Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

22 février 2015

À la mémoire de celui que je ne connaissais pas

Je ne le connaissais pas.  Bon, d’accord, nous avons été brièvement présentés l’un àchat qui louche maykan alain gagnon francophonie l’autre, une fois, par un ami commun, mais je ne crois pas avoir été bien plus qu’un grain de poussière dans son champ de vision.  Nous n’avions pas les mêmes goûts musicaux.  Et je ne suis pas aussi « critique » qu’il pouvait l’être, et probablement pas aussi cultivé qu’il l’était.

Richard Legault, journaliste culturel et fondateur du site MontrealConcerts.com, est décédé récemment à l’âge de 42 ans, créant une mini onde de choc dans le milieu journalistique culturel québécois.  Lorsque je l’ai appris, tard le lundi 16 février en soirée, j’ai été assailli par une profonde tristesse qui a mis du temps à s’estomper.

Je ne le connaissais pas, mais j’adorais le lire.  Il avait une forte présence sur les réseaux sociaux.  Il était un grand ami de certains de mes collègues chez Sorstu.ca, avec lesquels il passait des heures à s’obstiner en ligne sur les sujets les plus divers, généralement au sujet de la musique.  Dans son très beau texte qui lui rend partiellement hommage, Philippe Papineau du Devoir met le doigt sur ce qu’était Richard Legault pour plusieurs : un repère.  Il nous guidait à travers ses suggestions de choses à voir, à écouter.  Il était un érudit, un sage du monde musical.

Comme je l’ai mentionné, je n’étais pas en accord avec tous ses goûts.  Cela est normal et sain chez toute personne qui sait exercer son sens critique.  Et lorsqu’il attaquait un artiste que j’admire dans un statut sur Facebook, cela me faisait rigoler plutôt que me fâcher, car il le faisait toujours avec un sourire en coin.  Son apparente arrogance, son côté « baveux » étaient ce qui le rendait à la fois charmant et vrai.  Il était sincère dans ses propos, sans le moindre compromis, sans jamais se voiler le visage, ce qui est rare chez les gens aujourd’hui.  Et je le respectais énormément pour cela.  Je ne l’ai jamais trouvé con ou déplacé.  Oh, peut-être un peu trop grognon à l’occasion sur certains sujets, trop prompt à se plaindre et à ainsi bouder son plaisir, mais en général ses interventions étaient toujours teintées d’un certain humour (par moments plus noir que d’autres).

Je ne le connaissais pas, mais je connais plusieurs de ses amis.  Ceux-ci pleurent présentement l’être humain, l’ami, le collègue qu’ils ont connu de près.  Pour ma part, je ne peux que déplorer la perte d’un gars dont j’adorais simplement lire les tweets et les statuts Facebook.

Mais c’est là où nous en sommes aujourd’hui : il est possible d’exister pour des inconnus, de faire partie de leur vie sur une base quotidienne et de donner l’impression que nous partageons le même espace sans même que nous ne nous soyons jamais vus.  Je sais qu’il savait qui j’étais.  Il a peut-être déjà lu mes critiques d’albums et/ou de spectacles, et je l’imagine s’être exclamé « Pfft ! » alors que j’accordais une note trop haute à un groupe ou un artiste qu’il méprisait.  Il était bougon en ligne la plupart du temps, alors je ne peux que l’imaginer détester mes textes souvent trop positifs.

Mais je ne prétends pas avoir réellement existé pour lui.  Je ne le connaissais pas. Cette rencontre que j’ai évoquée en début de chronique fut trop brève pour qu’un lien quelconque se soit tissé.  Et en ligne, je ne sais pas faire preuve d’assez d’humour et de détachement pour faire partie des « cool kids » comme lui.  Nous n’étions pas amis.  Je n’étais probablement rien pour lui, et ça me va.  Sauf que je regretterai profondément son absence.  Il me manque déjà.  Je ne soupçonnais pas l’importance de sa présence virtuelle dans ma vie, mais il laisse un trou béant.  Malheureusement, trop peu de gens sont aussi sincères que lui et c’est principalement ce que j’aimais de lui.

Mes pensées vont à nos amis communs, qui souffrent de son absence physique.  À ses admirateurs virtuels, comme moi.  À ses proches, sa famille.  Ce texte est ma toute petite contribution pour tenter de préserver la mémoire d’un gars vraiment spécial, que je ne connaissais même pas.

