La musique de drogué…
J’avais 15 ans. Quelques mois depuis le déménagement de ma famille à Québec. L’ado de la campagne s’était fait des amis, de bons amis. Il y avait un problème : ils parlaient de musique. Genesis, Van der graaf Generator, King Krimson, Emerson Lake and Palmer, Yes… Moi, je n’y connaissais rien de rien. Quelques années auparavant, le vieux tourne-disque que nous avions au rang Nord-du-Lac avait rendu l’âme. J’avais entendu parler de Ginette Reno, de Michel Louvain et de quelques autres. Faisaient-ils du jazz, du populaire ou du rock ? Je m’en doutais un peu, mais je ne me prononçais pas.
Je voulais conserver mes amis. Comment faire ? Dieu merci, j’avais un grand frère.
Sa conjointe et lui avaient deux enfants préscolaires. Et quel beau meuble de son ! En bois naturel, le genre de meuble de l’époque, des
haut-parleurs cachés de chaque côté. Au centre, une armoire dissimulait un espace pour entreposer des vinyles, et au-dessus, un panneau qui donnait accès à cette merveille, un tourne-disque et ses commandes. Beau, énorme, inaccessible. J’en rêvais.
Un soir, le couple appela mes deux sœurs, des habituées du gardiennage. C’était pour le lendemain soir. Ni l’une ni l’autre n’était disponible. Je devins le plan C, un plan machiavélique.
Vingt heures plus tard, après l’école, je courus chez un disquaire me procurer quelques titres entendus de la bouche de mes amis. À mon retour à la maison, je les glissai dans un sac de sport. Puis j’attendis l’heure du méfait. À 19 h précise, mon frère vint me chercher. Chez lui, je reçus les instructions d’usages, puis, confiant, le couple quitta la maison. Pas tout à fait irresponsable, j’occupai les enfants jusqu’à 20 h 30, l’heure du dodo. Malgré les jérémiades, ma nièce et mon neveu collaborèrent presque. Une heure de remontrances et d’aller-retour salon-chambre les fatigua. Ils s’endormirent enfin. J’étais libre !
De mon sac, je sortis mes trésors. Je m’approchai de la merveille à musique et y déposai Nursery Crime de Genesis. Quelques essais et erreurs suffirent à y faire sortir du son. Je m’assis sur le divan, dans le noir, et j’écoutai.
Il y a des moments marquants dans une vie. Près de quarante ans plus tard, j’avoue que cette soirée fut grandiose. Assis, les yeux fermés, j’écoutais, et plus j’écoutais, plus je comprenais pourquoi mes amis aimaient cette musique, et pourquoi mes amis étaient mes amis. Nous vibrions au même rythme. Nous tripions sur les mêmes sons. Ce soir-là, je devins accro de rock progressif.
Peu de temps après, je plongeais dans mon premier travail : plongeur au restaurant de notre voisin. Mes premières payes financèrent un amplificateur, un tourne-disque et des haut-parleurs achetés séparément, que je montai moi-même dans des boîtes de bois qui devinrent des caisses de sons. Et j’achetai quelques disques. Plus tard, je travaillai dans un supermarché. Quoique modestes, mes revenus me permirent d’acquérir mes trois ou quatre vinyles par semaine. Genesis, Pink Floyd, Emerson Lake and Palmer, Supertramp, Harmonium, Styx, Yes, Jethro Tull, Gentle Giant, et tant d’autres. Mes parents ne partageaient pas mes goûts musicaux. De la musique de drogués, qu’ils disaient. Il est vrai que pour triper, plusieurs usaient de marijuana ou de H. Pas moi. Dans les spectacles, je refusais la pipe qu’on me passait. La musique me suffisait. Je fermais les yeux, j’écoutais et je me laissais emporter. J’en frissonnais parfois. De bonheur. Je respirais sans doute ma part de la dope des autres. Elle emplissait l’enceinte. Mais chez moi, la même extase m’envahissait, sans émanation dopante extérieure. Cette musique m’enivrait. Elle m’enivre encore.
