L’écrivaine Dominique Blondeau commente Propos pour Jacob d’Alain Gagnon…

30 mars 2010

Croire en Dieu sans aucun doute *** 1/2

Que dire des nouvelles mondiales qui prennent possession du peu de temps dont nous disposons. Les journaux et la télé nous informent du pire ; rarement, le bien auquel contribuent des hommes et des femmes ne fait l’objet d’une mention spéciale. Est-ce utile de nous rebattre les oreilles des méfaits de nos semblables ? Depuis longtemps, grandes et petites guerres se perpétuent sans que nous en tirions une leçon. Dieu nous aurait-il oubliés ? Allons voir ce qu’il en est dans l’essai d’Alain Gagnon, Propos pour Jacob.

 

Dominique Blondeau

 

En introduction, un narrateur confie à son petit-fils ce qu’il lui léguera à sa mort : des réflexions personnelles, des questionnements spirituels traitant de l’existence de Dieu. Ce même narrateur prévient Jacob qu’il s’avancera « à pas prudents de loup » dans « l’ampleur du sujet » qu’il prétend connaître. Celui du monde tel qu’il est, mais aussi dans l’univers d’un dieu qui sommeillerait en nous, soit le sacré qui nous différencie du règne minéral, végétal, animal. Tout d’abord, Alain Gagnon affirme que l’Esprit est « un, sans temps ni lieu. » Impérieux, il souffle, se réverbère au centre de toutes les philosophies. Dépourvues de cet esprit universel, nombre d’œuvres auraient avorté : poésie, littérature, peinture, architecture, la nature s’appliquant à nous démontrer la perfection de la fleur la plus humble. Faut-il responsabiliser Dieu d’un semblable et grandiose dessein ? Ne nourrit-on pas aujourd’hui un brin de lassitude, quand rabâchant à souhait les causes de malheurs superposés les uns sur les autres, nos oreilles et nos yeux se ferment ? Dieu n’est-il pas désespéré de devoir tout reconstruire, contemplant le monde usé plutôt qu’existant mal, comme le suggère l’auteur.

 

On admire Alain Gagnon d’attester sans faillir l’existence de Dieu. Les exemples théoriques ou concrets se multiplient que nous ne pouvons mettre en doute. Pourtant, n’appartient-il pas à chacun d’interpréter ” l’aspiration vers l’infini ” tel un phénomène scientifique, logique et intelligent, une volonté naturelle complexe et moins crédule ? N’est-ce point devenir l’égal de Dieu en se faisant complice de ses créations ? En soi, ne sommes-nous pas des dieux par le fait même de combattre dans un maelström essoufflant une destinée qui nous a été transmise, pour que nous la menions du mieux possible ? Ne sommes-nous pas, à l’image de Dieu, le « Sacakoua » du début de l’univers ? En quoi Dieu et ses créatures ont-ils changé ? Plusieurs mythes nous apprennent que des rebellions se sont produites avant que Dieu entreprenne sa tâche ; on pense aux faux prophètes qui, en leur temps, ont juré être les sauveurs de l’humanité avant que Jésus se sacrifie pour elle. Que de brumes idéalistes et fascinantes suggérées par Alain Gagnon ; tant de légendes préhistoriques sont ancrées dans nos consciences, imprégnant l’innommable en nous, défiant nos peurs, nos forces. Notre conscience propre au règne hominal, celle qui nous est étrangère, peut-elle être gouvernée par des anges ou des démons, exilés que nous sommes dans un « univers auquel nous nous adaptons de par notre nature animale [...] » ? Que penser des atrocités que l’homme a mis sur pied pour exterminer ses frères ? Où intervient le divin cosmique quand il s’agit d’exploiter la misère des innocents, ceux et celles qui ne savent se défendre contre des hommes de mauvaise volonté ? Peut-on demander aux démunis de vaincre la souffrance et la peur pour devenir Dieu ? L’Être divin serait-il sélectif ? Le péché originel nous aurait-il départagés ? Les martyrs s’abandonnant au dogme chrétien — et l’ignorant — lors de spectacles sanguinaires se présentaient-ils déjà comme des hommes nouveaux, une vision béatifique exaltant leur indéfectible croyance ? Le christianisme n’est-il pas né de ces affres, d’un enivrement céleste, répliqueront les irréductibles de la Foi.

