Lettre à Éléonore, un texte de Luc Lavoie…

16 avril 2017

Lettre à Éléonore

 

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818, Caspar David Friedrich,

Je me rappelle qu’au coucher du jour je voyais ta chevelure se soulever au Suroît. Prémisse à une languissante liturgie issue du lointain. Tête de blonds herbages aux fleurs entrelacées. Minces filaments enracinés en droites ou en courbes lignes, bercées par les derniers murmures de ces vieilles granges qui s’affaissaient là, à l’abandon. Ces bâtiments vétustes. Vestiges d’un autre temps. Constructions uniques ; symboles de la détermination et de l’attachement que les colons avaient voués à cette terre, autrefois rude et rocailleuse.

Les loups auraient beau hurler à la pleine lune. L’aigle, poursuivre son interminable vol plané. Ces fresques singulières meubleraient encore les catacombes de ma mémoire. À demi éventrées. À la merci du temps et des légendes. En porte à faux sur l’horizon. Déchirées par le poids des saisons. Pareilles à ces antiques berceuses de bois sculptées à bout de bras. À bras le corps. Au corps et à l’âme des ancêtres. Reliques du temps où notre pays était encore en friche. Encore en guerre.

Dans mes souvenirs, sur ton visage de clairs-obscurs inhabituels, je discernais encore cette persévérance, cette toute petite lumière qui permettait au genre humain de ne jamais vraiment mourir… Et je la suivais. Debout, à l’ombre du balcon. Elle qui épousait ce ciel d’azur de fines boucles vivantes et qui traçait de vastes vallons sur ces terres vagues et sans fin. Avec le crayon, sur le papier-parchemin, je traçais la courbe des mots semblables à celles de tes cheveux. Territoires sauvages qui s’avançaient vers le Nord. Le Nord ; ce continent couvert de froid et d’immensité.

Au faîte du toit, les étoiles filantes brillaient. La girouette pointait droit vers le vaste monde. Porté par l’air, soulevé en son courant ; par son souffle infini, je voyageais. J’observais, à travers ses cheveux d’or aux parfums d’érable et de fruits mûrs, les brumes s’échouer sur les coteaux. Curieux filtres en mouvance qui se dispersaient pareils à mes souvenirs aux quatre vents.
Ô, Éléonore, comme je t’avais aimé… au fil des ans.

Ta tendre main blanche dans la mienne à la peau rouge. Aux craquements de nos berceuses à l’unisson. Et ce vent froid, ces bourrasques qui me transperçaient et qui désormais faisaient frissonner mon échine. Qui sculptait déjà, il y a longtemps, la raison et la démence des paysages. Leur progrès ou bien leur déchéance. C’était une eau-de-vie à ma mémoire, mais c’était aussi une intense brûlure à mon cœur.

Ta chevelure hors du monde. Bouclée, sous ton châle de lainage.
Dans les frises des corniches défraîchies, dans les champs au lever du jour, à travers les grandes masses d’oies blanches dans le ciel, je t’observais dans la violence de la lumière. Tes cheveux en mouvement sur les côtes. Je humais l’odeur iodée du varech. Dans ma bouche, le goût salé des algues à marée basse. Le long du large fleuve. Aux cris des dernières sternes en vol. Aux premières neiges. Au rythme lent de l’eau. Oiseau libre. À tout vent. Crinière sauvage qu’on ne pouvait dompter. Tu filais, légitime dans la lande. Au galop. À travers les clairières lumineuses. Ton crin paré d’or. Puis, un jour, comme l’éclair, tu disparus… Entourées de nuées sombres qui s’effilochaient et qui portaient encore ombrage aux hommes aux champs qui récoltaient. Je n’ai pu te retenir. Non ! À la triste chute des ténèbres, j’ai vu venir ma déchéance.

Ensuite, les orages ont déferlé. Les tempêtes m’ont malmené. Le temps a fait son œuvre de destruction. Il a saccagé mon cœur. Mais ta liante litanie en ces lieux étonnants ne cessera de me hanter. Je continuerai d’habiter ces lieux de ma mémoire et de mes mots. J’en fais le serment. Ainsi, à ton passage, rigolait le ruisseau dans les sous-bois. Et toi, toi qui aimais tant chatouiller aux racines les sureaux longeant les berges jonchées de rapides de tes pieds nus, tu en redemandais. Comme nous riions. Et moi, je buvais à ta pureté. Les chants d’oiseaux et les animaux n’avaient que peu ou plus aucun attrait pour moi. Tes caresses irisées et doucereuses frôlaient mes joues, pareilles aux lichens en longs cheveux d’ange au fond des forêts de fougères fournies et de feuilles folles dans les tourbillons de l’été. Dans les lueurs vibrantes, dans les branchages agités, ma main lourde et loquace plongeait encore ses doigts en la profondeur de ta toison d’or. Pour atteindre enfin l’aveuglement de ton soleil.
Mais qu’avais-je fait pour te perdre, Éléonore ?

Que donnerais-je encore, ô, Dieu, sinon mon âme, pour te retrouver et toucher une fois de plus ta chair.
Mon Éléonore…

Hélas ! Je restais seul. Seul avec ces tristes et uniques objets. Une vieille photographie jaunie ; image refroidie et malmenée par le temps. Une pâle reproduction sans toutes ces couleurs vives qui avaient un jour illuminé ma vie. Avec ces deux vieilles chaises berceuses défraîchies, là, immobiles. Puis cette lettre… Éléonore.

Ces mots. Ces quelques mots que je n’ai jamais pu te faire parvenir.

© Tout droit réservé
Luc Lavoie, 2014

Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

Son rêve ?  Être un jour remarqué et publié. Il prépare, à cette fin, un recueil de nouvelles.  Il envoie également des textes à des magazines spécialisés.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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Quand l’automne… un texte de Luc Lavoie…

3 décembre 2016

Quand l’automne

(Crédit photos : Luc Lavoie)

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Feuilles en sursis.
Nées d’une trop courte saison.
Elles tombent. Elles chutent légères des arbres mûrs qui partagent à nouveau ce qu’ils ont reçu de la terre.

