, Kassauan et ces Chroniques de l’Ombre pour me promener, par l’imaginaire, dans mes paysages premiers.

Photo de la page couverture : Clémence Tombereau.

Saint-Euxème : ville médio-nordique — 27 842 habitants ; chef-lieu de l’Euxémie : région qui englobe Saint-Euxème et ses environs — 78 547 habitants. Qui dévoilera, sans rien en occulter, tous leurs secrets ? Et les Euxémois me pardonneront-ils un jour d’avoir exposé la complexité de leurs alentours qui, plus qu’ailleurs, ne sont que décors, dissimulant davantage le réel qu’ils ne le divulguent ? D’avoir brouillé la paix et la discrétion de leurs vies de mortels, qui s’écoulent entre les lenteurs muettes des rivières Louve et Calouna ?
Car, en Euxémie, sachez-le, on parle beaucoup — et on parle peu. En ce lieu, on parle météo. On évite de parler de soi. On écoute des histoires. On se raconte des histoires, et on répète les histoires qui parlent de soi, tout en n’en parlant pas. J’en ai cueilli. Surtout lorsque l’automne s’installe. Dans les lieux où l’on boit, dans les lieux où l’on se rassemble pour jaspiner. Discrètement, il va sans dire. De façon à ne mettre en fuite ni les acteurs ni les narrateurs à qui nous devons ces récits et bien d’autres.

Table des matières
Avant-propos
Le dévot d’Is
Barbershop Quartet
Édouard Le-Danubien
Le delta
La grippe
Sig

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre dualain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K(Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).


Le ruban de la Louve, un conte d’Alain Gagnon…

19 novembre 2014

Le ruban de la Louve

 « C’est un val maudit », m’a annoncé sans ambages la vieille dame au dépanneur du rang Jaune.chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Elle n’a rien à m’apprendre sur les superstitions et le folklore du terroir : je suis né et j’ai grandi dans ce pays avant de m’expatrier. Et j’y reviens en ce tard octobre, comme un saumon remonte à l’endroit de son fraie pour y mourir.

Je connaissais déjà ce chalet agrippé à une colline glaiseuse de la Louve. J’ai travaillé à l’agrandir à la fin de mon adolescence – le père d’un de mes amis l’avait acheté. Une cambuse à l’époque, bâtie pièce sur pièce – probablement construite comme abri temporaire au temps où la Hudson Bay défendait de labourer et de semer. Nous y avons ajouté une aile pour y découper deux chambres. Une construction simple, mais robuste.

L’endroit avait mauvaise réputation. Le cultivateur qui avait vendu le lopin de terre répétait : « Je suis bien content de m’en débarrasser. Je n’y aurais jamais labouré après la brunante… » Le Village volant, ce village maudit et béni à la fois, s’y serait arrêté plus souvent que partout ailleurs. Les premiers coureurs des bois, ceux de la traite des fourrures, n’auraient jamais pagayé de nuit sur cette section de la Louve, pourtant paisible. Ce sont du moins les histoires qu’on se racontait l’hiver, au fond des rangs perdus, autour des poêles qui ronronnaient.

Le père de Roland ne s’intéressait pas à toutes ces légendes. Il était entrepreneur en construction et patroneux duplessiste – ce qui ne l’inclinait pas à porter foi aux histoires de bonne femme. Il voulait un coin bien à lui, le long de cette rivière tranquille, pour y boire et y jouer aux cartes avec ses copains ; y taquiner la ouananiche et le doré ; et y ancrer en toute sécurité le premier Chris-craft de la région. Il allait y mourir, toutefois. Du cœur. Un matin d’août, on allait le retrouver raide dans son lit. Mais il faut bien mourir quelque part, le long de la Louve, à Québec ou à Tombouctou. Ça ne signifie rien.

Sur la tablette, près de la porte, les fioles plastifiées des médicaments multicolores montent la garde.

« C’est quoi que t’as au juste ? » m’a demandé Simon Courchesne. Il est aujourd’hui un des rares taxis de Saint-Euxème. Nous ne nous sommes pas vus depuis un siècle. Mais, jeunots, nous avons couru les champs et les boisés ensemble. Je ne lui ai pas répondu. Le mal reste le mal. Les malheurs inéluctables portent mille masques, ont mille visages. À quoi servent les mots longs comme le bras ?

