Cimetière suspendu, une nouvelle de Lolita Leblanc…

5 mars 2015

 Cimetière suspendu

C’est l’hiver, le temps est clément, la neige recouvre le paysage et ce blanc immaculéchat qui louche maykan alain gagnon francophonie ravit les tout-petits.  Surtout l’une d’entre eux, qui cherche tous les prétextes pour s’amuser à l’extérieur.  Depuis qu’elle marche, la cour est son royaume.  Elle invente mille jeux, s’épanouit avec insouciance et affiche un sourire contagieux.  Une gosse heureuse qui ne se soucie de rien.

Les mangeoires sont une de ses sources de bonheur.  Son père en a installé un peu partout.  Comme ça, mademoiselle les observe, peu importe où elle se tient.  Aussi bien de l’intérieur de la maison des zones diverses du vaste terrain.

Ce matin-là, la luminosité est presque aveuglante.  Dès son petit déjeuner terminé, Ariane enfile ses habits et file respirer le grand air.  Comme toujours, elle n’aspire qu’à rendre une visite à ses camarades qui sont des gloutons rigolos.  Sa maman la surveille de la grande vitrine du salon.  De toute manière, l’endroit est clôturé.  Le seul moyen de ne pas s’inquiéter, car il est impensable d’interdire à sa fille unique de jouer dehors.     Alors qu’elle n’aperçoit plus son exploratrice, la mère va à la porte arrière et lui crie.  Aucune réponse.  Elle passe une veste à la hâte et se rue dans la cour.

Sa fillette de cinq ans gisait en larmes au pied d’un gigantesque chêne qui dominait leur domaine.

— Ariane, qu’est-ce qui se passe ?

— Y’a… y’a plus de place.

— Plus de place ! Plus de place, pour quoi ?

— J’suis… p… pas assez grande pour en mettre d’autres.

— Je ne comprends pas de quoi tu parles, ma chérie… Viens… On va essuyer ton visage et tu me raconteras.

— Mais lui… On va le mettre où ? s’enquit la gamine en ouvrant les doigts.

Une mésange morte apparut dans les mitaines.

— Tu vas attraper des microbes… mets-le par terre.

L’enfant redémarra sa coulée de chagrin.

— Si je l’abandonne, il ne pourra pas aller au ciel trouver ses amies.

— Donne-le-moi, on va te nettoyer et tu m’expliqueras.

Ariane raconta que souvent elle tombait sur des oiseaux sur le sol en avant des fenêtres.  Certains bougeaient, d’autres presque plus.  Pour les aider, elle les ramassait doucement, les déposait sur une branche du gros arbre.  La mère jugea l’idée étrange, mais la pria de continuer.  S’il était blessé et qu’il demeurait là, un chat pouvait passer et le dévorer.  Dans les airs, il pouvait dormir, se reposer et quand il se sentirait mieux, il s’envolerait, retrouverait son chemin et reviendrait manger des graines.

Quel ange que sa petite princesse !

La maman lui nettoya le visage en tentant de la rassurer.  Puis, elles s’habillèrent pour aller examiner le chêne ou du moins, la partie accessible à la samaritaine.  La mère n’osait pas dire que la mésange était morte et que la sauver n’était plus envisageable.

Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un nombre important de dépouilles sur les branches les plus basses !  Ariane avait composé un cimetière suspendu.  Comment faire pour ne pas amplifier son chagrin ?  Cette fois, les mots devraient être bien choisis pour ne pas la traumatiser.

À fouiller dans ses affaires, une boîte qu’elles décorèrent ensemble suffit pour accueillir le volatile.  Avec des mots simples, la maman expliqua qu’il retrouverait son chemin et ses camarades.

Discrètement, le père soulagea l’arbre de ses pensionnaires puis il s’équipa d’une magnifique collection de caissettes en carton qu’il offrit à sa fille.  Il prétendit que ces contenants étaient magiques et qu’ainsi, les oiseaux pourraient dormir tranquille.

La mère se procura des stores translucides pour voir dehors, mais surtout pour créer des surfaces avec moins de reflets.  Ce qui diminua de beaucoup les accidents mortels chez leurs visiteurs aériens.  Et tout le monde s’entendit pour qu’Ariane prévienne ses parents si elle trouvait un blessé.