C’est le début d’une longue léthargie. La nature qui composera bientôt avec la musique de la décomposition. Un prélude à une lente liturgie. Le temps fera son œuvre. Spectacle symphonique. Aux forts vents de l’orchestre dans un grand désarroi d’épinettes pareilles à des archets agités ; vibrations des cordes de Vivaldi. Sous la pluie drue qui martèle la rythmique. Mélodie d’une morne lenteur. D’où la lumière s’estompe. Au froid qui s’installe et qui glace le sang sève.

Peu à peu.

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecCe sera le début du bain des fragrances. Portées par les courants d’air ; ces bouquets, qui exhalent dans les bruissements et les colorations, exciteront encore mes narines. Sous un soleil fade. La saison se commettra. Une fois de plus. Comme l’assassin revient sur la scène de son crime. On dira : C’est l’automne qui assassine l’été, puisqu’il rougit. Jusqu’à se pâlir jour après jour. Jusqu’à se tiédir dans l’aurore. Dans un quasi-évanouissement mortuaire.
La nuit, les cristaux de gel ; frimas et glaçons miroirs et fragments, multitudes de solitudes, auront paré de diamants tout le couvert forestier.

À la surface des étangs. alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec
Dans les sous–bois.
Aux grèves des lacs tranquilles.
Seul, sur les chemins de lots.
Derrière mes pas…

Ne nous froissons point surtout.
Les longs jours d’hiver suivront.
À nouveau…

Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

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Innu aimun/ La parole de l’être humain, un texte de Luc Lavoie…

6 février 2016

Innu aimun/ La parole de l’être humain

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Sous le pied de l’Innu, il y a la Terre mère. Celle qui enfante. Celle qui nourrit. Celle qui donne. Qui guérit. Sous le couvert végétal, entre les sommets escarpés, il y a le monde qui murmure. Un lieu sacré au couvert forestier incrusté de sapins, de bouleaux, d’érables, de lichens ou d’herbes longues. Un sol veiné de rivières gorgées d’une eau vive qui s’engouffre dans des bassins aux contours souvent immenses. À l’intérieur de territoires morcelés, du Nitassinan jusqu’à la toundra du Nord. Sous le pied de l’Innu, il y a la vie qui foisonne. Il y a sa trace incrustée dans la mousse des tourbières.

Dans la main de l’Innu, il y a le Teuehikan. Le tambour qu’il frappe. L’instrument magique duquel il tire le pouvoir — les rêves. Il y a la lance habile qui perfore la ouananiche au fil de l’eau. Il y a le départ du feu qui s’attise entre les pierres. Le repas du soir. Dans la main de l’Innu, il y a celle du patriarche. Témoin et passeur des traditions orales, qui s’inscrivent dans la perpétuation du patrimoine ancestral. Pour la survivance de l’espèce.

Dans l’œil de l’Innu, il y a la brillance du Soleil. Il y a l’éclat de la Lune. Il y a les reflets miroirs sur les lacs tranquilles. Quand les animaux tout près s’y nourrissent. S’y abreuvent. S’y baignent. Il y a encore les étoiles dans le firmament et la profondeur de la nuit. Celle qui emplit l’œil de l’Innu de contes et de légendes.

Dans le souffle de l’Innu, il y a la tempête. Il y a l’orage. Il y a l’hiver rude et la survie dans les montagnes. Il y a Manitou qui chuchote à travers les branches le chemin à suivre. La piste qui s’enfonce dans la forêt boréale. La descente des rapides en canoë. Il y a la fumée purificatrice de l’homme médecine. Il y a la langue vivante. Il y a les pow-wow, grands rassemblements sur les rivages à l’aube où les vagues déferlent. Le long des lacs houleux. Aux sons des chants, aux rythmes des danses et des prières. Il y a le saumon qui remonte à travers le grondement et le tumulte des rivières surgies de gorges et de cavernes profondes. Sources d’eau fraîches qui coulent sauvages, à même les flancs des montagnes. Dans le souffle de l’Innu, il y a aussi le calme de l’existence.

Dans l’âme de l’Innu, il y a le craquement des branches de l’ours en fuite. Il y a la plainte lugubre du loup affamé à la pleine lune et le vol gracieux du faucon dans le ciel rouge de l’été. Il y a l’orignal à l’immense panache, qui, solitaire, fouille les marais en quête de sa pitance. Dans l’âme de l’Innu, il y a l’émerveillement dans le silence. L’amour de la vie au grand air, et bien plus encore.

Dans le sourire de l’Innu, il y a celui de l’enfant qui respecte l’ancêtre. Il y a la chasse, la trappe et la pêche. La cueillette des fruits sauvages. Il y a la guérison par les plantes. Les nuits brumeuses sous le tipi.
Il y a le respect de la nature. Il y a l’immensité. La pureté des territoires.

Dans le cœur de l’Innu, il y a le cercle des jours et des nuits, des saisons, de la vie, de la mort et celui de la course incessante des astres dans les cieux.
Il y avait, il y a et, il y aura…

Luc Lavoie
© Tous droits réservés, 2014

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Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

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Post mortem, un texte de Luc Lavoie…

22 janvier 2016

Dans le silence…  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Dans le silence et la solitude d’un fin rayon de lumière, les cadavres aux sourires idiots marinent au sous-sol. L’odeur y est insoutenable, mais les insatiables affamés dévorent…

Les diptères, ces sales bestioles ; mouches vertes et bleues, auront trouvé terreau fertile pour la ponte. Dans les bouillons et les gargouillis répugnants, bientôt les larves naissent, puis se nourrissent. Elles sont, tels les croque-morts ; oiseaux de mauvais augure. Elles entonnent un air putride. Chantent en chœur la décomposition. Dansent dans un tourbillon malsain. Peuplades visqueuses et révulsives. Troupes d’acteurs sur une scène rongée où les bides morts deviennent les instruments inertes d’une cadence infernale.

Léthargie animée. Descente vers les profondeurs. Bal des pourritures.