Tout de même, j’espère qu’il reviendra pour une petite jase de temps à autre. (En fait, nous avons jasé amicalement, à ce qu’il me semble, mais c’est curieux : après avoir traversé le pont de la Louve, je ne me souviens plus de rien. Mon dernier souvenir, c’est la propriétaire du dépanneur qui me prévenait contre cet endroit.)

Seize heures. La nuit accourt des montagnes. La Louve coule, lente, vers la Calouna. Pas très large, cette rivière. Une dizaine de mètres. Mais assez profonde. Et giboyeuse. Des calibres douze éclatent et tonnent à intervalles irréguliers. Deux garrots à l’œil or strient la surface mate de sillons triangulaires. Dans la boue du rivage, un chevalier solitaire patauge et fouille la vase de son long bec. Un bihoreau violet passe, pattes jaunes et inutiles à la traîne sous son corps trapu.

Un vent léger, un suroît. Les saules de la rive d’en face balaient l’eau des quelques feuilles racornies que leurs branches portent encore. Les vaguelettes clapotent contre les madriers du ponton. Puis le vent cesse.

La nuit étend son règne.

À peine si je distingue les écores de l’autre rive. Un colvert cancane, mais n’obtient aucune réponse. Un renard glapit dans les collines, vers l’arrière. Tous ont un rôle. Le mien s’achève. Terminer dans la dignité de ce qui vit et remercie de vivre en défendant sa vie à griffes et à crocs. Malheur à moi, mon ennemi est de l’intérieur. Garder tête haute. Le sort ne me verra pas baisser menton.

Relire Faire un feu de Jack London. Faire un feu pour tantôt me nourrir, bien sûr. Pour combattre l’humidité et le froid aussi. Et, surtout, pour me rassurer, entendre le crépitement de ses langues rouges et dansantes ; pour que les carreaux se couvrent de buée contre la nuit et que ma peau redevienne moite d’un juillet qu’auront conservé les bonnes bûches de résineux et de feuillus.

L’obscurité me force à la recréation. Yeux rivés à la fenêtre, je ne peux me détacher de ce paysage qui n’existe plus que pour la mémoire et par l’imaginaire. Des aires nouvelles et vierges s’ouvrent dans la nuit brune, des nœuds de l’espace et du temps qui se superposeront à ce qu’embrassera mon regard aux aurores – plus réels peut-être que cette rivière et ces arbres que redessinera mon regard au matin.

Un hors-bord. Des chasseurs. Un bruit strident dans la nuit. Le silence, on peut le déchirer parce qu’il existe : il possède une texture, une densité… Et une couleur. Au fond de ce val, il bruit, et ses couleurs varient du mat au moiré qui chatoie. Il est plein, comme l’obscurité est pleine.

Je me verse un whisky et songe à sortir mon PC portable pour y trahir ces réflexions en notes à utiliser. Mais quand ? Pour quel ouvrage ? Il n’y en aura pas d’autres.

J’ai faim.

Je sors démarrer la génératrice. Elle ronronne comme Mog. Ce matou paillard et bagarreur que j’ai, à regret, abandonné en ville. Un hibou ulule, des ailes duveteuses chuchotent et frôlent le toit que recouvrent les mousses.

Les fèves chauffent sur le rond.

Le courant de la génératrice ne convient pas à mon ordinateur. J’écrirai jusqu’à ce que mes piles se vident de leur énergie. Par la suite, revenir au stylo ? Pourquoi pas ? L’odeur du papier et la musique de la pointe qui gratte les grains et les sens me manquent.

Et on gratte à ma porte. Je n’ai pas de chien pourtant. Des branches contre la toiture peut-être ? Le vent chasse les nuages devant une lune qui révèle l’argent de la Louve. La rivière se faufile dans l’ombre.

On gratte à nouveau. On s’appuie et on geint.

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieJ’ouvre. Une silhouette déboule littéralement sur moi. Je la soulève. Ses cheveux sombres traînent par terre. Je l’étends sur le lit. Ses vêtements dégoulinent. Elle ouvre les paupières. Des pupilles gris pâle, qui se démarquent à peine du blanc de l’œil. Une odeur de boue, de marais stagnants, emplit la pièce. Des foins d’eau et des joncs jaunis s’accrochent à son jean et à son pull noir.

— D’où vous venez ?