L’enfant recommença ses escapades, puis elle finit par grimper à l’arbre majestueux.

L’été, on peut l’apercevoir, bien installée sur une branche, avec des graines dans les mains et d’habiles chapardeurs qui l’en soulagent sans crainte.

Lolita Leblanc

Notice biographique :

Native de Montréal, Lolita Leblanc est l’aînée d’une famille de quatre enfants. Depuis l’âge de trois ans, elle habite leSaguenay.  Selon ses dires, la lecture fut et restera le plus beau cadeau qu’on lui ait fait. Enfant, elle dévorait livre après livre. Depuis sa première bouchée littéraire, elle savoure les romans fantastiques, se nourrissant d’images sujettes à l’inspirer. Toutes celles qui l’entraînent en des univers mystérieux.  Aventures trop envoûtantes pour les étouffer, elle narrait ses voyages noctambules à ses camarades. Puis l’âge adulte l’a rejointe. Et contre toute logique, jamais les rêves n’ont cessé. Dès qu’elle sautait du lit, une véritable frénésie s’emparait d’elle. Un jour, le goût de transcrire le fruit de ses voyages l’a contrainte à répondre à la pulsion de coucher ses aventures sur papier. La plume ne la quitte plus depuis.  Nous sommes heureux de la compter dans l’équipe des rédacteurs du Chat Qui Louche.

Son premier roman a paru en octobre 2010 :  La rédemption de l’ange, aux Éditions JKA.


Chronique du livre… par Lolita Leblanc

27 février 2011

Nephilim par Asa Schwarz

Juste le mot porte à réflexion. Certains en ont entendu parler, d’autres croient à leur existence et plusieurs ignorent complètement à quoi le mot fait allusion.  Alors, avant de poursuivre,  je préfère vous donner la définition la plus souvent utilisée :

NEPHILIM : Le mot nephilim apparaît deux fois dans la Bible (Genèse 6:4 et Nombres 13:33). Il est souvent traduit par Géants mais parfois rendu tel quel. C’est la forme plurielle du mot hébreu nāphîl. Certains biblistes et historiens pensent que le terme signifie ceux qui font tomber les autres. D’autres pensent, sur la base de (או כנפל טמון), qu’il s’agit d’avortons. Avortons d’anges déchus.

Mais qui dit vrai ? Existent-ils réellement ?

C’est ce dont traite le roman d’Asa Schartz.

En résumé, le récit tourne autour d’une jeune femme, Nova Barakel, qui a récemment perdu sa mère dans un accident tragique. L’orpheline fait partie de l’organisme mondial Greenpeace et s’y investit avec conviction. Cette association, qui prône de protéger la planète à tout prix, a rédigé une liste de grands responsables de la destruction de l’environnement. Pour donner une leçon à ces magnats, les membres posent des gestes concrets, sans violence,  et ce,  directement chez les ciblés.

Pour leur malheur.  L’orpheline tombera sur les restes d’un crime sordide, tout droit inspiré par les gravures d’un maître disparu. Des exemplaires de ces ouvrages ornaient les murs de la demeure de sa mère… Choquée, dégoûtée, Nova en déverse le contenu de son estomac sur le plancher de la scène de meurtre. Un bel échantillon de son ADN pour les forces de l’ordre. Alors s’amorce une chasse à l’assassin dont elle devient la suspecte numéro un.

En même temps, des personnages se greffent à l’histoire, dont les légendaires Nephilims. Qui, parmi la race humaine, fait partie de ce clan fermé ? Et que veulent-ils, que cherchent-ils à faire ? Quelques questions qui fourmillent dans la tête de l’orpheline contrainte de fuir, de se terrer, seule pour résoudre ce grand mystère.

L’action est bien traitée. L’adrénaline circule sous la plume de l’auteure. La passion aussi. Elle nous ouvre des sentiers différents et nous oblige à nous interroger. À un moment, on se dit même : pourquoi pas ? Chaque personnage cache une histoire. Leurs secrets refont surface et certains ne plaisent pas aux Nephilims qui œuvrent pour éradiquer ceux qui pourraient les empêcher de demeurer sur terre. Aucune ressource pour les arrêter, aucun mortel assez important pour freiner leur rage de vivre.

