Billet de Québec, par Jean-Marc Ouellet…

30 novembre 2012

Le Dieu de la science II : Les preuves

Pourquoi le monde existe-t-il ?  Comment expliquer l’ordre dans l’univers, ses quelques lois simples, uniformes, ces quelques particules élémentaires qui s’unissent et entraînent ce complexe structuré, qui marche ?  Notre quotidien matérialiste n’a pas besoin de Dieu dans la compréhension du monde.  Petit à petit, la science empiète sur la religion, la fait reculer, lui enseigne que sur le plan de la théorie, elle n’est qu’une hypothèse.  La métaphysique résiste pourtant, défie la science hautaine, lui rappelle qu’aussi loin qu’elle ira dans son savoir, elle restera ignorante.

Les savants croient en Dieu, la science doute encore et ses réponses sont contradictoires.  Dans la quête de preuves de l’existence de Dieu, la raison prend la relève.

Les arguments vers Dieu

L’Idée de Dieu découle de trois groupes d’arguments :

Arguments cosmologiques : L’univers est issu de quelque chose qui, ultimement, n’a aucune cause.  Ainsi, de cause en cause, de raison en raison, on remonte jusqu’à la première : Dieu.

Arguments anthropiques : Ici, deux aspects.  J’observe un trait de l’univers.  Si ce trait n’était pas présent, nous ne serions pas là pour l’observer.  Par exemple, si, il y a des millions d’années, la cellule n’était pas apparue, nous ne serions pas là.  Avant la cellule, il y eut l’atome.  Avant l’atome, le Big-Bang.  Et avant le Big-Bang ?

Le second s’intéresse à l’homme, à sa raison, à ses actions.

   1. Les causes physiques : Nous agissons de telle manière parce que les cellules nerveuses fonctionnent de telle manière.  Réponse réductrice, décevante, de courte vue.

   2. Le dualisme : Le matériel n’explique pas toutes les intentions de l’humain.  L’Homme est spécifique, unique, une exception dans la création, mais indépendant d’une volonté ou d’une finalité.  Or, pourquoi en est-il ainsi ?  D’où lui vient la raison ?  On flirte ici avec la métaphysique.  Le religieux parlerait de l’âme.

   3. Dieu existe.  Il a créé le monde, la matière, ses lois, en assure son fonctionnement, son existence.  Certains systèmes complexes dans les cellules sont fondamentaux pour la vie.  Ils dépendent pourtant de la réciprocité d’éléments dont l’action isolée tuerait la cellule.  Sans Dieu, ces systèmes ne s’expliquent pas.

Arguments ontologiques : L’existence même du concept ou de l’Idée de Dieu implique que Dieu existe.

L’analogie de la montre

Décrite la première fois par William Paley (1743-1805), je la résume ici :

Vous marchez dans le désert.  Vous mettez le pied sur une pierre.  Pourquoi cette pierre se trouve-t-elle là ?  Rapidement, vous concluez qu’elle y a toujours été.  Vous écrasez maintenant une montre.  Sans sourciller, vous tranchez qu’elle n’a pas toujours été là.  Pourquoi cette autre réponse ?  Simple.  La réponse saute aux yeux.  Au contraire de la pierre, la montre contient des parties faites les unes pour les autres de telle sorte qu’un mouvement se produise et indique les heures.  Imaginez que dans cette machine, vous découvriez l’attirail nécessaire et la faculté singulière de créer des montres semblables par le seul effet spontané du mouvement existant.  Que diriez-vous ?  Sans doute qu’on a fabriqué cette machine, qu’on a voulu ce résultat, l’invention supposant l’inventeur, et le dessein, un être intelligent.

Incompétence de la science

La science a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

L’homme conscient éprouve ce sentiment que la nature est trop complexe et trop bien organisée pour être spontanée, issue de rien.  Or, peu à peu, la science élucide les phénomènes naturels, le surnaturel recule sans cesse.  Même les « miracles » finissent par s’expliquer.  Pourtant, la physique ne saisit que 4 % du contenu de l’univers.  On devine la matière noire, l’énergie sombre, on ne la comprend pas.  Nos instruments sont imparfaits.  Nous méconnaissons notre environnement et les structures organisationnelles susceptibles de développer la vie.  Malgré les prouesses, au-delà d’une certaine limite, la science est incertaine.