Vermines rampantes au resto. À table. Là s’anime la décrépitude dans la pénombre des lendemains. Les asticots grignotent dans les orbites. Engeance malsaine qui charrie, consomme et digère ces plats savoureux. Un dîner de viande froide ? Encore un peu de foie ? De cervelle ? Le Tartare se tarit. Matière immobile et flasque qui tombe en lambeaux. Sang coagulé. Corps bleuis, enflés. Nauséabonds. Villes et cités lugubres d’un temps d’effervescence éphémère, propice au développement excessif ; à la vie trépidante dans les miasmes urbains. On passe, on dépasse. On trépasse. Moments frétillants voués à l’intemporalité finie des abîmes. Cortège des avaleurs aux appétits gargantuesques qui mastiquent dans la solitude des espaces… Oasis périssables des immondices.
Blattes, scarabées, charançons, rats et vers repoussants ; citadins étranges de quartiers incertains ; zones hautement peuplées où on circule et s’affaire sur des autoroutes osseuses. Les excavateurs se déplacent dans les fosses et les rampants progressent dans les trachées. À l’intérieur de tunnels œsophagiques, fragiles d’une architecture en décrépitude constante, l’affaissement et le glissement des tronçons sont chose commune. Dans ces ruelles incertaines, univers des organes gisants à ciel ouvert, il y a des kilomètres de voies de contournement à franchir. Les légions rouges et noires vagabondent à travers la porosité des cavernes aux parois inertes… Que de chair à excaver ! De résidus à transporter. Les équipes de dépeceurs sont au travail. Fouisseurs et exciseurs sont à l’œuvre sur des chantiers en déclin. Ils se vautrent dans la mort exquise.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecDents allongées, mandibules tranchantes, bouches broyeuses et trompes poilues. Tous sont là pour prendre part au festin. Les convives s’en donnent à cœur joie. Pour que rien ne se perde.
Quand viendra enfin le dernier jour, voraces, les videurs n’auront laissé que peu de chose derrière eux. Que contrées désertes, de carcasses en arêtes, squelettes jaunis par le temps et la poussière. Que paysages d’immobiles dépouilles où les incessants courants d’air des jours et des nuits traverseront encore agglomérations d’agrégats et charpentes. D’ossatures lisses à faire frémir. Ruines et débris sans subsistance. Instantané des victimes du temps qui passe. Dureté de l’éphémérité des éléments. Qu’absence des regards. Que deux trous béants dans des crânes vides. Qu’un bras allongé. Sa main ouverte sur le plancher, l’index recourbé ; doigt nu qui traverse la gâchette d’un révolver rouillé Smith & Wesson. 38 spécial recouvert d’une toile d’araignée tendue parmi quelques détritus.
Plus qu’un vent glacial qui lève, un coup de fouet au dos de la quiétude des éternités de ce que furent autrefois ces deux corps habités d’une vie.

Pour le meilleur, mais également pour le pire…

Luc Lavoie © tous droits réservés, 2013

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Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

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Sous la pluie, un texte de Luc Lavoie…

19 septembre 2015

Sous la pluie…

La pluie tombait. Drue. Les larmes d’un ciel triste et sombre s’abattaient sur les paysages. Un ciel peint d’unchat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec interminable gris. Gris comme un Polonais. Un Polonais en costard assis au fond d’une ruelle. L’homme noyé. Une bouteille de vodka Wyborowa entre les doigts. Incapable d’affronter la tempête. Recroquevillé sur lui-même. Submergé par le chagrin…
Les milliards de gouttelettes s’éclataient en un fracas étourdissant sur les toitures et sur le bitume. De l’autre côté de la rue. C’était à la fin juillet. L’âge d’or de l’été. Où la saison donne du fruit. Les arbres aux feuillages fournis en pleuraient déjà. Tout allait si vite. Mes yeux suivaient la route sinueuse de l’eau au sol. Ruissellement, chargé d’alluvions humaines et de détritus naturels, qui emportait avec lui les pires saletés de la vie. Méandres menant vers des caniveaux obscurs. Dans de sombres endroits. Là d’où on ne revenait jamais. Là où les étoiles ne brillaient plus.
Je revoyais mes jours d’antan. Quelques éclairs de lumière qui s’étaient écoulés sans que j’accepte de les saisir. Sans que je tente de les retenir. Endigués par mes sanglots. À l’intérieur de la cage de mes malheurs passés. Puis les écluses formées par les fatalités de mon destin avaient fini par se rompre. Ces malchances, ces calamités, s’étaient déversées tel un torrent. Souvent dévastateur pour moi et pour ceux qui m’entouraient. Le sort en avait décidé pour moi. Pourtant, il n’en aurait tenu qu’à ma détermination pour en décider autrement. Mais peut-être était-ce écrit dans le ciel ? De toute façon, mon étoile en avait souvent appelé à ma sollicitude. À ma vigilance. Je le réalisais aujourd’hui avec une certaine amertume. Mais j’avais failli. J’avais abdiqué. Par lâcheté, sans doute. Je n’avais pas compris alors que ma destinée me tendait la main. Le temps d’un instant, pour que je la suive au moins un moment. Pour les minutes de ma pauvre existence. Du moins, jusqu’à la croisée des chemins. Mais j’avais eu peur. Cette satanée frousse de l’inconnu. Jusqu’au moment où je me serais libéré du corps lourd qui me sied si mal et que j’avais peine à soutenir. Hélas ! Je m’étais laissé emporter par le temps, charrié par son tumulte au lieu de demander l’aide nécessaire. Tout le long de ses rapides, de ses remous. Baigné par son courant, je m’étais laissé aller dans l’adversité. M’étais noyé. Par pure faiblesse. Jusqu’à ce que je ne devienne plus qu’un fragment. Qu’une infime particule arriviste, sédiment dissout dans les bas-fonds de l’infini océan.
L’averse avait cessé. La terre s’était saoulée. Nous, nous étions assez semblables à la fin du compte. Un silence paisible nous enveloppait, moi et les environs. Un soleil puissant s’était glissé entre les nuées. Bienfaiteur. Je n’avais pas encore rejoint le caniveau. Heureusement. Dans les rayons, mes doigts avaient laissé tomber le flacon de vodka qui roulait sur la surface du trottoir, à quelques pas de ma personne. Mon cœur battait à tout rompre dans ma tête et cette déchirure dans ma poitrine. J’avais réalisé mon erreur. J’étais prêt à la réparer. Mais en ces lieux-ci, il était trop tard. Je me sentais quitter ce monde de pair avec les vapeurs d’éther qui se dispersaient dans le lointain. Je retournais en cette chaleur enveloppante, plus léger, vers ce ciel si bleu.
Semblable à l’eau qui se répand pour ensuite retourner à son état premier. À la fin du voyage. À l’aube du recommencement.
Je reviendrai peut-être… pareil à la pluie. S’il le faut.

 Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

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Il y a des matins, un récit de Luc Lavoie…

1 avril 2015

Il y a des matins…

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 Il y a des matins comme ça.  Des matins d’où émergent ces aubes.  Ces heures si singulières.  Si uniques.  Matins trop marquants.  Rares de ces microsecondes qui passent dans le reflux du macrocosme, sans que nous ne puissions, immatures ou inconscients, les interceptées toutes.  Seuls, dressés, impénétrables, semblables aux récifs face aux ondulations océanes.  Barrières qui s’opposent aux mouvements de l’infiniment petit dans l’infiniment grand.  Quelque part, perdu dans les tréfonds de notre propre mer.  Étrange cosmos intérieur.

Pourtant, ce sont ces étincelles qui illuminent pour de courts instants les platitudes de l’existence.  Qui courbent le filament de la triste rectitude des hommes.  Lorsqu’elles voient le jour.  Un beau matin.  Quand la lumière se pointe.  Cette bonne vieille complice de toutes les saisons.  Compagne des heures les plus heureuses de nos vies.  Du temps d’un séjour.  D’une brève incursion ; fine lame en mode intervention chirurgicale au cœur de nos êtres.  Si nous y consentons un tant soit peu.

N’eût été sa présence, sa franche clarté, peut-être ne serais-je plus ici pour en parler.  Cela dit en toute modestie.  À ce jour, force est de constater mon incapacité à vivre dans l’ombre ou dans la noirceur.  L’obscurité est un abîme bien trop profond.

Tandis que les lueurs transpercent.  Puis apaisent.  Je les accueille au loin, timides.  Alors qu’elles obliquent à ma fenêtre.  Qu’elles lancent — pareilles à moi qui suis encore un peu endormie —, leurs faibles rayons dans la pièce.  Qu’elles bigarrent au-dehors les feuillages d’une panoplie de verts.  Qu’elles font resplendir les fleurs, habillent de cristal les eaux et réchauffent en mon corps et en mon âme… Ce sont elles qui, encore, dispersent avec douceur, de concert avec la brise, les brumes qui masquent l’horizon.  Elles, qui dissipent la rosée du matin qui s’attarde encore un moment, semblable aux tourterelles qui s’évaporent çà et là dans le lointain, légère comme l’air.  Dans un ciel bleuet.  De nuages guimauve.  Elles, composantes essentielles à la vie, elles sont là.  Au rendez-vous.  Voilà tout.  Nécessaires.

Sur ma table de cuisine, recouverte d’une nappe en damier, dansent les volutes d’une tasse de café noir.  Quelques rôties et tranches de fruits frais dans une assiette de porcelaine à motifs.  Mon fidèle bouquin à la couverture craquelée et aux coins de pages jaunies ; L’homme rapaillé de Gaston Miron gît là, en dessous du bouquet de lilas posé au centre de celle-ci.

Je hume les effluves de l’été.  Dans la tranquillité du moment.  Dans l’exaltation de l’attente.

Comme les teintes créées sont étourdissantes.  Tantôt aux boutons-d’or, en passant par l’asclépiade et bientôt des aubépines à l’épinette rouge, elles regorgent de vitalité.  Et que dire de leur chaleur. Flamboiements qui, rendent divine la robe sombre à épaulettes du carouge, réchauffent la grasse marmotte debout sur son monticule et provoquent peu à peu la naissance des paysages.  Cet éveil insoupçonné et le mien se marient déjà à l’autel de l’aurore.  J’ai tout à coup conscience d’une de mes pensées : « Que cette union soit un pacte.  Un saisissant réveil.  La main de ma promise pétillante.  L’espoir renouvelé de jours pleins de promesses.  De partages.  Où fusent les rires, où les cœurs battent la chamade. Où apparaissent à nouveau les moments magiques, les cris de joie d’une ribambelle d’enfants qui surpassent déjà en tout les nostalgies d’une existence trop vite effritée… »

Quelqu’un frappe à la porte.

Je sors de ma rêverie, me lève et vais ouvrir…

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieQuel bonheur en ce crépuscule du début de juillet de le voir à nouveau. Après tout ce temps.  Son visage est enjoué.  Il resplendit.  Je lui souris.  Une larme que je ne peux contenir s’écoule sur la courbe de ma joue.  Cela fait longtemps.  Bien trop longtemps…  Je lui tends la main.  Je l’étreins de mes bras et l’invite à entrer.  À s’asseoir.  À prendre place dans la luminosité du matin.  Je lui sers un café.  Nous bavardons entre hommes.  Nous discutons de la journée.  C’est étrange.  J’inspire et je m’imprègne de toute cette harmonie.  De l’instant.  De lui dans les lueurs.  De mes souvenirs d’enfant.  Tel le peintre fou qui après s’être gavé du panorama, de sa geste impétueuse, immortalise sur la toile les moments fulgurants.  Ceux qui restent.  Ceux qui marquent.  Ces brillances, ces flammes aux coloris d’éternité, qui pour un court instant, — pareil à un baume bienfaiteur sur les aléas du temps qui s’enfuit, du poids de l’absence, — viendraient tout guérir.

Je le regarde encore un peu.  Je fige cette séquence en moi.  Avant que nous ne partions.  Ses yeux brillent d’un éclat particulier.  Pareils aux miens.  Il a vieilli.  Moi aussi.  Ma mère dit que je lui ressemble beaucoup.  Elle a raison.