Donc, si vous cherchez un volume empreint de mystères, où une jeune fille nous accroche à ses pas et, surtout, où l’auteure vadrouille sur des sentiers interdits, NEPHILIM est le livre pour vous. Moments divertissants… une promesse bien tenue.

Notice biographique :

Native de Montréal, Lolita Leblanc est l’aînée d’une famille de quatre enfants. Depuis l’âge de trois ans, elle habite le Saguenay.  Selon ses dires, la lecture fut et restera le plus beau cadeau qu’on lui ait fait. Enfant, elle dévorait livre après livre. Depuis sa première bouchée littéraire, elle savoure les romans fantastiques, se nourrissant d’images sujettes à l’inspirer. Toutes celles qui l’entraînent en des univers mystérieux.  Aventures trop envoûtantes pour les étouffer, elle narrait ses voyages noctambules à ses camarades. Puis l’âge adulte l’a rejointe. Et contre toute logique, jamais les rêves n’ont cessé. Dès qu’elle sautait du lit, une véritable frénésie s’emparait d’elle. Un jour, le goût de transcrire le fruit de ses voyages l’a contrainte à répondre à la pulsion de coucher ses aventures sur papier. La plume ne la quitte plus depuis.  Nous sommes heureux de la compter dans l’équipe des rédacteurs du Chat Qui Louche.

Son premier roman a paru en octobre 2010 :  La rédemption de l’ange, aux Éditions JKA.


Chronique du livre… par Lolita Leblanc

27 janvier 2011

Marcel Dumas, Les écureuils d’automne, Les Éditions Publibook.

Un titre qui suscite des questions.

L’auteur est un homme de caractère. Un être exceptionnel qui consacra sa vie à la conception d’aéroports. Mais, avant tout, c’est  un pilote professionnel.

Marcel Dumas

Au début, nous avons été captivés par les commentaires de l’autre. Puis nous avons ri de nos ripostes. Au fil des jours, sont apparues des interventions sur nos parterres publics (FB). De multiples intérêts communs nous rattachaient. En fin de compte, le plaisir d’écrire de l’un et de l’autre a construit notre belle amitié.

En fouillant sur le site de Marcel (http://www.marceldumas.fr/), j’ai découvert tout « un » personnage. Entrevues, articles, voyages… ouf !   Étourdissant comme bagage. Je me sentais petite devant ce géant et privilégiée de ces liens que nous avions tissés en si peu de temps. Imaginez, lui en était à plus d’un titre,  et moi, je m’apprêtais à sortir mon premier roman.

Après de multiples démarches pour me procurer l’œuvre qui m’intriguait et l’impossibilité de mettre la main dessus dans mon coin de pays, je commençais à désespérer. Pourquoi autant de formalités ? Mon nouvel ami est un privilégié qui habite l’Europe. Il est originaire du Midi.

En lisant à son sujet, j’ai découvert que sa carrière exceptionnelle a gorgé sa tête de souvenirs inoubliables. Imaginez les rencontres !  Quel plaisir de se faire des relations partout sur le globe ! Et que dire de son expertise, l’outil génial pour inspirer ses œuvres.

Intrigués, l’un et l’autre par nos plumes respectives, en signe d’amitié, nous avons convenu d’échanger nos romans, de les commenter et ,si un jour la vie permet, de lier connaissance en personne. Demain nous réserve des surprises…

Puis, arrive le moment tant attendu. Deux jours après le lancement de mon premier bébé, je tiens enfin ce livre qui m’interpelle. Et le titre me fait encore sourire.

L’histoire tourne autour d’un jeune architecte en aéronautique. Julien Merval accepte de partir pour l’Angola à la demande de son patron, en collaboration avec les services secrets. Ravi de pourvoir concilier son emploi et sa passion des hélicoptères, l’homme profite du voyage et du paysage.

En réalité, les écureuils d’automne sont des appareils particulièrement malléables. Dans la narration, ils ont été adaptés pour des besoins spécifiques, afin d’apporter de l’aide aux gouvernements africains qui luttent contre les contrebandiers et contre la violence extrême qui règne en permanence sur leur vaste territoire.