Imaginez un dé possédant un milliard de milliards de faces.  Une face sortira toujours, aussi improbable qu’elle puisse être.  Aucune théorie ne peut la prévoir.  Mais ces milliards de faces existent.  De même, nous observons l’univers qui nous abrite, et qui nous a fabriqués.  Les autres existent peut-être, nous ne pouvons rien en dire, nous ne les observons pas.  Nous sommes sur une planète quelconque, autour d’une étoile quelconque, dans une galaxie ordinaire, et nous n’observons que ce qui est compatible à nos sens, à nos expériences.  Nous observons ce que nous pouvons observer, beaucoup de choses, mais peu représentatives de l’univers.

À la fin du XIXe siècle, le mathématicien Henri Poincaré fait remarquer que malgré des équations connues, l’évolution de plusieurs systèmes physiques ne peut être prédite à long terme.  Par exemple, le système solaire.  Une incertitude existe toujours sur la position initiale exacte des planètes, ne serait-ce qu’au micron près.  Cette incertitude s’accroît de manière exponentielle avec le temps, et la distance, ce qui interdit le calcul exact de leur devenir au-delà d’un certain horizon de temps.  Et même si les positions étaient parfaitement connues, les « arrondis » inévitables entraîneraient une incertitude sur l’évolution du système.

Dans la théorie quantique, le principe d’incertitude de Heisenberg décrit l’impossibilité de préciser simultanément la position et la vitesse d’une particule.  Les probabilités sont requises.  Einstein expliquait cet indéterminisme des phénomènes quantique par l’insuffisance de nos connaissances.  Or, testée par l’expérience, cette incertitude se révèle intraitable.  Le physicien britannique Brandon Carter disait que lorsqu’on ne voit pas d’animaux en forêt, ce n’est pas parce qu’il n’y en a pas.  On les a fait fuir.  L’atome, l’électron ne se donnent pas à nous.  Il faut le chercher, interagir avec lui, produire un effet sur lui.  Ce qu’on observe n’est pas la chose en soi, mais l’effet de l’interaction avec la chose.  Schrödinger disait : « De quelque manière qu’on pense l’univers, cet univers est faux. »

Même les mathématiques sont incertaines.  Selon les théorèmes de Godël, on ne peut s’assurer de la cohérence des mathématiques par les mathématiques.  Une incertitude se crée dans ce qu’on croyait absolument valide.

Le Dieu de la science

Depuis le début de la science, la question de Dieu a évolué.  Pendant des siècles, la naissance de l’univers, les origines de la vie, la nature du temps, de la conscience, ou le destin du cosmos n’étaient envisagés que par la théologie et la philosophie.  Aujourd’hui, la technologie les intègre au champ de la recherche scientifique.  De l’« Être suprême » du temps de Galilée et jusqu’à récemment, on parle aujourd’hui d’une « âme du monde ».

On ne veut plus d’un « Dieu bouche-trou ».  On veut des preuves !  La science d’hier et d’aujourd’hui décèle des indices de l’existence de Dieu dans cet univers aux structures ordonnées, aux propriétés stables, prévisibles, modélisables, dans le monde atomique où l’énergie se quantifie avec exactitude.  La science abolit les frontières, mais d’autres s’ajoutent, à l’infini.  Le physicien peut se contenter du fait, mais usant de sa raison, il va plus loin, tâte l’idée d’un Créateur qui façonnent tout, les univers parallèles, même le hasard.

Certains ont cru qu’avec le Big-Bang, Dieu était mort.  Or, le Big-bang est une explosion d’énergie marquant l’apparition de la matière, de l’espace et du temps.  Avant le Big-bang, le temps n’existait pas.  Saint Augustin a écrit : « Le monde a été créé avec le temps et non dans le temps. » Dieu ne décide pas à un temps donné de créer l’univers.  Éternel, hors du temps, Il crée la matière et le temps.

Les théories scientifiques ne prouvent pas davantage la non-existence de Dieu que son existence.  Kant se demandait : « [Dieu] doit-Il être objet de savoir ? » La science vit de scepticisme et de défi, la religion s’abreuve de foi aveugle.  On ne croit pas à cause des phénomènes naturels inexpliqués.  On croit pour un sens à sa vie et le réconfort d’une voie à prendre.  Cette idée subsiste au plus profond de la nature humaine, il n’y a pas de société athée.  Dieu est objet de croyance, base de la morale, puisque comme disait Pascal, les « preuves de Dieu » sont trop « éloignées du raisonnement des hommes. »

 

Sources :  

Le Dieu des savants, numéro hors série, Sciences et avenir, 2004.