Depuis ce temps, j’ai exploré bien des genres. Jazz, pop, métal, rock, nouvel âge… J’écoute de tout en fait. J’affectionne particulièrement le classique, mais toujours, encore aujourd’hui, je reviens au rock progressif.
Issu du rock, mais influencé par le jazz, le classique, la musique contemporaine ou ethnique, le rock progressif, le prog pour les disciples, est une musique élaborée, tant sur le plan de la technique instrumentale, de la composition et des textes. C’est une musique libre, complexe, caractérisée par ses longues parties instrumentales, ses solos de virtuoses ― ne fait pas du prog qui veut ―, ses finales enlevées comme dans les symphonies, l’indépendance de la section rythmique de la batterie et/ou de la basse, la profondeur et la richesse de ses textes, l’utilisation d’instruments peu conventionnels dans le rock (flûte, violon, violoncelle, saxophone, mellotron, cuivres…), et le graphisme artistique des pochettes et des livrets.
Née dans les années 60, la musique a évolué. Les techniques se sont perfectionnées, les instruments se sont développés, sont devenus plus précis, les sons plus riches. La majorité des vieux groupes ne sont plus. Certains ont survécu : Rush, Camel, Steve Hackett, Marillion, Pendragon, etc. Le genre disparut presque dans les années 80, mais deux courants, le néo-prog et le métal prog, maintinrent le genre en vie jusqu’à son renouveau. Aujourd’hui, les Riverside, Porcupine Tree, Arena, Lunatic Soul, Karmakanic, Neil Morse, Opeth, Paalas et de nombreux autres font triper les fidèles. Le genre revient en force, et nous, les vieux accros, le faisons découvrir à nos ados. « Elle est bonne ta musique, Papa », qu’ils disent… parfois.
Ainsi, vous en avez marre des fadeurs radiophoniques, vous aimez la musique classique, les pièces aux rythmes changeants, mouvant comme la vie. Le rock, ses guitares, sa batterie, sa basse vous font vibrer. Les pièces qui se prolongent vous inspirent. Et une petite bête rebelle se terre quelque part en vous. Alors, comme pour ce drogué de musique qui écrit ces mots, le rock progressif est pour vous.
Pour vous permettre de juger par vous-même, je vous propose trois coups de cœur de la dernière année, des œuvres classées parmi les cinquante meilleurs albums de rock progressif de 2011 selon le site internet spécialisé Prog Archiv. http://www.progarchives.com/. Trois disques accessibles, différents, de bons exemples du genre.
All rights removed, AIRBAG, Karisma records
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Ghosts, FREQUENCY DRIFT, Prog rock records
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When age has done its duty, COSMOGRAF, As is
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Hélas, vous ne les trouverez probablement pas chez votre disquaire. Pas assez commercial. Le prog se fait pour l’art, et l’émotion. Pas pour l’argent. Votre vendeur de disques pourra sans doute les commander, mais je vous propose de le faire vous-même par internet, au site suivant : http://www.cduniverse.com/. Choix, fiabilité, efficacité. Bien sûr, vous pouvez voir et entendre certaines pièces sur YouTube.
Bonne écoute. Et ne craignez rien. La musique drogue lorsque le diapason vous branche sur la matière, la vie, et vous-même.
