Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

La maladie de Noël…

En novembre 2012, la chaîne de pharmacies Shoppers Drug Mart a cessé temporairement de diffuser de la musique de Noël dans ses magasins pour cause de plaintes reçues de la part de ses clients, qui trouvaient cela trop tôt.

En ce qui me concerne, j’applaudis.  Mais rapidement sont arrivées d’autres plaintes sur la page Facebook de l’entreprise.  Des plaintes de gens qui déploraient cette décision et qui affirmaient, entre autres, qu’ils boycotteraient les magasins Shoppers si la musique de Noël n’était pas rétablie.

La compagnie a alors précisé que les airs des Fêtes reviendraient après le Jour du Souvenir, ce qui lui semblait raisonnable.  Et elle le fit, et tout rentra dans l’ordre.

Tout ce brouhaha inutile aurait été évité si notre société n’était pas aussi malade.  Je dis malade, car je ne peux qualifier autrement ce besoin que nous avons (et bien que j’écrive « nous », je ne m’inclus pas) de baigner dans l’esprit des Fêtes pendant plus de deux mois.

Chaque année, dès que l’Halloween est passée, on voit les magasins se remplir d’objets reliés à Noël ; la musique associée à cette fête nous provient de toutes parts ; et des milliers de gens « virent sur le capot » et tombent en mode des Fêtes beaucoup trop longtemps à l’avance.

Je comprends les motifs commerciaux qui amènent les maisons de disques à sortir la musique de Noël hâtivement (les disques destinés à cette période pleuvent ces jours-ci, comme à chaque année).  Ceci étant dit, je ne comprends pas les gens qui les écoutent avant le mois de décembre.  Ou plutôt, je crois les comprendre, mais je les plains.

Il faut mener une vie bien triste pour vouloir se bercer d’illusions et faire vivre Noël pendant des mois, voire à l’année – dans les cas extrêmes.  Serait-ce une sorte de maladie, ou plutôt un remède à un genre de dépression collective ?

Que peut-il se passer dans la tête d’une personne pour qu’elle prenne le temps d’écrire sur la page Facebook de sa pharmacie pour annoncer qu’elle n’y remettra plus les pieds si les haut-parleurs ne distillent plus de la musique de Noël ?  Pourquoi ce détail idiot vient-il chercher les consommateurs au plus profond d’eux-mêmes ?  Ce n’est que de la musique, pourtant.  Et Noël n’est qu’une fête de fin d’année, après tout…

Mais est-ce le cas ?  J’ai l’impression – hormis les gens qui célèbrent cette fête pour les raisons religieuses – qu’on accorde trop d’importance à Noël.  Je soupçonne qu’on s’en sert comme baume qu’on applique à une sorte de tristesse de l’âme.  Je connais des gens qui commencent à s’y préparer en août (en AOÛT !!!), et qui demandent, donc, à leurs enfants de préparer leurs listes de cadeaux quatre mois à l’avance.  Et je me demande : pourquoi ?  Qu’est-ce qui presse tant ?

Ces enfants deviennent alors les victimes cette « folie », des êtres qui devront grandir avec l’illusion que Noël, ça dure toute une saison, alors qu’en fait, ce n’est qu’un jour dans l’année.

Le Noël des campeurs ne m’a jamais posé de problème – sympathique  et inoffensive pratique qui ne m’affecte pas du tout –, mais de se mettre dans l’esprit des Fêtes pendant quatre mois (ou plus) est tout à fait ridicule, selon moi.  J’aurais tendance à dire comme tous ces débatteurs qui parlent de religions ces temps-ci : « Si vous voulez fêter Noël en avance, faites-le en privé.  Mais n’imposez pas votre musique ou votre délire des Fêtes à tout le monde ! »

N’allez pas pleurer sur la place publique parce que votre pharmacie retire sa musique de Noël pendant quelques semaines, par respect pour les gens qui ont encore un pied dans la réalité.  Et si vous souhaitez décorer votre maison de bonshommes de Noël du sous-sol au grenier des mois en avance, fine !  Mais ne cherchez pas mon approbation, vous ne l’aurez pas.

À mes yeux, vous souffrez de la mystérieuse maladie de Noël, et j’ignore quel remède pourrait vous en guérir.

Sur ce, je retourne à mes monstres, mes films d’horreur et ma musique Halloween dont je vais continuer de profiter encore pendant quelques semaines…

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)

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