Notice biographiquechat qui louche maykan maykan2 alain gagnon

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

Advertisements

L’accompagnatrice, une nouvelle de Micheline Frenette…

3 avril 2011

L’ACCOMPAGNATRICE

Je n’aime pas l’odeur infecte de notre chambre. Ça pue la pourriture de cette plaie sur ton corps qui ne guérit pas, qui s’infecte, saigne et suinte. Pourtant tu n’es pas mort. Je vis, je couche près de toi malgré cette odeur qui rôde parce que toi, je t’aime. Tel que promis, nous serons ensemble à la vie à la mort.
C’est une promesse comme une ivresse. Je te regarde, je te caresse tendrement. Ta main s’accroche à la mienne. Tu peux encore me voir mais ton regard s’éteint. Je vis au rythme de ta respiration très profonde et qui devient plus lente. Toujours cette odeur nauséabonde…  Tu n’as que 50 ans.

Comme un chien de garde, je veille. Gare à ceux qui te feront mal. Tu vas mourir, c’est une promesse. Question de temps dit le docteur. Nous le savons tous les deux. Je reste seule avec toi dans cette chambre où la mort rôde, te guette, te cherche, t’attend impatiemment…  Je suis là.
Le courage me vient de cette photo récente de toi que j’asperge du parfum que tu portais. Je me raccroche  à ce temps insouciant, ce  temps de ta beauté, de ta virilité. En regardant cette photo j’ai l’impression que tu me nargues du haut de tes six pieds. Ce temps menteur, pilleur, voleur de vie.

Je te sens si fragile et inquiet. Tu sais que tu viens de signer sur ce papier en toute lucidité ta dernière signature de ton vivant.
C’est ton dernier contrat.

En ce moment tu peux encore me parler de cette angoisse face à ton dernier bout  de vie, de ta révolte ainsi que de tous tes projets inachevés. Tu t’inquiète pour moi et pour ta mère. Tu me souris, même que parfois tu ris.  Je dois garder le secret.

Je n’ose te parler de la mort, tu paniques. Je ne fais qu’écouter quand toi tu en parles. Alors je te parle de vie qui est la nôtre dans cette chambre.

Nous sommes presque toujours seuls, à part ces passants. Ne t’inquiète pas, ce sont nos amis, docteurs et infirmières, ils respectent notre intimité.

Au printemps, l’ironie c’est qu’il fait beau et chaud. 30 ° Celsius. Même le climatiseur de notre chambre ne fournit plus. Tu transpires, tu as faim, tu as soif. Mais tu ne peux ni manger ni boire. Pour te soulager je passe un doigt mouillé sur tes lèvres et dans un réflexe tu me mords le doigt.

Il fait tellement chaud que je sors boire un soda sur la terrasse.   Je suffoque, j’ai besoin d’air. L’angoisse m’étrangle, je ne peux m’éloigner longtemps de toi. J’ai peur de faillir à ma promesse et de ne pas être là pour ton dernier soupir, lorsque la vie quittera ton corps.

Meurtri, affaibli, depuis trois jours tu dors. Moi je ne dors presque plus depuis déjà sept  jours six nuits. Tu ne peux que serrer ma main.
Me faire un petit signe. Je n’entends plus tes mots, ils se perdent dans tes chuchotements et certains murmures. Je vois couler tes larmes et les efforts que tu fais pour rester avec moi. Je sais tu veux me transmettre un dernier message de vie. Pourtant je ne te retiens pas. Je suis juste là à tes côtés.

Tu es dans le coma. Plus de réaction. Je te parle espérant juste que tu m’entendes afin que tu saches que je suis toujours là.

Ce matin je me suis assoupie, je me réveille en sursaut il est 6 h 30.
Je m’approche de toi. Tu as une forte fièvre. Ta respiration est de plus en plus laborieuse et espacée.

Alors je sais que c’est aujourd’hui qu’on va se quitter. Je veux rester seule avec toi.

Un prêtre est sur le seuil de la porte. Je dois l’empêcher d’entrer et je n’ai pas une minute à perdre. Je respecte ta volonté car tu as perdu la foi, enfin je pense que tu ne crois plus en ce que les hommes de Dieu veulent te dire.
Peut-être as-tu un Dieu en toi ?