Pascal Nouvel, Philosophie des sciences, PUF, 2011

Paul Davies, L’esprit de dieu, Pluriel, 1998

John Polkinghorne, Belief in God in an Age of Science, Yale University Press, 1998

© Jean-Marc Ouellet 2012

Notice biographique

Jean-Marc Ouellet a grandi sur une ferme du Lac-des-Aigles, petite municipalité du Bas-du-Fleuve, puis à Québec. Après avoir obtenu un diplôme de médecine de l’Université Laval, il a reçu une formation en anesthésiologie. Il exerce à Québec. Féru de sciences et de philosophie, il s’intéresse à toutes les  littératures, mais avoue son faible pour la fiction. Chaque année, depuis le début de sa pratique médicale, il contribue de quelques semaines de dépannage en région, et s’y accorde un peu de solitude pour lire et écrire. L’homme des jours oubliés, son premier roman, a paru en avril 2011 aux Éditions de la Grenouillère. Depuis janvier 2011, il publie un billet bimensuel dans le magazine littéraire électronique Le Chat Qui Louche

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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Billet de Québec, par Jean-Marc Ouellet…

30 décembre 2011

Juste le temps d’un Jour de l’An

« Demain, du ventre du temps surgira une année nouvelle. »  (Njabulo S. Ndebele, 1948 –     )

Oui. Demain, une autre année démarre. 2012. Déjà. Enfin. Selon le point de vue. Enfant, tu as hâte. Âgé, tu n’en reviens pas comme ça passe vite. La nouvelle année est là. Or, dans deux jours, dans une semaine, déjà, la routine aura repris le contrôle de nos vies, on oubliera les résolutions, qu’une autre année est arrivée et que bientôt, elle ne sera plus.

Le temps se perd, le temps se gagne. Le temps presse, arrive, change, manque, se donne et se rattrape. À l’ère où l’on régénère les cellules centenaires, à l’ère des produits qui gardent jeune, des chirurgies miracles et des espérances de vie qui s’allongent, on traite le temps comme un paria. Il ne va pas assez vite, ou trop vite. Le temps a toujours tort.

Qu’est-ce que le temps ? Est-il fini, ou infini ; est-il passif, ou agit-il sur nous ? Est-il une dimension de l’Univers, ressenti comme un fluide qui s’écoule en continu ? Le temps est-il celui de notre montre, celui des tictacs successifs, l’invention de l’homme ? Existe-t-il depuis toujours, indépendant de nous, en dehors de notre réalité ? Le temps va-t-il vraiment d’hier à aujourd’hui, d’aujourd’hui à demain ? N’y a-t-il qu’un seul temps dans le même univers, ou existe-t-il plusieurs mondes avec des flèches de temps différentes ? D’où vient le temps ?

Ah ! Tant de questions ! Et si peu de temps.

Il y a le temps physique (des équations), le temps psychologique (la tristesse allonge le temps), le temps biologique (le vieillissement), le temps cosmologique (l’expansion de l’univers), le temps géologique (les couches terrestres), le temps de l’atmosphère (les saisons). Le temps est une dimension du réel, une partie de l’existence. C’est une perception. « Le temps est le rivage de l’esprit ;  tout passe devant lui, et nous croyons que c’est lui qui passe. » écrivait Antoine de Rivarol, écrivain français de la fin du 18e siècle. Nous sommes soumis au temps, nous sommes ses esclaves. Nos sens ne le ressentent que d’hier vers demain. Des sens imparfaits. Le temps nous emporte en avant, vers la mort. L’écrivain brésilien Joachin Maria Machado De Assis écrivait : « Nous tuons le temps, mais il nous enterre. » Ou encore, de Hector Berlioz : « Le temps est un grand maître, dit-on. Le malheur, c’est qu’il tue ses élèves. »

Et alors que le temps qui précède notre naissance nous importe peu, celui après la mort nous inquiète. Or, n’est-ce pas le même néant, cette éternité ?

Tiré de Brian Greene, The fabric of the cosmos, p. 135, Fig 5.3 a

Le passé n’est plus, le futur n’est pas encore et le présent éphémère, ce point du réel, laisse le futur devenir notre passé. « La durée est essentiellement une continuation de ce qui n’est plus dans ce qui est », disait Henri Bergson. Le passé existe, mais n’est pensé que dans le présent. Le futur est envisagé dans le présent. Comme le disait Swami Dayananda Saraswati, un enseignant traditionnel du Vedanta, lié au Véda hindou : « Le passé était présent, le futur sera présent et bien entendu, le présent est présent. » On ne peut plus rien pour le passé dont on sait tout. Et pas davantage pour le futur qui nous réserve des surprises. Reste donc le présent.

