Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

 Vers où allons-nous ?

Lorsque j’ai vu les premiers tweets sur le sujet, j’ai été bouleversé.

Deux explosions près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston…

Le matin même, je courrais dehors, sous le doux soleil d’avril.  Il n’y a pratiquement rien de plus inoffensif que la course comme activité.  C’est personnel – on est dans sa bulle en permanence —, c’est totalement pacifique, c’est relaxant.  De voir une compétition aussi amicale, aussi peu violente qu’un marathon, être perturbée de manière aussi épouvantable, c’est confondant.

Je ne suis pas encore prêt sur le plan physique pour un semi-marathon, encore moins pour un marathon complet, et je ne prétends pas être fait de la même trempe que ces gens, mais j’ai immédiatement partagé leur douleur.  Je sais mieux maintenant quel genre d’efforts ces personnes font en prévision de cette activité.  Je suis conscient aujourd’hui du nombre d’heures de préparation que cela requiert, des efforts nécessaires pour en arriver là.

Sans rien savoir de la tragédie, immédiatement mes pensées ont été pour les coureurs.  Pour la douleur de voir une si belle activité gâchée de cette manière.  Pour les vies potentiellement perdues.

Et puis, on en a appris davantage, au compte-gouttes.  Les victimes faisaient partie de la foule, non des coureurs.  Un enfant fait partie des morts.  C’est tragique.

Les images, vues à répétition sur les réseaux d’information, me troublent encore…

Au moment où vous lirez ces lignes, probablement que nous en saurons tous un peu plus sur ce qui s’est passé – et espérons-le, sur les responsables.

Évidemment, il y a de bien plus grandes tragédies dans le monde.  Plusieurs sont causées par nous, par nos voisins du Sud, par l’arrogance des pays riches.  De nombreuses vies se terminent dans la douleur, dans l’atrocité de querelles incompréhensibles et non justifiées.

Ce qui me touche dans la tragédie de la semaine dernière, c’est la proximité de l’événement avec mes propres activités.  La course occupe une place immense dans mes occupations depuis l’été dernier.  Sans travail, je me suis plongé dans ce sport avec plaisir et passion.

Je commence peu à peu à examiner le calendrier des compétitions, tout en sachant que je ne suis pas prêt.  Peut-être serais-je capable de faire un 10 km à ce point-ci de mon évolution ?  Mais pas beaucoup plus.   Je « zieute » le marathon de Montréal en septembre.  Tenter d’en faire la moitié serait intéressant.  Mais j’hésite encore.

Et BAM !  Voilà que ça explose à Boston, pendant le plus vieux marathon en Amérique du Nord.  Alors que mon esprit de compétition vient à peine de se réveiller après des années de dormance, que j’entrevois pour la première fois la possibilité de participer à un tel événement, cette tragédie survient.  Et ça fait peur.

Devons-nous céder à la peur à la suite d’un tel acte de terrorisme ?  Bien sûr que non.  Les responsables auraient alors gagné.

Et je ne veux pas donner l’impression par ce texte que je ne me soucie que de mon activité préférée et non des victimes.  Je crois l’avoir dit clairement, je souffre pour les victimes.  Cet événement est une tragédie.  Cela n’aurait jamais dû arriver.

Je souhaite juste souligner mon sentiment de malaise face à tout cela, la crainte que cela suscite en moi parce que ça touche à quelque chose que je pratique moi-même, à un niveau inférieur.  J’ai espoir que dans quelques années, j’enfilerai à mon tour un dossard et irai courir divers marathons.  Je souhaite simplement pouvoir continuer à courir en étant dans ma bulle, et non à vivre dans un état de stress constant.  Est-ce là vers où nous allons ?  Une paranoïa collective permanente chaque fois que nous nous retrouverons dans une foule ?  J’espère que non.

Il ne nous reste que si peu de zones de calme et de repos dans nos vies surchargées au rythme affolant.  Si nous ne pouvons plus nous sentir en sécurité nulle part, qu’allons-nous devenir ?

Vers où cette folie meurtrière va-t-elle nous mener ?

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Il a fait sesétudes collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite verslesArts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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2 Responses to Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

  1. E dit :

    Certains évènements tragiques sont réalisés pour nous faire céder à la peur et semer la panique. Ce sont toujours les innocents qui en subissent les conséquences. Mais nous devons vivre pour ceux qui ne sont plus là, et continuer pour eux. Merci Jean-Francois de nous rappeller cette tragédie. Votre texte est émouvant.

    J’aime

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