Après tout, c’est mon père !

Nous allons à la pêche ensemble aujourd’hui.

© Luc Lavoie

 Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

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Variations pour une nuit, par Luc Lavoie…

14 septembre 2014

Opus 1

C’était une nuit.

Une nuit sans lune. Une nuit qui s’éternise. Un combat perdu d’avance. Une autre nuit qui se prostituait sous les regards des voyeurs.

Pour quelques malheureuses clopes…

Une sale nuit. Une nuit comme celles d’avant. Comme celles encore à venir…

À en finir…

Une lutte contre la promiscuité tragique des lieux. Intermittences ; transit entre les gouffres obscurs. Une vie qui s’amenuise. S’atrophie. Là où les étoiles se meurent. Petit à petit. Peu à peu. Emportée. Engloutie dans une redoutable torpeur.

À l’instant d’un dénouement cruel.

C’était une nuit sans nom. Une nuit troublée de l’écho des pas d’une marche funèbre. Loin de toute clarté. Quand le sommeil ne vient pas. Lorsque le triste sort a choisi. Que l’homme perd pied sur les escarpements d’une falaise.

Et que sa chute ne peut être alors… qu’inévitable.

chat qui louche maykan alain gagnon


Opus 2

 

Nos rêves filent tels des cerfs-volants aux cieux et leurs teintes arc-en-ciel dessinent des mouvements dans l’aube du firmament. Ces oiseaux étranges et fragiles remontent dans les nuées et redescendent. Objets fugaces qui s’estompent parfois sur le bleu azur du ciel noyé de lumière.

Un fil ténu relie leurs ailes d’envergure à notre bras tendu, à notre regard brillant, et c’est lui qui ramène cet oiseau du paradis qui glisse et fend l’air. Pour ne pas qu’il chute. Pour ne pas qu’il s’écrase. La main et le regard en communion. Le rêve et l’oiseau en équilibre. La force et la fragilité dans l’instant.

Tout en mouvement.
Tout en contrôle.

La nuit.

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 Opus 3

 

La lune est massive et blême par cette nuit de novembre. C’est avec force et détermination qu’elle repousse encore les dernières nuées qui tentent de l’encercler. Un faible halo pénètre par la fenêtre de la cuisine inanimée. Dans ce silence froid, chaque goutte d’eau se gonfle. Se forme. Se sépare du tout. Tombe. Une à une. Pour se fracasser au fond de l’évier. Une perle qui, sur les traces de la suivante, minute après minute, marque un temps qui semble interminable au présent. Une seconde, une vie ; le chaos décomposé s’opère dans l’immense espace qui sépare la mobilité presque parfaite de l’insaisissable et qui, elle, s’oppose au mutisme de l’endroit ainsi qu’aux illusions fortuites de l’existence. Lorsque, au-delà de l’œil se soustrayant au vide, l’infini se révèle, le rythme de l’horloger est projeté dans les affres de l’ultérieur. Masse en mouvement lorsqu’elle fend l’air. Gravité exige. Ce plein vide. Cette sonorité, rythme sur la surface métallique, trouble la rigidité cadavérique d’une scène horrible. D’un événement insolite. D’un spectacle tragique. Gestes passés. Lointains.

Arrêt sur image.

Le couteau repose sur le parquet. Du sang écarlate en macule la lame au carbure. Une courbe liquide cramoisie entoure d’un côté le corps inerte. La plaie est au thorax. Apparente. Yeux vides. Membres tendus. Et ce regard absent plaqué au plafond dans une rigidité grave…

Une mouche bourdonne. Arrivée de nulle part elle exécute un ballet aérien compliqué au-dessus du visage d’une occulte finitude. Le diptère se pose sur le bout de son nez aquilin. Incline sa tête au regard composé. Par moment, l’insecte entre par une narine. Qui sait ce qu’il y mijote. Quel dessein odieux se trame encore par ici. Dans la pénombre. Après quelques minutes il en ressort. Il remonte ses pattes arrière et lisse ses ailes transparentes. Sa trompe sonde la peau froide dans une forêt de capillaires. Une autre fois, c’est par la bouche ouverte que l’intrus pénètre.

Le lustre du plafond se reflète dans la marre rubiconde qui glisse sur le carrelage en damier noir et blanc. La main féminine aux ongles manucurés y baigne. Elle tient entre ses doigts crispés une photographie. Celle d’un homme. L’image est éclaboussée de sang.

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Opus 4



Un Jack Daniels « on the rocks » sur le comptoir usé de ma vie.
Du midi arrosé aux goulots de mes nuits blues harmonicas étranglées
Les vapes dans ma tête et une taverne au fond d’un verre
Odeurs illicites
Fond de tonne
Quartier du désespoir
Entonnoir
Défonce
cale
De l’autre côté du mur hurle du dedans la douleur du bitume des nuits qui s’écoulent
Les pleurs engourdis sont fleuves lents
Des entrailles démembrées aux éclats de verre brisé dans la glace froide d’une soirée de décembre
Quand le feu brûle la gorge et noie le cœur
Qu’encore une lampée découpe les mots
Lame maudite entre les dents
Ressac
Aphrodite
Fer amer
Instrument pervers
Qui submerge la vie
L’aurore lève le coude et boit à l’eau-de-vie du moment d’osmose avec les brumes
Dans la noirceur le cri du vieux sorcier mohawk hante la langue ancestrale
Écho sur les masses liquides aux palais des mouvances inaudibles aux marées viscérales
Tremble
Du bout des doigts qu’un verre de trop ne tinte les glaciers sur la paroi miroir océane et que tout bascule