Je me fais une brève toilette, prenant soin de ne pas fermer la porte. Je vis au rythme de ta respiration, tous mes sens sont en éveils. Je ne quitte plus notre chambre car je sens, je sais que c’est pour bientôt,  voire même ce matin.

Je ferme la porte de notre chambre. S’il vous plait, ne pas déranger.

Nous sommes trois : toi , moi et la mort.

Je m’étends près de toi et je dépose ta tête contre mon cœur qui bat la chamade alors que le tien se résigne peu à peu à cesser de battre.

Je te berce et je te parle doucement.

« Ce matin tu peux te permettre de faire la grasse matinée, on est jeudi, et il fait gris dehors. Ne sois pas inquiet je suis là !
Reste calme et respire. Je t’aime et aujourd’hui je peux te dire que tel que l’on s’est promis nous sommes unis et amis à la vie à la mort. Je sais que tu me quitteras bientôt et même si je n’ai aucune croyance, comme tu le sais, j’ose espérer que tu seras mieux de l’autre côté. Il ne me reste plus maintenant qu’à vivre ton absence. Mais tu m’y as bien préparé. Aujourd’hui on se quitte comme prévu, et je te dis Merci de m’accorder ces moments privilégiés et de me faire confiance pour franchir cette étape de vie avec moi. Respire et reste calme. N’ai pas peur.»

…et les trois derniers soupirs….

« Tu es mort dans mes bras. »

Je te tiens toujours contre mon cœur, j’échappe quelques sanglots. Le temps s’est figé.

Ton corps refroidit et commence à raidir. Ça fait 1 heure 30 que je te tiens dans mes bras !

Une heure vivant et 30 minutes mort.

Je sonne. Le docteur et les infirmières arrivent. On constate ton décès.

On m’aide à te retirer de mes bras car tu es lourd.

On te replace dans ce lit. On t’enfile la jaquette dont tu aimais l’odeur. Je place ta tête sur l’oreiller que je t’ai acheté et que tu aimes tant. Je couvre ton corps d’une couverture. Je ne veux pas que tu aies froid.

Je recule, je te regarde et je viens te peigner et t’embrasser pour la dernière fois.

On m’a laissée seule avec  toi.

Je sors finalement de notre chambre.
J’emprunte ce long couloir froid en silence pour me rendre au salon.
Je dois faire les téléphones d’usage.
Je suis de marbre …  Aucune émotion.
Je m’assois dans le salon et j’attends ta mère.

Notice

Micheline Frenette est née en 1953.  Aînée de trois enfants, elle a vécu son enfance et son adolescence sur le plateau Mont-Royal.  Elle a étudié en Biochimie pour se diriger plus tard vers la psychologie. Donc, depuis 1984, elle travaille comme psychologue clinicienne et essaie de marier l’art , la science et la psychologie. Elle est particulièrement fascinée par les humains, leurs histoire, leur vécu.  Elle s’adonne  à l’écriture depuis longtemps, de façon spontanée, et s’inspire du quotidien.  Le présent texte relate une situation d’impuissance devant l’inéluctabilité  du destin.

Nous en avons aimé l’émotion sans fard.


Chronique urbaine… par Jean-François Tremblay

8 mars 2011

“I wasn’t there that morning
When my father passed away
I didn’t get to tell him
All the things I had to say”

(Mike & The Mechanics, 1989)

Ton homme

La première chose qui me soit passée par la tête quand je me suis retrouvé devant toi, et que mon cerveau se soit remis à tourner, de plus en plus vite (après les quelques instants de flottement entre mon arrivée à l’hôpital et mon entrée dans la chambre où tu reposais), fut de me dire que tu ne connaîtras jamais mes enfants.

Je n’avais pas de copine à l’époque. Aucune chance au monde de donner la vie à qui que ce soit. Mais ce fut quand même ma première pensée.  Tu ne connaîtras pas mes enfants.

J’étais en colère. Je te maudissais. Je te regardais, couché sur le lit, sans vie, avec encore un soupçon de chaleur dans le bras. Mort depuis à une peine une heure ou deux. Je t’avais manqué de peu.

Je te regardais ainsi, et je t’en voulais. De nous laisser tomber. De ne pas rester avec nous comme supposé. De nous abandonner, au lieu de vieillir aux côtés de maman, de profiter de ton statut de grand-père avec ma seule nièce qui t’aura à peine connu (et pour qui tu n’es probablement aujourd’hui qu’un vague souvenir de petite fille). De partir bêtement comme ça.