© Jean-Marc Ouellet 2012
Notice biographique :
Jean-Marc Ouellet a grandi sur une ferme du Lac-des-Aigles, petite municipalité du Bas-du-Fleuve, puis à Québec. Après avoir obtenu un diplôme de médecine de l’Université Laval, il a reçu une formation en anesthésiologie. Il exerce à Québec. Féru de sciences et de philosophie, il s’intéresse à toutes les littératures, mais avoue son faible pour la fiction. Chaque année, depuis le début de sa pratique médicale, il contribue de quelques semaines de dépannage en région, et s’y accorde un peu de solitude pour lire et écrire. L’homme des jours oubliés, son premier roman, a paru en avril 2011 aux Éditions de la Grenouillère. Depuis janvier 2011, il publie un billet bimensuel dans le magazine littéraire électronique Le Chat Qui Louche



A Propos pour Jacob
B Le chien de Dieu
Cornes
D Chroniques d'Euxémie
E Kassauan
F Les versets du pluriel
FA Le truc de l'oncle Henry
G Jakob fils de Jakob
H L'espace de la musique
I Lélie ou La vie horizontale
J Le ruban de la Louve
K Almazar dans la Cité
L Thomas K.
M Sud
N La langue des Abeilles
O Gilgamesh
J’avais parmi mes milliers de vinyles, – à 99% classiques- un microsillon didactique intitulé “Ce que chacun devrait savoir sur la musique” truffé d’un florilège de beaux exemples musicaux, chacun illustrant un aspect de cet art complexe qu’est la musique. Ces exemples étaient présentés et commentés par Ernest Ansermet, ce grand chef de l’Orchestre de la Suisse Romande. Je l’ai prêté et il a disparu. Quelqu’un en connait-il une version CD? Ansermet définissait ainsi la musique: “une suite de tensions affectives dans l’introversion et dans l’extroversion”… et moi j’ajoute que c’est la respiration de l’âme.
Bonjour Monsieur Du Berger,
Un appel à tous !
« La respiration de l’âme ». C’est tellement vrai ! J’ai toujours été fasciné par la relation de chacun avec la musique. Certains n’en écoute jamais, le silence étant une musique en soit. D’autres tripent sur le jazz, d’autres sur le pop, et trouvent les autres ennuyantes, ou agressantes. Pour une même personne, à l’écoute d’une même musique, l’émotion change selon le moment de la journée, selon les périodes de la vie, selon l’état de l’âme sans doute.
Je n’ai jamais entendu parlé de ce disque didactique, mais si jamais on en trouve une deuxième copie, la première étant pour vous, je suis preneur. Je vais faire une petite recherche de mon côté.
Merci pour votre commentaire, monsieur Du Berger.
Jean-Marc O.
Allez voir le numéro 24 sur ce site: http://www.myav.com.tw/market/showthread.php?threadid=303938&pagenumber=0
Le disque semble très rare.
M. Ouellet, je commenterai votre texte bientôt, il m’a interpellé, mais j’écris de mon téléphone présentement, pas très pratique pour les longues phrases.
Bonsoir, Jean-François,
Il semble qu’il s’agit bien du disque que recherche monsieur Du Berger. Iil s’agit ici d’un vinyl. Il semble rare, en effet. Existe-t-il une version CD ou Numérique. Ma recherche d’aujourd’hui fut infructueuse.
J’ai hâte de lire le commentaire du spécialiste que vous êtes. À bientôt.
Jean-Marc O.
Bonjour Jean-Marc,
Je me décide enfin à communiquer, après avoir trop longtemps vu passer (et apprécié) vos commentaires sur mes scribouilleries.
Je n’ai pas de piste pour le disque de mon ami Reynald (les sites suisses, peut-être…), mais j’ai eu, quant à moi, une expérience semblable à la vôtre, avec le classique, que ma sœur aînée en l’occurrence ma gardienne ce soir-là, m’a fait découvrir en m’emmenant chez une copine: j’avais 12 ans et ce furent les Brandebourgeois. Depuis, Bach ne m’a jamais quitté et la musique dite, un peu à tort, «classique» (comme vous le savez, la musique à proprement parler «classique» dure quelques années, de Haydn à Mozart et au jeune Beethoven, en gros) a accompagné toute ma vie, au point que le seul regret de cette vie est de n’en avoir pas fait.
La musique classique, de mon temps, en France, on appelait encore ça «la grande musique» et je préfère cette appellation.