Tel un film d’action, le récit est mené d’une main de maître. Trahisons, meurtres, trafic de drogues, idylle amoureuse, et j’en passe. Tout à fait le genre de livre dont on se transforme en victime. Le mot vous parait fort ? À mon avis, pas assez. La dépendance s’installe après quelques pages. Le besoin d’en savoir plus devient pire que la soif. Rebondissements et suspenses se chamaillent les paragraphes. La détermination à survivre du héros, sa volonté à dévoiler la vérité font de lui un homme en qui l’on croit. Plus encore, on voudrait le connaître dans la vraie vie.

Le style d’écriture est convaincant, le vocabulaire d’une belle richesse. Les tournures de phrases exposent un réel savoir-faire. Surtout dans les épisodes qui gravitent autour des détails techniques.

J’ose espérer que Marcel Dumas reviendra avec d’autres aventures du genre. Et quel plaisir si nos écrans accueillent des œuvres telles que : Les écureuils d’automne ! Je vois déjà les gros titres tout illuminés… les affiches dans les rues. Qui sait, peut-être que Julien Merval deviendra notre futur James Bond ? Même sans la panoplie de gadgets du héros familier, j’ai dévoré l’intrigue. Rien de trop… du juste assez. Les scénarios se veulent très crédibles. J’irais jusqu’à présumer une histoire vécue. Le romancier m’a assuré que non.

Comptons-nous privilégiés qu’au moment d’un séjour en Afrique, l’auteur ait été illuminé. Que l’idée d’une fiction quasi familière l’effleure avec autant d’intensité. Une escapade littéraire que je recommande aux adeptes d’action et de sensations fortes.

Bon voyage en Angola sur des eaux tumultueuses où les requins ne sont pas ceux que vous croyez…

 

Notice biographique :

Native de Montréal, Lolita Leblanc est l’aînée d’une famille de quatre enfants. Depuis ses trois ans, elle habite Saguenay.  Selon ses dires, la lecture fut et restera le plus beau cadeau qu’on lui ait fait. Enfant, elle dévorait livre après livre. Depuis sa première bouchée littéraire, elle savoure les romans fantastiques, se nourrissant d’images sujettes à l’inspirer. Toutes celles qui l’entraînent en des univers mystérieux.  Aventures trop envoûtantes pour les étouffer, elle narrait ses voyages noctambules à ses camarades. Puis l’âge adulte l’a rejointe. Et contre toute logique, jamais les rêves n’ont cessé. Dès qu’elle sautait du lit, une véritable frénésie s’emparait d’elle. Un jour, le goût de transcrire le fruit de ses voyages l’a contrainte à répondre à la pulsion de coucher ses aventures sur papier. La plume ne la quitte plus depuis.  Tous les jeudis, dès 13 h, elle présente une chronique littéraire à KYK radio « X » au 95,7.  Nous la reproduisons avec plaisir.

Son premier roman a paru en octobre 2010 :  La rédemption de l’ange, aux Éditions JKA.


Chronique livre de Lolita Leblanc…

23 décembre 2010

Roméo Dallaire : Ils se battent comme des soldats. Ils meurent comme des enfants, Libre Expression, 2010.

(Lolita Leblanc est écrivaine.  Tous les jeudis, dès 13 h, elle présente une chronique littéraire à KYK radio « X » au 95,7.  Elle nous permet de la reproduire.  Dorénavant, elle collaborera avec Le Chat Qui Louche sur une base régulière.)

On connaît l’homme ou, du moins, on a entendu parler de ce héros.  Auteur du livre : « J’ai serré la main du diable », porté à l’écran et qui a remporté un énorme succès, il nous revient avec un second ouvrage dans l’univers sanglant de la guerre. Il nous raconte la face avilie d’un monde entaché de chair et de sang. Une frontière où il a côtoyé la mort. La mort sous toutes ses facettes. Il y a goûté au-delà du permis, au-delà de toute endurance psychologique.

En toute franchise, il nous dévoile l’horreur et la réalité des enfants soldats. Un fléau qui ne devrait plus exister… une souillure dans l’ordre des choses, une aberration quotidienne pour de jeunes innocents.

À la télévision, au cinéma dans les médias, partout, on traite du sujet. Mais jamais avec la vision de M. Dallaire. Jamais avec une telle prise de conscience. Jamais avec ce désir d’agir qui lui sangle l’esprit.