Qui me guiderait dans les années à suivre ?  Qui me donnerait des conseils ?  La dernière fois que tu es venu chez moi, tu m’as conseillé de remplacer le vieux truc tout rouillé qui me servait de pomme de douche. Qui va me dire ce genre de choses maintenant ?

Au cours des trois dernières années, j’ai essayé d’être fort. D’être fort pour ma mère, ma sœur, même mon frère que je ne vois pratiquement jamais. Fort pour tout le monde. Je suis, après tout, le plus vieux. Ton homme.

C’est comme ça que tu m’as appelé la dernière fois que je t’ai vu. La dernière fois que t’es venu me visiter dans mon appartement miteux de la rue Papineau, que tu n’aimais pas (ça se voyait dans ton regard). Tu es venu, avec maman, et nous sommes allés voir Jésus Christ Superstar un dimanche soir de février à la Place des Arts. On a eu du fun. T’avais les yeux ronds pendant le spectacle, comme ceux d’un enfant. Le lendemain, au moment de partir, tu m’as serré la main et t’as dit : « À bientôt, mon homme. »

Ton homme.

J’ai essayé d’être ton homme pendant trois ans. En fait, quand j’y pense, j’ai essayé de l’être toute ma vie. Mais plus encore, j’ai tenté de l’être depuis ton départ.

Tu serais fier de moi, je pense. Ça a été dur par moments, mais je suis devenu une meilleure personne, je pense. J’ai perdu du poids, perdu de mauvaises habitudes (qui étaient aussi, malheureusement, les tiennes), j’ai trouvé le grand amour, et je sais de plus en plus ce que je veux dans la vie.

J’aurais aimé que tu me voies heureux comme je le suis aujourd’hui, pas le gars malheureux que j’étais il y a trois ans. Ça me dérange de penser que tu es parti avec cette image de moi…

J’ai essayé d’aider maman pendant ces trois ans. Mais tu sais, c’est dur. Je ne sais pas toujours quoi lui dire. Je ne sais pas comment agir. Je n’ai pas les compétences pour l’aider. Je ne suis pas un professionnel. Mais j’essaie, du mieux que je peux. Sa peine est immense…

Et puis il y a moi. Moi aussi j’ai besoin d’aide. Par chance, j’ai une amoureuse qui m’écoute. Mais des fois c’est lourd. C’est lourd de vouloir être ton homme, de vouloir être fort, de vouloir porter la peine des autres.

Et puis il y a la colère que j’ai en dedans, celle qui me ronge, qui fait que je suis souvent froid envers ceux et celles dont je devrais être proche. De vivre loin du lieu où tu es mort me fait du bien. Ainsi, je ne vis pas constamment dans le passé. Je ne suis même pas capable d’aller voir ton urne. Pas une seule fois en trois ans.

Parler de musique avec toi me manque. Ce n’est pas que je ne peux pas le faire avec d’autres, mais avec toi c’était spécial.  C’est dur à décrire. Tu m’as tout montré, tu as influencé mes goûts. Jusqu’à mon dernier jour, je ne pourrai entendre la moindre note de Pink Floyd sans te revoir en train d’écouter leurs disques.

Demain, 4 mars 2011, ça fera donc trois ans que tu es parti. Trois ans que la famille est tiraillée par le chagrin. Tu étais le pilier,  le point central de ce groupe de cinq personnes, celui qui savait calmer les colères de chacun, qui savait quoi dire, au bon moment, sur le bon ton.

Depuis ce jour fatidique dans ta chambre d’hôpital, j’ai cessé d’être en colère du fait que tu ne connaîtrais pas mes éventuels enfants.

Mais une chose me déchire le cœur, plus que tout au monde : tu ne connaîtras jamais celle qui partage ma vie depuis deux ans, celle qui m’a rendu infiniment heureux, celle qui a changé mon existence du tout au tout.

Et ça, papa, si tu savais comme ça fait mal. Tu l’aurais aimée, j’en suis certain.

Tu me manques tellement…

 

“It’s been so many years
And now these tears
Guess I’m still your child”

(Peter Gabriel, 2000)

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Dès un très jeune âge, il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite la métropole depuis 2007.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.


Coup de chapeau à Chabrol…

12 septembre 2010

Claude Chabrol quitte le plateau de la vie…

Celui qui était de la Nouvelle Vague, tout en ayant eu le talent de ne pas s’y être enlisé, est décédé aujourd’hui à l’âge de 80 ans.