Votre grande musique à vous, c’est le prod: je sais que c’est une musique qui vaut la peine, pour avoir été, dans ma jeunesse, séduit par Pink Floyd. Mais j’ai abandonné assez vite la piste, pour cultiver plutôt le jazz que j’avais découvert vers les 17 ans. Aujourd’hui, si Coltrane, Monk, Parker et quelques autres sont encore mes dieux, dans cette veine, je dois dire que j’ai décroché au moment du Jazz Fusion, faute sans doute d’accompagnement, à moins que ce ne soit parce que, tout simplement, je n’aime pas trop les macédoines.
Cela dit, non, tout ne s’équivaut pas, oui, il y a une «grande musique», le jazz en est une, les musiques de création aussi, sans doute le prod et aussi certain trad, d’autres aussi que je ne connais pas, mais certainement pas la muzak que nous fourguent les médias de masse en nous annonçant à chaque fois «votre» musique, comme s’ils savaient ce qu’est «ma» musique. On appelle ça du conditionnement: «votre» musique, c’est celle que je vous vends vite fait bien fait.
Et c’est parce que ce conditionnement est généralement réussi que les jeunes n’aiment pas le classique et que dans les salles de concert, le public est gris…même si les jeunes sont sur la scène. On ne peut qu’espérer que les jeunes fassent des rencontres comme celle que vous décrivez et celle que j’ai vécue. Sinon, j’ai bien peur qu’il manque quelque chose à leur vie. Nietzsche ne disait-il pas: «Sans la musique, la vie serait une erreur»?
Mais le sacripant ne disait pas qui ou quoi aurait été coupable de cette erreur…
Le tartineux (qui fera mieux, c’est-à-dire plus court,la prochaine fois
Bonjour Jean-Marc,
J’avais laissé un interminable commentaire pour relater une expérience d’initiation semblable à la vôtre, mais moi pour le classique, et déplorant le nivellement par le bas, vers la muzak, qu’opèrent les médias de masse, mais le cyberespace me l’a englouti: peut-être était-il trop long.
Mais je concluais sur le célèbre mot de Nietzsche: «sans la musique, la vie serait une erreur» en faisant remarquer que le sacripant prenait bien soin de ne pas indiquer qui ou quoi aurait été responsable de cette «erreur». Je pense qu’il aurait mis ça sur le compte de Dieu.
Et à ce propos, je terminerai cette fois par une anecdote; lors d’un colloque sur «le faux» (!), j’ai rencontré un rabbin (il n’y a que des prêtres juifs pour assister à un colloque sur le faux!) qui m’a dit: «Pour nous, les Juifs, Dieu est une mélodie: si on ne la chante pas, il meurt.»
Je le crois aussi…mais il paraît, aussi, que «Vidal» est un nom juif!
Au plaisir de vous lire
Bonjour Jean-Marc,
Troisième tentative (les deux précédentes, novice que je suis, se sont perdues dans le cyberespace, parce que, sans le savoir,j’ai joué les anonymes).
De plus en plus court, donc: vous connaissez sans doute le mot de Nietzsche: «Sans la musique, la vie serait une erreur». Le cher Friedrich prenait bien soin de ne pas préciser qui (ou quoi) il aurait tenu responsable de cette erreur.
Je n’aurai pas ce scrupule en évoquant une anecdote personnelle; dans un colloque sur «le faux» (!) à l’université Western Ontario, un rabbin (il n’y a que des prêtres juifs pour assister à un colloque sur le faux!) m’a abordé, après ma communication, pour me dire: «Vous savez, pour nous les Juifs, Dieu est une mélodie: si on ne la chante pas, il meurt.» Je suis assez d’accord, comme je le suis avec Nietzsche.
Mais il est vrai que Vidal…est, paraît-il, un nom juif!
Au plaisir de vous lire
Merci pour votre, oh pardon, vos commentaires. Ne vous en faites pas, il m’arrive encore parfois de devenir anonyme lorsque mes commentaires proviennent d’un nouvel ordinateur.