Elle cherche, semble faire un effort pour se rappeler.

— Ne vous fatiguez pas. Vous me répondrez quand vous vous sentirez mieux.

— Je viens de l’autre côté, murmure-t-elle. De l’autre rive.

Puis elle se crispe, affolée :

— C’est quoi, mon nom ?

Sans me laisser le temps de répondre, elle reprend :

— Il y a eu comme une explosion, une chute dans la nuit. Des cris, l’obscurité, l’impression de flotter. Je me suis retrouvée marchant à travers un marécage. Tout autour, des milliers d’oiseaux. Je ne les voyais pas, mais je les entendais. Je suis arrivée à cette rivière et j’ai vu votre cheminée qui fumait. J’ai traversé.

— Vous avez traversé à la nage ? L’eau est plutôt froide en octobre.

— Je n’ai rien senti.

— Il faut vous conduire à l’urgence. Moi, je n’ai pas d’auto. Le cultivateur qui me loue ce chalet habite à moins d’un kilomètre. Je vais m’y rendre et revenir vous chercher.

— Inutile. Je n’ai besoin d’aucun soin. Croyez-moi. Ne me laissez pas seule. Si vous saviez…

— Si je savais quoi ?

— Si seulement je me souvenais de mon nom, on pourrait parler. Vous comprenez ? Mais je ne me souviens même pas de mon nom.

Elle ferme les yeux. Ses propos sont décousus, mais si elle s’est égarée, si elle a paniqué jusqu’à traverser ce cours d’eau à la nage, on peut le comprendre. Son pouls pulse à quatre-vingt-quatre ; pas si mal. Aucune plaie ni fracture apparentes. Aussi bien la laisser dormir.

Et si jamais elle succombait subitement ? Non-assistance à personne en danger ! Une poursuite au criminel – et peut-être au civil en plus. Dans ma situation, quelle importance ?

Elle repose. Son souffle est régulier. Dans son poing gauche, un ruban mauve. Un autre enserre ses cheveux.

J’attiserai le feu et dormirai sur le vieux sofa. Au matin, on avisera.

***

Au matin, elle a disparu : elle n’est plus là. Un ruban mauve traîne sur le plancher. De la boue et des herbes séchées maculent le lit, mais elle n’est plus là.

Je fourre le ruban dans ma poche et je décide de descendre en ville. La météo est magnifique et, par mes raccourcis d’enfance à travers bois, à peine trois kilomètres de marche.

J’aime l’automne, sa nostalgie, ses soirs hâtifs et cette odeur des sous-bois où s’épanouissent les champignons – ces parfums terreux et musqués que certains vins portugais réussissent à rendre si bien.

Il est encore tôt. La rue principale est à peu près déserte.

Je passe devant le salon funéraire de Pierre Lalier. Par la porte ouverte, je l’aperçois. En compagnie de son épouse Charlène, il époussette les nombreuses babioles rattachées à la mort. Nous nous connaissons depuis l’école primaire. Je décide d’entrer et de discuter avec lui de mes derniers arrangements. En m’apercevant, il tombe à la renverse, en convulsions. Charlène reste figée, balai en main. Dans ses yeux, je peux lire la plus réelle des épouvantes. La maladie ne m’a tout de même pas changé à ce point !

— T’es en bas. T’es dans le frigo, mon vieux. Dans le tiroir ! Tu ne peux pas être ici ! balbutie Lalier en se relevant.

Il souffle péniblement.

— T’es-tu soûlé cette nuit, Pierre ?

— T’es mort, reprend Charlène d’une voix qui tremblote. Je t’ai fermé les yeux moi-même quand ils t’ont amené ici.

— Non, mais vous me connaissez ! Vous riez de moi ? Êtes-vous fous ? Ou voulez-vous me rendre fou ?

— Ils t’ont ramené hier soir. Ils t’ont sorti de l’eau. Le taxi de Simon Courchesne a sauté le parapet du pont. Vous vous êtes noyés, tous les deux, dans la Louve. Vous êtes tous les deux en bas, insiste Charlène.

— C’est quoi qu’on t’a fait pour que tu reviennes nous hanter ? On a toujours été corrects avec toi, continue-t-elle.

Lalier scrute la rue principale. Les commerces ouvrent. Des passants commencent à circuler. Lalier va sortir et se mettre à raconter ses inepties à la ronde. Il va se mettre à crier, à demander de l’aide.

