Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

Les romans comme des rêves

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Van Gogh: La liseuse de romans

On les oublie parfois lorsqu’on les dévore mais certains détails demeurent en nous, comme des coups portés sur la peau de l’âme, y laissant des bleus fabuleux qu’on se plaît, plus tard, à venir caresser.

On referme le livre. On se réveille, triste d’avoir fini ou soulagé d’en sortir, on part se recoller au réel mais nous sommes encore sous l’emprise de ses sensations, empesés dans des réflexions, des idées. L’ambiance reste accrochée à notre peau comme si cette vie-là, celle qui coule dans les pages, nous avait accueillis en son sein, nous avait baignés de mots, de sentiments, de caresses, nous avait fait la promesse absolue qu’un autre monde est possible, plus beau ou plus pourri, différent en tout cas et forcément fascinant.

La peur, la joie profonde, les chamboulements puissants font désormais partie de nous comme si tout cela avait vraiment eu lieu. Les forêts sombres, les huis clos anthropophages, la folle liberté, ce vent glacial sur la peau, ce soleil ardent qui nous pousse à tuer un homme, ces autres qui vivaient au cœur des lignes, inconnus ou connus, fantomatiques ou bien palpables, paraissaient plus vivants que nous-mêmes. On les quitte à regret, on se sent orphelin, seul au monde et ravi d’avoir pu partager, le temps de mille pages, une existence folle qui frôle le sublime. Notre main sur la quatrième de couverture a du mal à faire autre chose que la caresser. On aurait tant aimé que l’éternité s’empare de ce moment, comme dans ces rares rêves qu’on fait dans une vie, de ceux qui donnent envie de ne jamais sortir du sommeil salvateur.

Nos cinq sens sont intimement convaincus d’avoir vécu là des choses possibles, voire nécessaires, vitales. Les parfums, les saveurs, les cris ou les chants entendus, les caresses ou les coups ressentis, ces couleurs aperçues, devinées, éclatantes et tellement rares, on a du mal à croire que ça n’existait pas ailleurs que noir sur blanc. On ferme le roman comme on ouvrirait les yeux.

Tout cela semblait tellement vrai…

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge chat qui louche maykan alain gagnonDéclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade (roman) aux Éditions Philippe Rey.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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