Sommes-nous des Latins ronchons et râleurs ? par Moonath

« Les Français sont des Italiens de mauvaise humeur » (Jean Cocteau)

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Qu’en pensez-vous ?

Sommes-nous des Latins ronchons et râleurs ?

Râler un peu, pourquoi pas ? Mais peut-on réellement exprimer son désaccord ou poser des limites claires en adoptant ce type d’échange ?

Râler n’apporte aucun bénéfice au râleur (pour faciliter l’écriture de cet article, j’ai choisi ici le genre masculin que vous pouvez aisément féminiser avec équité et objectivité) et à son entourage. Bien au contraire, au fil du temps, l’ambiance se ternit, la communication devient de plus en plus superficielle. Se plaindre, gémir, soupirer, râler trop souvent polluent l’atmosphère et créent de la distance dans les relations.

Râler est un réflexe qui demande beaucoup moins d’énergie que de prendre du recul par rapport à sa pensée.

Râler est se victimiser, une nourriture égocentrique, un miroir de son manque d’estime de soi, un jeu constant qui engendre parfois la colère.

Accepter la vie et ses imprévus sans frustration n’est pas toujours aisé, mais avec de la volonté, tout est possible ! Se laisser envahir par l’insatisfaction est s’offrir, ainsi qu’à ceux que l’on aime, un jardin pluvieux où les roses piquent moins qu’un bouquet de tristesse et d’amertume !

Le quotidien pourrait être plus léger, mais faut-il que chacun y mette du sien ? Tout est précieux dans une vie ; gâcher son temps et celui des autres en râlant est une guerre des nerfs épuisante ! Alors qu’il suffirait de changer sa vision des choses et apprendre à lâcher prise. Pas de montagnes infranchissables quand l’amour est là, et que pleurnicher sur soi peut se conjuguer au passé !

Vivre avec un râleur qui peste régulièrement en conduisant, qui rage contre le système, contre tout et rien à la fois… Est-il célébration optimiste de la vie ou faut-il s’acheter un bouclier invisible contre les ondes négatives !?

« Soyez le changement que vous voulez voir dans ce monde » (Gandhi)
Arrêter de râler, c’est enfin se remettre en question, accepter de faire des efforts pour changer certains comportements inappropriés, c’est reprendre sa vie en main, trouver ou retrouver le calme intérieur, c’est aussi quitter son nombril pour s’ouvrir aux autres plus facilement, être plus responsable. Une sincère introspection demande application et fermeté. Se connaître aide à se maîtriser et à progresser sur le chemin de la liberté.
Mieux on identifie nos énervements profonds, petits ou grands, plus la libération se fait rapidement. Les problèmes qui prenaient des proportions exagérées disparaissent et la vie devient chaque jour un peu plus belle !

« Si vous n’aimez pas quelque chose, changez-le.
Si vous ne pouvez pas le changer, changez votre attitude »
(Marguerite Johnson dit Maya Angelou)

Jouer sur le même terrain qu’un râleur n’est pas une option positive, ni une solution miraculeuse. Avant d’accumuler trop de stress et de rancœur, refuser l’escalade en parlant vrai ! Chercher au plus profond de soi la force de dire STOP ! Et gratter ses souvenirs et comprendre pourquoi on ne supporte pas ce genre de comportements verbaux… S’isoler ou demander au râleur de bougonner ailleurs aide à relativiser et à en rire parfois !
Râler est confortable et sortir d’une zone de confort est parfois périlleux, mais tellement enrichissant ! S’affranchir de ses automatismes délétères aide à l’accomplissement de l’être. Sortir et donner le meilleur de soi est le plus beau des cadeaux que l’on peut se faire, aux autres et au monde !
« Tout ce que tu ne sais pas donner te possède. » (André Gide)
Un râleur délivré soulage systématiquement les autres. S’autoriser à être enfin généreux envers soi-même lève toutes les barrières et permet de s’élever un peu plus.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Positiver est une stratégie fondamentale de réconciliation avec son moi profond, surtout quand la sincérité et la vérité ne sont plus voilées par la crainte du jugement et de l’échec.