Projectionniste dans un petit village, Claude Chabrol participe aux Cahiers du cinéma en tant que critique avant de fonder une société de production.   En 1958, il réalise son premier long métrage, Le Beau Serge : le film s’intègre parfaitement à la Nouvelle Vague.  Très productif, ses films suivants tels que Les Bonnes Femmes n’enthousiasment pas les spectateurs. C’est à la fin des années 1960, avec des parodies comme Le Tigre aime la chair fraîche, que Claude Chabrol rencontre enfin le succès. A la fin des années 1970, le réalisateur rencontre Isabelle Huppert, qui incarnera nombre de personnages chabroliens. Ses thèmes de prédilection : la Provence, l’étude des mœurs bourgeoises et l’hypocrisie qui les sous-tend. Une affaire de femmes et La Cérémonie lui valent d’être nominé aux Césars en 1988 et 1995. Passionné, il ne cesse de multiplier les projets, et sort La Fleur du mal‘ qui rencontre un franc succès en 2003. Réalisateur emblématique, Claude Chabrol a su se créer un univers unique et s’imposer comme une figure majeure du 7e art à la française.

Quelques citations :

«J’en ai assez d’être aimé pour moi-même, j’aimerais être aimé pour mon argent.»

«Nous sommes dans une société où les pizzas arrivent plus vite que la police.»

«La perversité, c’est l’art de transformer le bien en mal.»

«Ce qui m’intéressait avant chez les bourgeois, c’est qu’ils se fabriquaient des problèmes de cul car ils n’avaient pas de problèmes de fric. Aujourd’hui, ils ne pensent plus qu’au fric.»

Cinématographie :

1959 : Le Beau Serge (prix Jean-Vigo)  1959 : Les Cousins 1959 : À double tour 1960 : Les Bonnes Femmes 1961 : Les Godelureaux 1962 : Les Sept Péchés capitaux (sketch l’avarice avec J.C. Brialy) 1962 : L’Œil du Malin 1963 : Ophelia 1963 : Landru 1964 : L’Homme qui vendit la Tour Eiffel (sketch dans Les Plus Belles Escroqueries du monde) 1964 : Le Tigre aime la chair fraîche 1965 : Paris vu par… (sketch) 1965 : Marie-Chantal contre docteur Kha 1965 : Le Tigre se parfume à la dynamite 1966 : La Ligne de démarcation 1967 : Le Scandale 1967 : La Route de Corinthe 1968 : Les Biches 1969 : La Femme infidèle 1969 : Que la bête meure 1970 : Le Boucher 1970 : La Rupture 1971 : Juste avant la nuit 1971 : La Décade prodigieuse 1972 : Docteur Popaul 1973 : Les Noces rouges 1974 : Nada 1975 : Une partie de plaisir 1975 : Les Innocents aux mains sales 1976 : Les Magiciens 1976 : Folies bourgeoises  1977 : Alice ou la Dernière Fugue 1978 : Les Liens de sang 1978 : Violette Nozière 1980 : Le Cheval d’orgueil 1982 : Les Fantômes du chapelier 1984 : Le Sang des autres 1985 : Poulet au vinaigre 1986 : Inspecteur Lavardin 1987 : Masques 1988 : Le Cri du hibou 1989 : Une Affaire de femmes 1990 : Jours tranquilles à Clichy 1990 : Docteur M 1991 : Madame Bovary 1992 : Betty 1993 : L’Œil de Vichy (une sélection des actualités du régime de Vichy) 1994 : L’Enfer 1995 : La Cérémonie 1997 : Rien ne va plus 1999 : Au cœur du mensonge 2000 : Merci pour le chocolat (prix Louis-Delluc) 2002 : La Fleur du mal 2004 : La Demoiselle d’honneur 2006 : L’Ivresse du pouvoir 2007 : La fille coupée en deux 2009 : Bellamy

(Inspiré des sites  Evene et Wikipedia)


Coup de chapeau…

28 juillet 2010

Coup de Chapeau à Bertrand Vac…

On apprend le décès du médecin-écrivain Bertrand Vac (Aimé Pelletier)

Voici ce qu’en disait son éditeur, Québec  Amérique, lors de la parution du roman À mon seul désir : « Auteur important des années 50, Bertrand Vac est de retour avec une grande saga montréalaise du tournant du siècle qui s’attarde à un milieu, à une classe que la littérature d’ici a rarement décrite : la grande bourgeoisie montréalaise du «golden square mile», ce quartier regroupant les plus élégantes propriétés de l’époque. »

Quelques œuvres marquantes : Louise Genest et Saint-Pépin, P. Q. ont marqué toute une génération.

