Alain Gagnon : Lélie ou La vie horizontale — billet critique de Stanley Péan

Stanley Péan

Situé dans un arrière-pays incertain, quelque part autour de la rivière Calouna, entre le Saint-Laurent et la Baie James, Lélie ou la vie horizontale met en scène deux clans, les Gelder (entrepreneurs Alsaciens transplantés en Amérique) et les Siteu (tribu d’autochtones métissés), dont les liens oscillent entre antagonisme et complicité. Si la parenté avec William Faulkner et Anne Hébert est manifeste, le roman fait également songer à l’Yves Thériault des Contes pour un homme seul ou de La Fille laide, notamment par la représentation des rapports charnels, esquissés de manière brute, directe et sans égards pour ces rituels et protocoles auxquels la moralité nous contraint d’ordinaire. À cette sexualité débridée répondent des passages d’une violence quasi insoutenable : ce mariage d’Éros et de Thanatos laisse soupçonner que l’auteur a choisi pour ce livre un registre plus proche du mythe que du réalisme traditionnel.

Stanley Péan, Librairie Pantoute

Triptyque, 2003

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