 

Propos pour Jacob

 

Le livre, car c’en est un où l’amour du divin l’emporte sur la pauvreté morale, intellectuelle de l’homme, foisonne de références qui ont guidé Alain Gagnon vers des ancrages resplendissants. Nos interrogations tumultueuses sont prises en main par l’auteur, serein et grave. La Joie de croire en Dieu s’avère la force suprême de l’ouvrage, louant « l’homme intérieur » que nous devons chercher au détriment du « vieil homme ». On a aimé que Gagnon multiplie ses approches, citant Nicodème, Paul de Tarse, Maître Eckhart, Sri Aurobindo, l’empereur Marc-Aurèle, définissant ainsi nos diverses consciences à travers des paraboles de Jésus. Mais Dieu est-il accessible à tous, sa parole à Lui se répercutant « par images et impressions [...] » indicibles. Il serait impossible de répertorier les axiomes philosophiques que propose l’auteur, l’œuvre se révélant riche, extrêmement réfléchie. Il suffit de s’acheminer intérieurement vers une éthique embellie d’une « vraie » liberté, ce que recommande l’auteur à son petit-fils. L’humain ne se révèle-t-il pas le véritable sujet et mystère de cet essai érudit, inclassable ?

Pour clore ces éloquents propos, 99 bouts de papier, sous forme d’aphorismes, vagabondent spontanément d’une pensée à une autre. Ils sont là, témoignant d’une angoissante lucidité, nous obligeant parfois à nous interroger sur la nécessité de vivre, de parcourir en trébuchant une courte distance heurtant nos certitudes, nos hésitations. Il n’empêche qu’en fermant ce livre, et malgré la beauté spirituelle du texte, la sincérité absolue de l’auteur, nous ne sommes sûrs de rien, surtout pas de l’existence d’une entité désincarnée, pétrissant, telle la glaise, la chair périssable de l’humain. Le génie de l’homme, selon Nietzsche, n’est-il pas d’être ” humain, trop humain “, donc imparfait. À défaut de croire en Dieu, croyons en la parole persuasive d’Alain Gagnon, lui aussi, trop humain !

 

 

Propos pour Jacob, Alain Gagnon, Les Éditions de la grenouille bleue, Montréal, 2010, 122 pages


Propos pour Jacob (essai) d’Alain Gagnon: une critique d’Yvon Paré

22 mars 2010

Alain Gagnon lègue ses questions à Jacob

Yvon Paré

Yvon Paré

Voilà un livre qui ressasse beaucoup plus de questions qu’il ne fournit de certitudes. Il est plutôt rare qu’un contemporain tente de tisser des liens entre la pensée de maintenant et des réflexions qui ont porté la civilisation occidentale.

Alain Gagnon est de cette race de jongleurs qui restent fidèles à eux-mêmes sans se soucier des modes et des croyances. C’est rassurant, pour ne pas dire nécessaire de pouvoir lire ce genre d’ouvrage qu’on ne retrouvera certainement pas dans le palmarès des ventes. Il ne sera pas non plus l’un des invités de « Tout le monde en parle ». Ce sont des écrits qui sont là pour durer et qui résistent à l’éphémère. Le genre de livre qui peut vous accompagner pendant toute une vie.

Testament

Alain Gagnon, dans « Propos pour Jacob », s’adresse à son petit-fils. Il lui lègue, dans une sorte de testament intellectuel ce qu’il a de plus précieux. Avec trente-quatre publications, cet écrivain peut être considéré comme riche de mots et de phrases. Il s’attarde à des questionnements qui ont marqué sa vie de lecteur et d’écrivain.

« À ma mort, je ne te laisserai rien ou si peu. Je serai pauvre. Par paresse, manque de discipline, insouciance et aptitude aux plaisirs, mes comptes en banque seront vides ou presque. Cet ouvrage te tiendra lieu de legs. Ne sois pas trop déçu. Je t’ai aimé comme personne, et j’espère me faire pardonner en t’offrant ce qui m’est le plus cher : sur quelques pages, ces intuitions puisées dans l’héritage commun et en moi-même, parfois. Si tu en tires quelque profit, je serai moins mort, et tu seras peut-être un peu plus vivant. » (P. 9)

L’entreprise s’avère noble et intéressante. Le lecteur trouvera peut-être pourquoi cet écrivain a signé autant de livres, exploré l’essai, la poésie, le roman et le récit.