Comme je le dis dans mon billet, j’aime « la grande musique » Mozart, Schubert, et bien sûr Bach. Dans le rock progressif, le prog, je retrouve l’émotion du classique, la complexité, et la variété dans une forme moderne. Pas pour rien qu’on en retrouve peu à la radio, sur les tablettes, parce que là, on nous vend « notre » musique, celle qui ne me dit rien, issu du lavage de cerveau commercial.
Les juifs n’ont pas l’exclusivité musicale. La chrétienté louange le Créateur par la musique. Grégorien, gospel, etc, comme si les rythmes ouvrait une porte vers le divin, idée qui me séduit beaucoup.
Nietzsche avait raison. Sans la musique que j’écoute, car comme vous, je ne joue pas, à part de gratouiler un peu la basse électrique, je me demande ce qu’aurais été ma vie.
Merci encore.
Jean-Marc O.
Le texte m’a rappelé mes propres expériences avec le rock progressif, mes “premières fois” avec ce genre si vaste et fascinant, pour lequel j’ai le même amour que M. Ouellet.
C’était avec un ami du secondaire, il y a près de 20 ans, que j’écoutais du Yes, du Genesis et autres groupes du genre pendant de longues soirées. Nous parlions filles et sujets divers, et ensuite passions le reste de notre temps plongés dans la découverte de ces cds (et parfois vinyles) qui nous offraient tant – aventure, découverte, passion, et émotions diverses, parfois dans la même chanson.
Je n’ai pas tout de suite aimé Close to The Edge ou Ritual (Nous Sommes du Soleil) de Yes, ces chanson-fleuves de plus de 20 minutes. Je me disais: “mais qu’est-ce que c’est que ça?!”
Mais contrairement à mes amis qui se gavaient de Radiohead, Pearl Jam et Nirvana (pour ne nommer qu’eux), je préférais la complexité et la richesse émotionnelle des composition de Jon Anderson, Robert Fripp, Tony Banks et autres. Cela demandait plu d’efforts, plus de patience, mais quand j’arrivais enfin à décoder l’une de ces pièces, c’était l’extase.
Et ça l’est encore parfois.
Je continue, 20 ans plus tard, à écouter du progressif. Je fais souvent jouer de vieux classiques, mais je découvre aussi de nouveaux groupes.
La Filière Progressive (http://www.soreltracy.com/musique/Rock/fileprog/) est d’ailleurs une porte d’entrée toute indiquée à qui s’intéresse de près ou de loin à ce genre de musique. Avec leur émission hebdomadaire que l’on peut écouter en ligne, on fait de très belles découvertes. À noter que je ne suis d’aucune manière affilié à eux.
Votre billet, M. Ouellet, m’a rappelé mes propres expériences et je vous en remercie.
J’ai écouté des extraits des oeuvres que vous mentionnez à la fin de votre texte et je vais me faire un plaisir d’essayer de mettre la main dessus.
Merci,
JF
Bonjour Jean-François.
C’est toujours intéressant de découvrir les origines d’une passion pour la musique. Monsieur Vidal nous a raconté la sienne. Maintenant la vôtre. Chaque histoire recèle une part d’émotions intenses gravées à jamais. J’aimerais tant en connaître d’autres, et pas nécessairement pour le prog. Avis à mes lecteurs.
Depuis cette époque, je me fais un devoir de réécouter tout album, tout genre confondu. J’ai appris que plus souvent qu’autrement, quand la première écoute surprend, les découvertes sont exptraordinaires dans les écoutes subséquentes. Certains albums m’ont demandé deux ou trois écoutes pour me confirmer le génie qui s’y cache. Pour en citer un que bien des gens connaissent, L’Heptade, d’Harmonium, ce groupe québécois, des années 70. Ce disque est maintenant classé parmi les 100 meilleurs albums de prog de l’histoire. En prog, à cause de sa complexité, de ses variations rythmiques, il y a toujours un petit quelque chose à découvrir, des petits « secrets » concoctés par les artistes, qui ne se révéleront parfois que dans des conditions particulières. Le jazz et le classique, malgré leur nature sophistiquée, finissent, à mon humble avis de vendu au prog, par être un peu prévisibles. Le bon prog, beaucoup moins.