La lecture nous apprend comment des dictateurs, des monstres sans moralité, recrutent des enfants souvent dès l’âge de neuf ans. Aussi bien filles que garçons et ce, à des fins militaires, à fins d’ambitions personnelles, sans égard pour leur valeur. Ils leur retirent toute identité. On les arrache à leur famille, leur lessive le cerveau afin d’effacer toute parcelle de sentiment humain. Le mot empathie s’éradique de lui-même pour ne devenir qu’un terme parmi tant d’autres. De ces petites choses sensibles qui ont déjà souri, aimé, rêvé, on a fait des machines de guerre, des machines à destruction massive. Ostracisés, ces élus n’ont qu’une voie : tuer pour survivre.

On évalue à plus d’un quart de million le nombre d’enfants qui prennent part à des affrontements. De quoi tomber à la renverse. On leur apprend à ne plus pleurer, à ne plus rien ressentir que le désir du sang, du pouvoir de l’arme, de la sensation grisante d’appartenir à un groupe sans peur. À oublier le mot limite.

Comment peuvent-ils réagir? Comment peuvent-ils s’en réchapper? Privés de confort, souvent du strict minimum, forcés de bûcher très tôt pour survivre parmi des gens plus pauvres que la pauvreté elle-même, les enfants des pays défavorisés s’essoufflent avant même de connaître la vie.

Alors, les malheureux s’inclinent. Certains s’enrôlent volontairement. D’autres sont contraints de tuer leurs parents pour détruire une éventuelle porte vers un retour en arrière. Errer sans but est un effroyable fardeau pour de si jeunes personnes. Aussi bien plier l’échine.

Pour les garder dans leurs rangs, on les récompense avec des privilèges : nourriture, vêtements, un toit où dormir, une fausse cellule familiale. Pour couronner le tout, on les a embrouillés par des privautés d’adultes : sexe et drogues. Des dépendances souvent impossibles à contrôler qui accentuent le côté sombre de l’espèce que nous sommes. Donc, pour eux, il est bon de tuer, mal d’avoir pitié, comme révèle M. Dallaire.

Que faire alors?

Dans ce livre, Roméo Dallaire propose des alternatives pour punir les coupables de crimes contre l’humanité, pour sanctionner ceux qui enrôlent des enfants. Il dévoile des façons d’agir, des moyens plausibles, afin de prêter main-forte à ces peuplades laissées-pour-compte.

Offrirons-nous notre appui à ce héros? Écouterons-nous ses appels à l’aide sans broncher? Continuerons-nous de fermer les yeux sur ce fléau? Toutes des questions auxquelles nous devons réagir et dont nous devons prendre conscience en allant de l’avant par des gestes concrets.

« Ils se battent comme des hommes. Ils meurent comme des enfants », un livre à découvrir. Un sentier à emprunter pour comprendre et redevenir humain en secourant son prochain…

Notice biographique :

Native de Montréal, Lolita Leblanc est l’aînée d’une famille de quatre enfants. Depuis l’âge de trois ans, elle habite  au Saguenay.  Selon ses dires, la lecture fut et restera le plus beau cadeau qu’on lui ait fait. Enfant, elle dévorait livre après livre. Depuis sa première bouchée littéraire, elle savoure les romans fantastiques, se nourrissant d’images sujettes à l’inspirer. Toutes celles qui l’entraînent en des univers mystérieux.  Aventures trop envoûtantes pour les étouffer, elle narrait ses voyages noctambules à ses camarades. Puis l’âge adulte l’a rejointe. Et contre toute logique, jamais les rêves n’ont cessé. Dès qu’elle sautait du lit, une véritable frénésie s’emparait d’elle. Un jour, le goût de transcrire le fruit de ses voyages l’a contrainte à répondre à la pulsion de coucher ses aventures sur papier. La plume ne la quitte plus depuis.

Son premier roman a paru en octobre 2010 :  La rédemption de l’ange, aux Éditions JKA.


Chronique livre de Lolita Leblanc…

15 décembre 2010

Stephen McCauley : L’autre homme de ma vie, Éd. Baker Street, Paris, 2010 

Lolita Leblanc

 

(Lolita Leblanc est écrivaine.  Tous les jeudis, dès 13 h, elle présente une chronique littéraire à KYK radio « X » au 95,7.  Elle nous permet de la reproduire.  Dorénavant, elle collaborera avec Le Chat Qui Louche sur une base régulière.)