La coupe aux lèvres
Regard vitreux sombre aux abîmes dans une geste déséquilibrée aux étranges visions où chavire l’incertain
S’enfonce le lointain
La noirceur avale, la musique cavale et de ses déhanchements,  soubresauts sous les « spotlights » l’ivrogne trinque encore
Voir les corps qui se vrillent et oscillent
Ces femmes qui ondulent fluides sur le « stage » enfumé
Chambranle chancèle vacille
Jusqu’aux chiottes à minuit
Pisse détresse de dégoût aux égouts
Imbibé
Les vapeurs de cognac se libèrent du mal mené aux amygdales déchues
Macère dans ton jus tout le long des rivières en méandres
Rampe vers la claire lune des caniveaux
Couleuvre des forêts endormies et des marécages vaseux loin des villes sauvages
Au retour des mouvances éthyliques
Aux extases mystiques
Boit
Boit au sommeil de l’ivresse
À la kermesse de la veille
Ingurgite
alcoolique du biberon enfant de la boisson ton amour platonique ta bouteille
Cette bouche pâteuse qui dégueule les mots
Cette gueule farouche des héros à tête creuse
Boit
Boit à t’en tordre les boyaux
Branle encore au sommet des gratte-ciel et à l’aube de l’hécatombe meurs
Pleure l’alcool de ta jeunesse
Les déboires de ta vieillesse
ta vie frelatée
Ta fin fermentée
Avale ta tasse
Par les soirs qui passent
Pilier de bar s’écroule buveur éteint plein au bouchon
Le cœur brisé
Saoul
« Last call »
Le barman le videur la ruelle
Destination misère humaine et sacs-poubelle

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Luc Lavoie
© Tous droits réservés 2014

 

Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

Son rêve ?  Être un jour remarqué et publié. Il prépare, à cette fin, un recueil de nouvelles.  Il envoie également des textes à des magazines spécialisés.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Une prose poétique de Luc Lavoie…

13 novembre 2012

Le grand voyage

Je sais… tout parait si étrange en ce lieu.  Si pénétrant à la fois.  Cela vous déconcerte ? Ne vous en faites pas.  Prenez le temps d’observer et de ressentir.  De vous immerger dans le panorama.  N’ayez crainte.  Ne résistez pas.  Laissez aller votre dernier souffle vers le grand extérieur…

Pour moi, les lumières, les ombres m’ont inoculé tant de verve.  Tant d’éclat à mon regard.  Je sais aujourd’hui que, depuis l’aube des origines, elles ont enfanté un nombre incalculable de contrées nouvelles.  Des régions que je n’imaginais même pas.  Que j’ai appris à connaître. Fresques d’éloquence.  Faune et flore enchevêtrées.  Pour vous, oui, vous qui venez tout juste d’arriver, ces vaporeux paysages s’illumineront bientôt d’intervalles délavés de safran.  Peu à peu embrassées.  Et à l’iris de nos yeux se noiera bientôt l’immensité…

Pareil à vous, j’aime les immensités.  Elles sont si subtiles.  Reposantes.  Illimitées.  Ne vous inquiétez pas.  Ce ne sont que de lents spasmes de vie à l’image des paisibles océans.  Qu’affluence d’agitations oisives.  Que voluptueux périples en allégories.  Aériennes sont ces infinitudes.  À peine perceptible dans les mouvances.  Peut-être, de l’éternité ce sont-elles déployées ?  Mais il n’y a pas d’évidence.  Non.  Aucune certitude hélas…  Vous vous en rendrez compte avec le temps qui passe.

Bulles d’éther éparses.  Orbes, suspendus au firmament.  Structures nées d’un autre temps, d’un autre espace, elles évoluent.  Elles s’évadent…  J’aime l’évasion.  Ne vous en déplaise.  Ou, plutôt, devrais-je dire, le déplacement.  La lente progression vers le grand extérieur.  Remonter avec eux les cours du temps.  Avec vous.  Un peu.  Pour le moment…  Isolés dans la transparence des courbures, dans la pureté du geste, à l’intérieur des surfaces lisses.  Calmes.  Nous saisirons l’instant.  Vous verrez.

En ces endroits, les griffes de l’irréel n’ont plus d’emprise.  Je l’ai constaté à force de lutter contre ma vraie nature.  Il n’y a plus aucune friction en ce monde.  Aucune lourdeur.  Tout tourne rondement, vous savez.  Tôt ou tard vous devrez l’accepter et faire acte d’abandon.  Si vous voulez atteindre le grand extérieur.  Mais nous verrons cela.  En temps et lieu.

À travers les quelques râles graves du vent ; les existences à la dérive, happées par les amplitudes de l’onde, vibrent.  Elles frappent en douceur.  Elles caressent à perpétuité.  Telles les saisons orageuses.  Leurs éclairs foudroyants.  Quand elles se meuvent au-dessus des dimensions.  Ainsi, notre présence en ces parages ne peut que s’amalgamer dans l’infinitude des esprits et des corps.  Je vous le dis encore : avec elles, sous un soleil de mai, nos voiles évanescents émigreront.  Vers de curieuses réalités.  Voyages supportés par la singularité des images qu’emportent nos regards ; elles fleuriront notre destin à tous et elles seront bientôt légions.  En nous…

Elles auront lancé le néant à nos yeux.  Nous aurons fait ressentir les secrets des commencements.  Nous émanerons d’elles.  Vous et moi.  Aromates venus des étoiles.

 Elles nous auront révélé leur présence en toute clarté.  Sans les voir, vous les aurez reconnues.  Je le sais… tout cela vous semblera sans doute un peu bouleversant au début, mais rassurez-vous, autant ce le fût pour moi, à mon arrivée…

Un soir sans lune, vous l’avez payé de votre sang.  Perdu, pareil à moi.  Dans la nuit, les évènements se sont précipités et vous vous êtes évanouie dans la torpeur…  C’est un peu mon histoire aussi.  Voyez-vous ?

Je ne sais trop si c’est celui qui décide de tout ; celui qui marche sur les univers, mais nous avons été emportés.  Je le crains.  Transportés.  Malgré nous.  Quelque part… autre part.

Et si par cette main — puisse-t-elle être toute-puissance ! —, rien ne subsiste en vain, c’est une volonté qui ne s’effritera jamais sur les crêtes des luminosités.  Inaltérable.  Incontournable dans son essence.  Si son parcours est un plan, son déplacement une étape, si son voyage est une odyssée qui ne se termine point en ce royaume, alors, je vous le dis — en tant que guide et sentinelle de ces domaines — : ne vous en faites surtout pas.  Nous en faisons tous partie.