Jean-Jacques Rousseau écrivait : « Le Temps, c’est l’image mobile de l’immobile éternité. » « L’éternité, la suite la plus longue possible des moments les plus longs possible. » disait encore l’écrivain québécois François Barcelo. Nous voyageons dans le temps. Sans cesse, à chaque instant. Nous nous éloignons du passé et allons vers le futur. Du moins, nous le croyons.

Les dernières théories de la physique parlent d’un continuum de moments présents distribués à l’infini. Comme un livre de bonshommes allumettes dont on laisse défiler les pages à toute vitesse. La page est l’instant, le livre c’est l’éternité. Et les bonshommes bougent. Chaque instant est une « page » prédéterminée. Les « pages » passées demeurent et les « pages » futures sont déjà là, et auront leur tour.

Dans sa théorie de la relativité restreinte, Einstein autorise la dilatation du temps. Pensez à deux bonshommes allumettes sur une page courbée du livre de l’éternité, l’un situé sur le bord extérieur, l’autre près du bord intérieur, près de la reliure. Chaque bonhomme ressentira différemment le passage de l’instant, d’une même page, parce que son déplacement sera différent. Ainsi, lorsqu’un voyageur se déplace à très grande vitesse, proche de celle de la lumière, le temps « s’écoule » moins vite pour lui. À son retour au bercail, encore fringuant après un court voyage aux confins de la galaxie, ses amis seront vieux ou morts. En allant vite, il aura pris du retard sur les autres. Un tel aventurier voyagerait vraiment dans le temps.

Nulle sensation, nul jugement et nulle réaction ne sont possibles sans la conscience. Elle est le capteur du temps. Sans elle, le temps n’existe pas. Pas de passé, pas de présent. On coupe la chair de mes patients. Endormis, ils ne ressentent rien. Le réveil est dans le futur. Lorsque ce dernier arrive, c’est toujours le présent. Avec la douleur en prime, conséquence du passé.

La conscience nous fait vivre et estimer l’instant. « J’entends distinctement tomber les gouttes de ma vie dans le gouffre dévorant de l’éternité », disait l’écrivain suisse Henri Frédéric Amiel-Lapeyre. Dans Journaux intimes, Charles Baudelaire a écrit : « Il y a des moments dans l’existence où le temps et l’étendue sont plus profonds, et le sentiment de l’existence intensément augmente. »

Libre, hors du temps, l’éternité est impalpable et impénétrable. Il ne laisse que des fragments à nos sens limités. La Conscience nous leurre-t-elle, abuse-t-elle de nous ? Nous laisse-t-elle croire au mirage du temps, à cette parcelle de réalité, une tare conceptuelle qui brouille nos vies ?

D’accord. Le temps peut attendre. Rien ne presse pour les réponses. Savourons l’avènement de l’an nouveau. Amusons-nous. Profitons du moment. Nous avons l’éternité pour le reste.

Bonne Année !

Pour en savoir plus sur le temps de la physique :

Brian Greene, The fabric of the cosmos, Knopf. 2004

Stephen Hawking, Une brève histoire du Temps, Du big bang aux trous noirs, Flammarion, 1989

Trinh Xuan Thuan, Le chaos et l’harmonie, Librairie Anthème Fayard, 1998

Citations tirées de La sagesse des nations, http://citations.ca/

© Jean-Marc Ouellet 2011

 Notice biographique :

Jean-Marc Ouellet a grandi sur une ferme du Lac-des-Aigles, petite municipalité du Bas-du-Fleuve, puis à Québec. Après avoir obtenu un diplôme de médecine de l’Université Laval, il a reçu une formation en anesthésiologie. Il exerce à Québec. Féru de sciences et de philosophie, il s’intéresse à toutes les  littératures, mais avoue son faible pour la fiction. Chaque année, depuis le début de sa pratique médicale, il contribue de quelques semaines de dépannage en région, et s’y accorde un peu de solitude pour lire et écrire. L’homme des jours oubliés, son premier roman, a paru en avril 2011 aux Éditions de la Grenouillère. Depuis janvier 2011, il publie un billet bimensuel dans le magazine littéraire électronique Le Chat Qui Louche

 


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