« Quand ce que vous pensez, ce que vous dites et ce que vous faites sont en harmonie, le bonheur vous appartient. » (Gandhi)
Dans ma vie par exemple, lorsque j’aspire au calme et au repos, il m’arrive parfois de râler contre mes enfants quand je me sens incomprise dans mes souhaits. Si je suis trop perspicace, ils se soulagent malheureusement à leur tour, manifestant leur mécontentement avec entrain ! C’est incroyable comme trois enfants peuvent rapidement se solidariser autour d’une râlerie maternelle (ou autres) et s’engouffrer dans la faille pour vider leur trop-plein émotionnel ! Râler en famille n’est pas la plus agréable des communions ! J’ai accepté d’être une mère et une femme imparfaite il y a une quinzaine d’années, mettant ainsi la joie et l’amour au cœur de ma vie. Parfois encore, malgré une facilité à savourer l’instant présent, je me laisse submerger par le quotidien qui me gonfle au plus haut point, au propre comme au figuré ! Je râle un peu, beaucoup… je ne suis pas assez directive dans mes demandes… et le ras-le-bol devient alors ruisseau, torrent, océan, raz-de-marée ! Démunie, je m’accable d’être une « mauvaise mère », alors que je ne voulais qu’un instant de pure solitude et que je n’ai pas su l’exprimer explicitement ! Heureusement, la vie m’a appris à anticiper et rester le plus souple possible. Accompagner ses enfants et grandir avec eux est un challenge puissant, une remise en cause régulière et salutaire, un bonheur quotidien.
« Tout le monde se met en colère, c’est facile ; mais se mettre en colère avec la bonne personne, avec la bonne intensité, au bon moment, pour la bonne raison, d’une bonne manière, tout le monde n’en a pas la capacité, ce n’est pas facile. » (Aristote)
Ne plus râler est trouver les mots à poser sur nos maux et nos besoins essentiels, qui vont permettre un échange plus satisfaisant même si comme l’écrit Christine Lewicki dans son live « J’arrête de râler » (éditions Eyrolles), râler sert à satisfaire un besoin :
— d’être entendu
— d’exprimer sa frustration
— de compassion
— de faire passer son stress
Râler peut-être ? Mais avec intelligence du cœur et respect, en n’oubliant pas de faire la part des choses entre les besoins qui nécessitent l’aide d’une ou de plusieurs personnes et ceux que nous pouvons satisfaire nous-mêmes.
En somme, râler alimente les malentendus, le mal-être et accroît le malaise.
La justesse du message que l’on veut transmettre doit faciliter son interprétation et traverser au mieux le filtre personnel de notre interlocuteur lié à sa personnalité, sa vie et son histoire.

« Votre qualité de vie n’est pas tant déterminée par ce que la vie vous apporte que par l’attitude que vous adoptez dans votre vie ; pas tant par ce qu’il vous arrive que par ce que votre esprit perçoit de ce qu’il s’est passé. » (Khalil Gibran)
Quand la tension disparaît et que la communication se révèle de plus en plus sereine, le quotidien s’ensoleille et les instants partagés ou solitaires se savourent avec plaisir retrouvé !
Comme le disait Lao Tseu : « Il est plus intelligent d’allumer une toute petite lampe, que de te plaindre de l’obscurité. »

L’auteure

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecCe que je suis… un peu… beaucoup… à la folie… passionnément… pas du tout… se trouve dans mes partages, entre les lignes, les déliés et les arabesques… car « être poète, ce n’est pas seulement écrire des poèmes. C’est une manière de vivre, une façon particulière de traverser le monde : l’œil et l’esprit ouvert, curieux de tout. Le poète est un étonné perpétuel, passionné du nouveau, de l’étrange, de l’autre, de tout ce qui lui enseigne que dans ce qu’il voit, entend, fait chaque jour, il y a mille secrets cachés, un inconnu qu’il ne finira jamais d’explorer. « Qu’il y a un autre monde dans le monde, tout aussi vrai que le premier, mais plus vaste. » (Jean-Pierre Siméon)
Kenavo ! (À bientôt ! en breton.)
Moonath (Nathalie Denis)
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