Gardez confiance.

Nous n’y perdrons pas au change… vous verrez, c’est certain.

© Tous droits réservés
Luc Lavoie, 2012

Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier en alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

Son rêve ?  Être un jour remarqué et publié. Il prépare, à cette fin, un recueil de nouvelles.  Il envoie également des textes à des magazines spécialisés.

 (Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


La nuit, un texte de Luc Lavoie…

31 juillet 2012

 

La nuit

… Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, — jamais plus !

Le corbeau

Edgar Allan Poe
Traduction de Charles Baudelaire

La nuit avale le jour.

Les ombres se répandent dans les taillis. L’obscurité resserre ses griffes : le jour s’éteint. Une fois de plus, des confins de la noirceur, d’étranges créatures s’échappent…

La lune grimpe un ciel ténébreux. Un noir oiseau se déploie au-dessus des arbres morts que les fourmis ravagent avec entrain. Le nécrophage s’élève. En passant devant l’astre, de ses ailes légères, sur sa face, il dessine un sourire qui se veut lugubre. Un reflet disgracieux qui se noie sous la surface des marécages, le temps d’un bouillon venu profaner l’eau morte. De là, entonne la chorale morbide des crapauds.

La noirceur se meut. Elle rampe, saute et marche. Naturellement malsaine. Elle libère ses bêtes enragées. Lamentations et hurlements épars forment sa voix. Silhouette furtive, elle alimente la peur, tandis que son hypnotique regard fige la proie. Rapide et sournoise, elle donne la chasse. Dans ce monde sauvage et sans merci, elle se rue sur sa victime… pour tuer. Dans ses yeux de glace se reflètent la lente agonie, puis la mort.

Derrière les roseaux, sur une branche de merisier, la mante religieuse découpe la tête du mâle qui vient tout juste de l’engrosser. La pénombre impitoyable agrippe, étrangle et dévore. De ses mâchoires tranchantes, dans la lueur de ses yeux insensibles, s’écoule le sang des carcasses démembrées. La mort est reine en ce lieu. Assise sur son trône d’animosité. On n’échappe pas à l’assaut brutal des carnassiers.

La chouette, d’un chicot, cligne des yeux. Sur son axe, sa tête tourne sur deux-cent-soixante-dix degrés. Un polatouche s’élance dans la nuit. Son corps cerf-volant plane au faîte des grands arbres. Le rapace allonge ses ailes et le suit. Cette ombre au vol silencieux glisse et fend l’air. Il intercepte sa proie.   Le choc lui est fatal. Les serres effilées perforent sa chair molle. Sa vie lui échappe. Ses petits yeux noirs s’emplissent de vide et son frêle corps se relâche. Quelques coups de ses longues rémiges fouettent l’air, et l’augural volatile reprend de la hauteur. Il emporte sa pitance et bientôt disparaît aux abîmes. L’écho singulier de son hululement, ce cri insolite qui traverse les bûchers, est l’annonce incontestable qu’un festin sinistre aura lieu.

Des nuées lourdes roulent au ras des cimes. Le ciel menace. Même les étoiles se cachent derrière le rideau de cette mise en scène sinistre. Dans les montagnes d’épinettes et de savanes, les brumes s’étalent à nouveau. Elles s’entremêlent aventureuses. Sur les hauts plateaux ou sur les eaux de quelques lacs tranquilles, elles se risquent encore. Espiègles. Engeances fantomatiques ; errantes fumées issues de quelque royaume spectral oublié, elles sont devenues portes ouvertes sur d’autres univers ; des endroits clos où circulent péripéties et sagas d’époques évanouies. Elles osent même traverser de vieilles routes forestières, jadis achalandées ; passages devenus opaques à la lumière, même le jour, obstrués par les buissons d’aulnes et d’aubépines. Abandonnées des hommes. La nuit. Cédées aux revenants et aux esprits retors.

Sur ces voies difficiles d’accès, les mousses ont recouvert sols et constructions depuis longtemps. Elles s’y sont multipliées. Incrustées aux souches. Elles ont rongé les restes des campements qui les longent, témoins immobiles, ou presque, d’un passé depuis longtemps enseveli. Les brumes, elles, ont chuchoté et chuchoteront encore. Ad vitam aeternam. Elles rediront sans cesse ces mêmes phrases tout droit sorties des catacombes. Murmures et réverbérations sans consistance qui percent la toile nocturne, annonciatrice de terreur et d’épouvante. Ces embruns volubiles ont ramené aux yeux effrayés des rares perdus des légendes moribondes de colosses venus de lointains horizons. Géants trépassés de la terre ; héros aux mains équarries à la hache, aux bras veinés de la sève des grands conifères ; bûcherons massifs au sourire en dents de scie et à l’endurance de l’ours noir. Diables dévoreurs d’immenses forêts de sapins.

Ces malins brouillards leur ont chanté des ritournelles de chantiers forestiers animés, jonchés de troncs d’arbres qui se sont rompus et couchés avec fracas. Endroits habités de tous les mystères. D’énigmatiques images revenues du  lointain : on y aurait vu les loups de Satan, venus des tréfonds, enlever des hommes téméraires qui s’étaient égarés trop loin des camps. D’autres encore, libérés des profondeurs des eaux, entraînèrent en leurs royaumes des équilibristes aux jambes agiles ; flotteurs de pitounes ; de billes de bois en descente sur d’assourdissantes rivières. Revoir la disparition de grands maîtres-briseurs d’embâcles ; jongleurs engloutis sous de puissants remous. Draveurs emportés vers les gouffres de l’enfer. Régulateurs des flux, des routes liquides qui alimentaient jadis les bouches démoniaques, déchiqueteuses,  de ces machines aux mâchoires métalliques ; ogres affamés du règne infernal de la pâte et du papier…

Qu’une première lueur jaillisse enfin sur les agitations de l’eau trouble, que déjà un tout nouveau jour naisse… libéré des bras étouffants de Nyx.