Je me glisse entre la porte et lui. Les Lalier sont encore plus blêmes – si la chose est possible.

Charlène, qui a lu des ouvrages sur l’après-vie et les hantises, a un éclair de génie.

— Il ne sait pas qu’il est mort ! Faut lui expliquer, faut lui prouver.

Suis-moi, m’ordonne-t-elle. Suis-moi, mais reste loin derrière ! Approche-moi pas !

Et elle s’engage dans l’escalier qui mène au sous-sol.

Du haut des marches, Pierre nous observe courageusement.

Elle tire un premier tiroir et soulève le drap blanc : Simon Courchesne repose sur le dos, nu comme un ver.chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

— Tu le reconnais ? me demande-t-elle.

— Évidemment. Un peu bouffi, mais c’est bien lui.

Elle tire un second tiroir et soulève le suaire tout en me regardant.

C’est à mon tour de défaillir : la fille sans nom y repose. Et, dans sa main gauche, un ruban mauve, identique à celui que j’ai fourré dans ma poche en quittant le chalet.

Pendant que les Lalier hurlent de terreur, je m’enfuis vers les bois et les champs.

Depuis ce jour je me promène, terrorisé et sans âme…

(PS : On peut se procurer le recueil contenant cette nouvelle et plusieurs autres à cette adresse : http://www.amazon.ca/ruban-Louve-Nouvelles-French-ebook/dp/B00JNSNTN0/ref=sr_1_3?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1416412789&sr=1-3&keywords=alain+gagnon)

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Le ruban de la Louve d’Alain Gagnon en édition numérique….

24 avril 2014

Ce recueil, qui contient sept nouvelles, a paru antérieurement chez Lanctôt Éditeur.  C’est à un prix plus que modique que les Éditions de la Taverne Bleue l’offre aujourd’hui en version numérique chez Amazon.ca.  Vous pouvez l’acquérir en suivant ce lien.

En guise de présentation : 
ruban de la louveEntre les rivières Louve et Calouna s’étend un pays planche que traverse la Bleue. Les montagnes l’enserrent. Les glaises, que découpent ces rivières, sont généreuses. Les salaires des scieries et des papetières y engraissent les marchands, et l’opinion veut que les villes y soient proprettes, le visage de leurs habitants affable. Et pourtant… Et pourtant les ténèbres y prélèvent leur dû. Les grimaces de l’ombre se faufilent entre les pins sur les crans, planent avec le glas au-dessus des mares et des joncs en novembre. Des formes cauchemardesques se glissent des forêts profondes vers les rangs et les chemins de traverse. 
La sérénité n’appartient qu’au jour. Elle n’est évidente qu’à l’œil furtif de l’étranger. Le voyageur ignorera toujours l’inavouable, le mystère et l’incongru que les murs laiteux des étables, les quartiers à bungalows des villes et les églises massives des villages tentent d’occulter en vain par ces nuits de lunes noires et par ces nuits où la lune tremblote, goutte de lait entre les aiguilles rêches des cyprès. 
Entrez donc en ce royaume, où la peur fait parfois pâlir les étoiles. Chevauchez ces fantasmagories voluptueuses et froides qu’enfantent, au crépuscule, les houles mates du Grand Lac.

Critiques :

Voici ce qu’en disait Pascale Navarro :

https://maykan.wordpress.com/critiques/pascale-navarro-critique-le-ruban-de-la-louve/

 L’auteur…

  • Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

    (Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


L’iceberg de Lou Morrison… (extrait)

6 décembre 2011

 Un recueil de nouvelles d’Alain Gagnon

Résumé de l’ouvrage

Lou Morrison est maire d’un petit village de la Basse-Côte-Nord. Tout baigne dans la tranquillité.  Un jour, un iceberg dérive jusqu’au rivage. Commotion et quiproquo : débarquement de la faune médiatique et publicitaire.  Bien malgré lui, monsieur le maire est aux prises avec un scandale de pot-de-vin. Les bien-pensants de toutes allégeances se déchaîneront et attaqueront dans tous les médias ce maire de l’arrière-pays qui, croit-on bien à tort, aurait vendu, par esprit de lucre, l’iceberg à une distillerie de vodka de Toronto…  Mis en accusation par tous, y compris son épouse et son fils, Morrison réglera le tout : il dynamitera de nuit le monstre de glace, ce qui lui permettra de retrouver la quiétude et de déambuler à nouveau le long du littoral nord-côtier.