Quelques citations de Vac qui rappellent l’humour et la lucidité acides d’un autre grand médecin-écrivain : Jacques Ferron

En amour, si vous n’êtes pas aveugle, vous ne savez pas où vous allez.

En Amérique, on se donne l’importance de sa voiture.

Le luxe est une habitude qui se contracte facilement.

Les femmes qui ont de la mémoire sont perdues.

Rien ne s’arrange tout seul. Et mourir n’arrange rien.

La patience est la sagesse de ceux qui en ont le temps.

(Tirées du site : Evene)

En amour, si vous n’êtes pas aveugle, vous nesavez pas où vous allez.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de Bizzares
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> Je me donne quand j’aime, et alors ce n’est pasdonner, c’est échanger.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de Histoires galantes
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> L’amour altère souvent les décisions inspirées par la loyauté.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de La Favorite et le conquérant
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> Il y a chez tout Canadien français un donQuichotte qui s’ignore : il veut redresser les torts.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de Saint-Pépin
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> Une maison sans chat, que c’est vide !
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de Bizarres
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> On s’exprime mieux quand des yeux nousencouragent.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de Deux portes… une adresse
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> La seule importance des femmes est celle qu’ellesapportent à leurs époux.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de La favorite et le conquérant
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> Les femmes sont si bavardes qu’il est plus difficilede démêler leurs vérités que de gouverner unempire.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de La Favorite et le conquérant
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> Il faut être fier de ses succès auprès des femmes ; elles le sont bien assez de nous conquérir.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait des Histoires galantes
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> Il ne faut surtout pas adorer un homme ; surtoutpas le lui dire ! Ils deviennent tous intolérables,inutilisables, quand ils l’apprennent.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de Saint-Pépin
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> En Amérique, on se donne l’importance de savoiture.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de Saint-Pépin
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> On a beau blâmer les libertins, ils restent quandmême les seuls à avoir employé les moyens deretenir celles qui leur plaisent.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait des Histoires galantes
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> Le luxe est une habitude qui se contractefacilement.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de La favorite et le conquérant
[+]

« Dans mon citabook
« Envoyer à un ami

« Plus sur l’auteur
« Ses citations

> Les femmes qui ont de la mémoire sont perdues.
[Bertrand Vac] [+]
Extrait de Bizarres
[+]


Décès de José Saramago (1922–2010)…

18 juin 2010

Un grand écrivain est mort ; la littérature continue…

José Saramago est le premier écrivain portugais à recevoir le prix Nobel en 1998.  D’une modeste famille rurale, il a dû interrompre ses études classiques et s’inscrire dans une école professionnelle afin de devenir serrurier. Mais sa passion pour la littérature, l’histoire et l’écriture le rattrape et il publie un premier roman, Terra de pecado, en 1947. Vingt ans passeront avant qu’il ne renoue avec l’écriture romanesque. Il collaborera avec différents journaux, y publiant chroniques, articles et poèmes. En 1975 paraitra son deuxième roman.  Toutefois, ce ne sera qu’avec son troisième ouvrage Le Dieu manchot (1982) qu’il obtiendra la reconnaissance et la consécration internationale. Suivront L’ Année de la mort de Ricardo Reis‘, hommage à Fernando Pessoa  (1984), et Le Radeau de pierre (1986). L’écrivain poursuivra son travail sur le terrain historique avec Histoire du siège de Lisbonne (1989) et s’aventurera dans une réécriture des textes bibliques avec L’Évangile selon Jésus-Christ, un ouvrage qui fera scandale. Engagé dans la cause palestinienne et dans le combat altermondialiste, José Saramago n’en continuera  pas moins parallèlement ses activités d’écrivain.

La langue :

L’écriture de Saramago est faite de longues phrases, coupées par de nombreuses virgules. Ces phrases constituent en fait une succession de phrases courtes où la virgule aurait remplacé le point. Elles comprennent aussi de nombreuses incises, qui sont autant de digressions à l’adresse du lecteur. Les dialogues ne sont pas introduits classiquement par des guillemets ou des tirets, mais sont traités sous forme d’incises au cœur des phrases. L’absence d’alinéa donne à la page un aspect très dense.

