Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

Croisières, rock classique, Turquie et plus…

Récemment, j’écoutais l’émission Euromag sur la Première Chaîne de Radio-Canada (qui changera stupidement de nom, mais n’entrons pas là-dedans…).  Voici le lien direct pour l’écouter.

On y présentait dans le premier segment des entrevues avec des intervenants qui habitent Istanbul et qui se prononçaient sur l’état des choses dans leur coin de pays. Des entrevues qui furent réalisées quelques jours avant le début de la crise en Turquie. Nul ne se doutait, au cours des entrevues, des bouleversements qui se produiraient au cours des jours suivants. Mais on y sentait déjà le début d’une grogne, et c’est exactement la raison pour laquelle ces entrevues furent diffusées, pour expliquer, en quelque sorte, le conflit.

Ce qui m’a intéressé, entre autres, c’est d’entendre une intervenante parler de la gestion de la ville, comment celle-ci se transforme rapidement. On y construit ce qu’on appelle le Galata Port, où on retrouvera des hôtels 5-étoiles, des centres commerciaux, des marinas, et tout ce qu’il faut pour accueillir les gros bateaux de croisières.

Cette dernière information m’a, bien entendu, fait penser immédiatement à un autre port, plus près de chez nous, où tout est organisé en fonction d’accueillir des croisières… Un port et une industrie de la croisière pour lesquels on dépense des fortunes, on investit dans des infrastructures, on redirige tous les efforts d’une collectivité pour un même but : accueillir de vieux et riches touristes.

Ensuite, je me suis mis à penser à autre chose de connexe. Les croisières de « classic rock ».

C’est un phénomène relativement récent, je crois. Ou du moins, qui prend de l’ampleur depuis quelque temps. J’ai vu des croisières s’adresser aux jeunes nostalgiques trentenaires, qui présentaient des spectacles des New Kids on the Block et autres groupes populaires des années 80 et 90. Pendant quelques jours en mer, pour un montant faramineux, vous pouvez vous laisser bercer par l’eau ainsi que par la musique de vos artistes préférés du passé.

La même chose se produit maintenant avec les vieux « has-been » du rock. En mars dernier, le groupe Yes – qui fut à ses débuts à l’avant-plan d’une révolution musicale – s’est lancé dans l’aventure avec Cruise To the Edge, un voyage de cinq jours pendant lesquels les voyageurs pouvaient voir et entendre Yes, Tangerine Dream, Carl Palmer et plusieurs autres.

Dans les mêmes dates, sur un autre bateau, on retrouvait les Moody Blues et leurs invités.

Et il y en a plusieurs autres, dont la Rock Legends Cruise, qui met en vedette CCR, BTO, Foreigner, et des tonnes d’autres vieux musiciens à la recherche d’un chèque de paie.

Je suppose que c’est une bonne façon pour les riches baby-boomers, qui peuvent se payer ces voyages, de côtoyer leurs idoles, d’avoir la chance de les voir en spectacle, de revivre des émotions reliées à leur jeunesse. L’industrie de la nostalgie, c’est en plein ça. Faire des bidous sur le sentimentalisme des gens à la recherche d’un soupçon de jeunesse.

D’un autre côté, je lisais une critique de la Cruise To The Edge de Yes, et je lisais comment les musiciens tanguaient sur scène, certains ne se sentant visiblement pas à l’aise avec les mouvements du bateau ainsi qu’avec la proximité du public. En effet, sur une croisière, on ne peut échapper aux fans les plus excentriques. On doit vivre avec…

Et c’est peut-être à cause de mon âge relativement jeune, mais j’ai en tête cette image de papys bedonnants, une sorte de stéréotype du baby-boomer croisiériste plein à craquer. Je me désole, en quelque sorte, de voir ces musiciens que j’adore retomber au niveau de chanteurs de noces. Ces artistes qui innovaient – et c’est la raison première pour laquelle on les aimait, ils innovaient ! – se laisser entraîner dans ces projets mercantiles qui ont peu de choses à voir avec la musique, en fin de compte.

Car la croisière est une grosse industrie, énorme même. Il n’est question que d’argent, ici. Et c’est la raison pour laquelle j’en parle aujourd’hui. Je le réalise maintenant. Je connecte les différentes infos, et je me rends compte qu’il y a de l’argent dans ces bateaux, et certaines personnes l’ont bien vu et comptent en profiter, qu’il s’agisse des dirigeants à Istanbul ou de ce pauvre défenseur de Dieu à Saguenay.

Qu’en pensez-vous ? Ma vision de cette industrie est-elle inutilement négative ? S’agît-il, comme je le pense, d’un genre de Las Vegas sur l’eau, servant à saigner à blanc les touristes et à permettre à de vieux rockeurs de continuer à travailler, ou y voyez-vous une opportunité pour les amateurs de musique, de soleil et de mer ?

Et en ce qui concerne les ports, investir de fortes sommes pour accueillir ces bateaux, est-ce une bonne idée ? Est-ce rentable pour ces villes ?

Jadea Kelly

J’ai fait une belle découverte musicale récemment. Jadea Kelly. Elle est originaire de Toronto, sa voix est belle et douce, ses chansons aussi. Elle vient de sortir un deuxième disque, « Clover ». Il n’est plus disponible en écoute intégrale sur le web, mais en suivant ce lien vous pourrez en entendre quelques pièces. C’est magique. Allez vous le procurer en magasin !

Je vais la voir en spectacle à la fin du mois, je vous en reparlerai.

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger parla suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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