Les lectures

Propos pour Jacob

Des sujets, des questions ont suivi Alain Gagnon sans qu’il ne trouve de réponses définitives.

« Je tenterai d’expliquer ce qui toujours me dépasse. Je le saisis pleinement. Je ne me sous-estime pas, mais je connais l’ampleur du sujet, tout comme celle de mes insuffisances. Je m’avancerai donc à tâtons, à pas prudents de loup… » (P.9)

Qu’est-ce qui hante l’écrivain, l’homme, le père et le grand-père ? On pourrait résumer simplement : qui sommes-nous, pourquoi vivons-nous et où allons-nous ? Est-ce que la vie a un sens, où se situe l’homme dans cet univers immense ?

L’écrivain n’est pas de ceux qui se forcent à assister aux rituels et aux cérémonies liturgiques même s’il est croyant. Il parle plutôt d’une forme d’immanence, de Dieu qui est la source et l’aboutissement de tout. Il n’est certain de rien, mais il fait le pari de croire.

« À mon avis, le seul fait que l’humain soit en quête d’un univers plus éthique, prouve une source de l’éthique (Dieu) ; tout comme le seul fait que l’humain souhaite l’immortalité, incline à croire à sa propre immortalité, présente ou future. Il ne saurait désirer ce qu’il ne peut atteindre, comme individu ou espèce. » (P. 24)

Ces conclusions sembleront bien minces à l’athée ou à l’irréductible sceptique.

L

Les maîtres

Alain Gagnon revient à des penseurs qui l’ont accompagné toute sa vie. Marc-Aurèle entre autres.

« J’ai privilégié l’empereur, non pour m’attirer ses faveurs, il est mort ; mais plutôt parce que j’aime sa concision et, surtout, j’ai entretenu avec lui de longues fréquentations. Il n’a jamais quitté mon chevet. J’ai en main son ouvrage « Pensées pour moi-même » dans une traduction de Meunier, acheté la première année de mon mariage avec ta grand-mère. J’étais encore étudiant. » (P. 31)

Il y a plusieurs de ces magisters qui l’accompagnent depuis toujours. Maître Eckhart, François Villon, Aurobindo, Teilhard de Chardin et bien d’autres. Il ne manque pas non plus de secouer certains de ses ouvrages : « Lélie ou la vie horizontale », « Thomas K » et « Kassauan ». On retrouve là la fibre qui porte l’entreprise d’écriture riche et diversifiée de cet écrivain. Il se fait compagnon de Jean Désy qui s’attarde aux mêmes questions dans « Âme, foi et poésie ». La réflexion d’un homme, d’un écrivain qui sent le besoin de regarder derrière soi pour mieux entreprendre le reste de la traversée.

« Propos pour Jacob » d’Alain Gagnon est publié à la Grenouille bleue.

Yvon Paré, Progrès-Dimanche, 21 mars 2010


Maintenant en librairie… Propos pour Jacob, essai, Alain Gagnon

22 février 2010

Propos pour Jacob, essai

LE LIVRE :

Alain Gagnon est un écrivain prolifique et un grand lecteur. Il a fréquenté assidûment romanciers, poètes, essayistes, mystiques et philosophes en provenance de toutes les civilisations.

Dans ces Propos, il s’adresse à son petit-fils Jacob. Il veut partager avec lui toutes ces richesses culturelles qu’il a accumulées. Il l’entretient sur les grandes interrogations humaines : la vie, la mort, le temps, l’origine de l’espèce humaine, son histoire mythique et sa destinée ; il élabore aussi sur la nature de Dieu et, surtout, sur la nature et le rôle des dieux. Tour à tour, il s’appuie, notamment, sur maître Eckhart, Hegel, Heidegger, Teilhard de Chardin, Aurobindo et l’empereur philosophe Marc-Aurèle à qui il voue un véritable culte.

Un extrait du prologue explicite l’intention de l’auteur : « À ma mort, je ne te laisserai rien ou si peu. Je serai pauvre. Par paresse, manque de discipline, insouciance et aptitude aux plaisirs, mes comptes en banque seront vides ou presque. Cet ouvrage te tiendra lieu de legs. Ne sois pas trop déçu. Je t’ai aimé comme personne, et j’espère me faire pardonner en t’offrant ce qui m’est le plus cher : sur quelques pages, ces intuitions puisées dans l’héritage commun et en moi-même, parfois. Si tu en tires quelque profit, je serai moins mort, et tu seras peut-être un peu plus vivant.