Et il en est ainsi de tous les personnages baroques qui peuplent ce recueil. Visages anonymes de la foule, des situations insolites, mais plausibles, à portée de nos quotidiens, les entraînent dans des tourbillons échevelés. Chaque nouvelle fait rire ou grincer des dents — sous le burlesque, la critique sociale s’y fait précise et sévère… Nous reconnaissons des personnages de notre univers et nous nous y reconnaissons.

Extrait

Préambule

Au pays bariolé du conte, on entre par toutes les portes.  Tous les huis mènent aux perles de verre, aux lacets roux, aux chapelets d’ail, aux billes de bois, aux recoins sombres des demeures, aux nuits sans lune, aux enchanteurs, aux tromperies, aux verres de vin rouge oubliés sur une table, aux fées, aux elfes, aux souterrains, aux kobolds et aux lutins…  Tous objets et toutes faunes qui tournoient aux vents de l’inspiration folle.

Le pays de la fable y ressemble en tous points, sauf qu’il vous y faut au moins une opinion, en filigrane dans le récit.  En manque de fables – de La Fontaine me boude depuis peu –, je me suis cru ingénieux, intelligent même !  Le fabuliste n’est-il pas un ahuri qui réclame de l’ordre au chaos ?  Il tente d’y insérer, d’y forcer, sinon une éthique, au moins une manière de voir ; bref, d’expliquer le monde.  Le fuyant et le foisonnement des êtres l’assaillent.  Ronger la part des ténèbres, étendre le fief de la lumière sont ses buts chimériques et fumeux.

Et les voici, ces modestes sagas ouvrées, avec, en leur début et corps, une réflexion qui ronronne et balbutie, montrant de l’auteur les incapacités sévères.

Notice biographique

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction-roman du Salon du Livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour Sud (1996) et Thomas K (1998), deux romans parus aux Éditions de la Pleine Lune. À trois autres reprises, il a reçu le Prix poésie du même Salon pour Ces oiseaux dmémoire (Loup de Gouttière, 2003), L‘espace dla musique (Triptyque, 2005) et Les versetdu pluriel (Triptyque, 2008). En 2011, il remportera le Prix Intérêt général pour un essai paru aux Éditions de la Grenouille Bleue : Propos pour Jacob. Depuis 2009, il gère et alimente un blogue, LChat qui louche, qui est devenu un véritable magazine littéraire électronique, regroupant plusieurs collaborateurs de renom (https://maykan.wordpress.com/).

Bibliographie partielle :  Aux Éditions du CRAM/Grenouille Bleue : Kassauan(roman), 2008.  Chroniques d’Euxémie, (nouvelles), 2008.  Cornes, (roman), 2009. Le chien de Dieu (carnets), 2010. Propos pour Jacob, (essai), 2010.  Aux Éditions Triptyque : Lélie ou la vie horizontale, (roman), 2003. Jakob, fils de Jakob, (roman), 2004. L’espace de la musique, (poèmes), 2005.Le truc de l’oncle Henry, (roman), 2006.  Les versets du pluriel, (poèmes), 2008.  Chants d’août, (poèmes), 2011.   Au Loup de Gouttière : Ces oiseaux de mémoire, (poèmes), 2003. Chez Lanctôt Éditeur : Almazar dans la Cité, (roman), 1999.  Le ruban de la Louve(contes), 2000.   Aux Éditions de la Pleine Lune : Sud, (roman), 1995. Thomas K, (roman), 1997.

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage à prix plus que modique aux Éditions du Chat Qui Louche :http://www.editionslechatquilouche.com/


Chronique des idées et des livres par Frédéric Gagnon…

7 juin 2011

Contes brefs

A

Il faut renaître

C’était un homme seul.

Le jour il se promenait avec un magnétophone pour enregistrer les sons multiples de la ville.  Le soir, dans son deux-pièces, il écoutait l’amas apparemment confus des bruits et percevait une musique divine, légère comme le vent d’avril dans les roseaux.

Une nuit il rentra avec une fille.  Après l’amour elle lui dit que sa semence avait ce goût qu’avait laissé dans sa bouche son avortement.