Saramago décrit lui-même avec ironie sa « … syntaxe chaotique, l’absence de point final, l’élimination obsessive des paragraphes, l’emploi erratique des virgules et, péché sans rémission, l’abolition intentionnelle et diabolique de la lettre majuscule » qui caractérisent son écriture (Les Intermittences de la mort, p. 125).

Il jubile à balader le lecteur au gré de digressions, de métaphores et d’anachronismes qui mettent en relief des jeux de miroir où mensonge et vérité se confondent.  On ne peut s’empêcher de songer ici à Borgès …

Un extrait :

Ce monde ne vaut rien, qu’il en vienne un autre.

Ça fait déjà trop longtemps que nous y sommes

À feindre des raisons suffisantes.

Soyons plus chiens que les chiens : nous savons l’art

De mordre les plus faibles, si nous commandons,

Et de lécher les mains, si nous sommes soumis.

José Saramago (né en 1922) – Les Poèmes possibles (Os Poemas Possíveis, 1966) – Traduction Nicole Siganos

Quelques ouvrages traduits en français :

Le Voyage de l’éléphant (Le Seuil, 2009) ;  Les Intermittences de la mort (Le Seuil, 2008) ;  La Lucidité (Le Seuil, 2006) ;  L’Autre comme moi (Le Seuil, 2005) ;  Pérégrinations portugaises (Le Seuil, 2003) ;  La caverne (Le Seuil, 2002)  ; Le conte de l’île inconnue (Le Seuil, 2001) ;   Manuel de peinture et de calligraphie (Le Seuil, 2000) ;  Comment le personnage fut le maître (Mille et une nuits, 2000) ;  Tous les noms (Le Seuil, 1999) ; Les poèmes possibles (Jacques Brémond, 1998) ;      L’ Aveuglement (Le Seuil, 1997 – 2000) ;  L’ Évangile selon Jésus-Christ (Le Seuil, 1993 – 2000) ;  Histoire du siège de Lisbonne (Le Seuil, 1992 – 1999) ;  Quasi objets (Salvy, 1990 – Le Seuil, 2000) ;  Le Radeau de pierre (Le Seuil, 1990) ;  L’Année de la mort de Ricardo Reis (Le Seuil, 1988 – 1992) ;  Le Dieu manchot (1987 – Le Seuil, 1995 – Albin-Michel, 1998 – Le Seuil, 2000).

Grâce à madame  Andrée Rainville, nous pouvons lire le discours de Saramago, lors de la réception du prix Nobel, au lien suivant :

http://membres.multimania.fr/cabomundo/saramag.htm


Ainsi parle l'Éternel

L'écriture de la Sainte Bible se continue -- publiée par Guylaine Roy (GROY)

La bibliothèque de Sev

Chroniques livresques et élucubrations littéraires

sillage

la trace fluide du chemin parcouru

Canada | iLOLGO.CO

Quebec | infographiste | Webmaster Site Web

Ninannet's Blog

Just another WordPress.com site

Moonath - l'Univers des mots

une plume troubadour et lunaire qui chante la vie, l’âme, l’amour et l’infini…

Poesie visuelle/Visual Poetry

Un blog experimental voue a la poesie du quotidien sous toutes ses formes/An experimental blog devoted to poetry in all its forms

Stéphane Berthomet - Articles, notes et analyses

Analyste en affaires policières, terrorisme et de sécurité intérieure.

A l'horizon des mots

Notes d'une bookworm débutante

Alchimaer Art

Alchimaer Art,collectif artistique et humaniste, un sujet d’étude les symboles des parcours initiatiques dans l’art. Contemporain, alchimique, textile, peinture, street art, contes vidéo, design … Si l’interprétation des symboles est immortelle et universelle, leurs représentations n’ont pas de limite!

LE CHAT QUI LOUCHE 2

Arts et littératures de la Francophonie...

maykan.wordpress.com/

Arts et littératures de la Francophonie...

Vous êtes ici... et là-bas

André Carpentier & Hélène Masson

Sophie-Luce Morin

Auteure, conférencière, idéatrice

Vivre

« Écoute le monde entier appelé à l’intérieur de nous. » Valère Novarina

%d blogueurs aiment ce contenu :