« Les chapitres qui suivent sont brefs. Je m’efforce aux phrases simples, qui ont des pieds et des mains, c’est-à-dire, je l’espère, utiles. »

Commentaires :

Dans cet ouvrage, l’auteur explique des réalités complexes qu’il rend accessibles à tous. Un véritable pédagogue nous prend par la main et nous fait pénétrer les arcanes de l’histoire connue et moins connue de l’humanité. De grands penseurs, comme Aurobindo, Teilhard de Chardin, Marc-Aurèle et autres… nous y sont présentés avec une simplicité complice.

L’AUTEUR :

Auteur prolifique, d’une forte originalité thématique et formelle, Alain Gagnon, ce marginal de nos lettres, a publié, au printemps 2009, son trente-quatrième ouvrage de fiction. À deux reprises, il a remporté le Prix fiction-roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean, soit en 1996 et en 1998 pour ses ouvrages Sud et Thomas K. Il a également remporté le Prix poésie du même Salon, en 2004, pour son recueil de poèmes Ces oiseaux de mémoire, en 2006, pour L’espace de la musique et, en 2009, pour Les versets du pluriel. En 1985, il avait déjà obtenu le Prix de la BCP pour Le gardien des glaces. Il a été le président fondateur de l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES) et responsable du projet des collectifs Un Lac, un Fjord, 1, 2 et 3. Il déteste la rectitude politique et croit que la seule littérature valable est celle qui bouscule, dérange, modifie les paysages intérieurs – à la fois du créateur et des lecteurs.  Entre  novembre 2008 et décembre 2009, il a joué le rôle de directeur littéraire  et d’éditeur associé aux Éditions de la grenouille bleue, une nouvelle maison liée aux Éditions du CRAM, qui se consacre à la littérature québécoise.


Spiritualité et méthodes quantitatives : Propos sur l’oubli de soi…(suite)

22 décembre 2009

Propos sur l’oubli de soi… (à paraître)

À la télévision, on se moque d’ex-vedettes du hockey qui ont fait une démarche spirituelle et en témoignent. L’esprit laïc se gausse.  Les animateurs les traitent avec un respect minimal…

Et pourtant.  L’anormal, le ridicule, le déplorable, c’est l’humain qui s’oublie, se renie, au point de n’entreprendre aucune démarche spirituelle.

*

Le sociologue et analyste me remet copie de son rapport sur les soins de santé.  Et il me dit avec un rictus de défi et d’inconfort :

— Méthodes quantitatives !  Moi, je ne jure que par le quantitatif, par l’ingénierie sociale.

— C’est une bonne aide à la décision, je précise.  Mais, au bout du compte, on se réfère toujours aux valeurs pour trancher.

— Même les valeurs se quantifient !

— Dans ce que nos choix vont coûter, leurs conséquences, l’évaluation des ressources mises en branle…

— Non, non !  Les valeurs mêmes !  Même le beau !  Je vais vous passer un article sur les mesures quantitatives appliquées au pseudo-beau idéal de Praxitèle, des grands peintres de la Renaissance…

— Si on y arrivait, le monde m’apparaîtrait bien ennuyeux, bien drabbe, dépourvu d’âme.

— L’âme ? C’est quoi ?  Rien.  On n’a jamais pesé une âme !

— Impondérable, c’est vrai.  Mais l’âme, c’est le plus important.  Sans âme, même le quantitatif, tout le réel disparaît.  L’âme , c’est la source de la réalité.

— Vous êtes un idéaliste en philosophie.  Vous croyez que notre conscience crée tout ce que nous percevons.

— A créé, a créé…  Notre âme est de la même nature que cette force qui a créé, et crée, soutient l’univers visible et invisible.  C’est par cela qu’elle vaut.