Le lendemain l’homme seul parcourut la ville en quête de sons.  Le soir, quand il mit l’appareil en marche, il entendit une voix grave, calme, souveraine : « Tu es mort.  Quand renaîtras-tu ? »  Cette nuit-là, il rêva d’un squelette qui devint serpent – et le serpent léchait les pieds d’un nourrisson.

B

L’exit de nuit

Il croyait se détester.

Une nuit, il se rencontra dans un rêve.  Son double et lui firent l’amour.  Ce fut passionné, torride, violent et infiniment doux.

Au matin, s’éveillant, il trouva près de lui le cadavre de sa femme.

 

C

Une liaison

 

Il était seul.  Seul dans la vie.  Seul dans ses rêves.  Dans ses nuits et ses jours.  C’était un homme essentiellement seul.

Il vivait dans Côte-des-Neiges, mais ça ne voulait rien dire.

L’après-midi, il quittait sa chambre et se rendait, sur Côte-Sainte-Catherine, dans l’édifice des HEC.  Il aimait regarder les gens qui passent.  Ça le rassurait, sur l’univers.

Autrefois, dans une autre vie, alors qu’il avait encore quelques amis, quelqu’un lui avait dit qu’il n’avait pas de fondations.  Il avait compris que n’ayant pas été aimé dans sa prime jeunesse, sa personnalité ne reposait sur rien.

Cet après-midi-là, en revenant des HEC, il trouva dans sa chambre, sur le lit, une femme nue qu’il ne connaissait pas.  Une jeune fille.  La plus belle femme qu’il ait jamais vue.

Son désir était intense.  Il voyait qu’elle avait envie de lui.

Il tira de son bureau noir un revolver blanc.

Il se brûla la cervelle devant l’inconnue qui l’observait.

Ce fut là sa façon de l’aimer, d’aimer cette femme magnifique, inattendue, miraculeuse.

D

La robe rouge

 

 Érika aime Robert.  C’est peu dire qu’elle l’aime, elle en rêve.

L’autre jour, Robert et elle avaient rendez-vous dans un café.

— L’amour est une robe rouge, dit Robert, mais il parlait d’une autre femme.

— Si l’amour est une robe rouge, alors je veux aller en haillons, dit Érika.

Quelque chose était brisé.  Robert et Érika ne se reverraient plus.

E

Nécessairement sans titre

 À l’absente

Il aurait aimé écrire un livre qui n’aurait porté sur rien : il était hanté par cet absolu.

Il aimait parfois repenser à certaines femmes ; il lui semblait qu’absentes leur réalité était saturée de sens.  Il pensait souvent à Jeanne, l’épouse d’un médecin qu’il avait connue à Montréal.  Longtemps il s’était plu à imaginer ce qu’aurait été leur vie à deux, mais il ne voyait plus dans ces phantasmes laborieux que l’enfance de l’art.  Ce qu’il recherchait, maintenant, c’était quelque chose d’infiniment plus subtil et précieux, l’essence, à jamais différée, qui ne se donne que dans l’absence, présente par cette absence même, par l’écart infime mais infranchissable qui séparait de son esprit l’Idée de Jeanne.  Cette Idée-là, il le ressentait confusément, était parente de l’Idée au principe de toutes les autres, de l’Idée pure qui n’est Idée de rien d’autre qu’elle-même ; de cet absolu, de ce vide, qui secrètement pousse tous les littérateurs à prendre la plume.  Par moments, un délicieux vertige le saisissait à la seule pensée de cela qui est sans nom et qui donne tout son sens au nom de Jeanne.

***

Ce matin-là, comme tous les autres jours de la semaine, il se rendit au bureau, puisqu’il devait malheureusement, comme des millions d’autres, gagner sa vie.

Les employés, dans ce ministère où il travaillait depuis trois mois, ne le reconnaissaient plus.  Bientôt, deux gardiens de sécurité le reconduisirent à la porte.  Ces faits incompréhensibles ne lui semblaient guère bizarres : une part de son esprit était intimement convaincue de son étrangeté, comme s’il ne pouvait être, partout et toujours, qu’un inconnu.  Il se dit seulement qu’il fallait fêter sa mise à la retraite prématurée.  Il s’acheta quelques bières dans une épicerie et se rendit dans un parc.

C’était un merveilleux jour de juin.  Le bleu du ciel, le vert des feuillages et des pelouses invitaient l’âme à ses propres mystères.

