Du nouveau aux Éditions du Chat Qui Louche…

Le 13 octobre prochain, les Éditions du Chat Qui Louche publieront huit auteurs.  Nous vous en présentons quatre aujourd’hui…

Dominique Blondeau nous offre un roman : Des trains qu’on rate

Résumé de l’intrigue

 Priscilla et Patrice, couple dans la jeune cinquantaine, se reposent amoureusement dans leur lit, un samedi matin qui est celui de la veille de Pâques. Soudain, le téléphone sonne. Patrice se lève pour répondre, c’est sa mère qui lui annonce que son frère jumeau, Francis, est mort, il s’est suicidé. Celui-ci sera enterré le mardi après le long week-end pascal. Priscilla et Patrice devront assister aux obsèques.

L’action va se dérouler durant ces quatre jours, du samedi au mardi. Le chagrin qu’a éprouvé Priscilla à la mort de son père, il y a plusieurs années, chagrin qu’elle a mal assumé, va prendre ici toute son ampleur et occasionner beaucoup de questions sur cet homme qu’elle a mal connu. Son père avait cinquante ans quand elle est née… On assistera aussi au questionnement de la mère de Patrice et de Francis sur sa famille à elle, sur son mari et ses jumeaux. Patrice n’échappera pas non plus à certaines réminiscences concernant son père, son frère et lui-même.

 C’est un roman intimiste et intériorisé sur les deuils que nous portons en nous, une sorte de huis clos qui se passe dans la maison familiale et autour. Les repas ont aussi beaucoup d’importance dans cette histoire. Ils sont décrits comme la métaphore d’une possible réconciliation entre les personnages. Un narrateur intervient parfois sous la forme neutre du ON, qu’on retrouve dans le titre qui est une phrase du roman. Ce ON est aussi un humble hommage à l’écrivain portugais José Saramago.

Notes bibliographiques

Installée au Québec depuis 1969, Dominique Blondeau, romancière et nouvellière, a été lauréate du Prix France-Québec/Jean-Hamelin pour son roman Un Homme foudroyé. Entre autres ouvrages, elle est aussi l’auteure de Les Feux de l’exil, Fragments d’un mensonge, Alice comme une rumeur, Éclats de femmes et Larmes de fond, ces cinq derniers livres publiés aux éditions de la Pleine Lune. En 2002, les éditions Trois-Pistoles ont édité son essai, Des grains de sel, dans la collection «Écrire». Elle a fait paraître des nouvelles dans plusieurs revues et collectifs et, en 1997, elle a été lauréate du Prix de la Meilleure Plume au concours XYZ. La revue de la nouvelle. Son treizième roman Une île de rêves a été publié en 2004 chez VLB éditeur. En 2008, elle a publié un recueil de nouvelles, Soleil et cruautés, dans Internet, sur le site Lulu. En 2007, elle a créé un blogue surtout consacré à la littérature québécoise, Ma page littéraire (http://dominiqueblondeaumapagelitteraire.blogspot.com/)

Danielle Dussault nous offre un roman :  Camille ou la fibre de l’amiante

Résumé de l’intrigue

Jamais n’a-t-on abordé le sujet de la vie dans les mines d’amiante autrement que sous l’angle de la politique ou de la syndicalisation. Si on y a généralement occulté le caractère psychologique propre à la vie souterraine, j’y ai vu, pour ma part, une occasion rêvée d’approcher le sujet en m’inspirant du décor lunaire de Thetford-les-Mines.  Ici entrent donc en scène des personnages qui séjournent dans un lieu de montagnes blanches et de sable accumulé, une ville génératrice d’une histoire pourtant meublée.

Sur fond de décor lunaire que composent les montagnes de sable, La maison des treuils dessine un portrait en mosaïque de six personnes vivant à Thetford-les-Mines durant un demi-siècle de son histoire. À tour de rôle, Ludger et sa fille Camille reviennent à Thetford-les-Mines. Elle, après quelques années d’éloignement, lui, après trente ans d’exil. Ils ne se connaissent pas.  Ludger a été chassé de la ville par les hommes des mines, faussement accusé de tentative de meurtre. Toute sa vie, Camille a guetté le retour de l’absent. La jeune femme se demande si elle ne sera jamais libérée de l’exil intérieur auquel l’a condamnée l’absence du père. Pétris par l’attente ou la révolte, prisonniers tantôt du mutisme de la ville, tantôt d’un chagrin d’amour inavoué, ces personnages apprennent que les blessures secrètes de l’âme se transmettent d’une génération à l’autre.  Mais qu’à la différence du silence qui tue, la parole de vérité parfois libère.

Bien que le livre s’inspire de faits historiques, les personnages qui se racontent ici depuis un point de vue intérieur n’ont jamais existé.  Ils sont pure fiction. Pourquoi parler de l’amiante et du tissu social que n’ont pas manqué de constituer les mines ? À l’origine de ce projet d’écriture, il y a une image très inspirante : une photographie du début du siècle montrant quelques gobeuses à l’ouvrage, femmes vouées à la tâche de détacher la laine de ce qu’on appelle la roche mère, détacher donc la fibre de la roche d’amiante.  C’est cette fibre, cette émotion viscérale, cette essence matérielle, qui colle à l’âme des personnages de ce roman et, par un simple prolongement de la pensée, elle sert à établir un lien avec la fibre maternelle.  Legs refilé d’une génération à l’autre, elle est la marque d’une culpabilité multiforme qui pousse autant à l’exil qu’à la révolte, autant à la honte qu’à la logique du bouc émissaire. Quant au mot amiante qui signifie « pur » en grec, ou plus exactement « sans souillure », il est digne d’être réhabilité ici aux yeux de la poésie.  Le feu, faut-il le rappeler, n’attaque pas l’amiante ; les personnages qu’on voit évoluer dans ce roman sont à la recherche d’une purification sans équivoque.