L’oubli de soi… : le divin (suite) et Notes de lecture : Les grands sages de l’Égypte ancienne…

4 décembre 2009

Extrait de Propos sur l’oubli de soi :

Il m’arrive de m’oublier.  Souvent.  D’oublier qui je suis, ce que je suis, de me laisser submerger par les mouvements intérieurs, les appétences.  Les passions, les émotions vives – comme la colère ou la lubricité – sont faciles à déceler, à contrer même.  Le plus pernicieux, ce sont ces envahissements par les causes apparemment nobles, celles qui seraient dignes de louange, d’intérêt : l’altruisme de pacotille, les devoirs qu’on nous impose ou que l’on s’impose…  Quiconque s’y plonge sans s’être ressouvenu de ce qu’il est donnera bientôt au mieux dans la fatuité, au pire dans le despotisme ou le grand banditisme.

— Mais de quoi veux-tu donc que l’on se ressouvienne tant ? demande mon démon intérieur.

— De son caractère divin.  De la présence du divin en soi.  De son origine divine et de sa destination divine.  Hors cette prise de conscience, institutions, civilisations, législations, entreprises individuelles ou collectives, ne sont que fruits de la vanité, constructions sur le sable que le temps ne manquera pas d’éroder ou d’effacer hâtivement.

Notes de lecture :

Je me délecte de Les grands sages de l’Égypte ancienne de Christian Jacq. (Perrin, 2009.  Coll. Tempus, # 281)

Nous nous retrouvons au troisième millénaire avant J-C.  Pour l’histoire connue des hommes, c’est très loin.  Pour la géologie, même pas hier.

Je m’arrête au chapitre 4, celui consacré à la reine Méresânkh III, dont le nom signifie « la Vivante qui aime ». Atoum, le principe créateur, est à la fois masculin et féminin.  Le pharaon et sa reine rejouent sur terre les péripéties de ce mariage sacré, cette union des sexes avant le sexe,  qui a engendré l’univers visible et invisible, ses énergies et la conscience.  Méresânkh représente donc cette… « Matrice céleste, elle répand à travers l’univers de l’émeraude, de la malachite et de la turquoise afin d’en façonner des étoiles.  En devenant une Hathor (déesse), Méresânkh réactualise la création du monde. » (p. 41)  Spiritualités féminine et masculine vécues sous le soleil éclatant du plateau de Guizeh.

À rapprocher des noces de la Mère Esprit et du Christ Créateur dont parle La Cosmogonie d’Urantia. Réfléchir aussi au sens profond de cette Vierge qui donne naissance au Christ le 25 décembre prochain dans la tradition chrétienne.

Kephren et Méresânkh III


Propos sur l’oubli de soi… (suite) : Déesses et dieux…

2 décembre 2009

Extraits de Propos sur l’oubli de soi :

Un concitoyen était riche.  Il ne lui restait que deux ou trois semaines à vivre.  Un mois tout au plus.  Il s’est procuré une auto luxueuse.  Il se promenait d’une station service à l’autre, d’un centre commercial à l’autre, et à ceux qui admiraient sa dernière acquisition, il répétait : « Je l’ai payée cash ! »  Il s’agissait pourtant d’un bon citoyen, d’un homme honnête et intelligent.  Il s’était simplement oublié.  Certains diraient qu’il avait la capacité d’amasser des sous mais pas celle de la réflexion sur soi.  Possible.  Je l’ignore.  Mais l’aurait-il possédée, cette faculté, que rien dans son milieu n’aurait pu l’aider à la développer.  Le christianisme et ses explications sur les réalités spirituelles de la personne humaine a bien laissé des traces ici et là.  On retrouve parfois ces références enfouies… lorsque l’on ne sait plus quoi faire avec la vie.  Ou pour marquer certains événements de solennité : enterrements et mariages.

*

Ce matin, au centre commercial, j’ai rencontré des déesses et des dieux.  Ce qu’ils y faisaient ?  Ils se croyaient vieillis. Devant des cafés tièdes, certains noircissaient des mots-mystères, d’autres frottaient des gratteux.  Et, de temps à autre, ils se rendaient à un kiosque transparent où une préposée bien humaine acceptait leurs dollars et leur remettait des lotto-max, des minis, des quotidiennes, des tangos, des 6-49, des québec-49, des triplex, des jours-de-paye, des astros, des bancos…  Et tous ces dieux étaient bien tristes.  Une coiffeuse m’a confié : « Il y a du suicide dans l’air. Les froids de janvier… »

Quelle magicienne a obscurci leur mémoire au point qu’ils en oublient leur nature : qui ils sont, d’où ils viennent, où ils vont ?

À bientôt !


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