Il but lentement, avec volupté.

Il voyait une fillette adorable qu’accompagnait sa mère.  Bientôt elles s’approchèrent de son banc.  La petite fille le pointait du doigt en s’esclaffant. « – Qu’est-ce qui te fait rire ? demanda la mère.  – Là ! là ! ce drôle d’homme qui boit ! – Mais voyons, Marie, il n’y a personne.  Tu es un peu vieille pour voir des fantômes… »

Elles s’éloignèrent, mais la fillette riait toujours.

Il était temps qu’il rentre chez lui ; il devait écrire.

F

Le dernier mot

            Il voyait la vie telle qu’elle est, dépourvue de signification.  Une génération remplace l’autre, toutes sont ineptes, centrées sur des intérêts

Les carnets du sous-sol

mesquins.  Ce sont toujours les mêmes drames, les mêmes comédies, comédie du pouvoir, du sexe, de l’ambition, partout et toujours les hommes s’affairent et ne vont nulle part.  Ce qui aggravait son insatisfaction était ce fait que lui, homme d’esprit, ne pouvait consacrer son existence à sa passion d’écrire, mais devait passer des journées au bureau, occupé par des tâches purement techniques.  Le pire était de penser que son sacrifice était vain : il ne jouirait jamais du train de vie de ses parents, ni même de celui de ses grands-parents.  La nécessité était implacable, son existence absurde.  Écrasé par sa condition, il s’abandonnait dans ses temps libres au plus étrange des jeux : cet esprit spéculatif développa une métaphysique du vide qui avait pour maître mot absence.  Cette création spirituelle était sa façon de braver le destin, de se montrer plus fin que le sort.  En outre, l’expérience de l’être le décevait.  L’être, c’était du grossier ; mais l’absence, l’absence si chère, ce creux dans l’être que produit le départ d’un être aimé ou la disparition de nos illusions, lui semblait l’espace nécessaire à la vie de l’esprit, à l’apparition du sens, toujours évanescent, à peine sensible, si près et si lointain, près, aurait-il dit, parce que lointain.


***

 C’était en un mot, sous des apparences banales, un homme singulier.

Mais il mourut tout de même.

Au dernier instant, il prononça le nom de Jeanne, mais personne ne répondit.

 © Frédéric Gagnon, juin 2011

Notice biographique

Frédéric Gagnon a vécu dans plusieurs villes canadiennes, dont Montréal, Kingston et Chicoutimi.  Il habite aujourd’hui Québec.  Il a étudié, entre autres, la philosophie et la littérature.  À ce jour, il a publié trois ouvrages, dont Nirvana Blues, paru, à l’automne 2009, aux Éditions de la Grenouille Bleue.  Lire et écrire sont ses activités préférées, mais il apprécie également la bonne compagnie et la bonne musique.


Félicitations à Michel Samson…

28 septembre 2010

Un second prix pour la Grenouille Bleue….

Michel Samson remporte le Prix découverte 2010 du Salon du Livre (SLSJ) avec Ombres sereines

Voici ce que l’auteur, Michel Samson, rapportait dans son blogue (http://ombressereines.wordpress.com/) lorsqu’il apprit qu’il était parmi les finalistes :

« Publier Ombres sereines fut, dans mon cas, un geste soulevant bien des questions et entraînant un cortège d’angoisses qui sont, peut-être, communs  à bien des auteurs, mais nouveaux pour moi : appréciera-t-on ce texte ? Sombrera-t-il vite dans l’oubli et l’indifférence ? Fera-t-il au contraire son petit bonhomme de chemin ?

Les critiques et commentaires, tant de la part des professionnels que des amateurs (La grenouille bleue qui m’a fait confiance, Alain Gagnon qui fut mon premier directeur littéraire, les magasines littéraires Lettres québécoises et  Nuit blanche, le magasine culturel Voir, le  Délit journal étudiant de l’université McGill  ainsi que vous-mêmes qui vous êtes exprimés à moi) m’ont donné le courage de persévérer, de produire de nouveaux textes, d’aller de l’avant en multipliant les projets d’écriture.