Tout d’abord, le titre et l’écrivain… ne connais pas. Mais je suis de nature curieuse… très curieuse… j’avouerais,  fureteuse.

J’amorce la lecture de la jaquette qui mentionne que l’homme est l’auteur de cinq romans à succès : L’objet de mon affection (porté à l’écran aux États-Unis) L’art de la fugue et Qui va promener le chien? La vérité ou presque (adapté en France) et Sexe et dépendances. J’apprends  aussi qu’il est le fils de l’union secrète entre Woody Allen et Édith Wharton.

Entrée en matière alléchante.

Je me penche sur le synopsis qui, entre les lignes, me suggère une histoire intéressante avec des rebondissements, sans doute quelques passages croustillants et peut-être de l’érotisme.

Qui d’entre nous n’a pas un côté voyeur ? Qui ne souhaite pas partager les fantasmes d’autrui par et découvrir une vision des plaisirs de la chair par la plume d’un étranger ? Moi, je m’assume. Et j’adore cet univers  interdit et souvent tabou. Et je vous révèle bien humblement que j’écris des scènes torrides. Donc, j’apprécie également la lecture osée. Surtout lorsque maitrisée.

L’histoire tourne autour d’un ancien psychologue, blasé de son métier qui bifurque comme cadre dans une grande entreprise, à la tête du département d’aide  aux employés. Homosexuel, il partage son quotidien avec un compagnon œuvrant dans le marché de la vente et de l’achat de pièces d’art décoratif. Le second homme de sa narration – son amant secret– est un hétéro marié, père de famille qui cache sa double vie.

En plus de ces aventures extra-conjugales,  à de multiples reprises, Richard (héros principal) nous raconte ses moments d’échanges verbaux avec son entraineur qui, lui, nous livre une vie en montagnes russes. Richard, maniaque de l’apparence physique, passe une grande partie de ses temps libres à se défoncer sur des machines en des séances intensives de remise en forme. Ce qui nous dirige sur des révélations émotives à quelques reprises.

Normalement, tous des éléments susceptibles de construire un roman excitant, rempli d’intrigues et de surprises. Pourtant… rien qui nous coupe le souffle.

La plume est agréable à lire. Le vocabulaire aussi. Le déroulement se suit bien. Hélas, pas de vagues. Des banalités quotidiennes. Pas de scènes chaudes, ni d’engueulades. Je m’imaginais avoir à retenir mon souffle pour m’absorber en certains extraits ou juste me sentir ébranlée par des situations inusitées ou encore éprouver des moments de chagrin, de l’empathie pour les figures principales… néant.

Lorsque je me plonge dans un roman, je m’évertue à le terminer. Parfois, c’est ardu mais bon… Un moyen d’honorer les efforts de son créateur. Et en tout travail… on découvre de bons éléments. Oui, l’auteur maitrise l’écriture. Il connait le métier et n’en est pas à sa première œuvre. Cependant, aucun tambourinement émotionnel, aucune palpitation… pas de hâte à poursuivre ni d’envie de tout abandonner dans mes tâches domestiques pour m’y consacrer.  En ce qui me concerne, le calme plat. L’auteur narre des problèmes de couple comme on en rencontre partout. Il décrit le quotidien de gens simples, dont son homosexualité, pendant 315 pages. Et je précise bien : un quotidien réchauffé.

À mon avis, certains peuvent y trouver leur compte, aimer même et se laisser conquérir par Stephen McCauley. Toutefois, je ne crois pas avoir été séduite suffisamment pour me plonger dans une seconde œuvre.

Comme tous les goûts sont dans la nature et que la nature a tous les goûts, les miens se situent en d’autres pages.

À vous de décider si L’autre homme de ma vie vous met en appétit…

Notice biographique :

Native de Montréal, elle est l’aînée d’une famille de quatre enfants. Depuis ses trois ans, elle habite Saguenay.  Selon ses dires, la lecture fut et restera le plus beau cadeau qu’on lui ait fait. Enfant, elle dévorait livre après livre. Depuis sa première bouchée littéraire, elle savoure les romans fantastiques, se nourrissant d’images sujettes à l’inspirer. Toutes celles qui l’entraînent en des univers mystérieux.  Aventures trop envoûtantes pour les étouffer, elle narrait ses voyages noctambules à ses camarades. Puis l’âge adulte l’a rejointe. Et contre toute logique, jamais les rêves n’ont cessé. Dès qu’elle sautait du lit, une véritable frénésie s’emparait d’elle. Un jour, le goût de transcrire le fruit de ses voyages l’a contrainte à répondre à la pulsion de coucher ses aventures sur papier. La plume ne la quitte plus depuis.