Merci pour votre suggestion de filière. Ce sera une belle découverte pour moi.
Ces albums sont excellents, vous verrez. Ils ont également l’avantage d’être accessibles à ceux qui veulent découvrir le genre.
Merci beaucoup pour votre commentaire.
Jean-Marc O.
Chanson Noire, tirée de L’Heptade, me procure des frissons à chaque écoute. L’une des plus belles pièces jamais écrites, à mon avis.
Je suis totalement d’accord!!!
Je me permets une recommendation à mon tour. Ce disque, lancé en 2010: http://hypnos69.bandcamp.com/
Merveilleuse musique…
Je me le procure tout de suite. Merci!!
Cher Jean-Marc,votre billet m’a procuré beaucoup de plaisir.A vous lire,je me suis retrouvée en vous,en cet adolescent qui se découvre une passion et réalise ses rêves.Et,je vibrais avec vous…
Et oui,il y a des moments marquants dans une vie que l’on oublie pas,c’est
bien cela que l’on appelle le bonheur…inutile d’aller le chercher ailleurs!
Vous avez réussi par votre style à
rendre cet épisode de votre vie
présent,intact,pur de toutes ces
sentiments et émotions.De plus,il
nous renvoie à nos propes souvenirs
heureux concernant la musique.
J’ai souri quand vous avez évoqué
l’achat de vos vyniles et de votre
tourne-disques.Cela m’a rappelé le
bonheur que j’ai connu lorsque à mes 11ans,mes parents m’ont offert ce que l’on appelait un “mange-disques” et mon premier 45tours,que j’écoutais tout le temps avec la
même joie,sans jamais me lasser.
Le rock progressif,je l’ai connu plus
tard,grâce à un grand ami,de mes
frères et moi.Plus âgé que
nous,étudiant en anglais,passionné
de musique,il allait régulièrement en
Angleterre et revenait avec des
disques qu’ils nous faisait écouter.
C’est lui qui nous a initiés à la
musique rock et pop-rock.Un de mes
frères s’est mis à la guitare,et à 15
ans a créé un groupe rock avec des
amis,et un autre frère .Cela a duré 10
ans.Je les suivais de concerts en
concerts,nous allions à des festivals
de rock.C’était le bon temps!!!
Je suis restée fidèle aux artistes que
j’ai découvert grâce à ce grand ami.
Pour le prog,mes connaissances se
limitent aux artistes que vous
écoutiez,avec un grand coup de
coeur pour Palmer et King Krimson,ce
dernier me faisant planer…
Je suis allée sur le site que vous citez
,très riche,et commencé à écouter les
albums.
Pour info,on trouve cette musique
sur le site “Soundcloud”.Pas mal de
morceaux de Ghosts,très planant à
mon goût,Airbag,un seul morceau de
Cosmograf.
J’arrête ici mon long commentaire,que votre article m’a inspiré.
Merci,Jean-Marc pour votre magnifique billet,ainsi que tous les liens que vous nous avez donnés.
Amitiés.Christine.
Merci beaucoup, Christine, pour votre merveilleux commentaire et témoignage. Nous avons tous une relation privilégiée avec la musique. Bonne ou mauvaise. Souvent tributaire de notre vécu présent ou passé. Souvent influencée par nos rencontres, par un événement.
Merci d’avoir partager la vôtre. En passant, avant de lire mon texte vous m’aviez écrit vous doutez de la musique que j’écoute. Aviez-vous vu juste?
Sincèrement,
Jean-Marc