D’être dans la course pour le prix Découverte participe à cette énergie formidable qui ouvre les possibles et balaie les hésitations : Ombres sereines soulève de l’intérêt et c’est cela qui compte. Comme aurait pu le dire le maître dans Ombres sereines : Peu importe le point de départ, peu importe la destination : la voie seule existe. »

Notice biographique :

L’AUTEUR d’Ombres sereines : Michel Samson est né et a grandi à Arvida. Après un bac en Littérature française à l’UQAC, il a poursuivi des études littéraires (maîtrise) à l’université Laval.  À vingt-quatre ans, il se retrouve enseignant au collégial. C’est un passionné.  Très vite il lui est apparu que parler de littérature à ses élèves demeurait insuffisant. Ateliers d’écriture, cours de production littéraire et d’écriture dramatique se sont donc succédé.  Il a également collaboré à l’écriture de plusieurs pièces de théâtre et touché à la mise en scène. Si de nombreux facteurs ont contribué à forger son style, les voyages se sont avérés un puissant déclencheur du besoin d’écrire.  Voyages en Europe et, surtout, l’exploration d’une Asie qui le fascine.  C’est ce monde lointain qui fraie son chemin à travers ses mots.

LE LIVRE :

Au hasard d’une rencontre au pays du Dragon Bleu, deux hommes au passé mystérieux entament une relation de maître à disciple et s’installent sur les berges du Mékong. Bien qu’immobiles, ils amorcent un voyage fascinant par les récits qu’ils se transmettent.  L’un raconte, l’autre écoute et cherche à comprendre le sens de son existence.  À travers contes, récits et anecdotes du Japon et du Vietnam, s’élabore un discours simple : celui du cœur. Shintoïsme, Bouddhisme et Zen ; la sagesse asiatique sert de toile de fond aux petits et grands drames de l’humanité. La parole complexe du bonze et le commentaire simple du paysan poursuivent les mêmes objectifs : définir l’être, saisir sa nature, l’incarner dans le moment fugitif.

Le voyage prend toute sa signification pour ces deux personnages énigmatiques : aller à la rencontre de l’autre, de l’âme, des forces et faiblesses humaines, avant de reprendre des sentiers aussi imprévisibles que différents… En apparence.

Michel Samson nous enchante par ces textes brefs, purs, mélodieux, calmes et aériens. Des airs de flûte Shakuhachi ; une source fraîche qui jaillit entre les pierres d’un jardin japonais.  Un dépaysement, en même temps qu’une plongée au cœur de ce qu’il y a de plus intime, de plus limpide, de plus valable en soi.

Un exotisme sans fard, épuré. Une expérience du zen par un auteur qui l’a vécu de l’intérieur. Un livre d’une grande simplicité qui étonne, émerveille, nourrit, parle au cœur.  Des histoires qui captivent, retiennent le lecteur.


Réductionnisme et laïcisme : Abécédaire…(55)

13 août 2010

Extraits d’un ouvrage à paraître : Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir…

Réductionnisme — C’est un miroir brisé que la société présente au citoyen.  Un miroir qui le tronque ou, au mieux, le segmente : le refuse comme totalité.  La liberté de culte et la séparation des Églises et de l’État nous honorent.  (Et il nous faut aussi respecter ceux qui considèrent l’homme comme un agrégat temporaire et accidentel de conscience, de pulsions et de souvenirs.)  Je me hérisse toutefois, lorsque, sous prétexte de respect des libertés individuelles, on bâillonne tout le monde, on empêche chacun d’exprimer la dimension essentielle de son être.

À titre d’exemple : cette école où une enseignante du primaire arrête un enfant qui s’apprête à raconter l’histoire des Rois Mages : ce récit pourrait heurter les sensibilités non chrétiennes de certains élèves.  (Et Les contes des mille et une nuits !)  Une histoire est une histoire ; et les enfants les apprécient.  Et s’ils sont d’une autre culture, ils l’apprécieront davantage car elle sera nouvelle pour eux.

Ces scrupules laïques cachent une haine : la haine de soi, la haine de toute transcendance, les cornes du réductionnisme niveleur.  La société plurielle, c’est tout le contraire du bâillonnement : l’acceptation des différences, non leur occultation.

Lorsque le credo réductionniste doit choisir entre plusieurs voies incertaines, entre plusieurs attitudes incertaines dans la conduite des affaires humaines, il choisit immanquablement le plus petit dénominateur commun pour délimiter son projet – ce qui accorde le moins d’envergure possible à la personne.

Tout cela donne une société très drabbe.


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