Son premier roman a paru en octobre 2010 :  La rédemption de l’ange, aux Éditions JKA.

La rédemption de l'ange


La chronique de Lolita Leblanc…

7 décembre 2010

Margaret Trudeau en libre équilibre…

Lolita Leblanc

(Lolita Leblanc est écrivaine.  Tous les jeudis dès 13 h elle présente une chronique littéraire à KYK radio « X » au 95,7.  Elle nous a permis de reproduire la dernière.)

Trop d’abus tue la flamme… trop de mensonges l’étouffent… trop de non-dits érigent des frontières… trop de refus ouvre la porte vers la mort cérébrale… vers la fin.

Ce petit extrait personnel résume un peu ce qu’a traversé Margaret Trudeau. Une femme incroyable qui a vécu dans une cage presque toute sa vie. Ses propres barreaux, elle devait les remorquer partout, car ils émergeaient de son cerveau, d’une maladie peu connue, de préjugés trop ancrés dans les mentalités. Son nom : la maniaco-dépression, la bipolarité. Deux mots qui font frémir, qui font miroiter des sentiers qui effraient le commun des mortels. Imaginez celui qui en est victime, qui le traîne comme un boulet, qui doit chaque seconde de sa vie, combattre une facette de sa personnalité au risque de sombrer dans des phases destructives. Ouf !

Combien parmi vous connaissez de ces malheureux ? Combien en avez-vous croisé sans vous douter de leur souffrance, de leur tristesse, de leur désespoir incommensurable ? Plus d’un… et plus que cela.

En me plongeant dans la lecture de l’autobiographie de Margaret Trudeau en libre équilibre, j’ai découvert une femme incroyable ! Une mère désemparée qui s’accrochait de toutes ses forces, une épouse incomprise qui ne cherchait qu’à répondre aux exigences sans doute trop édifiées, une conjointe aimante dont le mari se préoccupait plus de ses fonctions de premier ministre que de sa vie de couple… une personne qui se devinait différente depuis son enfance — quatrième fille de cinq — et qui s’ingéniait à se faire accepter, à trouver sa place.

Élevée à Vancouver dans les années 1950, Margaret se savait fantasque et lunatique. Même si pleurer, se fâcher, rire et se comporter dissemblablement des siens la déboussolaient, elle parvenait à deviner ce qui se profilait en elle. Ce qui sommeillait en attente de faux pas, de pouvoir contrôler sa nature.  Âgée aujourd’hui de soixante ans et des poussières, elle fait sourire les gens lorsqu’elle mentionne que jusqu’à récemment, elle vivait sa période d’adolescence. Néanmoins, elle dit vrai. Elle révèle simplement son état d’esprit. Sa victoire contre son tempérament profond, sa lutte acharnée contre sa maladie mentale.

Je pourrais décrire sa première rencontre avec Pierre-Elliot Trudeau, l’homme qu’elle épousa alors que leur écart d’âge prévoyait déjà un échec. 28 ans. Énorme lorsqu’on prend conscience de l’abîme de réalité qui les a rassemblées. Religion opposée, éducation différente et surtout vison de la famille à des kilomètres. Mais au moins, l’amour pour leurs enfants a permis de les lier d’une manière profonde. Jamais, ils n’ont souhaité le malheur de l’autre. Jamais, ils n’ont œuvré à détruire l’individu. Une belle preuve de respect et ce, malgré leurs difficultés, au-delà de la maladie de Margaret qui voulait qu’on l’écoute, qui aspirait à se sentir utile et non vivre comme une âme en peine errante dans les corridors du 24 Sussex.

Adorant concocter de petits plats, la grande Dame devait se battre contre les cuisinières pour s’accorder le plaisir de préparer des repas pour les siens. Devait affronter son mari pour le droit de dépenser pour ses propres besoins. Ce qui la plongeait dans des phases de manies dépressives, de changement de personnalité, d’autodestructions terrifiantes pour ses enfants et ses proches.

