Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

Alice, à la recherche de ses souvenirs

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec

Julianne Moore

À mon avis, peu de maladies sont aussi effrayantes que celle d’Alzheimer.  Je ne suis pas un expert en la matière, loin de là, alors je ne m’en tiendrai qu’à de banales généralités, mais n’empêche que ce trouble neurodégénératif est probablement ce qui me terrifie le plus.  J’ai observé ses effets sur ma grand-mère paternelle il y a plusieurs années.  J’ai vu la peur, la tristesse et la confusion dans ses yeux.  J’ai été témoin des répercussions de cette maladie sur l’entourage immédiat de la personne atteinte.

La perte de soi, de sa propre identité, la disparition progressive de tout ce qui compose une personne.  Voilà ce que l’on retrouve au cœur du merveilleux film Still Alice que j’ai enfin eu la chance de voir (il est offert en ce moment sur Netflix).

Chouchou des critiques l’an dernier au Festival international du film de Toronto, et ayant valu à Julianne Moore le titre de Meilleure Actrice lors des plus récents Academy Awards, Still Alice nous raconte le combat d’une femme de 50 ans, extrêmement intelligente et accomplie au plan professionnel, mère de famille et épouse aimante, contre un début précoce de cette maladie qui menace de, lentement, tout lui dérober.

Basé sur un best-seller écrit par Lisa Genova (que je n’ai pas encore lu), et réalisé par le couple Richard Galtzer et Wash Westmoreland, le film nous fait entrer dans l’intimité de cette femme, Alice, pour qui les accomplissements intellectuels, le livre qu’elle a publié, ses recherches et les cours qu’elle donne à l’université sont quasiment aussi importants à ses yeux que les membres de sa famille.  Elle se définit par son intellect.  Donc, l’idée de perdre à tout jamais ses souvenirs et ses connaissances est intolérable et inacceptable pour elle.

Je n’irai pas trop loin dans la description du film, car vous devez le découvrir au fur à mesure.  Je ne veux rien vous gâcher.  Le film est d’une infinie beauté et d’une immense tristesse.  Peut-être est-ce dû au fait que le sujet me terrifie, mais je me suis laissé totalement emporter par cette œuvre Julianne Moore y est sublime.  Totalement sublime.  Elle se transforme graduellement sous nos yeux, passant de la femme active et en pleine possession de ses moyens à… eh bien, disons seulement qu’elle se transforme et que son travail d’actrice est extraordinaire.

Dans le rôle de son mari, on retrouve Alec Baldwin, dans un rôle plus sérieux et dramatique que ce à quoi il nous a habitués dernièrement (je pense à son personnage de la série humoristique 30 Rock).  Le couple formé par les deux acteurs est tout à fait crédible à mes yeux.  Le personnage, tel que joué par Baldwin, m’a profondément touché.

Dans le rôle des deux grandes filles d’Alice, on retrouve tout d’abord Kate Bosworth, qui joue Anna, celle dont la vie est toute tracée d’avance, qui suit les conseils de ses parents et qui semble parfaite en tous points.  Je n’ai rien de spécial à dire sur Bosworth, qui joue correctement, mais qui n’a pas grand-chose à faire dans ce film si ce n’est que de paraître parfaite.

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Kristen Stewart

À l’opposé il y a Lydia, une jeune actrice qui rêve de gloire à l’autre bout du pays, et qui entretient une relation quelque peu difficile avec sa mère.  Elle est jouée par Kristen Stewart.  Les scènes où elle et Moore sont ensemble à l’écran sont mes préférées.  Stewart me surprend toujours (elle était géniale dans le film biographique The Runaways que beaucoup trop de gens ont ignoré à sa sortie), et ici encore elle prouve à quel point elle sait démontrer une grande gamme d’émotions en très peu de mots.  C’est subtil, mais c’est là, et c’est vraiment bien joué.

Je recommande Still Alice à tout le monde.  Il n’y a rien à faire pour prévenir la maladie d’Alzheimer, et j’espère que l’on trouvera bientôt des traitements qui la rendront moins terrifiante.  En attendant, une œuvre comme Still Alice peut aider le commun des mortels à mieux comprendre la maladie et à peut-être mieux comprendre ceux et celles qui en souffrent.  Voilà un bien grand film qui m’a énormément remué et qui restera longtemps dans mon cœur.

Bande-annonce du film en français

Notice biographiquechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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