Notes bibliographiques

L’écrivaine et musicienne  Danielle Dussault  publie des nouvelles, de courts récits et des romans. Elle a travaillé pour le cinéma, la télévision et le théâtre. Elle a remporté le prix Alfred-Desrochers en 2003 pour son récit L’imaginaire de l’eau  paru à L’instant même. Elle a aussi obtenu la mention d’honneur du concours Robert-Cliche pour Camille ou la fibre de l’amiante publié chez VLB en 2000, réédité en 2011 aux Éditions Le Chat Qui Louche. À travers un parcours d’écriture singulier, qui oscille entre imaginaire et onirisme, elle manie les paradoxes et les atmosphères intimistes dans un souci de transparence.

Danielle Dussault donne des ateliers d’écriture et a dirigé la publication d’un recueil de nouvelles, Écritures du désert, qui regroupe un ensemble de textes arabes et québécois. Elle est en train d’écrire un spectacle de chansons intimistes, Carpe diem, qui servira de base à l’écriture d’un scénario de film.  Elle est également en train de produire un récit, temporairement intitulé Les robes du jour, à partir de dix chansons qui forment l’intrigue de l’œuvre. Danielle Dussault habite Thedford Mines au Québec.

Clémence Tombereau nous offre des billets : Fragments

Présentation de l’ouvrage

Aux confins des errances se trouvent toujours les mots (le plus grand risque étant de ne pas trouver les bons).

Glorifier un lieu, sublimer les sensations, emberlificoter les sentiments dans des manières toutes félines : les mots tendent vers l’alchimie.

Transcender la réalité. La rendre meilleure ou pire ou simplement la traduire.

Les fragments et nouvelles regroupés ici n’ont d’autre dessein — immodeste, il est vrai — que de parer le réel d’un enchantement chamarré, d’une étrangeté sourde. Des ambiances brumeuses enveloppent des personnages qui côtoient l’humanité, qui frôlent l’horizon et flânent dans l’abîme. L’évasion se veut reine et l’ailleurs illusionne les sens, cependant qu’une imagination nimbée d’un halo bleuté dévoile, dans le clair-obscur du monde, une réalité au-delà des apparences. La possibilité pour le lecteur de lire dans le désordre ces extraits de vie lui offre une aisance libre de toute contrainte. Ne reste qu’à savourer ces poussières d’existence…

Notes bibliographiques

Clémence Tombereau est née à Nîmes en 1978. Après des études de Lettres classiques, elle a enseigné en lycée pendant cinq ans, avant de se rendre au Portugal pour mener une vie partagée entre l’enseignement et l’écriture. Elle vit désormais à Milan, où l’écriture continue d’être sa principale activité.

Finaliste du Prix Hemingway en 2005, lauréate du concours littéraire organisé par le blogue Vivre à Porto, elle a également participé à la revue Rouge Déclic (numéro 2) et nourrit quotidiennement un blogue : http://clemencedumper.blogspot.com/

Sylvie Vignes nous offre des souvenirs sous forme d’abécédaire : Encrine

Présentation

Encrine, dont le manuscrit a reçu en France le prix André Ferran 2009, est à l’origine une commande de son fils Joël qui n’a pas eu le temps de vraiment connaître son grand-père maternel, Lucien Nizard. La forme de l’abécédaire s’est imposée pour égrener les souvenirs tendres ou tragiques et retenir les arcanes majeurs d’un passant considérable.

Notes bibliographiques

Sylvie Vignes est maître de conférences HDR à l’Université de Toulouse-le Mirail. Titulaire d’une thèse de troisième cycle sur Julien Gracq et d’une thèse nouveau régime sur Jean Giono, elle a consacré la plupart de ses travaux universitaires à ces deux auteurs. Coorganisatrice, avec Jean-Yves Laurichesse, du colloque international « Jean Giono, la mémoire à l’œuvre » en mars 2008, et en janvier 2010 du Colloque du Centenaire Julien Gracq avec Patrick Marot, elle participe actuellement, avec une dizaine de collègues, au Dictionnaire Giono à paraître aux éditions Garnier. Ses autres publications – communications, articles et ouvrages de critique littéraire –  concernent essentiellement la littérature française (Éric Holder, Claude Pujade-Renaud, Pierre Michon, Marie Nimier…) et québécoise (Aude, Roland Bourneuf, Louis Hamelin, Monique Proulx…) au tournant du siècle neuf.

Un mot de l’éditrice, Dany Tremblay…

Nouveau venu dans l’édition numérique, Le Chat Qui Louche publie des nouvellistes, romanciers, billettistes de langue française. Son désir : permettre à ses auteurs un marché francophone planétaire.  Ses projets : lancer trois nouveaux titres au printemps ; trois, à l’automne. Ses partenaires : des artistes peintres et photographes qui prêtent leurs œuvres pour les couvertures, des écrivains de talent, Alain Gagnon, conseiller littéraire, Marie-Anne Dubé, graphiste.

Le vingt et unième siècle est celui des globe-trotteurs, de l’information instantanée, du WEB. C’est aussi celui de l’édition numérique qui permet le transport de sa bibliothèque dans sa poche.

Pour son coup d’envoi,  Le Chat Qui Louche présente huit titres : deux romans, deux recueils de nouvelles, un recueil de billets, deux novellas et un abécédaire.

Le Chat Qui Louche,  une édition aux aguets.

Un œil ouvert sur le monde.

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