Si seulement Monsieur le Premier Ministre avait accepté qu’elle reçoive des soins appropriés et non des consultations de médecins inaptes à l’aider. Le mot psy devait faire frémir le pauvre homme politique. Préjugés… préjugés et encore des préjugés.

Si l’humain est parvenu à apprivoiser et développer une science susceptible d’aider les malheureux aux prises avec des problèmes mentaux, ne devrait-on pas plutôt applaudir et faire tout en notre possible pour les offrir aux nécessiteux ? À quoi nous sert de fermer les yeux sur des faits tangibles ? À mon avis, poursuivre sur cette lignée abaisse le niveau de progression de l’être humain. Il régresse dans le sens large du terme…

Comment une femme peut-elle vraiment s’épanouir alors qu’elle apprend chaque jour à réprimer ses émotions, à se montrer gentille et soumise pendant que son esprit hurle à s’époumoner ? Un authentique combat… un duel constant jusqu’au K.O. total de l’individu.

Une chance que Margaret a pu s’évader dans la montagne, dans un chalet qui appartenait à M. Trudeau. Vivre dans la nature, respirer le grand air et ne plus avoir à faire semblant de se plier aux exigences de sa fonction de première dame lui ont permis de libérer sa véritable personnalité. Celle d’une femme simple, d’une mère fière de ses enfants, amoureuse des moments en famille et qui ne rêvait que de partir loin des médias qui la pourchassaient, la jugeaient, l’étiquetaient comme une dévergondée, une moins que rien, une honte pour la nation.

Si seulement « un » s’était penché sérieusement sans mauvaises intentions sur son cas, sans la critiquer, en l’écoutant réellement en lui donnant cette possibilité de s’exprimer avec franchise pour révéler ce qu’elle endurait en silence.

Non… inconcevable, ce genre de journalisme n’existant pas dans son univers. Que le sensationnalisme à l’époque. Pas de médias empathiques pour cette femme de qualité lapidée à plusieurs reprises. Quelle tristesse ! Heureusement, les choses ont évolué et de ces perles qui veulent livrer la véritable marchandise, il en existe. J’en connais, j’en côtoie. Elle… n’a pas eu cette prérogative.

Je termine en vous suggérant fortement de plonger dans la lecture de cet ouvrage. Moi, je remercie Gary Daigneault pour ce privilège. Par choix, je n’aurais jamais songé à lire ce livre : Margaret Trudeau en libre équilibre. Pas dans mon créneau, pas dans ce qui m’interpelle. Pourtant, j’ai adoré, j’ai découvert, j’ai pleuré… ri… souri… me suit révoltée… enfin bref, j’ai grandi… évolué dans une voie positive. Je me suis mise à sa place. En toute humilité, je réalise que je ne suis encore qu’une gamine devant cette personnalité attachante.

Merci Maggie, je vous souhaite tout le bonheur du monde et j’espère un jour pouvoir vous serrez la main et vous dire : « Bravo, vous êtes l’une des plus grandes… soyez heureuse, vous le méritez plus que quiconque… »

Notice biographique :

Native de Montréal, elle est l’aînée d’une famille de quatre enfants. Depuis ses trois ans, elle habite Saguenay.  Selon ses dires, la lecture fut et restera le plus beau cadeau qu’on lui ait fait. Enfant, elle dévorait livre après livre. Depuis sa première bouchée littéraire, elle savoure les romans fantastiques, se nourrissant d’images sujettes à l’inspirer. Toutes celles qui l’entraînent en des univers mystérieux.  Aventures trop envoûtantes pour les étouffer, elle narrait ses voyages noctambules à ses camarades. Puis l’âge adulte l’a rejointe. Et contre toute logique, jamais les rêves n’ont cessé. Dès qu’elle sautait du lit, une véritable frénésie s’emparait d’elle. Un jour, le goût de transcrire le fruit de ses voyages l’a contrainte à répondre à la pulsion de coucher ses aventures sur papier. La plume ne la quitte plus depuis.

Son premier roman a paru en octobre 2010 :  La rédemption de l’ange, aux Éditions JKA.


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