Les chimères se seront tues. Après avoir parlé de vive voix, elles s’en seront retournées dans le précipice des âges. Visions ancestrales d’une ère  florissante, mais aujourd’hui vestiges d’une époque révolue.

Avec le temps et la végétation qui les ont englouties, seules les ombres auront subsisté dans les coins les plus reculés des pinèdes. Au fond des grottes obscures. Sous les eaux dormantes des étendues.

La lumière, encore une fois, aura dispersé les mythes. Fait fuir les fantômes des fables. Repoussé les esprits maléfiques.

Mais la nuit reviendra. Maligne. Pour sûr, elle n’a pas encore dit son dernier mot…

 

 Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier en alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

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L’homme et l’hirondelle, un récit de Luc Lavoie…

1 juillet 2012

L’homme et l’hirondelle

 

Un filet de lumière m’éveille. Sa caresse réchauffe. Serait-ce l’été à ma fenêtre ? Oui. C’est bien lui. C’est son lointain visage qui me salue. Je lui souris, dans la pénombre, par respect, mais au-dedans je me sens triste. Le vent dehors respire et apaise de son souffle. Il joue à cache-cache dans les feuillages qui frissonnent. Comme j’aimerais y prendre part… Je m’assois devant le battant ouvert. Le cœur lourd.

Mais j’ouvre grand les yeux. Je tends l’oreille. J’essaie encore une fois. Je veux y croire. Je n’ai pas oublié. Non. Je ne pourrai jamais oublier cela…

Dans l’obscurité j’écoute le chant du jaseur. Il s’enivre, heureux, de baies savoureuses tandis que la grasse marmotte aux aguets, à ses pieds, entourée de verdures, se dore sous ses rayons bienveillants. La campagne s’est fardée de mille couleurs. Elle s’est mise en mouvement. Elle est femme. Celles qui se vêtent, légères, par temps ensoleillé. Leurs magnifiques cheveux luisent et leurs corps voluptueux ondulent telles les herbes folles qui s’agitent au gré des regards des hommes qui les désirent, quand les beaux jours s’offrent en bouquets de lilas. Quand les fleurs sont femmes et que les femmes sont fleurs en retour. Lorsque les champs gorgés d’or donnent du fruit.

Alors je prends mon envol.

Frêle oiseau. Je déploie mon plumage sur l’air chargé d’humidité. J’interprète, de mes ailes pointues, un ballet aérien. En ce moment, je n’ai point plus de bonheur que l’hirondelle qui virevolte au-dessus des eaux bleutées. Une vrille, un piqué, et hop, j’y plonge un instant pour m’y rafraîchir. C’est la canicule… Aussitôt je reprends mon ascension. À gauche, j’y frôle le lys d’eau, ensuite le nénuphar, puis, à droite, un vieux chaland échoué, sa coque déchiquetée par les années qui passent et une cigale qui chante près des quenouilles. Elles font oui de leurs têtes émoussées, leurs faces au suroît, pour sans doute approuver l’allure de ma trajectoire un peu trop frivole. Mais je poursuis tout de même, sans oser me retourner, la libellule au vol agité et croise le vol rectiligne du faux-bourdon. J’entends le roulement des vagues tout le long des plages qui entourent le bassin aux reflets cristallins. Je me sens affranchie. Serein.

Mon cœur s’emballe. Ma raison chavire. Ma voix chante l’hymne à l’immensité et s’emplit de ce soleil radieux. Dans le midi, je célèbre la vie. Je reçois la lumière comme une bénédiction.

Une musique estivale m’emporte au gré de paysages verdoyants. Les grands espaces m’enseignent la liberté. Plus haut, toujours plus haut.

Plus loin…

Mais pour reprendre mon souffle, je dois me percher un instant sur un pieu de cèdre centenaire. Près d’un battant ouvert. Là, à l’intérieur, un homme hébété me regarde. Immobile dans le clair-obscur. Ses yeux remplis d’émotivité se noient dans l’eau. Mon gazouillis lui parle. Je tourne la tête, retrousse mes plumes de mon court bec, l’invite à sortir, pour voir la beauté du jour. Pourtant, une larme coule sur sa joue. L’homme assis dans l’ombre m’entretient un moment. Il ne sort jamais. Sa maladie l’en empêche, m’explique-t-il. Depuis, la force du jour lui brûle les yeux. Lui meurtrit la peau. Le condamne à vivre dans la noirceur. Malgré lui.

L’hirondelle incline la tête. Elle se sent abattue.

Mais l’homme dans la noirceur, dans un élan de lucidité, ferme les yeux et ouvre à nouveau son cœur. Il a donc réussi! C’est incroyable! Il laisse s’échapper une onde; la force de son imaginaire dirigée vers le tendre oiseau. Alors, empreinte de mouvement, l’hirondelle bicolore déploie ses petites ailes pour reprendre l’air. Pour flotter légère dans les cieux. Le bonheur envahit l’homme à nouveau. L’hirondelle comprend alors mieux ce qu’il fait. Ce qu’il veut. À travers ses yeux, il désire voir. Il souhaite voyager grâce à sa fine enveloppe et sentir la clarté, puis la chaleur du jour sur son corps sans se blesser. Pour l’espace de cette saison, pour l’intervalle d’un été, pour le temps qu’il lui reste à vivre…

Le magnifique volatile se dit alors, fier de lui : « Je deviendrai sa substance, et lui  me prêtera son âme et nous vivrons tous les deux dans la lumière. »

Dorénavant, je sais que la vie de tous les êtres se veut semblable à un trop court été. Un trop bref instant dans le perpétuel cycle des saisons. Lorsque j’observe les énergies vives de la nature, couplées à celles de l’humanité, je m’aperçois qu’elles produisent de si grandes choses… Et il demeurera toujours en moi, les souvenirs impérissables de ces bouleversements profonds ; des moments d’une intense affection, d’une indicible beauté, d’un inconditionnel et réciproque amour.

Pareil à celui de l’hirondelle et de cet homme, qui ensemble, un beau jour d’été, se fondirent dans l’azur…

Luc Lavoie  © Tout droits réservés 2012

 

Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier en alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

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